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Vérité dissimulée [PV]

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MessageSujet: Vérité dissimulée [PV] Sam 23 Juil - 12:52

( Suite de l'auberge des cinq flibustiers )

Bizarre ce gamin ! Bon, il mange comme le pire des gorets, mais ça serait plutôt amusant ça ! D’ailleurs il y a au moins deux gorets à la même table ! En fait, ce qui laisse Miguel aussi perplexe qu’un coq qui constaterait qu'il vient de pondre un œuf, c’est cet étonnant contraste entre les traits angéliques du morveux, d’une part, et d’autre part sa façon de se comporter, de parler d’une voix de malabar enroué, de se goinfrer comme une tique en manque de chair fraîche alors qu’il est presque transparent !

Soit ! Sans doute en chemin auront-ils l’occasion de mieux se connaître ! Le moussaillon paraît d’ailleurs, à première vue, un bon compagnon pour partir à l’aventure. Il est sérieux, serviable, et pas con du tout ! Il est impatient de prendre le large, ce qui est plutôt bon signe. Et ce n’est pas bien grave s’il se montre taiseux, Miguel parle au moins pour deux !

Ils se répartissent le barda avant de quitter l’auberge, et Miguel se montre bon prince, évitant de charger le bel éphèbe comme un mulet. Il l’aide à fixer son sac à dos sur ses frêles épaules, se réservant pour lui même un baluchon contenant sa bourse et son précieux matériel de roi du pinceau. Bon ! Un dernier remerciement à l’adresse de Caleb, un rapide salut de la tête pour les deux flibustiers aux trognes chafouines et rougeaudes qui entament leur journée par un carafon de gros rouge qui pique aux yeux, et voilà le duo improvisé dans la ruelle. Au nord, dans le lointain, au-dessus du toit des maisons grises qui s’éveillent dans la lueur pâle de cette aube balbutiante, les cimes des arbres les plus élancés se tendent vers le ciel, comme s’ils voulaient perforer les nuages.

Le tandem formé de manière si inattendue marche d’un bon pas vers ces coteaux boisés. D’humeur bavarde, comme à l’accoutumée, le barbouilleur tient le crachoir avec un zèle remarquable. Ce n’est pas qu’il soit curieux, non, mais il aime bien tout savoir. Et sa voix couvre les premiers sons du matin, encore étouffés par la douce somnolence de l’aurore, les pépiements des moineaux fureteurs, la caresse du vent dans les buissons fleuris qui en tressaillent de plaisir, le martèlement de leurs semelles sur les sentiers caillouteux qui se succèdent et se ressemblent tous.

- Dis-moi, Elie ? Je peux te poser une question ? Tu m’as l’air bien jeune pour fréquenter ainsi les tavernes de ces fripouilles ! T’as vu la gueule du patron ? Bon, je le reconnais, il est sympa, mais je ne lui confierais pas mes économies. Il bavait de plaisir à chaque pièce que je posais sur le comptoir. On aurait dit que ses yeux allaient jaillir de leurs orbites ! Et tous les autres, tu les as regardés de près ? Les forbans et les crapules ? Ca ne te fait pas peur toute cette racaille ? Dis-moi, t’as donc pas de famille ou d’amis pour s’occuper de toi ?

Miguel s’interrompt un instant pour retirer un caillou qui s’est sournoisement glissé dans sa botte, puis s’essuie une goutte de sueur qui pendouille sur le bout de son nez. Il lève les yeux vers les ondulations du sentier qui les mène vers le septentrion. La forêt est à présent toute proche.

- On a bien marché, moussaillon ! Il n’est même pas midi ! Si tu veux on fera une pause avant de pénétrer sous les arbres. Mais dis-moi, t’as laissé ta langue à l’auberge ?

Miguel sourit largement, surpris lui-même par cet humour dévastateur qui le caractérise …

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Dim 24 Juil - 13:43

Ils marchent en direction de la forêt depuis le matin. Ils ont traversé la ville endormie et à présent ils se retrouvent en rase campagne sur des chemins qui embaument les senteurs de l'été. Elyse s'emplit le nez de toutes ces odeurs de végétation qui lui ont tant manqué. Mais ses épaules commencent à souffrir sous le poids du sac de Miguel, bien qu'elle le soupçonne de lui avoir donné le moins lourd...
Le bavardage incessant du peintre les accompagne depuis qu'ils ont quitté l'auberge de Caleb. Miguel est plein d'humour et d'autodérision, il la fait souvent sourire, cette balade risque d'être dépaysante, mais aussi amusante et surtout ça la change des conversations de marins.

Malheureusement, il pose aussi beaucoup trop de questions pour sa tranquillité ! Elle va devoir peser ses mots pour lui répondre. Doit-elle lui mentir et lui raconter des fables aussi grosses que celles qu'elle a proférées pendant des mois, en mer ? Ou peut-elle se permettre de lâcher quelques demi-vérités qui allègeront sa conscience ? Elle ne veut plus vivre dans le mensonge, avec la crainte d'être découverte, mais elle veut préserver encore un peu son identité réelle. Cest le serpent qui se mord la queue, et c'est pour ça qu'elle se tait et hésite à parler. Mais si elle veut établir de bonnes relations avec lui, elle va devoir faire un effort... Et elle se lance, timidement:

- Tu sais, je suis arrivé dans la taverne peu de temps avant toi. Et pour te dire toute la vérité, j'y suis entré pour me cacher. Des marins du bateau sur lequel j'étais mousse, avaient décidé de me délester de mes Fänd'or. Je me suis défendu et je me suis sauvé. Mais ils voulaient ma peau, et après avoir essayé de les semer dans Wecia, je suis arrivé à l'auberge. Caleb m'a assuré que je n'y craignais rien et je lui ai fait confiance. Voilà, tu connais toute l'histoire.

L'histoire édulcorée d'une bonne partie, mais elle aurait peut être l'occasion de lui en dire plus un jour. En attendant, il devrait s'en contenter. Il allait sûrement la bombarder de questions, maintenant, mais elle pourrait faire face. Les bases de son histoire étaient véridiques... Elle se tut un moment, ce n'était pas facile de garder la voix grave aussi longtemps. Elle n'en avait pas l'habitude, sur le bateau, elle parlait le moins possible et par monosyllabes. Elle devait aussi faire attention, car parler au masculin en permanence n'était pas simple. Encore une chose qu'elle allait devoir gérer, surtout avec un bavard aussi impénitent que son compagnon, le barbouilleur.

- Quant à ma famille, il y bien longtemps qu'elle m'a oublié ... ajouta-elle, tout bas. Mais je m'y suis fait ... Détourner son attention, voilà la solution... Et toi d'où te vient cette manie de peindre tout ce que tu vois ? Depuis combien de temps sillonnes tu les routes comme ça ? Tu as des sujets préférés, des choses, des gens, des paysages que tu aimes dessiner plus particulièrement ? Et si on en parlait en cassant la croûte, tu vas pas le croire, mais j'ai déjà faim ...finit-elle en ancrant franchement ses yeux verts piquetés de noisette dans les prunelles turquoises de Miguel. C'est une des choses qui lui manquera, quand elle sera redevenue une jeune femme, regarder les gens droit dans les yeux, comme un homme ...

Elle espérait que lui répondre allait lui occuper l'esprit, un long, très long moment ...

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Lun 25 Juil - 15:25

Evénement rarissime ! Miguel réussit l’exploit phénoménal de se taire durant quelques instants pour écouter les réponses de son compagnon de randonnée.

Ainsi, Elie a du fuir l’équipage du rafiot où il était mousse en raison de la cupidité et de la violence des marins ! C’est quoi ce délire ? Quelle lâcheté immonde de s’en prendre ainsi à un brave morveux pour lui soustraire les quelques pièces gagnées si durement ! Et les mésaventures du rase-mottes ne s’arrêtent pas là ! Sa famille l’ignore complètement depuis des années ! C’est bien vrai qu’on ne choisit pas sa famille, comme l’affirme le proverbe.

