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Un marché avec le Gouverneur [PV]

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Capitaine
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Journal de bord
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MessageSujet: Un marché avec le Gouverneur [PV] Mer 29 Juin - 8:47

Sept semaines...C’est long sept semaines. C’est le temps que dure le voyage lorsque l’on a l’imprudence de n’emprunter qu’une petite barque de fortune pour faire le déplacement de la crique de Bianna jusqu’au port d’Assecia. Alors lorsque la petite embarcation arrive à destination, Sigrid a perdu presque six kilos. Son accompagnateur en a probablement perdu autant, mais ses muscles et sa taille font de lui un « immortel des mers » : il sembla en pleine forme lorsqu’il aida la jeune femme à rejoindre le quai. Sigrid elle, eut l’impression d’avoir vieilli d’un bon demi-siècle : elle avait le dos en miettes, sa vue était trouble, ses mains étaient amaigries par la faim. Pour remercier son accompagnateur, elle lui donna quelques pièces d’or. Ce prix sembla convenir au pirate, qui se hâta de reprendre la mer, avant que des hommes de la marine ne l’interrogent sur son accoutrement. Sigrid quant à elle, n’avait que de quoi tenir deux semaines pour manger et se loger, et une tenue peu commune chez les femmes de cette ville. Trouver un métier qui justifierait le port des armes allait devenir indispensable à sa survie.

Tout en se mêlant à la foule, elle réfléchit aux possibilités qui s’offraient à elle. Après avoir déserté l’Impériale, retourner sur un autre bateau pirate n’était même pas envisageable : ils étaient tous au service de l’Impératrice, qu’importe le nom de leur capitaine et la taille du bateau. Elle avait envisagé d’intégrer la marine, pour pouvoir supprimer Erika sans coups bas. Mais son passé de pirate la mettrait en péril tous les jours. La marine était bien capable de découvrir sa véritable identité en moins d’une demi-année. Elle n’allait donc pas faire long feu si elle se jetait dans la gueule du loup. Elle prit sa tête entre ses deux mains, et jura : les prochaines semaines allaient être longues et pénibles.

Alors qu’elle quittait enfin le quai et empruntait les rues en silence, ses vieilles douleurs se réveillèrent. Elles n’étaient pas constantes. Plus le temps passait, plus elles étaient insoutenables, indéchiffrables. Sigrid fut prise de fièvre et hauts le cœur. Son corsage empestait le sang. Instinctivement elle porta sa main à son ventre, soulevant doucement son haut sous sa cape noir. Elle ne saignait pas. Elle crut devenir folle. Le long voyage en était probablement la cause. La brûlure ne cessa pas pour autant. Elle était en elle, discrète et ravageuse. Un moment elle s’appuya contre le mur d’une maison pour retrouver son souffle. Elle y resta finalement près d’une heure, les yeux dans le vide. Lorsqu’elle les releva, elle fut attirée par une affiche accrochée au mur. Etrangement, ce bout de papier allait à jamais changer sa vie.

Elle s’en approcha en silence, tenant d’un bras son ventre douloureux. Elle s’habituait à la douleur, tout comme l’on s’habitue à des migraines courantes. Lorsqu’elle fut assez près, elle eut la surprise de voir que c’était un avis de recherche pour un certain Blitz Regar. Bandit connu des rues de la ville, il commettait en un temps record des viols, des meurtres, et des vols. Ses proies favorites étaient les jeunes riches de la ville. Une jeunesse insouciante qu’il est aisé de manipuler. Il emportait souvent avec lui des tableaux, et des bijoux, lorsqu’il ne violait pas les servantes ou ne tuait pas le Maître de maison. Le reste ne semblait pas l’intéresser. Il était donc possible qu’il se fasse assez d’argent rien qu’en revendant ses butins sur le Marché Noir. Sigrid sourit. Il avait du cran, de rester dans une même et unique ville. Au fond, ces bandits n’étaient pas différents des pirates.

*Ils doivent probablement avoir le mal de mer, pour qu’on les différencie ainsi des pirates. Et pourtant, nous ne sommes que des bandits des mers. Rien de plus. Enfin…je n’étais…*

Lorsqu’elle vit le prix qu’on offrait pour sa capture –mort ou vivant-, Sigrid crut rêver. Avec tant d’argent, elle aurait assez pour vivre six mois, voire même une année entière ! Chasseur de prime…métier dangereux, ou les rivalités sont fortes. Mais être pirate avait été tout aussi périlleux. Elle pouvait bien se faire à ce nouveau métier. Elle hésita un moment, puis déchira le papier du mur sur lequel il avait été cloué. Elle le regarda longuement, tentant d’imprimer le beau visage dans son esprit. Physiquement, ce gamin n’avait rien d’un assassin. Cette affiche avait été posé dix an plus tôt. Il avait donc probablement veilli depuis le temps, et même peut-être quitté la ville finalement. Il ressemblait tant à Kross.



