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Le poids de la maladie [PV]

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Vigie
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Journal de bord
Situation RP: Occupé
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MessageSujet: Le poids de la maladie [PV] Mar 14 Juin - 14:08

La nuit venait de s'achever et au loin commençait à poindre le rose de l'aurore. L'église était plongée dans une obscurité grise, qui allait laisser place bientôt à une lumière blanche. Angelo attendait, agenouillé en prière devant l'autel, que le jeune moine le rejoigne.
La messe d'hier soir n'avait accueillit que peu de paroissiens. L'orage ne semblait pas vouloir s'arrêter. Les éclairs avaient cessé, mais la pluie tombait inlassablement. Cela avait été une messe bien triste et le jeune prêtre s'était fait une raison. Il avait d'autres soucis en tête. Demain serait un jour meilleur. Il était donc parti se coucher. Le bruit de la pluie avait bercé son sommeil et il s'était réveillé ce matin, en raison du silence qui régnait. Plus d'averse. On n'entendait plus que le clapotis de quelques gouttes glissant de feuille en feuille jusqu'au sol. Au loin, des oiseaux piallaient légèrement pour saluer le lever du jour. Pourtant l'atmosphère était encore chargée.
Le missionnaire s'était habillé après s'être aspergé le visage d'eau claire. Les vêtements étaient gorgés d'humidité et le prêtre sentait son corps légèrement collant, dû à la sueur qu'il ne pouvait empêcher. La vie dans le Nouveau Monde n'allait pas être aussi douce qu'au séminaire de la capitale. Il s'était préparé de l'eau chaude et avait infusé des feuilles de thé un peu éventées en raison du climat et du long voyage qu'il avait fait. Le breuvage lui mis toutefois du baume au coeur et il descendit plus serein à l'église.
Angelo Añada alluma les grands cierges du choeur, puis s'intalla en prière. Il était encore tôt et Erick n'allait pas arriver avant un bon quart d'heure. Il profita donc de ce temps pour se recueillir. Les paroles sacrés parvinrent à ses lèvres comme de vieilles amies : louanges, remerciements, pardon, intercessions. Il souhaitait que Dieu l'accompagne dans la charge qui était la sienne et son secours pour les jours difficiles qu'il allai bientôt traverser. Le missionnaire savait que le Nouveau Monde n'allait pas lui laisser de temps pour être dorloté et choyé, même parmi ses frères devant Dieu. Il devait être fort et digne de Dieu. C'était cela sa voie.
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Capitaine
Troisième personnage


Journal de bord
Situation RP: Libre
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Sam 25 Juin - 17:37

Le jeune homme n’avait jamais été autant intimidé par l’un de ses supérieurs. Aujourd’hui, il avait probablement fait une rencontre qui allait à jamais changer sa vie. Mais cette dernière avait éveillé en lui de la crainte, voire de la terreur. S’il commettait la moindre erreur, son petit secret, aujourd’hui partagé avec Yvon Montécume, serait découvert. Que diront les moines du Monastère s’ils venaient à apprendre qu’en réalité, Erik avait toujours su parler ? Certes sa voix était faible, car il ne l’avait pas travaillé depuis ses six ans, mais quand bien même, il avait menti à des centaines de personnes sans ressentir le moindre remord, ni la moindre pitié à leur égard. Il s’était largement contenté de sa situation, et avait reconstruit sa vie à partir de cette dernière. Il ne regrettait rien. Il craignait juste de voir son monde s’écrouler si le Père Angelo se montrait trop malin.

Erik était allongé dans le lit qu’Yvon Montécume avait accepté de lui prêter le jour même de son arrivée. Autour de lui, aucun bruit ne laissait croire que le boulanger et son équipe travaillaient encore. Ils étaient probablement tous en train de prendre du repos. Les journées de ces hommes et femmes semblaient remplies et surtout particulièrement fatiguantes. Erik espérait pouvoir tenir le rythme entre son rôle d’apprenti boulanger et les tâches qu’il allait devoir accomplir auprès du jeune prêtre de Glenia. En pensant à cela, il fut pris de panique. Il trembla, transpira, et respira difficilement. Il savait très bien qu’il risquait de tomber malade en travaillant autant. Au monastère, il avait pris l’habitude de dormir dans la journée pour éviter d’être pris de fièvres, voire de rester plusieurs jours de suite alité pour ne pas l’aggraver. Ils s’étaient tous habitués à le voir absent à certaines prières de la journée. Mis à part quelques moines ronchons, peu étaient ceux qui s’en plaignaient. Ils pensaient tous le voir guérir un jour, et reprendre une vie normale. Espoir vain, car Erik avait décidé de rester muet dans l’unique but de décevoir son père, qui avait tant cru en lui. Mais ce dernier avait commis la grave erreur de le séparer de son frère jumeau : William.
Il s’endormit donc sur ces obscures pensées. Même l’enseignement religieux qu’il avait reçu n’avait pas réussi à l’assagir en ce qui concerne son père. Fort heureusement, il restait disponible et souriant envers les personnes dans le besoin qui frappaient aux portes du monastère.

~

Très tôt le lendemain matin, ce fut Yvon qui le réveilla. Erik eut beaucoup de mal à quitter le lit, mais lorsqu’il comprit qu’Yvon ne lâchera pas le morceau, il se décida à se lever. Il se lava et se vêtit à la hâte, puis prit un succulent petit déjeuner en compagnie de son hôte. Cependant, il mangea beaucoup moins que la veille : il avait le ventre noué. De plus, la présence du fameux Philibert l’intriguait. Il n’était pas encore habitué à sa présence à table. Mais ici, le plus étranger de tous, c’était bien le petit moinillon. C’est donc avec un unique croissant dans le ventre qu’Erik sortit de table sans un mot. Il n’avait pas prononcé le moindre mot depuis qu’ils avaient quitté l’église, hier soir. Visiblement, le petit moine s’était de nouveau muré dans le silence, et la présence de Philibert en ces lieux n’était pas l’unique raison de ce soudain changement de comportement. Il n’avait plus envie de dialoguer. Cela suffisait à Erik pour se taire pendant un bon moment.
Il rejoignit très vite la chambre et prépara son sac. Il y plaça le peu d’objets qu’il avait emporté pour son voyage, puis fit le lit, malgré les protestations d’Yvon. Son petit sac de toile rempli, il quitta carrément le bâtiment, et ses cheveux blancs prirent bien vite le vent, ainsi que la pluie. Le temps ne semblait pas s’améliorer, mais au moins il n’avait plus l’allure d’une tempête.