Mais, à ces mots, le jeune peintre revoit en un éclair les visages affectueux de ses parents, disparus dans un terrible naufrage. Sont-ils toujours en vie ou sont-ils engloutis à tout jamais ? Miguel s’était promis de remuer ciel et terre pour retrouver leurs trace, mais le temps a grignoté ses belles résolutions, et l’espoir s’est amenuisé au fil des jours, comme ces bougies qui se consument et se meurent lentement. Douloureuse incertitude. Et Miguel ne peut s’empêcher de conter son histoire à son compagnon de galère.

- Tu sais, Elie, on porte chacun sa croix. Je suis sans nouvelle des miens depuis longtemps à présent, à la suite d’une effroyable tempête en mer, et depuis ce jour je traîne ma misère et ma solitude aux quatre points cardinaux. C’est sans doute pour ça aussi que j’ai la bougeotte, que je guette chaque visage, que je traînaille sur les ports et dans les tavernes, que j’écoute tous les récits des catastrophes et des sauvetages en espérant entendre citer le nom de mes parents. C’est désormais une des seules choses qui m’intéressent, en dehors de la peinture. Mais bon, plus le temps passe, plus le souvenir s’effiloche, et moins j’ai de chances de les retrouver !

Il poursuit en hochant tristement la tête.

- La peinture, mon ami, je suis tombé dedans en étant môme. J’ai toujours croqué tout ce qui m’entourait. Je pense que mon art m’a aidé à tenir le coup, sinon je serais devenu fou depuis longtemps. Tu veux savoir ce que j’aime dessiner ? Bah, à Glenia je me suis spécialisé dans les couchers de soleil, les paysages marins, les visages des jolies femmes. Et j’en tire généralement un bon prix !

Il a stoppé sa marche et dévisage le jeune homme en lui tendant une demi-brioche cueillie au fond de son baluchon, et en souriant largement.

- Si je mangeais autant que toi, je pèserais deux cents kilos, mon ami. Ecoute-moi, il me vient tout à coup une idée. Je n’ai aucune inclination particulière pour les jeunes hommes, rassure-toi, mais j’aimerais beaucoup peindre ton portrait. En fait j’y pense depuis que je t’ai vu. Tu as un visage très joli, délicat, et un peu … excuse-moi, efféminé.

Miguel s’approche du mousse, se campe droit devant lui, et dissèque ses traits avec une attention extrême. Du bout de l’index, il détache soudain une miette de la brioche, qui s’est accrochée à la commissure des lèvres d'Elie. Il sourit. Son œil s’illumine. Le grand Miguel d’Almeria entre en scène. Laissez entrer les artistes !

- Je pourrais même exagérer ta minceur, te faire des joues plus pâles, de plus longs cils, bien que les tiens soient déjà superbes ! Arrondir tes lèvres. Allonger tes paupières. Mais non ! C’est inutile. Tu es parfait ! Si ça marche pour toi nous partagerons les bénéfices. Qu’en dis-tu ? Ca te permettra d’affronter plus aisément les prochains mois. Et nous pourrions faire ça dans mon atelier, à Glenia. Bon, on redémarre ? T’as mangé assez, Gargantua ? Réfléchis à mon offre, mais rien ne presse ! Entre nous ça me ferait vraiment plaisir que tu acceptes.

Le regard de Miguel se détache de la jolie frimousse d’Elie. Durant un bref instant, il a cru discerner des silhouettes dans le sentier qu’ils viennent d’emprunter, mais c’est sans doute une illusion d’optique due au vent qui agite le feuillage.

- Allez, en route, l’ami ! Si tu aperçois un coin superbe et tranquille, nous y ferons une halte plus longue et nous reconnaîtrons les lieux. Et nous terminerons la brioche, ça te convient ? …ajoute le barbouilleur dans un sourire complice.


Dernière édition par Elyse Garimont le Jeu 28 Juil - 14:46, édité 4 fois (Raison : tirets ou guillemets devant un dialogue ^.^)
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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Mer 27 Juil - 14:13

Ainsi le peintre hâbleur et bavard a une faille... Pensive, elle l'observe pendant qu'il répond de bonne grâce à toutes ses questions, elle, qui le croyait volontaire et coriace, elle n'imaginait pas qu'il soit à la recherche des siens depuis si longtemps, et qu'ils lui manquent à ce point. Elle ne lui a pas dit toute la vérité sur sa famille, et heureusement car il l'aurait pas crue !
Son père l'avait chassée, quand il avait appris qu'elle avait frappé le fils des bourgeois chez qui elle travaillait, ses frères, dont elle s'était occupée pendant des années, avaient ignoré sa détresse, sauf l'aîné qui l'avait aidée à s'enfuir en lui fournissant les vêtements qu'elle avait sur le dos depuis des mois. Se demandent-ils de temps en temps ce qu'elle est devenue ? Si elle pourrit dans les geôles d'Assecia ou si elle est encore vivante ? Lorsqu'elle serait sortie de son rôle de mousse, aurait-elle le courage de remettre les pieds à Assecia ? Risquait-elle encore quelque chose ou l'a-t-on oubliée tout simplement ?

Elle dévore sans manières, le bout de brioche qu'il vient de lui donner, et secouant la tête, elle revient, au beau parleur et à son verbiage, car elle ne doit pas s'attendrir sur son compte: c'est aussi un amateur de jolies femmes, il doit peindre toutes celles qui passent dans son lit, et pas question qu'il l'ajoute à sa liste …

Et, quand il s'approche d'elle, le mot « Danger » s'écrit en grosses lettres devant ses yeux. Faire son portrait, il délire, déjà en femme, elle était quelconque, alors en adolescent, elle doute d'être remarquable ! Mais un mot la fait tressaillir, « efféminé », s'il creuse un peu, il découvrira son identité. Elle frémit quand il retire un bout de brioche de ses lèvres ... Elle se retient de s'enfuir à toutes jambes ... Il est vraiment trop perspicace … Poser pour lui, en aurait-elle le courage ? De toute façon dès leur retour, elle serait de nouveau une jeune femme, et elle ne l'intéressera plus en tant que modèle ... Mais elle ne lui dira rien, tant qu'ils ne seront pas rentrés. Pas question de lui laisser espérer qu'elle posera pour lui. Trop dangereux ... Quoique quelques pièces de plus seraient les bienvenues ...

- J'suis pas sûr d'être capable de rester immobile pendant des heures ... Mais on verra quand on en aura fini ici ... Qu'est-ce-que tu veux peindre au juste, ici, des paysages ? Le soleil couchant sur la cime des arbres ? La rivière, qu'on entend par là-bas ? Ou juste quelques-uns des chênes majestueux qu'on croise depuis qu'on est entré dans la forêt ?lui demande-t-elle en embrassant la forêt du regard. J'aime tout ce que je vois, mais je n'ai pas l'oeil de l'artiste, ajoute-elle, dans un sourire moqueur, alors ne me demande pas de te choisir quelque chose de remarquable, après avoir passé des mois sur un bateau, toutes les fleurs, ces senteurs, ces arbres sont magnifiques à mes yeux. Elle tournoie sur elle-même, lentement, comme pour s'imprégner de ce qu'elle voit, de ce qu'elle sent. Crois-moi, je suis vraiment content d'être venu avec toi. T'imagines même pas à quel point ça m'a manqué en mer ...

Elle se tait soudain, se maudissant de s'être laissée aller à des confidences, à des considérations assez féminines, somme toute ... Pourvu qu'il n'y prenne pas garde ...