Dernière édition par Sigrid Solta le Ven 13 Jan - 10:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un marché avec le Gouverneur [PV] Lun 4 Juil - 17:43

Winston sortit de la boutique précipitamment. Il avait tant à faire. Seulement, il aurait mieux fait de regarder où il allait car le gouverneur se heurta à une femme. Ou plus précisément, à la poitrine d'une femme. Au lieu de paraître gêné, de s'empourprer comme la plupart des hommes le feraient ou encore de sourire béatement comme d'autres un peu moins fréquentables, il lui lança un regard noir. Alors il lâcha une excuse à peine audible et continua d'avancer, exaspéré. Alors qu'il venait de faire tout juste cinq pas, quelque chose le retint. N'y avait-il rien de particulier chez cette inconnue ? Il se tourna légèrement. Il l'inspecta alors de la tête aux pieds. Cette femme était musclée et vêtue comme un homme ce qui ne ressemblait sûrement pas aux genres de demoiselles auxquelles Winston s'était habitué. Il préférait celles qui se montraient féminines et acceptaient leurs rôles.

Dans l'idée du gouverneur, elles devaient rester à la maison s'occuper de la marmaille, du ménage et de la cuisine. Cette dernière était loin d'être comme ça et il le vit d'un coup d'oeil. Quel type de femme s'arrêtait devant un avis de recherche ? N'importe qui d'autre aurait inspecté et passé son chemin mais elle restait là comme intéressée. Même si la vie des habitants d'Assecia ne l'intéressait pas trop, le gouverneur savait que rares étaient les femmes comme celles-là. Même chez les pirates, la gente féminine n'était pas la plus répandue car bien plus souvent les pirates étaient des hommes. Il se surprit alors à lire à son tour l'affiche. Blitz Regar, bandit, meurtrier, violeur. Que pouvait-elle contre lui ? Il n'était pas assassin pour rien, même si à vue d'oeil, elle semblait plus musclée, jamais elle ne l'attraperait.

- Je pense que vous perdez votre temps. Cette affiche est là depuis deux mois, si personne ne l'a ramené, mort ou vif, ce n'est sûrement pas une femme qui le fera... Je vais cependant vous proposer quelque chose, si cela ne vous ennuie pas. Si vous y parvenez à capturer cet homme en moins de deux semaines, passez me voir au palais et je vous offrirai le double que ce que vous propose cette affiche. Si vous n'y parvenez pas et que vous avez un minimum d'honneur, vous me verserez la somme initiale après ces deux semaines. Qu'en dîtes-vous ? Vous êtes tout à fait en droit de refuser... Cool

Il sourit d'un air narquois. Jamais il ne sut quelle folie l'avait traversée en ce début d'après-midi pour proposer un tel pari à une femme mais cela l'avait tant amusé. Il sentait bien que quelque chose était différent en celle-ci et c'était précisément pour ça qu'il lui avait fait cette offre. Il était loin de se douter qu'il s'adressait à une ancienne pirate mais savait au moins que ce n'était pas une pauvre fille à peine sortie de son couvent... N'était-ce pas sa fille qu'il venait de décrire ?! Comme s'il préférait la voir errer dans les rues à la recherche des criminels, c'était ridicule. Il aimait Cécilia en tant que jeune fille coquette et... peureuse. D'accord, le gouverneur apprécierait qu'elle soit courageuse mais pas comme cette dame. Les conversations avec son héritière devaient lui embrouiller l'esprit, oui, c'est exactement ça. Il fallait que cela cesse. Il avait bien mieux à penser.

Avant d'attendre une réponse, le vieil homme se présenta soudainement et demanda l'identité de son interlocutrice. au moins, il cesserait de se demander à qui il avait affaire car on allait lui dire. Il regarda le soleil. L'après midi ne faisait que commencer, il avait tout son temps pourquoi se presserait-il ? Pour une fois qu'il s'intéressait aux habitants d'Assécia, personne n'allait lui reprocher. Les autres pouvaient attendre et Winston ne comptait pas s'éterniser non plus... Et il pensait qu'elle refuserait le pari, c'était évident. De toutes façons, elle allait échouer.


Dernière édition par Sigrid Solta le Lun 12 Déc - 22:58, édité 3 fois (Raison : Assecia pas Herazy :P)
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MessageSujet: Re: Un marché avec le Gouverneur [PV] Mar 5 Juil - 21:11

Tandis que Sigrid fixait l’affiche qu’elle venait de retirer du mur, un homme dont le visage lui était inconnu la heurta. Elle rougit lorsqu’elle sentit le visage froid du vilain s’engouffrer dans sa poitrine, assez pour qu’elle se sente mal à l’aise. Ne pouvait-il donc pas lever le nez ? Ce genre de situation ne lui était jamais vraiment arrivée, du moins pas avec un homme appartenant à une ville qu’elle aurait volontiers détruite il y a quelques semaines encore. Difficilement elle retint d’abondants jurons. Bien heureusement pour elle, à cause de sa voix atténuée par la fatigue, elle n’eut pas la force de continuer dans son erreur. Après un instant, il s’excusa enfin et reprit la route. La jeune femme se promit de l’oublier vite, bien que des gens ne soient pas restés indifférents à cet accrochage. Alors qu’elle leur jetait un regard mauvais, l’homme se retourna et la toisa. Visiblement, il n’en avait pas terminé avec elle. Elle soupira et se retourna complètement à son tour. Elle ne savait pas qui il était. Alors elle n’avait pas peur de lui faire face. Ce comportement ressemblait bien plus à de l’imprudence qu’à du courage. Et Sigrid n’allait pas tarder à s’en rendre compte. L’inconnu prit la parole.