Ce ne fut que lorsqu’Yvon se décida à le rejoindre qu’ils prirent tous les deux la route. Aux propos du boulanger, Erik resta silencieux. Il se demanda cependant s’il ne devait pas lui préciser qu’il souhaitait dormir à l’église, ou bien s’il devait le laisser deviner par lui-même ce choix de vie. Finalement il ne prononça pas un mot. Il était bien têtu et ronchon en ce jour pluvieux, et son manque de volonté reprenait le dessus. Pourtant, il semblait plutôt énergique. Il marcha au rythme du géant, parcourut du regard les étales de fruits et légumes, et joua même un petit moment avec les poules que vendait un paysan ruiné. Erik ne put s’empêcher de sourire au pauvre homme, puis de reprendre la route. Il ne pouvait rien faire de plus pour lui, si ce n’est lui offrir un sourire qu’il lui rendra, un jour ou l’autre.

Arrivé devant l’église, Erik s’arrêta net. Il leva la tête et se contenta d’observer l’eau ruisseler le long des murs. Quelques pigeons s’abritaient sous les toits, les insectes volaient bas et les hirondelles s’en délectaient. Sans même laisser le temps à Yvon de l’encourager, le jeune homme se décida enfin à prendre son courage à deux mains. Il ouvrit la lourde porte avec douceur, puis pénétra dans l’église après avoir laissé passer son protecteur. Trouver Angelo ne fut pas quelque chose de bien compliqué. Agenouillé, il priait en silence, quoi qu’un léger son parvint aux oreilles du jeune garçon. Par respect il resta planté là, sans oser gêner l’homme d’église. Les propos qu’avait proférés ce dernier la veille lui revinrent cependant en mémoire :

>> - Cependant, je mettrais fin à cet arrangement, si ce jeune garçon continue à se montrer si peu ouvert et enthousiaste. La prière et la foi ne consistent pas à se murer dans le silence et à prendre un air entre tristesse et mauvaise volonté. J'espère m'être bien fait comprendre, jeune homme ! <<

Très vite il s’avança, et rejoignit le prêtre. Il s’agenouilla à ses côtés, et le fixa un petit moment. Cela devait bien faire trois jours qu’il n’avait pas prié en la compagnie d’un compagnon de foi. Il l’avait fait seul dans la chambre d’Yvon depuis qu’il s’était égaré dans les rues de la ville de Glenia. Bizarrement, il avait trouvé ça bien triste. Il joignit les mains et imita le prêtre. Ses prières étaient toujours courtes mais pourtant précieuses. Contrairement à Angelo, ce fut cependant dans le silence qu’il pria. Pas question de s’attirer les foudres de ce dernier, alors que c’était son premier jour ici.
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Vigie
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Jeu 4 Aoû - 20:10

Si Angelo avait entendu le jeune novice arriver, il n'en avait rien laissé paraître. Il nota cependant que ce dernier était ponctuel et capable de prendre l'initiative de prier sans qu'on le lui ordonna. Le missionnaire avait encore besoin du calme de la prière pour se ressourcer. En peu de temps, il se voyait investi de nombreuses missions et ne savait pas encore comment il arriverait à s'organiser.
Prier dans un monastère ou un séminaire, à l'abri de toute influence extérieure, n'était pas si ardue. Mais tenir une place de prêtre sur des terres inconnues, avec une charge de mission, il s'agissait déjà d'une lourde tâche. Ne parlons pas de prendre la responsabilité d'avoir un novice, presque muet, auprès de lui.

Angelo Añada aurait presque regretté son choix. Pourtant, hier au soir, il avait ressentit le besoin de prendre ce jeune garçon sous son autorité. Il était persuadé au fond de lui, que Dieu n'avait pas pu lui envoyé ce petit par hasard. Il aurait sans doute beaucoup à apprendre de lui. Il finit sa prière en murmurant les paroles bénites du matin. Dans son coeur, il revoyait le sourire protecteur de son frère aîné. C'est cela qu'il donnerait à Erik : le regard d'un frère.
Il ouvrit les yeux, se redressa et s'assit sur le banc. Enfin il tourna son regard vers le novice.

- Sois le bienvenu. Voici la première maison de chaque homme. Je t'espère en bonne forme, car l'église a plus besoin de bras forts, prêts à mettre la main à la pâte, que d'oraisons, pour le moment.
Je ne suis pas arrivé depuis longtemps, et il faut remettre de l'ordre. Les carreaux, les vitraux, les plafonds, les murs et les sols, sont à nettoyer à grandes eaux. Je me suis occupé déjà des petits détails, mais le gros reste à faire. Enfin, il faut à tout prix que je répare le toit du presbytère, sans quoi, je mourrais de froid dans le prochain mois.


Il se leva et invita Erik à faire de même.

- Je t'appellerais lorsqu'il sera l'heure de manger. Je te confie le soin des vitraux et carreaux. Et... tu vas devoir délaisser tes vêtements. Tu seras plus à ton aise avec des vêtements plus ordinaires et .... voyons disons, moins religieux. Suis-moi !

Le prêtre l'emmena rapidement à la sacristie où ils se changèrent tous les deux. Angelo indiqua où trouver de quoi faire l'ouvrage demandé et laissa là le novice. Il devait se hâter de refaire le toit qui menaçait de s'écrouler. Sans doute, l'orage de la veille avait empiré la situation.
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Capitaine
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Mar 16 Aoû - 11:57

C’est silencieusement que le jeune moine se mit à l’ouvrage. Avec de l’eau claire et beaucoup de volonté, il débuta le nettoyage des vitraux de l’église de Glénia. Il y mettait beaucoup de douceur. Ses gestes étaient précis, délicats, comme si le verre pouvait casser d’un moment à l’autre au passage du chiffon. Il veillait par la même occasion à ne pas retirer le pigment, qui donnait aux vitraux ces bleus, rouges et jaunes si lumineux. Pour cela, il humidifiait très légèrement le tissu, contrairement à ce que faisaient les moines du Monastère avec leurs propres linges pour laver les sols blancs de la salle capitulaire par exemple. Là-haut, sur son échelle, il oubliait un peu ce qu’était être petit dans un monde de grands.