Mais il n'en aura pas le temps, deux silhouettes patibulaires sortent des fourrés et se jettent sur eux, avec la ferme intention de leur faire la peau et de les détrousser. Elyse a juste le temps de sortir sa dague de son fourreau, et de crier pour prévenir Miguel, que l'un deux se jette sur elle. Profitant de son petit gabarit, elle plonge entre ses jambes, mais n'esquive pas son poignard qui déchire sa chemise et érafle son épaule gauche. Avec ses pieds, elle pousse le pirate dans son dos, elle vient de le reconnaître, c'est un des clients de Caleb, qui reluquaient avec avidité la bourse du barbouilleur maladroit, hier soir ! Pas question qu'ils aient sa peau ! Elle se relève et attend que le gros lourdaud se retourne, elle jette un oeil à Miguel qui a l'air de s'en sortir, de toute façon, elle ne peut rien pour lui, pour le moment ...

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Jeu 28 Juil - 12:19

L’gamin si taiseux se décoince un tantinet. Faut croire que la parlote, c’est une maladie contagieuse comme la myxomatose et les oreillons ! Cela n’est pas fait pour déplaire au barbouilleur dont la langue est un des organes essentiels. Ils ne discuteront sans doute pas de coloris, de pastels, de fresques ou de natures mortes, mais le principal c’est de tuer le temps en passant sous les frondaisons multicolores et parfumées, non ?

Ils entendent le frais gazouillis d’un ruisseau se coulant entre les rochers, le coassement lancinant de Dame Pustule et de ses cousins crapauds, les criailleries rauques d’une crécerelle en vadrouille, et tous ces bruits familiers de la nature ravissent les deux compères, habitués, l’un à sa ville et à son atelier, et l’autre à la mer et aux bateaux. Miguel se met à philosopher sur la beauté du monde qui les entoure, quand soudain les deux outres pleines croisées à l’auberge de Caleb surgissent de l’abri des buissons et se ruent vers eux !

Non Miguel, ce n’est certes pas pour discuter de peinture ! Les intentions des deux babouins sont évidentes ! Ils veulent mettre la main sur l’escarcelle que tu as imprudemment promenée sous leurs gros yeux de bovins.

Le plus grand d’entre eux s’en prend à Elie, qui, par bonheur, se montre d’une agilité d’écureuil, mais ne parvient cependant pas à éviter une lame qui lui entaille le bras ! Miguel le pacifique sent une colère noire bouillir en lui, mais déjà le second pachyderme s’approche, soufflant comme un vieillard asthmatique, les poings dressés bien haut comme deux massues. La bagarre, eh bien le barbouilleur n’y connaît que dalle, mais son instinct de survie est bien développé ! Il empoigne son baluchon et le projette dans les guiboles du scélérat ! Un point pour Miguel, car le sac à vinasse percute le sentier avec sa grosse trogne mauve d’alcoolique. Deux à zéro quand le jeune peintre lui brise son chevalet sur le dos.

- Tiens bon, Elie, j’arrive … lance le justicier improvisé, fier de sa réussite. Il se baisse pour ramasser une branche suffisamment épaisse pour fendre en deux le crâne de l’autre escogriffe … et vlan … tout s’éteint ! La nuit tombe vite sous ces latitudes … Comme c’est joli toutes ces étoiles …

Bref l’obèse n’avait pas son compte et vient d’envoyer Miguel au pays des rêves bleus d’un bon coup sur la nuque …
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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Jeu 28 Juil - 14:10

Ca y est cet imbécile de Miguel s'est fait étendre comme un débutant ! Elyse se retrouve avec deux assaillants et elle ne fera jamais le poids ! Elle commence à avoir peur, qui sait ce que leur feront subir ces deux brutes, si elle n'arrive pas à les faire fuir. Ils sont hilares maintenant, et sentent qu'ils vont pouvoir ramasser l'escarcelle du peintre sans trop de mal. Ils tournent autour d'elle, comme deux gros matous jouent avec une souris, avant de l'achever.

- Allez les gars, laissez-nous tranquilles, vous voyez bien qu'il n'est pas dangereux, le bougre. Ce n'est qu'un gars de la ville, ignorant des coutumes d'Ybella et des gens de mer. Si vous le tuez, vous me privez de mon salaire. Soyez bons, je vous donne sa bourse, et vous nous épargnez … marchande-t-elle, peu rassurée sur l'issue de la bagarre, puis elle a une idée de génie, Si vous nous tuez Caleb le saura, et lui, ne vous épargnera pas, car il m'a à la bonne et ne vous pardonnera pas si je ne rentre pas à l'auberge sain et sauf. Il vous retrouvera et vous fera la peau, vous le connaissez …

Les deux lourdauds avinés semblent ébranlés, par la menace qu'elle vient de proférer. Ils se concertent, et n'ont pas l'air d'accord … Pendant ce temps Elyse s'écarte subrepticement, de façon à ne plus être prise en tenaille, jusqu'à ce qu'elle soit assez loin d'eux. Tout à leur discussion, ils ne l'ont pas vue s'éloigner, le ton monte entre eux, et le plus grand va avoir raison de son acolyte:

- Donne nous sa bourse et on vous laisse la vie sauve, mais t'as pas intérêt à baver sur nous à Caleb. Sinon toi et ton barbouilleur, vous finirez comme nourriture à poissons ! Allez donne, vite !

Elyse ramasse le baluchon de Miguel et fait mine de fouiller dedans, vidant une bonne partie de la bourse dans le sac. Elle lance ensuite l'escarcelle aux pieds du grand escogriffe. Le baluchon à la main gauche, comme seconde arme, elle observe les deux hommes sans aménité, sur ses gardes:

-Voilà, vous avez ce que vous vouliez, partez maintenant, et je ne dirai rien à Caleb, mais si jamais nous n'étions pas rentrés à la date convenue, il se chargera de vous. Il a bien vu comment vous reluquiez le peintre hier soir... assène-t-elle avec une assurance feinte. Dégagez, j'ai dit ! crie-t-elle en avançant sur eux le sac dans une main et la dague dans l'autre.

Et les deux malfrats s'en retournent en maugréant, avec leur butin. Elyse attend qu'ils se soient éloignés pour poser le baluchon de Miguel et la dague toujours à la main, elle va s'asseoir, à côté du peintre, tremblante et à bout de forces. Son épaule lui fait un mal de chien, et saigne encore un peu. Elle regarde la tête de son compagnon qui s'orne d'une magnifique bosse ! Il est juste assommé, et devrait reprendre ses esprits rapidement. Ne voyant pas revenir leurs deux agresseurs, elle attrape sa gourde, et tente de nettoyer sa blessure. Sa chemise est bien déchirée et révèle une grande estafilade qui part de son épaule jusqu'au coude.

*Heureusement, qu'il ne m'a pas touchée plus bas, cet animal ! Sinon, ils m'auraient fait ma fête, et nous auraient liquidés tous les deux, ces grosses brutes ! Il est vraiment temps que j'arrête de jouer avec le feu...*


Elle se penche ensuite sur Miguel, vidant une partie de l'eau sur sa bosse et son visage pour le ranimer ...

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Ven 29 Juil - 8:46

Dix étoiles, cent étoiles, une myriade d’étoiles ! Des blanches, des jaunes, des filantes et des immobiles ! Des pâles et des scintillantes ! Des solitaires et d’autres qui voyagent en groupes ! Et puis la douche glacée, celle qui aveugle et qui obstrue les narines ! Et le retour à la vie, la résurrection sous les branches agitées par le vent, la résurrection qui se manifeste aussitôt par une vive douleur, un crâne prêt à exploser. Puis un visage charmant au cœur d’un flou artistique. Ephèbe ou damoiselle ? Miguel plisse les yeux, il doit insister pour que les traits se stabilisent et se précisent lentement. Ephèbe, finalement. Le barbouilleur grimace et se masse le crâne. Pas longtemps ! Il pousse un petit cri, l’œuf de poule qui perce sa chevelure moite et ébouriffée est beaucoup trop sensible pour qu’il puisse le toucher du doigt.