Les propos de cet homme troublèrent la jeune dame. Elle s’adressait visiblement à un grand de ce monde. Il était noble et renseigné sur tout. Il adoptait un ton hautain, et aimer à provoquer. Son âge avancé ne l’empêchait pas d’avoir de la prestance. Il était presque charmant. Mais Sigrid n’avait pas le cœur à admirer les hommes de la ville : elle avait perdu son époux il y a quelques semaines à peine. Elle se plaisait bien à les séduire pour obtenir des faveurs, mais dans le cas présent, cet homme ne lui serait d’aucune utilité. Quoi que… S’approchant de lui avec lenteur, elle le toisa sans plus de façons. Visiblement, il n’était pas au courant. L’homme recherché par les autorités gouvernementales était aujourd’hui un membre de l’Impériale. C’était Kross lui-même. Erika connaissait-elle le passé de cet homme, ou bien s’en moquait-elle ? La plupart des pirates étaient d’anciens bandits après tout.

Elle n’eut guère le temps de répondre dans l’immédiat. Alors qu’elle allait répliquer, l’inconnu se présenta avec politesse. Il s’agissait donc du gouverneur. Sigrid fronça les sourcils et se retint de prendre ses jambes à son cou. Elle avait effectivement en face d’elle son plus grand ennemi. Du moins, son ancien plus grand ennemi. Il avait tué nombre de ses hommes, détruit de nombreux bateaux pirates par la seule force de ses équipages. Aujourd’hui, elle pouvait lui faire face sans craindre de perdre la tête. Le seul risque qu’elle prenait, était que son passé refasse surface. Etait-elle recherchée comme l’est Kross aujourd’hui ?

- Cet homme est malin, s’il a pu échapper à vos hommes, et aux chasseurs de primes désireux d’obtenir cet argent. Si j’étais imprudente, j’accepterais votre défi. Sauf qu’un petit détail me pousse à refuser cette chasse. Cet homme est aujourd’hui l’un des pirates de l’Impériale. Je l’ai aperçu…lorsqu’il a attaqué Assecia, il y a…il y a…huit ans. Aucun marin sélectionné par vos soins n’a réussi à approcher ce bateau. Alors pourquoi irais-je droit vers la mort ? Il me semble que même un chasseur de prime doit savoir faire preuve de patience et de prudence. En deux semaines, je ne ferai que bâcler le travail, ou encore j’y trouverai la mort. Je dois donc refuser votre proposition, Monsieur le Gouverneur.

D’un geste noble qu’elle avait appris aux côté de son père, elle s’inclina avec légèreté.
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MessageSujet: Re: Un marché avec le Gouverneur [PV] Dim 17 Juil - 21:03

Le gouverneur fixa, grandement étonné, son interlocutrice. Elle paraissait bien connaitre cet assassin, peut-être trop car pouvait-on être physionomiste au point de se souvenir d'un homme qu'on ait aperçu il y a huit années ? Il en doutait fortement. Alors quelle était la vérité ? Ce jeune homme l'avait-il agressée lors de cette attaque ? Avait-elle eu des liens avec les pirates ? Les deux propositions étaient plausibles. Dans le premier cas, elle se serait endurcie depuis cette attaque, dans le second, elle pourrait éventuellement être une pirate. Une pirate intéressée par les avis de recherches ? C'était assez étrange car en général, les voyous devenaient pirates et ces derniers ne se trahissaient pas entre eux, pas toujours du moins... Mais n'avait-elle pas frémit en sachant à qui elle faisait face ? Bien sûr, la majorité des gens le faisaient car on savait bien que Winston n'était pas un grand tendre mais était-on au point de le craindre ? Là n'était pas la question.

- Vous semblez bien le connaître pour quelqu'un qui l'a aperçu une fois dans sa vie... Ou vous supposez beaucoup de choses à son sujet. Dans tous les cas, le fait qu'il soit un pirate ne fait que renforcer le fait qu'il faut l'éradiquer, ajouta-t-il, plus pour lui même. Aucun de mes marins n'a jamais approché l'Impériale, c'est vrai mais ce n'est qu'une question de temps. Les pirates vont disparaître et ce, plus tôt qu'on ne le croit...