Autour de lui, il y avait peu de bruit. Les prières de quelques paysans étaient audibles. On entendait les murs chanter, le toit grincer. Le vent sifflait entre toutes les petites ouvertures de l’église : portes, fissures, vieilles fenêtres. Cela avait presque quelque chose d’inquiétant, mais Erik était quelque peu habitué. Au monastère, les réparations en attente étaient sûrement aussi nombreuses qu’ici, mais la taille du bâtiment faisait qu’on en oubliait vite les petits détails de ce type. Les cuisines étaient probablement les pièces en plus mauvais état. D’après les propos d’Angelo, ici, il s’agissait du presbytère. Comment pouvait-on dormir dans ce lieu de repos si les eaux des orages d’été venaient troubler un sommeil réparateur ?
Quoi qu’il en soit, une fois que le toit sera réparé, ses nuits seront probablement bien meilleures que celles du monastère, comme le lui avait dit le prêtre de ces lieux. Prêtre qui avait d’ailleurs déjà dormi là-bas. Erik tenta en vain de se souvenir des personnes qu’il avait accueillies ces derniers mois. Mais malheureusement, le visage angélique de cet homme ne lui revint pas en mémoire. Il soupira et reprit son travail. Déjà ses bras le faisaient souffrir. Il n’était pas habitué à lever les bras ainsi pendant de longues minutes, et l’effort que venait de lui demander le prêtre était contraire à ce qu’il accomplissait habituellement au monastère. On l’avait toujours écarté des tâches susceptible de faire monter sa fièvre. Il s’occupait volontiers du potager, du nettoyage des sols, mais jamais très longtemps. Il passait la plupart de son temps dans la bibliothèque, à apprendre le latin, la lecture, et l’écriture, en l’agréable compagnie du frère Pierre. Avait-il donc pris de mauvaises habitudes ? Si c’était le cas, il était bien loin de s’en être rendu compte. De toute manière, il n’avait pas vraiment le choix. Angelo semblait prêt à se séparer de lui à la première occasion. Du moins, c’est l’impression que donnait son regard, mais également les propos qu’il avait prononcé la veille.

Cet homme était tout ce qu’Erik craignait. Mais il savait qu’il n’avait pourtant pas à le craindre, car c’était un homme de Dieu. Pourtant, il n’arrivait pas à s’opposer à lui, que ce soit par les gestes ou la parole. Angelo dictait, Erik suivait. Au fond, sur certains points, il lui ressemblait beaucoup. Angelo était un homme calme, patient, à l’écoute de toute demande comme le lui demande son rôle de prêtre. Mais son côté autoritaire, voire supérieur gênait beaucoup le jeune garçon. Lorsqu’Angelo avait prononcé ces mots : « - Cependant, je mettrais fin à cet arrangement, si ce jeune garçon continue à se montrer si peu ouvert et enthousiaste. La prière et la foi ne consistent pas à se murer dans le silence et à prendre un air entre tristesse et mauvaise volonté. J'espère m'être bien fait comprendre, jeune homme ! », il avait failli le qualifier de noble hautain. Mais il n’en était rien quant à la noblesse. De son regard d’enfant, Erik le voyait au début comme un petit tyran. Il rit en silence. Un tyran l’aurait déjà fouetté, et torturé moralement. Ici, il vivait dans la paix et le silence. Il vivait pour devenir moine. Ses pensées cessèrent un instant. Le chiffon qu’il utilisait tomba. Erik descendit de l’échelle, et s’assit contre la paroi de l’église. Etait-ce vraiment ce qu’il voulait ?

Il était certain d’une chose : il n’était pas heureux, pas satisfait. Lors de son arrivée au monastère à l’âge de six ans, il avait fait toutes les bêtises possibles, tenté de fuguer, raté les messes et les prières de la journée, refusé de manger, insulté avec le peu de mots qu’il connaissait les hommes qui tentaient de le raisonner. A huit ans, il était tombé malade. Il y avait perdu la parole, et plusieurs mois de sa vie. Les hommes l’ayant soigné était unanimes : les fièvres et le mutisme n’étaient pas causés par des problèmes physiques, mais plutôt psychologiques. Certains disaient même que c’était la volonté de Dieu. Pas tout à fait dans la conscience du jeune moine. Erik avait toujours su parler. Il s’était juste de lui-même enfermé dans le silence. Et Yvon avait sûrement été le seul spectateur de sa « possible » guérison. Quant à savoir si Angelo le sera également…sûrement pas. Erik craignait fortement la réaction de ce dernier s’il venait à apprendre la vérité.
Le novice plongea dans ses souvenirs. Pour quelle raison avait-il pris la parole en compagnie d’Yvon ? S’il se souvenait bien, pour la première fois, on lui avait demandé de faire un choix. Son père lui avait imposé de se tourner vers la religion, plaçant son frère jumeau dans l’administration en tant que futur grand fonctionnaire. Erik avait beau réfléchir, il n’avait jamais compris pourquoi on les avait séparé tous les deux. « Pour votre bien », disait le frère Pierre. Si son père se mêlait de chacun de ses choix, comment pourra-t-il s’épanouir ? Il devait trouver un compromis. Une activité plaisante au sein de la religion, et par la suite prier pour qu’un jour il croise à nouveau la route de William.
Au fond, il avait toujours aimé veiller sur les Hommes. Leur apporter des soins, les rassurer, leur redonner l’espoir, leur parler de la foi. Alors entre moine et prêtre, quel était le chemin qu’il devait prendre ?
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Vigie
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Mar 16 Aoû - 17:42

Sur le toit du presbytère, en équilibre précaire sur deux poutres de bois, Angelo avait entamé la réparation . Bénissant Dieu d'empêcher la pluie, il se hâtait tant qu'il pouvait pour achever son ouvrage. Les heures s'écoulèrent sans qu'il y prenne garde, concentré sur son travail. Il avançait lentement, mais sûrement et avec précision. C'était un véritable hasard que le jeune prêtre sache faire une telle réparation. A l'époque où il n'était que novice, le toit de la chapelle s'était écroulé. On avait fait appel à des manutentionnaires, mais ils avaient besoin encore d'un peu d'aide. Angelo s'était proposé volontiers : il était jeune et léger, il avait bon souvenir de l'ancien toit et ne manquait pas de débrouillardise. Ainsi avait-il appris à réparer un toit. Le séminaire n'avait pas manqué de faire des économies en ayant recours à ses services. Loin d'être un maître dans le domaine, le missionnaire avait appris les bases et s'en félicitait. C'était bien une des seules choses manuelles qu'il savait faire !
Angelo venait de poser la dernière tuile. Son front ruisselait de sueur, ses mains saignaient, trop peu habituées à de tels travaux. Pourtant, le prêtre souriait. Il avait réussis un beau travail et presque dans le temps qu'il s'était impartit. Il n'attendit pas plus pour aller se nettoyer et se changer. La faim le taraudait, il devait en être de même pour le jeune Erik. Transporté par sa joie du travail achevé et bien réalisé, il eu tôt fait de préparer une purée de poix et une belle cuisse de dinde. Le pain avait été déposé sur la table. Il ne manquait plus qu'Erik.

Assis et en pleine réflexion, ce dernier n'entendit pas Angelo qui s'inquiéta tout d'abord de le voir ainsi prostré.

- Te sens-tu mal, petit frère ?