- Bon sang, Elie, qu’est ce que je viens de prendre sur la cafetière ! Ces deux crapules ne m’ont pas raté !

Miguel émerge lentement, il observe un instant ses doigts ensanglantés, puis ses yeux se posent sur la végétation qui les entoure. Personne. C’est totalement incompréhensible pour le jeune artiste, mais leurs deux agresseurs se sont volatilisés !

- Tu as réussi à les faire fuir ? Mazette ! Faudra que tu m’expliques comment tu y es arrivé, ces deux balourds faisaient au moins le double de ton poids chacun ! Mais je me rappelle, tu es blessé ! Montre-moi ton épaule !

Sans lui laisser le temps d’objecter quoique ce soit, Miguel se saisit du poignet de son compagnon et retrousse délicatement sa manche déchirée. C’est plus fort que lui, son regard d’esthète note le galbe parfait du bras, la finesse d’un biceps élancé mais discret, l’arrondi charmant d’une épaule plutôt grêle, la peau lisse et dorée, sans doute colorée par le soleil sillonnant les mers. Ce gamin n’a vraiment rien d’un colosse, il a du rencontrer pas mal de problèmes pour se débarrasser des deux pourceaux !

- Attends, laisse moi faire ! Je suis tellement gaffeur que je me cogne partout et je suis habitué à soigner mes propres écorchures ! Je ne te ferai pas mal, je t’assure. D’ailleurs ça n’a pas l’air trop grave, c’est juste une estafilade peu profonde. Tu as eu de la chance. Je m’en serais voulu s’il t’était arrivé malheur !

Miguel arrache d’un coup sec le tissu couvrant la blessure d’Elie, puis se met à trifouiller au fond de son baluchon. Il remarque que son escarcelle s’est envolée mais que de nombreuses pièces se faufilent entre ses pinceaux et ses pots de couleurs. Un mystère de plus, mais ce n’est finalement qu’un détail. L’argent est fait pour circuler. Une jolie toile, un riche client, et Miguel sera renfloué. Le plus urgent est de s’occuper du moussaillon !

Le barbouilleur récupère au fond de son sac une bande de toile immaculée, qu’il destinait au nettoyage de son matériel.

- Bouge pas !

Il l’enroule minutieusement autour de l’épaule abîmée, plongeant régulièrement les yeux dans les prunelles d’Elie pour vérifier qu’il ne lui fait pas mal.

- Voilà ! T’as l’air d’un ancien combattant comme ça ! Tu ne saigneras plus ! Mais c’est provisoire, l’idéal ce serait de nettoyer ton bras à la rivière. Regroupons toutes nos affaires, et laisse-moi souffler deux minutes. J’ai de furieux élancements dans la tête, mais ils semblent s’atténuer lorsque je reste immobile …

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Ven 29 Juil - 12:16

Quand le peintre sort enfin de son sommeil comateux, comme prévu, sa tête le fait atrocement souffrir, mais ça ira mieux rapidement, Elyse ne s'inquiète pas, elle le regarde tâter sa bosse énorme, avec un sourire compatissant:

- Je ... Elle tousse, ayant oublié son ton de malabar, Je suis vraiment désolé pour ta bourse, reprend-elle, avec sa grosse voix, cette fois, espérant qu'il n'ait rien remarqué, j'ai été obligé de leur donner, mais avant, j'en ai vidé une partie dans ton sac, je n'ai pas pu faire plus, s'explique-t-elle, omettant de dire comment elle avait fait fuir les deux malfrats. Tu as pris un sacré coup sur le crâne, je t'ai cru mort ...

Elle se tait, quand il s'approche d'elle, inquiète, mais le laisse faire, se disant que de toute façon, il ne pensait pas à mal, et qu'il verrait ce qu'il fait, mieux qu'elle, en tout cas. Elle commençait même à penser qu'il devine ou pas sa nature n'avait plus vraiment d'importance, vu ce qui venait de se passer ! Mais elle ne pouvait pas compter sur lui pour la protéger... Même une fille se défendrait mieux que lui ...

- Tu devrais apprendre à te battre un peu mieux que ça, ajoute-elle, moqueuse, en fixant les prunelles turquoise, tu t'es fait avoir comme un débutant. On ne tourne jamais le dos à l'adversaire … Elle grimace, et retient un gémissement de douleur, de justesse, lorsqu'il commence à enrouler la bande de toile autour de son épaule, même si c'est avec une grande douceur, étonnante de la part de ce grand gaillard. Faudra que je te montre deux ou trois petites choses qui te seront utiles quand j' serai plus avec toi, sinon tu survivras pas longtemps sur Ybella.

Elle se recule un peu, lentement, s'adosse au tronc d'arbre, derrière elle, et ferme ses yeux un instant, pour récupérer. Elle ne lui dira pas, mais elle a eu une peur bleue ! Peur de mourir bêtement dans ces magnifiques bois, peur de subir les assauts de ces deux porcs puants, peur que cet imbécile se soit fait occire aussi stupidement … En fin de compte, mentir pendant des mois, à un équipage de marins plus ou moins avinés, lui avait donné une assurance qui lui avait bien servi aujourd'hui … Elle n'en revenait pas d'avoir embobiné ces deux abrutis aussi facilement. Mais ses jambes en tremblaient encore, et ça l'arrangeait bien que Miguel ne soit pas capable de se lever non plus...

- Quand tu te sentiras mieux, nous irons à la rivière, j'ai vidé presque toute la gourde sur mon bras et ta tête ... Tu devrais mettre un linge humide sur ta bosse, elle ne saigne plus, mais elle diminuera de volume et tu auras moins mal. J'espère qu'ils ne vont pas avoir l'idée de revenir, parce que, là, je ne pourrai pas faire grand chose … On devrait quitter le chemin, pendant quelque temps, histoire de brouiller les pistes, on peut suivre la rivière … Qu'en penses-tu ? demande-t-elle les yeux mi-clos, en observant le jeune homme, au travers de ses cils …

*Quand il ne joue pas au mâle prétentieux, il est plutôt agréable, il pourrait même me plaire ... Je suis complètement folle, c'est la peur de mourir, qui m'embrouille l'esprit ...* se dit-elle, secouant la tête ...

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Dim 31 Juil - 8:44

Le barbouilleur s’ébroue enfin, tâchant de rassembler ses neurones éparpillés de-ci delà depuis son coup sur la caboche. Etrange … En dépit des deux cents cloches de bronze qui carillonnent à toute volée dans son crâne endolori, il détecte un léger couac parmi les intonations rocailleuses du gamin. Juste un mot, une syllabe, rien de plus, prononcé d’une voix totalement différente, plus fluette, plus féminine. Miguel s’interroge un instant, dévisage son compagnon, mais il ne s’y attarde guère. Sans doute n’est-ce qu’une impression, une bizarrerie qu’il impute à la bagarre qui vient de se terminer. Peut-être le gamin a t-il été plus retourné qu’il ne l’avoue vraiment ?

Soit ! La ruse d’Elie pour préserver une bonne partie du magot absorbe davantage le jeune peintre et fait naître un sourire malicieux et admiratif sur ses lèvres. Il écoute sans l’interrompre les propos du moussaillon, puis il s’exclame :

- Eh bien mon ami, tu n’as pas perdu ton sang froid ! Franchement, autant d’ingéniosité, ça me laisse baba ! Moi j’pense bien que je leur aurais tout donné pour qu’ils déguerpissent illico ! De toute façon, je ne suis guère attaché à l’argent, c’est juste un mal nécessaire ! La peinture peut rapporter gros lorsqu’on a un peu de talent, mais c’est vrai que le matériel coûte la peau des fesses ! Mais si ces deux requins nous avaient tout barboté, je n’aurais pas pu te payer, alors que tu le mérites largement. M’enfin, l’essentiel c’est qu’on s’en sorte sans trop de casse, et c’est grâce à toi ! Uniquement !