Winston soupira. La jeune femme avait comme blessé l’ego du gouverneur en lui rappelant que personne encore n'avait atteint l'Impériale et il avait répondu un peu trop précipitamment, comme le ferait un homme vexé ce qui ne lui ressemblait pas. Il avait tellement peu l'habitude d'avoir une telle conversation avec une femme. D'ordinaire, seuls les hommes naviguaient en mer, il lui était donc très peu arrivé de parler des pirates avec une femme mais il fallait dorénavant qu'il s'y habitue s'il voulait vraiment que Cécilia s'intéresse à la mer. Le gouverneur commençait à avoir chaud. Il retira sa veste bleue, dévoilant ainsi une chemise blanche et regarda le ciel d'un air mauvais. Tous ces nuages n'annonçaient rien de beau et même si les températures restaient chaudes, cela n'indiquait seulement qu'une vilaine pluie. Il allait donc devoir quitter cette femme assez rapidement pour ne pas prendre la sauce. Pourtant, il n'avait aucune envie de la quitter comme ça. C'était comme s'il se sentait obligé de lui "donner quelque chose". C'est comme ça qu'il eut une merveilleuse idée.

- Même si vous ne voulez pas vous lancer à la poursuite de ce... pirate, je peux vous proposer autre chose. Depuis quelques jours, la ville subit les vols d'un dénommé Philips. On me rabâche les oreilles avec lui chaque jour, je peux donc vous assurer qu'il est dans les parages et les rares qui l'ont vu affirment qu'il n'est pas bien costaud. Si vous voulez plus amples informations sur lui, il vous suffira de demander dans une auberge, tout le monde en a déjà entendu parlé au moins une fois. Si cela vous intéresse, je peux vous reproposer mon offre avec cet homme-ci, si je puis dire. Cette fois-ci, vous êtes intéressée ?

Il sourit étrangement. Voilà qu'il s'attardait pour demander à une femme si elle voulait se lancer à la recherche d'un criminel. Quelle drôlerie ! S'il était seul, il se serait sûrement mis à éclater de rire. Depuis quand faisait-il ainsi ? Après tout, ce n'est pas parce que cette femme semblait plus rude que d'autres qu'elle était aussi capable qu'un homme. Il lui proposait de l'argent contre une mission impossible. Pourtant, il ne tenait pas à corriger ses paroles. Le gouverneur avait peut-être agi vite mais jamais de manière irréfléchie. S'il lui avait proposé ça, c'était parce qu'il sentait qu'au fond, ce n'était pas totalement stupide et c'est à présent totalement sûr de lui qu'il attendait une réponse. Le vieil homme n'aimait pas douter de lui. Il savait constamment ce qu'il faisait et s'il avait dit ça à cette femme, c'est que c'était une bonne idée.

Désolée encore pour ce temps de réponse et la piètre qualité de mon RP. ><'
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MessageSujet: Re: Un marché avec le Gouverneur [PV] Jeu 21 Juil - 21:15

Sigrid était pensive. Elle fixait d’un œil attentif les eaux sombres du port, qui s’étendaient au loin, derrière le gouverneur Winston. Là-bas, plusieurs hommes discutaient entre eux, ou travaillaient avec hargne, notamment les esclaves. On y retrouvait également les capitaines de navires gouvernementaux, tout autant que des membres d’équipages corsaires. Des fonctionnaires, en charge de gérer l’accès des bateaux au port se baladaient sur les quais, imposant leur présence par cris ou rappels à l’ordre. Rien n’échappait à leur regard sévère. Ici, les choses se passaient tout autrement que sur l’île Ybella, à tel point que Sigrid se sentait égarée. Là où elle avait passé près de huit ans de son existence, les hommes s’insultaient, s’égorgeaient, se volaient. Ils en venaient même à violer la femme de celui qui aura osé lever l’épée pour protéger ses biens du vol. Ils buvaient sans cesse, vivaient dans la débauche et le sang de leurs innombrables victimes. Celles que Sigrid avaient tuées ne pouvaient même plus se compter avec les doigts, qu’ils appartiennent aux mains ou aux pieds de cette dernière. Sur cette île où les pirates pullulaient depuis bien des années, on était bien loin des préoccupations de simples marins qui n’avaient que le sentiment de faire leur travail : avoir une femme qui donnera de beaux enfants, les cordages qui assurent le maintien du bateau à quai, ainsi que la solidité des voiles. Le prochain salaire, la bière qui sera bue avec soif à la prochaine permanence. Le sang des criminels répandu sur la coque du navire. Le succès, la justice, la fierté de n’avoir fait que son devoir.