Avec des gestes doux, le missionnaire s'était agenouillé à sa hauteur et releva le menton du jeune garçon. Il vit bien que celui-ci ne souffrait pas. Il était perdu dans ses pensées. Son air grave laissait paraître l'agitation intérieure qui le rongeait. Partagé entre l'envie de lui venir en aide et l'agacement dû à son manque de réactivité, Angelo se releva, assez froidement et avant de lui tourner le dos pour retourner au presbytère, lui indiqua que le repas était chaud.
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Capitaine
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Ven 19 Aoû - 7:39

*Est-ce à moi qu’il s’adressait ?*

« Petit frère ». Erik mit du temps avant de comprendre que ces mots lui étaient exclusivement destinés. Lorsqu’enfin il comprit, Angelo lui avait tourné le dos, et se dirigeait vers le presbytère. Dans la hâte le petit moine se leva et le suivit en marchant vite, voire en courant. Il était mort de faim, malgré les petites pâtisseries qu’il avait mangées au matin avant de quitter Monsieur Montécume. Les efforts qu’Angelo lui avaient demandés aujourd’hui étaient bien plus épuisants que ceux qui lui étaient réclamés au Monastère, mais fort heureusement, sa fièvre ne s’était pas encore manifestée. Il ne tenait pas à être alité dès son premier jour en ces lieux.

Lorsqu’il pénétra dans le presbytère, une bonne odeur emplissait la pièce. Le ventre du jeune garçon gargouilla, mais il agit comme si personne n’était capable d’entendre ses cris de faim. Par réflexe, il leva la tête pour voir l’avancée des travaux. Angelo était visiblement un acharné, et le toit réparé. Du moins d’apparence, car Erik ne connaissait pas grand-chose en la matière. Le travail pouvait être bien plus conséquent qu’il ne le pensait. Tandis que ce dernier avait refait à neuf tout le toit du presbytère, lui n’avait été capable que de nettoyer quelques vitraux pendant le temps qui lui avait été offert. Ses joues habituellement fantomatiques devinrent aussi rouges que les pivoines, tant il avait honte de son manque d’efficacité sur une tâche bien moins ardue. Les mains d’Angelo saignaient, les siennes étaient pâles et douces comme une peau de bébé. Alors Erik quitta temporairement la pièce, au risque de voir son repas refroidir.

Il chercha longtemps une petite cuvette, ne connaissant pas encore les lieux. Lorsqu’il l’eut trouvé, il la remplit avec de l’eau du puits, et revint aux côtés d’Angelo en titubant tant le récipient était lourd. Sans même laisser le temps à Angelo de lui dire quoi que ce soit, il attrapa en douceur les mains de ce dernier, et les plongea dans l’eau froide. A l’aide d’un morceau de tissu, et en espérant ne pas lui faire trop de mal, il nettoya de son mieux les petites plaies, comme il l’avait fait avec les réfugiés au monastère. Mais cela, il le fit encore une fois dans le silence le plus complet. Doucement il retira ses mains de l’eau, puis les sécha avec cette fois-ci un peu moins d’assurance. Lui faire mal était sa dernière volonté, alors il y passa du temps. Il avait souvent entendu les réfugiés geindre dès qu’il s’agissait de sécher une peau blessée. Mais il avait ignoré, et continué sa tâche. C’était son devoir. Envers le monastère. Envers Dieu. Et aujourd’hui envers Angelo.

Il ouvrit la bouche. Mais la referma aussitôt.
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Ven 19 Aoû - 21:37

Le jeune novice rejoignit Angelo peu après. Il semblait observer le travail du prêtre. Le missionnaire l'observait. Il tentait de comprendre ce qu'il y avait derrière cette tête d'ange. Mais il ne découvrait rien. Certes, il se savait assez peu doué dans la lecture des pensées des autres, mais tout de même. Erik était une énigme qui piquait sa curiosité... tout en l'agaçant. Quel secret renfermait-il au fond de lui ?
Alors qu'il allait commencer à parler pour lui indiquer de se mettre à sa place pour les bénédicités, le garçon décampa sans un mot. Le prêtre ne comprenait pas et fronça ses sourcils. Les points sur les hanches, il attendit que le novice arrive pour le sermonner. Après tout, ce jeune était peut-être ... en train de se moquer de lui et de sa trop grande gentillesse.
Erik revint avec une bassine d'eau trop lourde pour lui. Alors qu'Angelo s'apprêtait à lui dire sa façon de penser, le novice le coupa une seconde fois en prenant ses mains pour les laver. Etonné, le prêtre ne broncha pas et s'assied pour rendre la tâche plus aisée. Si se faire choyer était agréable, il acceptait assez mal qu'on agisse si familièrement avec lui. Pourtant, s'il réagissait durement, il braquerait le petit contre lui et il ferait preuve de peu de charité. Erik voulait se rendre utile, peut-être lui apporter du réconfort. Cela avait été spontané et le missionnaire n'avait pas vu de malice dans cette attention. Il crut qu'à la fin le garçon parlerait, mais il baissa la tête finalement. Angelo l'obligea a se relever avec des gestes doux.

- Merci Erik. Maintenant, laisse cela. Tu as besoin de prendre des forces et moi également. Tu as bon coeur et tu seras récompensé.

Sur ce, il se leva également et entonna les prières de bénédiction du repas, puis s'assit. Le repas n'était pas des plus raffiné, mais la faim du jeune prêtre était telle, qu'il n'y prit pas garde.

- Je vais venir t'aider à l'église, puisque le toit est réparé. La messe est à la sixième heure de l'après-midi. Nous la célèbrerons ensemble. Ensuite, tu seras libre de retourner chez le boulanger. Cela te convient-il ? Et ne t'inquiète pas des prochains jours, il y aura moins de travaux manuels.
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Lun 22 Aoû - 23:17

Erik se contenta d’approuver d’un signe de la tête, puis entama son repas avec appétit. Il dévora son assiette comme s’il s’agissait de son seul et unique repas de la journée, tout en veillant à paraître poli et humble.

Mais au plus profond de lui-même, il était gêné que le jeune prêtre se propose de venir l’aider alors que c’était bel et bien à lui qu’on avait confié la tâche de nettoyer les vitres et vitraux de l’église. Il avait peu avancé, s’attardant sur des détails concernant le nettoyage, rêvassant de temps en temps lorsqu’il s’agissait de trouver le chemin à emprunter pour grandir convenablement. Alors il mangea les yeux rivés sur son plat, sans jamais daigner regarder celui qui avait généreusement accepté de le prendre en charge. A la fin du repas, il faillit lâcher un bruyant soupir de satisfaction, mais il se retint à temps, et veilla à ce qu’Angelo n’ait entendu aucun bruit suspect. Pour éviter de risquer tout autre erreur, il ressembla plats et assiettes, et se hâta de les mettre dans un bac rempli d’eau pour les laver, laissant Angelo se charger du reste.