Machinalement, Miguel se met à tapoter amicalement le genou d’Elie. C’est un sensible, le barbouilleur, un démonstratif. Il aime ou il n’aime pas. Et là, il aime.

- Tu sais, je t’ai taquiné à l’auberge, mais faut pas le prendre mal. J’ai parfois une grande gueule mais j’suis pas méchant. J’suis même trop gentil souvent, et je me laisse marcher sur les pieds. C’est bien vrai ce que tu me dis là, je n’ai pas été brillant contre les deux pachydermes, et j’aimerais bien apprendre à me défendre un peu mieux. J’accepte volontiers la p’tite leçon que tu me proposes ! Je te remercie. D’ailleurs je pense qu’on ne risque pas de se faire bien mal, nous sommes tous deux bâtis comme des cancrelats. Mais bon, patientons un jour ou deux avant de nous mettre des torgnoles. Attendons que ton épaule et ma tête de pioche soient en meilleur état ! Si tu te sens d’attaque, on poursuit un peu notre route, non ? Allez, donne-moi ton baluchon, je vais le porter, faut que le héros de l’aventure ménage un peu ses forces si on venait à faire d’autres rencontres de ce type !

Miguel sourit à nouveau, un brin moqueur, mais les prunelles débordant de gratitude. Dorénavant, Elie c’est son ami ! A la vie à la mort. S’ils ont la chance de poursuivre cette balade, c’est à lui qu’ils le doivent ! Un sac posé sur chaque épaule, le barbouilleur attend que le moussaillon le rejoigne, puis ils se dirigent vers la rivière qui clapote entre les rochers, non loin de là. Ils aperçoivent bientôt un méandre tranquille et désert qui somnole entre deux clairières en friches. Le soleil lance des poignées de diamants dans l’eau calme qui scintille comme un ciel rempli d’étoiles.

- Joli coin, non ? … interroge Miguel. On s’installe ici ? Tu me soignes le crâne, et puis on s’occupera de ton bras, d’accord ? Mais je te préviens, si tu me fais mal, je te fais exactement la même bosse que la mienne ! Ou même deux !

Après un clin d’œil complice, l’artiste déniche une seconde bande de toile dans un des sacs, il la trempe dans le courant, la tend à Elie, puis s’assied sur un tronc d’arbre, face au ruisseau. Il poursuit ensuite, sur le même ton enjoué.

- Allez, au boulot, terreur ! Arrête de bâiller aux corneilles ! Tu m’as sauvé la vie, d’accord, mais tu restes mon homme à tout faire ! Corvéable à merci ! Bon, je te confie ma caboche, prends-en soin, c’est la seule que j’ai !

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Lun 1 Aoû - 13:56

L'ambiance de franche camaraderie, que Miguel essaie d'installer entre eux, convient parfaitement à Elyse, même si elle a un petit pincement au coeur, en songeant à sa réaction, s'il découvrait sa supercherie. Comprendrait-il ses motivations ? L'approuverait-il ? Elle l' espère, car il y a bien longtemps qu'elle ne s'est pas sentie en confiance comme cela, avec quelqu'un. Et elle aimerait garder son amitié, malgré tout, après ... Quoiqu'il lui en voudra peut-être tellement, qu'il souhaitera ne plus entendre parler d'elle ... Elle ne veut pas y penser, pas maintenant ... Juste profiter de cette belle balade...

Elle aime son humour taquin, il se moque gentiment des autres et de lui-même. Il la fait souvent sourire, et c'est un compagnon de route agréable et disert. Et il ne lui en veut pas d'avoir donné une partie de ses pièces aux voleurs. Il a d'ailleurs une façon bien à lui de considérer l'argent: comme si en posséder n'était pas important, ne l'intéressait pas, sauf pour s'acheter de quoi peindre. Il doit vraiment avoir du talent, pour être certain qu'il se renflouera rapidement avec la vente d'une ou deux de ses toiles, elle devrait peut-être accepter de poser pour lui … En mousse, bien sûr ...

Et lorsqu'ils reprennent leur route, il se montre prévenant, elle le laisse avec gratitude, porter les sacs. La rencontre avec les deux pirates l'a plus choquée, qu'elle ne le voudrait. Lentement, avec précaution, elle se relève sur ses jambes flageolantes, et elle suit le barbouilleur qui se dirige, au bruit, vers la rivière. Le paysage est splendide, elle admire les reflets des arbres centenaires, majestueux, qui se mirent dans l'eau cristalline de la rivière. Le courant n'y est pas très fort, et le murmure de l'onde est apaisant, Miguel ne lui laisse pas le temps de parler, il l'invite à s'arrêter dans cet endroit enchanteur.

- Tu me l'enlèves de la bouche, Miguel, cet endroit est vraiment magnifique, s'extasie-t-elle, émerveillée, en s'approchant de la rive, j'ai pas mal voyagé en mer, ces derniers temps, et je ne me suis jamais aventuré très loin de chez moi, du bord de mer. Merci de me permettre de traverser cette forêt splendide avec toi. Mais tu as raison, prenons d'abord soin de nos blessures avant d'explorer les alentours ou de poursuivre notre chemin. Nous devrions traverser la rivière, ensuite, pour faire disparaître complètement nos traces … Tu crois que c'est profond ? Qu'en dis-tu ? On doit pouvoir le faire, non ? ajoute-elle, se retournant vers lui, souriante.

Elle s'agenouille près du bord, plonge sa main dans l'eau fraîche, s'asperge le visage et la nuque, pour se revigorer un peu, puis prend la bande de toile que lui tend Miguel, pour l'humidifier:

- Allez viens là, monsieur le douillet, que je vois l'état de ta caboche. Elle est bien trop dure pour avoir vraiment souffert ! s'écrie-t-elle moqueuse, mais elle change de ton quand elle écarte, doucement, les cheveux de jais du peintre, Bel oeuf, dis-moi ! siffle-t-elle entre ses dents, tu dois avoir sacrément mal à la tête ...

Délicatement, elle tamponne la blessure pour nettoyer le sang séché, et rince plusieurs fois le linge pour finir par le laisser sur le cuir chevelu du barbouilleur, en le maintenant avec sa main valide.

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Mar 2 Aoû - 14:38

Miguel se retourne en souriant, dévisage son compagnon d’aventures aux traits si charmants, et pose également une main sur le rectangle de toile qui lui sert de pansement sur la cafetière.

- Douillet, moi ? Tu veux rire, j’espère ? Je suis une véritable brute, je suis insensible à la douleur, ça ne se voit pas ? Allez, retire ta sale patte de mon crâne, gamin, tu me fais mal … ajoute t-il d’un air malicieux en ricanant de sa remarque pour le moins contradictoire. Attends, prends ma place maintenant, c’est ton tour ! On va bien voir si tu es plus courageux que moi !

Les deux jeunes hommes permutent, Elie s’asseyant sur le vieux tronc abattu et Miguel s’agenouillant derrière lui. L’eau fraîche a fait du bien au barbouilleur qui se sent renaître.

- Donne-moi ton bras, le colosse, tu vas trinquer maintenant ! A moi de rigoler à présent !