Jetant alors, avec les quelques ordures qui jonchaient déjà la rue, sa cape abimée par le long voyage qui l’avait amené jusqu’ici, Sigrid reporta son attention sur son interlocuteur. Elle se débarrassa, sans même quitter le regard de ce dernier, d’un poignard dont la lame rouillée ne permettait même plus de couper un saucisson frais, ou le doigt d’un insolent. Elle jeta également quelques papiers, du tabac, des pièces de tissu, et enfin un pain rassis qui n’allait lui servir à rien, si ce n’est à la rendre plus malade qu’elle ne l’est déjà. Elle se comporta exactement comme quelqu’un se trouvant seul, à l’abri des regards d’indiscrets. Pourtant, des dizaines de personnes traversaient continuellement la rue, saluant d’un faible signe de la tête le gouverneur, dès qu’ils l’apercevaient. Elle retira les rubans qui paraient ses cheveux, rangeant l’un d’eux dans sa sacoche, le deuxième lui servant à faire une jolie queue de cheval, déjà plus pratique pour ne pas être gênée en combat. Elle se sépara également de son veston, troué au point qu’il semblait irréparable. Après avoir obtenu la somme qu’il y avait sur la tête de ce fameux Philips, elle pourrait s’acheter des vêtements bien plus dignes de la qualité qu’elle exigeait porter. Son métier était sale. Mais paraître propre et saine lui tenait à cœur, surtout après avoir vécu au rythme des pirates pendant plusieurs années.

Elle s’approcha silencieusement du gouverneur. Son regard si peu féminin était sans éclat. On y lisait juste le besoin de tuer, de chasser. Sigrid toisa son tout nouvel employeur. Serré dans ses vêtements d’homme et de noble coincé, il se tenait immobile, se noyant dans une patience presque intrigante. Le reflet du soleil sur ses cheveux presque trop blanc était aveuglant. Pur apanage de l’aristocratie. Un manque complet de gout, aux yeux de la jeune chasseuse de primes. Mais il avait du charme pour son âge. Un charme malheureusement voilé par des accessoires inutiles. Soupirant bruyamment, elle offrit enfin une réponse claire à son interlocuteur. Mais sa voix était hostile, son regard distant. Elle ne le regarda même pas lorsqu’elle prononça ces quelques mots :

- J’accepte votre proposition Monsieur le Gouverneur. Cette somme me permettra de vivre aisément si je parviens à la gagner. Mais me pousseriez-vous au banditisme pour obtenir cette dernière ? Seriez-vous prêt à me pousser à la débauche, si je venais à échouer ? Seriez-vous vraiment prêt à faire de moi une ennemie du gouvernement pour cette somme si faible, à côté de la fortune de votre élitiste famille ? J’en doute fort. A moins qu’au final, mon châtiment ne soit la mort, et non le remboursement de cette somme. Est-ce que vous aviez derrière la tête en me faisant passer un tel marché ? Ça colle parfaitement aux types d'hommes que sont les hauts-placés de cette ville.
On fait de vous des héros, les gamins d'Assecia vous admirent. Je suis née ici, Monsieur le Gouverneur, et j’en sais quelque chose. Chacun de vos capitaines sont idolâtrés par des enfants innocents et sans conscience adulte. Ils veulent être comme vous, un jour se battre contre les ordures que sont les bandits des mers. Mais lorsqu’ils prennent l’épée. Lorsqu’enfin ils font face à l’assassin que l’on qualifie…de faible -que les capitaines n’hésitent d’ailleurs pas à sous-estimer, ils souhaitent, ô plus que jamais, prendre leurs jambes à leur cou, ne jamais avoir signé ce contrat qui les lie à vous. La vie de combattant, c’est comme une mer trop calme. On ne voit que ce qui est beau. Mais c’est sûrement ce qui paraît le plus beau, qui est le plus dangereux. Combien sont ceux qui ont préféré la noyade à l’embrochement ? Combien sont ces jeunes hommes si purs qui ont donné leur vie pour éviter la pendaison pour désertion ? Le rêve les mène à la mort. L’illusion que vous leur offrez les mène tous à la mort.
Moi je ne suis pas dupe. Jamais, pour le seul plaisir de vos yeux, je ne mettrai ma vie inutilement en danger. J’agirai avec mes méthodes, et …peut-être parlerons-nous tranquillement des récompenses qui découleront de mes succès
, finit-elle avec un sourire étrangement charmeur.

Elle le défiait. Elle l’humiliait. Mais elle le charmait aussi. Elle voulait le dresser. Obtenir de lui ce qu’elle souhaitait. Le mérite. La richesse. La reconnaissance. La liberté. Un regard protecteur, un amour unique. Un amour comme elle n’en avait jamais connu. Celui qui faisait qu’un homme vous admirait sans raison, vous poussait à l’exploit, tout en souhaitant que le vase fragile ne se brise jamais. Tout en souhaitant que vous restiez en vie, pour qu’encore une fois, il puisse vous couvrir d’éloges. Le succès. Elle voulait pouvoir le tenir dans le creux de sa main, et sans l’aide de cette garce d’Erika.
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MessageSujet: Re: Un marché avec le Gouverneur [PV] Sam 23 Juil - 20:08