Lorsqu’il eut fini, il prit immédiatement l’initiative de rependre le travail. Il se saisit d’un seau d’eau et d’un vulgaire bout de chiffon. Installé en haut de l’échelle, il débuta le nettoyage d’un des vitraux. Comme précédemment, il prit son temps. Il voulait que le travail soit correctement accompli, mais malheureusement, il était incapable de le faire sans traîner. Sa concentration était intense. Il ne savait pas si Angelo était venu le rejoindre ou non, tant son esprit était fixé sur la tâche à accomplir. Lorsqu’il sentit son bras lui lancer seulement quelques minutes après le début du travail, et ses jambes défaillir, le jeune garçon redescendit de l’échelle et marcha de long en large en se massant son bras douloureux. Il regretta presque d’avoir été si peu courageux au monastère.

*Je suis aussi fragile d’un souriceau !*

Lorsqu’il regarda autour de lui, Angelo n’était pas encore venu le rejoindre. Pas étonnant, il avait peut-être encore à faire en cuisine, voire au presbytère. Ce n’était qu’une question de minutes. Le jeune novice remonta ses manches le long de ses bras maigrichons, se saisit du tissu humidifié puis entreprit de remonter à l’échelle pour y achever sa tâche. Une quinte de toux le prit soudainement, ce qui ne manqua pas de le paniquer. Qu’il soit malade ou non, il s’en moquait. Il espérait juste que le coup de froid qu’il avait pris suite aux dernières pluies n’allait pas laisser supposer…qu’il n’ait pas vraiment perdu sa voix. De peur qu’Angelo soit perspicace, il toussa dans sa manche pour en atténuer le son. Ce qu'il ne savait pas, c'est qu'il était bien loin de la vérité.
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Vigie
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Mar 23 Aoû - 9:20

Le jeune garçon était resté silencieux durant tout le repas. Angelo s'interrogeait : le silence lors du repas était une des règles des monastères. Mais souvent, un frère était chargé de lire les textes saints ou de chanter des psaumes. Ici, ils n'étaient que deux et n'avaient pas besoin d'observer le silence ou de prononcer les textes saints. Etait-ce volontaire de la part d'Erik que d'observer la règle monacale ?
Quelle était cette étrange maladie qui lui enlevait la parole ? Le missionnaire avait connu des muets, mais leur comportement était loin de correspondre à celui du novice. Bien au contraire ! Ils cherchaient toujours à se faire comprendre, à exprimer leurs idées. Ils remplaçaient leur handicap par une activité développée, toujours près à s'inscrire dans la vie des autres.
Oh bien sûr ! Erik semblait emprunt de douceur et d'un souci de charité pour venir en aide. Mais il baissait si souvent les yeux, il restait tant enfermé sur lui-même.

Le repas était achevé, le novice débarrassa leur table et sortit pour reprendre son travail. Assis toujours à la table, Angelo le regarda partir, mais ne bougea pas. Ce qui le dérangeait était le manque de sons. Il fronça les sourcils, persuadé que le jeune garçon cachait quelque chose. Il s'activa pour ranger la cuisine du presbytère et répertorié tout ce qui aurait pu manquer à la vie de tous les jours. Enfin, il prit le chemin de l'église. Le jeune prêtre y trouva Erik nettoyant avec peine les carreaux.

- Ce qui est certain, c'est qu'il n'est guère endurant ! Et je ne suis pourtant pas très robuste..., pensa-t-il.

Erik sembla tousser mais aucun son ne parvint et Angelo s'assombrit une fois de plus.

- La religion n'empêche pas d'émettre des sons dans une église, lorsque l'on est gêné par sa gorge ou ses bronches ! lança-t-il avec provocation au délicat novice.
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Mar 23 Aoû - 14:40

Angelo s’adressa à lui sur un ton sec et sévère. Surpris, le jeune novice sursauta et retira avec précipitation sa manche de devant sa bouche. Doucement il se tourna avec le jeune prêtre. Son teint pâle avait laissé place à tout autre chose. Ses joues étaient étrangement rouges, son cœur battait si fort qu’il semblait être sur le point d’exploser. Imperceptiblement il tremblait. Il réajusta rapidement une mèche de cheveux, baissa vaguement la tête, puis finalement osa enfin croiser le regard de son interlocuteur. Il y vit de l’agacement, et cela suffit à l’achever.

Les larmes commencèrent à couler. Des sanglots lui échappèrent. Il se frotta longuement les yeux, tentant en vain de contenir sa panique, sa culpabilité vis-à-vis d’Angelo. Abandonnant le torchon à même le sol, il buta contre le mur et paniqua encore plus, lui qui avait l’espoir de pouvoir échapper à ce lieu un instant peut-être. Il avait commis une grave erreur, et les propos d’Angelo le lui avaient fait clairement comprendre. Sa quinte de toux venait bel et bien des bronches, et elle reprit un instant. Comme un idiot, il s’était enfermé dans le silence en pensant qu’une personne muette ne pouvait ni tousser, ni éternuer en faisant du bruit. Qu’en était-il des gémissements et des soupirs ? Commettait-il la même erreur depuis son arrivée au Monastère ?

En fait, il pleurait comme un enfant à qui on aurait reproché son mensonge.

*Je ne veux pas qu’il m’en veuille ! Je ne veux pas qu’il me punisse…et que papa apprenne la vérité ! Il me ferait du mal ! Il m'empêcherait de revoir William !* se désespéra-t-il. *Comment vais-je expliquer ça à Angelo ? Va-t-il me jeter dehors ? Me dénoncer aux autorités du Monastère ?*
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Mar 23 Aoû - 14:55

Angelo avait voulu se montrer sévère, car le comportement du jeune garçon l'inquiétait. Il s'en sentait responsable et ne pouvait pas lui permettre de faire tout à son envie. Peut-être aurait-il mieux fait de ne pas prendre garde à lui et de le laisser vaquer comme il le souhaitait... mais il en avait pris la responsabilité auprès des moines d'Ulirac.
Le prêtre regretta sa sévérité quand il vit le novice chanceler et plaquer sa main contre ses bronches. On lui avait dit qu'il était de santé fragile... et lui, il le faisait travailler. Comment pouvait-il imaginer que ce garçon était si faible ? Il n'avait pas lui-même une constitution toute en force, et avait plus d'une fois été malade... encore récemment au monastère.

A ce souvenir, il fut un peu rasséréné : il saurait faire tomber la fièvre. Ainsi rassuré et constatant que le novice ne le rejoindrait pas, il alla lui-même jusqu'au petit souffrant. Le missionnaire le souleva et le porta dans la sacristie où il l'allongea sur la petite banquette, renfermant le linge du culte. Angelo se munit d'un doux mouchoir humide et nettoya le visage angoissé.