Le peintre s’abstient bien entendu de malmener l’épaule du moussaillon ! Ses menaces sont du flan, et rien d’autre. Un jeu entre deux amis. C’est une complicité inattendue qui se noue entre eux, entre ce grand escogriffe coiffé d’un curieux bandage humide, et cette demi-portion aux yeux trop profonds. Avec la plus grande délicatesse, Miguel délivre le bras d’Elie de sa bandelette de toile rêche que le sang a rosi superficiellement en de rares endroits. Après l’avoir complètement déroulée, il examine soigneusement l’égratignure. Il adopte aussitôt un air soucieux, et prononce d’un ton assuré et savant …

- Ca c’est au moins une double fracture de la clavicule, mon ami ! Je me demande même si tu pourras conserver ton bras ! Je ferais peut-être mieux de t’achever sur le champ pour t’épargner toutes les souffrances qui t’attendent !

Le jeune peintre se met à rire doucement. L’écorchure ornant le bras de son sauveur est vraiment sans gravité, nette et superficielle. Pas de quoi fouetter un chat ! Il en nettoie malgré tout délicatement les contours avec le carré de toile imbibé d’eau claire et ajoute en souriant :

- Demain on n’y verra plus rien ! T’es sauvé mon gaillard ! Tu ne pourras même pas montrer de cicatrices aux donzelles qui te courent après ! Tu ne pourras pas leur raconter que tu as sauvé le plus grand peintre de ces îles qui allait se faire rosser par deux gorilles, elles ne te croiront même pas ! Même pas besoin de remettre de pansement d’ailleurs, il vaut mieux que ton bras respire !

Miguel récupère les deux rectangles de toile, celui qui lui servait de couvre-chef et celui qui protégeait l’épaule d’Elie, il les roule en un seul tas humide et les lance dans le courant.

- Voilà ! Au diable tout ça ! Plus de peur que de mal ! On va pouvoir traverser le ruisseau et dresser notre campement sur l’autre rive. Mais avant ça …

Le filou dissimule de son mieux une lueur espiègle qui lui traverse les prunelles, et se retient non sans mal de rire à l’avance du bon tour qu’il réserve à Elie. Quelques phrases prononcées par son compagnon lui sont revenues en tête, et Miguel prépare son coup depuis quelques minutes. Profitant de ce que le jeune mousse a le dos tourné, il lui passe soudain les deux bras autour du cou, l’attire contre lui, et fait mine de l’étrangler, en évitant de serrer, bien entendu, se contentant de l’immobiliser sans lui faire le moindre mal. La joue lisse du gamin est contre la sienne, leurs chevelures s’emmêlent. Toujours agenouillé derrière Elie en équilibre instable sur le tronc où il est assis, Miguel jubile gentiment …

- Ne jamais tourner le dos, c’est ça ? J’ai bien compris la leçon ? Tu fais quoi maintenant, hein, terreur ?

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Jeu 4 Aoû - 16:40

Elyse se laisse bercer par la voix de Miguel depuis quelques minutes, elle ne fait pas vraiment attention à ce qu'il dit. Le jeune peintre finit de nettoyer sa plaie tout en plaisantant, et jette les bandes de toile dans la rivière. La voilà à présent avec une chemise à une seule manche, mais qu'importe ils sont sains et saufs tous les deux ...

- Merci Miguel, pour les filles, ne te fais pas de souci, je n'y pense pas vraiment, pour le moment, lui dit-elle en souriant. Et je n'ai pas pour habitude de me vanter ...
* Si tu savais, tu ne me parlerais pas de filles, mon pauvre Miguel, je suis vraiment désolée de te mentir ainsi, crois-moi ...*

Perdue dans ses sombres pensées, elle s'empresse de plonger ses yeux aussi verts que la forêt, dans la rivière, pour ne croiser les prunelles turquoise du barbouilleur. Du coup, elle ne voit pas le sourire taquin de Miguel, et sursaute lorsqu'il passe derrière elle et fait mine de l'étrangler. Elle se retrouve prisonnière, le dos collé au torse de son compagnon, sa joue contre la sienne, rugueuse. Elle panique une seconde, puis entre dans le jeu, avec insouciance.

*Tant pis s'il découvre que je suis une fille, dans la bagarre, au diable les mensonges et les demi-vérités ... Si notre amitié résiste à un tel séisme, c'est qu'elle est indestructible ... *

Elle a enfin compris qu'elle pouvait lui faire confiance, l'amitié et la complicité qui se tissent entre eux depuis leur départ deviennent évidentes, solides. L'agression des deux pirates les a renforcées. Et l'idée des leçons venait d'elle ...

-Hé, Miguel, à quoi tu joues ? Tu veux ta première leçon, c'est ça ? Tu triches, je ne te considère pas comme un adversaire, je peux te tourner le dos, tu es mon ami et je te fais confiance ! s'écrie-t-elle en riant de bon coeur, un rire cristallin, qu'elle stoppe net quand elle s'en rend compte.

Elle glisse sur le tronc d'arbre, instable, elle n'a pas la force nécessaire pour repousser Miguel en arrière. Elle ne peut pas atteindre l'eau de la rivière, trop éloignée, et elle a beau se contorsionner dans tous les sens, impossible de lui faire lâcher prise sans lui faire de mal ! Elle a soudain, une idée farfelue, qui peut fonctionner. Elle continue de gigoter, pour faire diversion et amène ses deux mains à la hauteur des côtes de son "agresseur". Et elle essaie de le chatouiller pour lui faire desserrer sa prise. L'animal résiste mais pour combien de temps ? Elyse poursuit son attaque, se laissant aller contre le torse du barbouilleur pour avoir plus de facilité, glissant ses mains le long de ses côtes, continuant sans relâche. Miguel rit aux éclats, mais il la maintient toujours assez, pour qu'elle ne puisse pas se sauver. A son tour elle éclate de rire à nouveau, et laisse fuser les notes cristallines hors de sa bouche sans les retenir, elle a pris sa décision, advienne que pourra ...

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Ven 5 Aoû - 11:39

Captif des bras du barbouilleur, le moussaillon se débat en se marrant comme une baleine, ce qui ne l’aide guère à se libérer. Il gigote, il se tortille comme un asticot – qu’il est – accroché au bout d’une ligne, mais non, rien à faire, Miguel a profité au maximum de l’effet de surprise et Elie n’est pas en mesure de se dégager. Le mousse tente alors de recourir à des chatouilles pour échapper à l’étreinte amicale, et l’astuce fonctionne plutôt bien ! Leurs fous rires se conjuguent et se muent en larmes de joie. Dans un geste d’abandon, Miguel se laisse choir sur le dos, il lâche presque prise, mais ses doigts courent encore sur les hanches fines du bel adolescent qui l’a suivi dans sa chute et qui le chevauche à moitié.

Et soudain !

Soudain …

Miguel réalise …

Ce rire clair jaillissant comme une source vive des entrailles de la terre !

Cette taille si fine, charmant piano pour la farandole de ses doigts …

Les courbes délicieuses de cette poitrine menue qu’il découvre avec surprise, enfermée dans sa prison de toile et de coton.

Mais aussi, oui aussi, ces épaules et ces bras frêles, ces cheveux noués mais si soyeux, cette peau diaphane, ces joues rondes que l’on voudrait croquer comme des pommes d’api bien mûres, et ces prunelles, ces prunelles immenses et plus profondes que les abysses les plus vertigineux …

Tout !

Oui tout ! Comment te sens-tu à présent Miguel le charmeur, Miguel l’esthète, Miguel le peintre des corps nus dont la perspicacité ne laisse échapper aucun détail ? Comment te sens-tu ? Est-ce bien toi cet aveugle qui retrouve enfin la vue devant cette vérité si criante, si belle, si parfaite ?

Son rire se fige. Il meurt dans un rictus de stupéfaction. Miguel se saisit des épaules de … oui, de qui, en fait … et immobilise à nouveau le corps fragile face au sien. Leurs jambes sont toujours enchevêtrées, leurs souffles courts cherchent l’air au même endroit.

Plongeon au fond des yeux verts aux reflets d’ambre.