Winston l'observa en silence. Lorsqu'elle lui adressa un regard froid, presque meurtrier, il le lui rendit tout aussi bien, de ses prunelles sombres. Peut-être qu'un autre homme aurait tremblé. Ou peut-être pas. Dans tous les cas, le gouverneur commençait à être exaspéré par le comportement de la femme qui lui faisait face. Elle lui tenait tête de manière insolente. Cela le frustrait, l'énervait et... lui plaisait à la fois. Savoir qu'il y avait au moins une femme pour ne pas baisser le regard était jouissif. Mais au fond, qui était-elle pour oser répliquer ? Surtout de la sorte car ce qu'il suivit ne fut pas joli à entendre, du moins pour tout homme du gouvernement qui se respecte. Elle critiquait ouvertement le gouvernement, la politique mis en place. Bien sûr, rien n'indiquait que les habitants d'Assecia n'avaient pas la liberté d'expression mais il était question de respect. Cependant, le vieil homme n'allait pas proférer cette phrase de manière précipitée comme le ferait une personne blessée dans son égo. Non, il réfléchissait soigneusement aux paroles de la jeune femme. Son interlocutrice l'ayant fait attendre aussi avant de répondre, il n'hésita pas à réfléchir longuement sur son cas. Cela ne devait pas l'indisposer, car elle avait fait de même il y a seulement quelques instants. Certaines personnes, des personnes faibles, craignaient le silence et le comblaient toujours, soit par des onomatopées ridicules tel d'un « Euh », soit par des phrases dépourvues de sens. Autrement dit, s'il y avait bien une chose que Winston aimait, c'était ce mutisme, cette recherche de mots sensés. Il se sentait fort à savoir manier l'absence de bruit, comme s'il faisait un combat invisible et il respectait les gens sachant comme lui, le faire. Et même si Sigrid l'énervait plus qu'autre chose, il la respectait pour son courage. Sûrement un jour, cette fougue la mènerait à sa perte mais au moins, ce serait tout à son honneur. Enfin, après l'avoir fait longuement patienter, il la fixa de ses yeux noirs et menaçants et répondit avec un ton cassant :

« Contrairement à ce que vous dîtes, je ne cherche pas votre mort, ni votre survie d'ailleurs car elle m'importe peu. Si je vous fais cette offre, c'est simplement pour dépouiller la ville de ses bandits, l'argent n'est qu'un prétexte pour que vous acceptez. Je vous utilise en quelque sorte mais cela ne doit pas vous déranger puisqu'au final, vous aurez une récompense. Seulement, si je ne fixe pas une somme à donner, que craignez-vous si vous échouez ? Rien et c'est bien là le problème. Je ne doute pas que l'argent que je vous propose soit une assez grande motivation mais il vaut mieux prendre ses précautions. De toutes manières, l'offre est indiscutable. C'est à prendre ou à laisser et vous semblez l'avoir prise, acheva-t-il, septique. »

Il se pencha alors presque sur elle mais en gardant une distance respectable et planta de nouveau son regard dans le sien. On lisait une dévorante passion, de quoi ? Elle allait très vite le comprendre...

« Alors c'est ce que vous pensez, jeune femme ? Que tous les hommes qui prennent la mer le font pour faire comme leurs héros ? Pour se battre contre l'ennemi que l'on sous-estime assurément ? Et bien, si je puis me permettre, vous faîtes fausse route. Les gamins qui signent ce contrat les liant à vie, le font par amour pour la mer et pour leurs terres, leur famille. Ils veulent protéger les leurs mais aussi se rapprocher de cette eau dangereuse et envoutante qui les attire et mes hommes sont bien moins lâches que la plupart des pirates. Je ne puis peut-être pas vous l'assurer mais il n'y a rien de plus excitant qu'être face à son ennemi, prêt à combattre. Et une fois le combat engagé, c'est pour moi un vrai partie de plaisir que de croiser le fer avec un pirate. Une personne sans passion pour ces choses-là n'a rien à faire sur un navire mais tous ces jeunes garçons qui nous... admire comme vous dîtes, admire surtout ces lames qui s'entrechoquent au dessus de cet océan indomptable. Personnellement, je n'ai jamais cru que vaincre était chose aisée et n'ai donc jamais eu envie de prendre mes jambes à mon cou sachant exactement à quoi m'attendre. Peut-être avons nous des points de vues différents de mes hommes seulement parce que vous venez d'un milieu extérieur et que vous vous sentez apte à juger sans connaître. Peut-être aussi avez-vous déjà vu plusieurs batailles, il y a huit ans, ajouta-t-il narquoisement tout en sachant que c'était faux, et aviez-vous cru lire ça dans leurs yeux sans savoir que c'était votre propre reflet que vous jugiez. Pour revenir à nos affaires, vous acceptez mon offre ou non ? Je n'ai pas l'éternité devant moi. »

Le gouverneur la fixa d'un air froid, pourtant il ne paraissait pas énervé. En fait, on ne lisait rien sur son visage fermé, mais intérieurement, il souriait. Il aimait tenir une discussion vive et bien qu'on puisse croire qu'il était plus à nerfs qu'autre chose, sa colère avait beaucoup diminuée. Cette femme osait le provoquer mais bien malgré son éducation, il appréciait qu'on puisse ainsi lui tenir tête, de temps en temps. Cette opinion était opposée à celle qu'il avait eu en début de conversation. Seulement, elle n'avait pas à aller plus loin, l'irrespect était la limite à ne pas franchir.