- Erik, tu ne vas pas bien, vraiment. Peux-tu au moins m'indiquer ce que tu as ? Je ne peux te laisser dans cet état.
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Mar 23 Aoû - 22:33

Alors qu’il était prostré contre le mur de l’imposante bâtisse, Erik sentit les bras protecteurs d’Angelo se saisir de son frêle corps, le transportant à travers l’église pour finalement le déposer sur une confortable petite banquette de la sacristie. Peu confiant au début, il tenta vainement de se dégager, se laissant finalement faire lorsqu’il sentit le tissu humide rafraichir son front brûlant de fièvre. Il se crut alors aussi léger qu’une plume, oubliant un instant les caprices de son corps, ses quintes de toux, les irritations de sa gorge, son cœur brûlé par les erreurs commises. Certains d’être tombé malade suite aux pluies de ces derniers jours et non pas à cause des efforts fournis pour le nettoyage, le jeune garçon sourit légèrement à son bienfaiteur, comme il l’avait toujours fait avec les personnes réclamant du réconfort. De quoi avait-il l’air, à sourire ainsi alors que comme il le redoutait, il finissait alité ?

Finalement le jeune garçon porta son regard sur le plafond de la sacristie. Il aurait aimé y voir les étoiles du soir, sentir le vent frais caresser ses joues pâles. Il aurait souhaité un instant, ne plus être le pantin du destin et connaître le chemin qu’il se devait de suivre pour vivre pleinement son existence. Mais les choses faisaient qu’il devait s’adapter à chaque heure, à chaque minute de la journée. Encore aujourd’hui, cette situation se présentait à lui. Inévitablement. Timidement il fixa de nouveau son protecteur. Son air inquiet l’attrista, affectant le jeune garçon bien plus que n’importe qui ne pouvait l’imaginer. Mais il était partagé depuis un moment déjà entre l’envie de parler, et celle de taire son mal. Risquait-il plus à se laisser dépérir et à espérer une miraculeuse, ou bien à avouer son terrible mensonge ? Soigne-t-on plus facilement un mal physique, voire mental, ou une perte de confiance ?

Encore une fois, la réponse ne lui vint pas. Alors il désespéra de ne pas être plus mature, de grandir si lentement. Il se pinça les lèvres, puis ouvrit la bouche dans l’intention de prononcer ses premiers mots. Mais il n’y eut qu’un silence comme tous les précédents. Soudainement épuisé, il sentit ses paupières se fermer peu à peu. Dans un souffle il prononça finalement d’une voix faible et rauque :

- Je.. suis dé…solé…

Il était certain qu’elle n’avait pas été travaillée depuis longtemps. Le simple fait de parler lui demandait beaucoup d’efforts, bien que le choix de s’enfermer dans le silence ait été le sien, et uniquement le sien. Il toussa à nouveau, se plaçant sur le côté pour ne point s'étouffer.
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Mer 24 Aoû - 8:07

Erik était brûlant, le prêtre le sentait bien, car le tissu humide absorbait en moins de rien la fièvre. Il devait impérativement le guérir et promptement. Quelle serait la réaction du brave boulanger en récupérant son protégé souffrant ? Certes, laver les carreaux n'avaient sans doute pas contribué cette souffrance, mais on ne donnait pas un tel travail à un malade. Angelo se fustigeait d'avoir eu si peu de présence d'esprit pour se rendre compte de la situation du novice.
Le courant de ses pensées prit fin inopinément : le garçon venait de parler !

- Ventre-Saint-Gris ! Mais quelle est cette sorcellerie ! Par quelle étrange procédé parles-tu ?!

Désarçonné, Angelo ne savait plus quel parti prendre. Il aimait prendre le temps de réfléchir, d'avoir du recul. Et voilà que ce jeune novice parlait tout d'un coup. Oh ! Le missionnaire n'était pas totalement dupe. La première stupeur passée, il repensa tout de suite à ses doutes... Et il comprenait mieux l'absence de sons émis par Erik et son renfermement.
Il oscilla un instant entre les réprimandes et la compassion. Il ne tarda pas à faire son choix : il était prêtre et son caractère ne le portait guère à la sévérité. Angelo sourit avec bonté au petit souffrant.

- Tu n'as pas à me craindre, je suis ton frère devant Dieu. Je crois comprendre que tu ne souhaites pas divulguer ton savoir de la parole, mais je dois avant tout te soigner. Après, plus tard, si tu souhaites me parler, m'expliquer, tu le pourras.

Il passa sa propre main sur le front ardent.

- Je dois te laisser quelques instants pour préparer un remède. Tu as bien de la chance, car j'ai eu moi-même de fortes fièvres au monastère et le frère apothicaire m'a transmis un peu de son savoir, afin que je puisse toujours m'en guérir. Si cela t'intéresse, je t'apprendrais également, ça sera moins fastidieux que le nettoyage des carreaux !!!

Après un dernier regard plein de réconfort, il sortit en toute hâte.
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Mer 24 Aoû - 12:34

Le prêtre sortit de la sacristie, et Erik se retrouva seul. Il avait chaud, très chaud. Ses vêtements étaient trempés, son front brûlant laissait couler quelques gouttes de sueur le long de ses tempes. Il était fortement tenté par l’envie de retirer ces draps qui lui donnaient chaud. Mais il avait beau être jeune, il n’en était pas moins un minimum instruit : « Il n’existe rien de mieux qu’une grosse couette bien chaude pour éliminer la fièvre » disait souvent le frère Pierre lorsqu’il aidait l’apothicaire du Monastère à s’occuper des malades. Facile à dire pour celui qui ne doit pas les porter ! Peut-être que le virus ne supportait pas la chaleur. Le jeune garçon se posa mille et une questions sur la médecine, et fut finalement tenté par la précédente proposition d’Angelo. Sa réponse allait lui être positive. C’était toujours mieux que de nettoyer des carreaux toute la journée après tout.

Longtemps il patienta. Il se demanda même au bout d’un moment si Angelo ne l’avait pas oublié. La préparation semblait lui prendre du temps, et Erik fatiguait. Il tourna dans tous les sens, ne trouvant que très difficilement une position confortable pour voir le prêtre arriver, mais aussi pour reposer au mieux son corps. Finalement il opta pour s’allonger sur le côté : la toux passait mieux et les risques qu’il s’étrangle étaient moindres. En moins de cinq minutes, le gamin s’endormit, bien malgré ses efforts pour rester éveillé.

C’est seulement vingt longues minutes plus tard qu’il fut réveillé par le grincement de la porte. Il sursauta dans sa couche, remonta ses draps au niveau de son cou par pur réflexe de protection, puis chercha du regard son bienfaiteur. C’est alors qu’il aperçut le jeune prêtre, et un petit sourire illumina son visage. Depuis qu’Angelo l’avait rassuré quant à son choix de se morfondre dans le mutisme, Erik le considérait comme une…sorte de grand frère. Il était celui qui le protégerait du danger, qui comprendrait ses choix. Pour le moment, sa confiance lui était tout accordée.
Doucement il se redressa, s’appuyant sur sa main pour ne pas perdre l’équilibre. Quelques mots lui échappèrent. Sa voix était toujours aussi rauque et quasiment inaudible. Mais il avait un peu plus d’assurance, et pouvoir parler lui fit le plus grand bien sur le plan moral.