Apnée …

Naufrage …

- Qui es-tu ?

Masque peiné. Et une phrase, presque inaudible …

- Pourquoi m’as tu caché ça ? Je pensais que nous étions des amis !

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Sam 6 Aoû - 18:09

Lorsque Miguel s'écroule sur le dos, Elyse sait qu'elle est perdue. Aussi proches l'un de l'autre, il ne peut que s'apercevoir que c'est une jeune femme qu' il tient à bout de bras, qui chahute avec lui. Mais elle va jusqu'au bout, jusqu'à ce que son rire meure dans sa gorge, jusqu'à ce qu'il réalise, jusqu'à ce que sa voix s'élève pleine de reproches voilés, d'interrogations.
Elle se dégage de l'étreinte de ses mains, qui la tiennent aux épaules, se relève d'un bond, et s'éloigne vers la rivière. Elle reste plantée là, les bras enroulés autour de la taille, elle cherche le courage pour se lancer, pour tout lui révéler. Elle garde ses yeux céladon, rivés sur l'eau limpide qui court à ses pieds, elle ne veut surtout pas croiser le regard turquoise, désapprobateur, pas tout de suite, elle n'en a pas la force.

- Je m'appelle Elyse, commence-t-elle d'une voix blanche, Elie est le surnom que me donnait mon frère aîné. Elyse Garimont, je suis née à Assecia, il y a 23 ans. Tout ce que je t'ai raconté sur ma famille, les voyages en mer, les marins qui m'ont poursuivie est vrai !

Elle se retourne, et le regarde franchement, cette fois, plongeant ses yeux émeraude dans les prunelles azur du jeune peintre. Elle revient vers lui, jusqu'au tronc d'arbre, symbole de la barrière qui vient de s'ériger entre eux.

- Ce que j'ai omis de te dire, c'est comment j'en suis arrivée à me déguiser en mousse de 16 ans ... Je … Je n'avais pas prévu cette balade avec toi, ni de t'apprécier autant … Et crois-moi ou non, mais te tromper ainsi devenait trop difficile, je suis soulagée que ce soit terminé, ajoute-t-elle avec un pauvre sourire.
Je vais essayer de faire court, tu décideras après ce que tu veux faire de moi. Je comprendrais que tu m'en veuilles , et que tu préfères poursuivre cette découverte de la forêt sans moi. Je retournerai à l'auberge par mes propres moyens, ne t'inquiète pas …
Ma mère a donné naissance à quatre garçons avant moi, et elle n'a pas survécu à mon arrivée. Ma grand-mère nous a élevés. Mon père était pêcheur, et mes frères le suivaient en mer, dès qu'ils en avaient l'âge. Lorsque, à son tour, ma grand-mère est morte, petit à petit, j'ai pris les rênes de la maison. Nous étions très pauvres, et mon père m'a finit par m'envoyer travailler, en ville, chez un armateur de sa connaissance, quand j'ai eu 16 ans. Un couple charmant, très riche, dont le fils a commencé à me poursuivre de ses avances, dès que je quittais les cuisines. Je ne pouvais en parler à personne … Je devais me défendre seule, sinon j'aurais été renvoyée. Heureusement, pendant deux ans, il est parti à Glenia, travailler pour son père, et il ne revenait pas souvent. Jusqu'à la dernière fois, où il a réussi à me coincer dans un couloir, ses intentions étaient on ne peut plus claires … Il … Il a bien failli arriver à ses fins, mais je l'ai giflé tellement fort, que je l'ai blessé à la joue, et qu'il est tombé. J'en ai profité pour fuir … Je ne sais pas si je l'ai tué ou pas … J'ai couru jusque chez moi, dans ma robe en lambeaux, les gens se retournaient, mais personne ne m'a aidée. Mon père m'a chassée de la maison quand je lui ai raconté, mes frères m'ont tourné le dos, ils ne voulaient pas soutenir une criminelle … A l'insu du reste de la famille, mon frère aîné m'a trouvé les vêtements que je porte, et m'a conseillé de fuir, en garçon.
J'ai réussi à m'enrôler comme mousse, sur un bateau et pendant deux ans, j'ai travaillé sous les ordres du cuisinier qui m'avait prise sous son aile. Si j'ai réussi à duper tous les marins aussi longtemps, c'est parce que je ne me mêlais pas à eux, et j'évitais de leur parler. Mais à notre dernière escale à Wecia, l'un d'eux a voulu me faire les poches. Je me suis défendue, et dans la bagarre, il a découvert qui j'étais, j'ai profité de sa surprise pour m'enfuir, mais ils m'ont poursuivie ... J'ai fini par les semer, et je suis arrivée à la taverne de Caleb. Je venais d'y entrer, quasiment, lorsque toi, tu es entré …
Quand tu as commencé à chahuter, j'ai paniqué … Parce que tu allais tout découvrir … Et puis, je ne voulais pas te mentir plus longtemps … C'était le moment ou jamais … Je ... Je n'ai pas eu beaucoup d'amis comme toi, ces dernières années … Et tu es certainement très en colère contre moi …


Revenant vers la rivière, Elyse tourne le dos au barbouilleur, et laisse les larmes jaillir de ses yeux, elle se laisse submerger par le trop plein d'émotions de cette journée. Cette fois, elle ne les retient pas, soulagée de ne plus avoir à mentir et triste d'avoir perdu un ami comme Miguel …
Elle s'agenouille près de l'onde, et baigne, une nouvelle fois, son visage à l'eau claire. Quand elle se relève et se retourne vers le jeune peintre, les yeux rougis, mais fière, elle plante son regard vert dans les yeux bleu turquoise:

- Voilà, tu connais toute mon histoire, à présent … à toi de décider de la suite …

Comme un condamné, Elyse attend sans trop y croire, que Miguel énonce son verdict …

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Dim 7 Aoû - 16:56

Cela paraît si simple et si bizarre à la fois ! Un coup de baguette magique, et toc, bonjour Elyse, adieu Elie mon ami, je t’aimais bien. Fin du premier acte, le rideau se referme sur ce qui n’aura jamais été. Et le barbouilleur aux grands yeux étonnés écoute sans en perdre une miette, et sans chercher à placer un seul mot, les longues confidences de la ravissante jouvencelle qui vient d’éclore sous ses yeux, comme une rose gorgée de soleil. La mignonne est mal à l’aise, elle ne sait où poser le regard, où poser le popotin. Mais elle tourne vaillamment toutes les pages du roman de sa vie. Un roman noir, une histoire sombre, pas un conte de fées. Les chapitres s’enchaînent et se ressemblent tous. Tous aussi lugubres. Il faut porter mille fois son sac de charbon avant d’atteindre son paradis, dit-on. Elyse en a porté bien plus que cela. Cruauté et traquenards ont jonché sa route, se sont succédés comme les perles de nacre d’un chapelet, le chapelet de sa vie, le chemin de croix de sa jeunesse.

Lorsqu’elle termine enfin, il sourit. Depuis longtemps il a compris les épreuves qu’elle a pu traverser et qui l’ont contrainte à se métamorphoser en jeune mousse. Depuis longtemps il a pardonné. D’ailleurs il n’y a rien à pardonner ! Ils se connaissent encore si peu, il est normal qu’Elyse ait voulu préserver au maximum son incognito, son anonymat. Pour qui se prend-il ce barbouilleur avec ses questions et ses reproches ? Elle termine, et il sourit. La belle avait l’intention de faire court, ce sont ses mots, et le sablier géant du temps qui passe s’est écoulé durant un long moment. Oui, il sourit aussi pour désamorcer la tension de cet instant, pour rassurer Elyse dont les yeux ont rougi à force d’émotion, d’interrogations et de craintes.