Merci Sigrid pour la rédaction du RP ! :3
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MessageSujet: Re: Un marché avec le Gouverneur [PV] Lun 25 Juil - 19:38

Une chaude humidité régnait dans l’air d’Assecia. De violents coups de tonnerre avaient retentis, puis la pluie était fortement tombée. C’est alors qu’elle se souvint. Lorsqu’elle n’était qu’une enfant, Caleb, le commerçant qui avait accepté de la prendre sous son aile, avait maintes fois été obligé de faire des nuits blanches pour qu’elle apaise l’une de ses plus grandes peurs : les orages. Aujourd’hui, elle ne les craignait plus. Mais avant, c’était comme une phobie incontrôlable. Les violents coups de tonnerre faisaient souvent trembler les murs instables de la bâtisse où elle passait ses nuits. Les éclairs illuminaient chacune des pièces de la maison, comme un feu de cheminée ne l’aurait jamais fait. Même si le soleil avait repris ses droits, Sigrid la sentait. Cette odeur de bois et de pierre trempée. Elle sentait le vent frais emporter les quelques nuages qui avaient persisté à rester, menaçant la ville d’une nouvelle averse. La ville d’Assecia avait son lot de souvenirs.
Songeuse, elle en oublia complètement le gouverneur, et repensa à la maison où elle avait passé la majorité de ses nuits. Sa chambre avait été vidée pendant près de quinze longues années. Meublée au strict minimum, elle n’avait renfermé d’un lit particulièrement haut pour une petite fille, avec des rideaux en lin qu’elle avait toujours adoré. Son père adoptif lui avait même fabriqué de petits escaliers, pour qu’elle puisse y accéder sans se blesser. A côté, une table avait été installée, ainsi que dix petites chaises de bois. Elles avaient été fabriquées dans l’unique but d’y accueillir les amies de Sigrid. Jamais elles n’avaient servi, car la petite fille s’était avérée être une enfant solitaire, qui se contentait volontiers de poupées pour occuper ses journées. Plus loin, juste en face de la fenêtre qui menait sur un imposant balcon, une cheminée qui réchauffait les soirées d’hiver de l’enfant avait été fabriquée par Caleb lui-même. Caleb. Un homme qu’elle avait laissé mourir seul, se moquant de la dégradation de sa santé au point de ne verser aucune larme le jour de sa mort. La dépouille avait été abandonnée à même la maison. Et lorsque Sigrid était revenue pour s’y abriter et rechercher de précieux objets qu’elle pouvait cacher aux pirates, elle n’y avait point trouvé son corps. Jamais elle n’aurait dû revenir. Car cette décision insensée la mena presque à sa perte. A cause de pirates qui n’ont que le gout du sang et des femmes. A cause du gouvernement, qui ce jour là a préféré protéger sa noblesse que ses commerçants.

- C’est bien joli d’aimer la mer. Mais ça ne change pas mon opinion sur le compte du gouvernement. Avec ou sans vous, les choses sont pareilles. Que vos gardes portent leurs armes ou pas, les pirates sévissent dans la ville. Lorsqu’ils décident de s’amuser à envahir nord, sud, ouest ou est, rien ne les arrête. Ils agissent à leur guise. Où étaient vos hommes lorsqu’ils ont violé les femmes, massacré les enfants, tués les hommes qui vivaient à l’ouest de la ville il y a de cela huit ans ? Où étiez-vous lorsque j’ai cru mourir entre les mains de l’un d’eux ?!

Elle tremblait. Certes ce jour lui avait permis de rencontrer Darick Solta, de se savoir enceinte, de devenir le Maître Voilier du plus grand bateau pirate qui existe sur les mers. Mais elle y avait aussi perdu un enfant, la possibilité de donner à nouveau la vie, sa santé. Une plaie, si mal soignée par le passé, la faisait terriblement souffrir, et la ferait éternellement souffrir. On ne soigne pas l’insoignable. Elle posa ses mains sur son ventre douloureux. C’était bien beau de dire qu’elle allait devenir Chasseuse de Primes. Mais allait-elle seulement tenir le coup ? Elle avait déjà été gagné par la fièvre, peu avant qu’Erika ne la fasse virer de l’équipage, comme une vulgaire …chose. Elle s’était pourtant habituée à cette perpétuelle douleur. Mais pas à ses conséquences. C’était donc son nouveau défi, hein ?

Mettant de côté sa dangereuse fierté, Sigrid posa un genou à terre et baissa la tête. Si elle allait plus loin dans sa critique, elle risquait d’être emprisonnée pour insolence, voire tuée…car son passé de pirate serait alors évident. Là elle murmura ces quelques mots :

- Pardonnez-mon attitude désobligeante, Monsieur le Gouverneur. J'accepte...j'accepte votre offre.