- Angelo…j’ai chaud…j’ai chaud avec ce drap…
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Mer 24 Aoû - 16:05

Le pauvre petit était souffrant et Angelo ne pouvait que compatir. Il comprenait mieux cependant la sévérité du frère apothicaire avec lui. Etre malade n'était pas agréable, mais il était nécessaire de se plier aux ordres d'un homme de médecine.

- Je sais cela Erik. Je ne peux te transporter tout de suite au presbytère, mais dès que tu pourras marcher avec mon soutien, je t'y amènerai. Pour le moment, bois cela. C'est amer et désagréable, mais indispensable à ta guérison.

Il lui tendit un gobelet de terre cuite où il avait reproduit ce qu'il avait appris au monastère. Le jeune prêtre avait goûté du bout de la langue pour être sûr de son fait.

- Il n'y a plus qu'à attendre la moitié d'une heure et tu devrais te sentir mieux. Je comprends que tu veuilles rester secret, mais dis-moi seulement si le monastère est au courant ou bien Yvon. En as-tu déjà parlé ?
Ne t'affole pas ! Tes raisons t'appartiennent. Mais je ne peux avoir ta responsabilité sans que tu ne me donnes quelques précisions. Ainsi tu seras protégé des autres.


Il approcha un petit tabouret de bois pour être au chevet du jeune garçon.
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Mer 24 Aoû - 19:07

Les questions d’Angelo fusèrent. Dès cet instant, le jeune Erik se montra un peu plus méfiant, et détourna le regard sur le remède qu’il venait de lui remettre. Mais il ne but pas. Dans l’instant, il avait quelques détails à régler avec son protecteur. Ce n’était pas la première fois qu’on lui demandait d’expliquer son choix. Son mutisme intriguait de base beaucoup de monde. Mais visiblement, de savoir qu’il était voulu et non imposé éveillait encore plus la curiosité des rares personnes au courant de son secret. Yvon Montécume ne faisait pas exception, et le fait qu’il soit un nouvel élément de la conversation n’étonna guère le jeune garçon, qui s’y attendait quelque peu. D’ailleurs, il tiqua lorsqu’enfin il repensa à celui qui lui avait probablement sauvé la vie il y a quelques jours. A travailler et penser comme il l’avait fait ces dernières heures, il avait complètement oublié l’une des personnes les plus chères à son cœur. Il s’en voulut presque, et le silence s’installa dans la sacristie.

Il n’était pas certain de ce qu’il voulait. Au fond, il avait toujours souhaité rester muet pour que son père oublie un peu de s’intéresser à lui, lui laissant alors quelques libertés impossibles à obtenir par le passé. Mais il était resté là, à le surveiller dès que l’occasion se présentait, à donner des ordres et des directives sur son éducation auprès des autorités les plus influentes du coin, tout en l’évitant minutieusement. D’ailleurs, Erik n’avait pas serré son père dans ses bras depuis l’âge de six ans. Et avec le recul, il devait avouer que cela ne lui manquait pas. Il avait grandi sans lui, donc il pouvait bien évidemment se passer de lui pour le reste de son existence. Cependant, il était l’imposante muraille qui l’empêchait de revoir son frère jumeau. Et c’était ça, qui nourrissait son mutisme apparent. Mais comment les autres pouvaient-ils le savoir, s’il ne disait rien ? Avait-il honte des choix qu’il avait faits, au point de souhaiter se débrouiller seul ? Craignait-il de voir en chaque moine, en chaque prêtre, le reflet de son père ? Probablement.

- Non. Ils…Ils…ne sa…vent rien. Yvon m’a enten…du parler. Mais…il ne…il pense que j’ai peur…il pense que j’ai peur du Monastère et de ses moines.

Il toussa un long moment, puis reprit après avoir calmé sa quinte.

- Je sers…je sers Dieu, et pourtant…je ne fais ça que par égoïsme...pour que…pour qu’il…

A nouveau il toussa, puis se fut le silence. Il se voyait mal parler « d’intérêts personnels » alors même qu’il était ici en mission pour devenir moine, voire prêtre si l’envie lui venait. Quelle belle image que celle de l’église, si ses membres venaient à penser à eux avant de penser aux Hommes.
Afin de changer de sujet, Erik porta doucement le verre en terre cuite à ses lèvres, puis but une gorgée. La réaction fut immédiate. Il recracha tout avec dégoût, tirant la langue pour signifier qu’avaler ce liquide n’allait pas être chose aisée. C’était horriblement amer et écœurant. Même le vin avait meilleur goût, boisson qu’Erik n’avait jamais vraiment apprécié à cause de son jeune âge.
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Mer 24 Aoû - 20:05

Le jeune garçon n'était pas décidé à boire et semblait pris dans de profondes réflexions. Enfin des bribes de mots sortirent comme des réponses aux questions d'Angelo. Malheureusement, le novice n'avait pas bien compris la demande du prêtre. Peut-être ce dernier s'était-il montré trop pressant... il n'avait pourtant pas cherché cela.

- Tu te trompes Erik. Les raisons de ton mutisme t'appartiennent. Tu ne sembles pas vouloir partager cela avec d'autres. Si je t'ai tant interrogé, c'est pour ne pas te trahir involontairement auprès des moines ou auprès d'Yvon. Si au contraire, eux sont au courant, leur dire que j'ai découvert ton secret, serait un acte avisé pour mieux te protéger.

Son argumentation fut coupée court par l'adolescent qui recracha sa première lampée de potion. Angelo ne savait comment réagir. Devait-il être sévère ? Il aida Erik à se nettoyer.

- Oui, ça n'est pas comme un sucre roux, mais il faut faire cet effort, sans quoi tu ne guériras jamais bien de cette fièvre. Imagine donc le frère apothicaire ! Il t'aurait déjà fait glisser sa médecine par un entonnoir ! Tu peux me croire, il m'a soigné de ma fièvre à force coup de réprimandes et d'admonestations. Mais vois le résultat ! Deux semaines plus tard, je répare le toit du presbytère.

Le jeune missionnaire lui adressa un sourire de soulagement.

- Je crois qu'avant de dorloter notre petite église, nous allons choyer le petit animal blessé qui est venu s'échouer ici ! Avant de penser aux autres, il faut penser à soi : charité bien ordonnée commence par soi-même. Cela signifie jeune garçon, que l'on ne peut aider les autres si l'on est trop faible.
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Jeu 25 Aoû - 13:55

Erik offrit un petit sourire à Angelo, en espérant de tout son cœur qu’il le lui rende. Ce prêtre était la bonté incarnée. Il ne cherchait pas à comprendre ses intentions réelles. Il voulait juste connaître quelques petits détails, pour ne pas s’attirer d’ennuis auprès des autorités monastiques. Le jeune garçon en était certain : le frère Pierre n’aurait pas pris la chose aussi bien qu’Angelo. Premièrement parce que pendant près de huit ans, il lui avait outrageusement menti. Deuxièmement parce qu’il se battait depuis des années et des années pour lui faire retrouver la parole, lui trouver des dons qu’il pourrait exploiter pour sortir du lot des moines « communs ». Erik estima qu’il aurait au moins pu se confier à Pierre. Mais il savait d’avance qu’il n’en aurait pas le courage.

Silencieusement il porta le verre à ses lèvres, et avala cul-sec le remède. Il fut plusieurs fois tenté de tout recracher, mais parvint finalement à avaler le tout avec quelques efforts et un peu de bonne volonté. Ecœuré, il mit plusieurs minutes avant de s’en remettre. Le goût âpre de la potion refusait de quitter sa bouche. Alors il réclama prestement un verre d’eau, puis s’allongea pour prendre du repos.

- J’espère ne …plus tomber malade. Votre…votre remède est…infecte, dit-il avec une pointe d’humour. Au monastère…on me…m’alitait. C’est tout. L’apo..l’apothicaire…savait que je guérirais…mais là…c’est une autre fièvre…différente.

Erik toussa, se plaçant de nouveau sur le côté pour mieux encaisser. Après avoir reprit son souffle, il se rallongea correctement, remontant au niveau de son cou le drap blanc destiné à lui tenir chaud.
Il fixa un moment le prêtre de ses petits yeux, puis sourit bêtement. Quelle ironie. Les choses semblaient être mal parties au début, et finalement Angelo s’occupait de lui comme un frère digne de ce nom le ferait. Qui plus est, il avait le même regard que William. Doux et profond. D’un marron vert peu courant. Etait-ce le hasard s’ils se ressemblaient tant ?
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MessageSujet: Re: Le poids de la maladie [PV] Jeu 25 Aoû - 19:43

Ils échangèrent encore quelques paroles, difficiles pour Erik et très nombreuses pour Angelo. Le prêtre raconta son séjour au monastère où les frères l'avaient pris en charge avec une patience infinie.. et un peu de sévérité de la part du frère apothicaire. Il ne fit pas l'impasse, bien au contraire, sur le délire qui s'était emparé de son esprit et l'avait emmené jusqu'au cloître dans un état de transe. Etrangement, Erik n'avait pas souvenir de sa présence. Peut-être était-il parti avec frère Pierre lors de son arrivée.
Une demie heure était presque écoulée, Erik reprenait quelques couleurs.

- Allons vite au presbytère, tu y seras mieux. Il y a une grande bassine de bois, et la bonne a sans doute déjà mis de l'eau à chauffer. Tu prendras un bain, quelques-un de mes habits... et tu te coucheras.

Le jeune missionnaire aida Erik à marcher jusqu'au presbytère. Péguy y avait déjà allumé un feu et l'eau chauffait effectivement dans la cheminée. Elle vint secourir le prêtre et s'occupa de faire prendre son bain au jeune garçon. Elle rouspéta fort, s'indignant que dès l'arrivée d'Angelo, il y ait tant de choses à faire. Elle râlait certes, mais la vieille Péguy était d'une rare générosité et en peu de temps, elle avait adopté le missionnaire comme son propre enfant. Ce dernier l'embrassa sur les deux joues avant de partir.

- Je file chez le boulanger, c'est lui qui a la charge d'Erik. Je vais le mettre au courant de l'événement. Occupe-t'en bien, il est en encore plus fragile que moi !

Après un clin d'oeil complice à Erik, il sortit dans la rue et se précipita chez Yvon.
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MessageSujet: Le poids de la maladie [PV] Sam 27 Aoû - 18:59

Le jeune Erik tendit la main dans l’espoir de saisir la tunique d’Angelo. Mais en vain. Ce dernier quitta l’église après lui avoir offert un clin d’œil complice. Comptait-il le rassurer par ce simple geste ? Bien avant que le moinillon n’ait le temps de rouspéter, Péguy se saisit de son bras et l’entraina vers la bassine. Elle l’aida à se dévêtir, puis le lava avec beaucoup de délicatesse et d’attention. Elle s’occupa même de ses cheveux, retirant de son mieux les poux qui y habitaient depuis un petit moment déjà. Après la toilette, elle lui donna quelques vêtements appartenant à Angelo, qu’Erik enfila prestement. Angelo étant bien plus grand que lui, il se contenta de garder sur lui une chemise en lin. Péguy insista pour il porte également un pantalon, mais renonça lorsqu’elle comprit que le garçonnet ne dormirait pas bien avec une ceinture à la taille. Elle s’assura cependant qu’on lui apporte une deuxième couverture pour qu’il ait bien chaud aux jambes, puis le poussa en direction d’une chambrette situé tout au fond du presbytère. L’enfant n’osa pas contester, mais sut dès ce moment que sa nuit ne serait pas des meilleures.
Il s’endormit dès l’instant où il posa la tête sur l’oreiller, laissant ainsi à Péguy le temps de finir son travail. Elle quitta la pièce en laissant la porte entre-ouverte.

Malgré le sentiment de protection que lui offrait cette gentille dame, Erik eut un sommeil agité. Il rêva, sans comprendre le sens des images dans sa tête. Lumière, sang, ombres mouvantes, grands bâtiments, cris stridents. Une heure seulement après qu’il se soit endormi, il se réveilla en sursaut et tomba du lit, s’écrasant sèchement sur sol froid. Ses vêtements étaient déjà humides tant il avait transpiré. Il se recroquevilla sur lui-même, cherchant à reprendre son souffle. Il trouva finalement refuge dans les bras de Péguy, lorsque cette dernière se présenta à son chevet. Elle l’aida à se lever pour que son rhume ne s’aggrave pas au contact du froid, nettoya son front, son visage et son cou, et enfin le rassura jusqu’à ce qu’il se rendorme de lui-même. Mais lorsqu'elle fut sorti, il s'assit au bord de son lit, la couette sur ses épaules, et plongea dans ses pensées.

Elle ressemblait à sa mère, autant physiquement que par sa façon d’agir. Mais les souvenirs qu’il avait d’elle étaient flous. Au plus profond de lui-même, il enviait les enfants de cette dame. Si elle en avait eu un jour.

*On dirait qu'Angelo l'aime bien...*
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