Son souffle était court. Le ruban qui retenait sa chevelure glissa et la délivra en une vague dorée. Elle apprécia que son visage, où sa panique était teintée, soit masqué par ses cheveux indisciplinés. Elle se rendait enfin compte qu’elle venait de s’adresser au plus grand ennemi de n’importe quel pirate vivant sur les terres de Fändir. Le gouverneur en personne. La terreur des plus grands pirates existants. Si elle était découverte, elle était fichue !
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En couple:
MessageSujet: Un marché avec le Gouverneur [PV] Jeu 18 Aoû - 8:57

Le gouverneur fixa la femme dont l'audace venait de dépasser l'entendement. Il la regarda froidement poser un genou au sol et observa ses yeux bien que son imposante chevelure cachait son visage. Le vieil homme, après avoir trouvé son regard, la fixa de ses prunelles aussi sombres que la nuit. Que se cachait-il dans ses yeux océan hormis une haine incontrôlable pour lui et ses hommes ? Y avait-il au moins un brin de sincérité avec ses excuses ? Il ne lut qu'une légère crainte et il sourit en dévoilant ses canines tel un fauve. Souvent, peu de personnes avaient une telle audace mais la plupart du temps, ce furent les pirates qui osèrent lui parler avec autant de mépris. Le gouverneur rajusta sa manche. Il venait de perdre un temps fou avec cette femme à lui proposer une offre pour au final, se faire cracher dessus. Bien sûr, il y avait plus contraignant mais cela devenait gênant dans le sens où il avait perdu le dessus pendant ne serait-ce, quelques instants. Une sensation désagréable qui le chamboulait malgré tout. Lui qui débordait d'idées nouvelles, il allait finir par tout oublier.

Il rangea alors son esprit, consciencieusement, comme il avait l'habitude de le faire. Oui, il lui fallait un traître parmi les pirates, ces vagabonds, savoir l'identité réelle de Sigrid Solta et surtout, quérir des nouvelles de sa fille en tant que bon père. Seulement, il n'allait pas partir ainsi, après s'être fait insulté. L'homme à la perruque blanche soupira de lassitude. Avait-il vraiment le temps pour ça ? Soit, cette femme n'aimait pas le gouvernement mais était-ce vraiment là la question ? Il se pencha à l'oreille de l'impertinente. Son épée, toujours accrochée à sa taille frôlait à présent son interlocutrice comme si l'arme elle-même cherchait à se planter, suivant une envie secrète de son propriétaire bien que ce dernier ne voulait pas non plus se salir les mains une fois encore en cette journée. L'homme lâcha à son oreille en articulant chaque mot d'un ton grave :

« Je me fiche éperdument de votre petite histoire. Vous n'êtes pas morte, c'est le principal... Pour vous bien évidemment. Il y a huit ans, vous saviez ce que je faisais moi ? J'étais sur un navire depuis sept long mois, en manque de vivres. Est-ce pour autant que je me permets de répandre mon venin comme bon me semble comme vous venez de le faire ? Il ne me semble pas. Peut-être n'avons-nous pas la même notion du respect mais j'espère ces excuses sincères car vous venez de parler à l'homme qui peut vous faire tuer sur le champ comme à un vulgaire chien et contrairement à certaines personnes que vous connaissez peut-être, je ne le tolère pas. Ce n'est pas parce que vous dîtes avoir vu des pirates massacrer je ne sais qui que vous devez m'importuner alors que je vous fait une offre. Je pensais au moins faire face à quelqu'un ayant reçu une éducation, cela m'apprendra à perdre mon temps à parler à une malotrue... Enfin, j'espère ma chère, ajouta-t-il narquoisement, vous avoir inculqué un peu de politesse aujourd'hui et la prochaine fois que nous nous reverrons, rappelez-vous que l'on ne manque pas de respect au gouverneur ! Vous osez critiquer ouvertement le gouvernement mais avez-vous au moins la moindre idée de ce qu'est le monde des pirates en comparaison ? Si c'est le cas, je le découvrirai bien assez tôt..., acheva-t-il en murmurant.

Il se redressa et la fixa une dernière fois avant de tourner les talons. Il s'éloigna dans la rue sans plus lui lancer un regard. Les rares passants cessèrent de lui donner le bonjour. Il marchait d'un pas vif signalant clairement qu'il avait suffisamment perdu de son précieux temps.

En s'éloignant, il songea à ce qu'on venait de lui dire. Était-ce ainsi qu'on le voyait ? Impuissant face aux pirates ? Cela devait changer. Cela allait changer. Seulement, devait-il se fier à l'avis d'une passante ? De plus, elle ne paraissait pas très normale. Quelle femme accepterait de se faire "chasseuse de prime" ? Quelle femme oserait affronter le gouverneur ? Quelque chose clochait, assurément. Etait-elle tout simplement folle ? Traumatisée ? Pirate reconvertie ? Il n'allait pas tarder à le savoir. Ce n'était pas sa priorité mais cela l'intriguait fortement. Peut-être même venait-il d'accomplir un "accord" avec un espion. Quelqu'un voulant sa chute et prendre le contrôle tout comme Phelan avait tenté de faire. Plongé dans une paranoïa profonde, le gouverneur se détacha totalement du monde extérieur et se mit à chercher qui pouvaient bien le trahir.
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Un marché avec le Gouverneur [PV]

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