Mais diantre ! A t-il l’air d’un monstre ? Il a donné sa sympathie et bon sang il ne la reprendra pas ! Jamais ! D’ailleurs en définitive cette fille est plus que ravissante et … Non, couché Miguel ! Bas les pattes mon gaillard ! Ce n’est pas le moment !

Nouveau tête à tête des billes d’émeraude et des aigues-marines. Hop ! Miguel se redresse, enjambe l’arbre mort, et s’avance vers la frêle chrysalide qui vient de naître. Il hésite un instant, car leur relation vient d’amorcer un virage, mais sans s’embourber. Tout risque d’être différent, plus compliqué. Finis les rires gras, les blagues épaisses et les grosses tapes dans le dos. Bon ! A la grâce de dieu ! Il enlace délicatement la belle, laisse vagabonder cinq doigts affectueux dans sa chevelure, pose les lèvres sur son front, et la berce doucement. Le temps s’arrête. Le temps leur appartient. Jamais quiconque ne leur reprendra ces instants volés. Miguel pèse ses mots. Il les veut rassurants. Ils seront sincères. Doucement …

- Mais non, je ne suis pas en colère. Où vas-tu chercher ça ? J’ai été surpris, c’est tout, alors qu’à présent tout me semble si évident. Ai-je l’air d’un juge ou d’un bourreau ? Je comprends très bien ta vision des choses. Tu as échappé à mille dangers et tu t’es montrée prudente. Cela se conçoit aisément. Et puis tu me l’aurais dit bientôt, non ? D’ailleurs, je pense que cette ruse t’a sauvé la vie. Les deux pachydermes se seraient amusés à tes dépens si tu avais été vêtue en fille, pendant que je comptais les galaxies et les étoiles filantes. Ne t’inquiète donc pas ! Je serais vraiment heureux que tu continues cette aventure avec moi. Je te le demande avec insistance.

Miguel recule légèrement la tête, et caresse la joue d’Elyse du bout des doigts.

- Amis ?

Ses prunelles turquoise pétillent, signe habituel d’une ânerie qui se prépare.

- J’espère que ce n’est pas une nouvelle entourloupe pour ne pas porter un sac. Je te préviens, si j’ai des doutes je vais te fouiller, quoique j’ai déjà noté des choses bien agréables qui devraient me rassurer sur ta bonne foi. Tu vois de quoi je parle ? … insiste t-il pour la faire sourire. Allez, en route jeune fille ! On la traverse cette rivière ou bien tu as encore d’autres révélations du même genre ?

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Mar 9 Aoû - 14:33

Miguel se relève prestement, et ses yeux ne reflètent aucune colère. Il franchit le vieux tronc d'arbre aisément et après une brève hésitation, la prend dans ses bras avec douceur, avant même qu'elle n'ait eu le temps de réagir. Elyse ne s'attendait pas du tout à ça ! Pas de cris, pas d'insultes, pas de violence … Juste de la douceur, de la compréhension ... Une étreinte affectueuse et tendre qui rassure la jeune femme sur la suite de leur balade, qui donne une chance à leur amitié. Elle n'est pas habituée aux gestes attentionnés, aux paroles gentilles, et là près de cette petite rivière au chant discret, le moussaillon s'efface, laissant la place à une jeune femme qui revit, qui voit sa route s'éclairer, enfin … Et il continue à la taquiner comme si de rien n'était, cela lui fait un bien fou. La chape de plomb qui était sur ses frêles épaules depuis deux ans vient de s'évaporer grâce à la gentillesse d'un jeune peintre au regard bleu turquoise. Ils ramassent leurs affaires et s'apprêtent à traverser le cours d'eau, dont le méandre tranquille, divise une grande clairière accueillante.

- Je ferai ma part, ne t'inquiète pas ! dit-elle d'une voix claire, fini la voix de malabar, et elle s'en réjouit, on ne change pas les rôles, de toute façon, vu ta carrure, tu ne pourrais pas en porter beaucoup plus que moi ! se moque-t-elle à son tour, avant de reprendre plus sérieusement, Et puis, tu sais, Elie, c'est moi, c'est toujours moi, ce n'est pas une question de fille ou de garçon … Je peux être ton amie aussi bien qu' Elie … Et j'aimerais beaucoup à dire vrai … Si tu le veux bien … finit-elle timidement, en posant sa main, légère, sur son bras.

Le soleil est encore haut dans le ciel, mais les évènements qui ont perturbé le voyage des deux jeunes gens, pèsent sur leurs épaules, et trouver un endroit pour installer leur campement, devient leur priorité. Les sacs sur le dos, ils entreprennent la traversée de la rivière. Celle-ci n'est pas très profonde, le courant est faible, et heureusement, l'eau n'est pas trop froide, mais le sol est très glissant et Elyse va l'apprendre à ses dépens. De petite taille, elle a vite de l'eau jusqu'aux cuisses, et est donc gênée pour avancer, d'autant qu'elle ne voit plus où elle met les pieds …
Elle finit par mettre la semelle de sa botte sur une pierre plus glissante que les autres, et la voilà la tête sous l'eau, avec armes et bagages ! Vite, elle se relève, toute dégoulinante, rejette ses cheveux trempés en arrière pour dégager son visage, sous l'oeil hilare de Miguel qui est déjà sur l'autre rive. Elle retire le sac qui pèse dans son dos et le jette sur la rive toute proche.

- C'est tout moi, ça, il faut que je tombe, alors qu'il ne reste que quelques mètres à faire … Et évidemment, toi, tu trouves ça drôle, mes vêtements vont mettre des heures à sécher ! se plaint-elle, en riant et en approchant de la rive. Elle lui tend la main, Tu m'aides à sortir de là ?

Et lorsque Miguel, gentiment attrape sa main, pour la sortir de l'eau, Elyse tire de toutes ses forces, en arrière, pour l'entraîner dans la rivière, avec elle. Ressortant la tête de l'eau, avant lui, elle s'ébroue, et attend qu'il fasse surface pour l'arroser copieusement:

- Voilà, comme ça, on est à égalité, monsieur le barbouilleur, est-ce toujours aussi drôle ? En tout cas moi, je te trouve comique comme ça ! plaisante-t-elle, en éclatant de rire.

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Jeu 11 Aoû - 7:51


Leurs dernières mises au point se terminent par de nouveaux éclats de rire. Ces deux là sont faits pour s’entendre, c’est évident. En épilogue à sa confession, Elyse pose délicatement une main fine sur le bras de Miguel, et le barbouilleur apprécie sans réserve ce langage tactile, ce geste naturel, cette spontanéité, qui ne peut dissimuler aucune malice, aucun malaise. Ca le rassure plus encore que de belles paroles. Souvent il fonctionne également de cette manière, sans calcul, sans feinte, sans mesurer ses élans de tendresse, et il savoure ce contact discret, cette marque de confiance. Désormais ils forment un duo solide et soudé à vie. Aucun doute à ce sujet. Le fait qu’Elyse soit bougrement mignonne compliquera peut-être les choses pour le barbouilleur, cet indécrottable romantique, parfois immuablement fidèle, parfois cœur d’artichaut, mais soit, inutile d’anticiper, il faut laisser le temps au temps, non ?

Le joyeux tandem entreprend alors de traverser la rivière, ainsi qu’ils l’avaient prévu avant la métamorphose du moussaillon. C’est assez logique en somme, Elyse n’est pas plus grande qu’Elie, et elle traînaille à l’arrière, couvée à distance par les yeux d’azur protecteurs du jeune peintre. Et patatras ! Bien-sûr ! C’était écrit dans le ciel ! Madame la dégourdie, madame l’aventurière, se prend les pieds entre les rochers couverts de mousse et disparaît dans le courant. Pas de panique ! La rivière n’est pas profonde, et sa frimousse trempée ressurgit aussitôt. Elle s’ébroue avec grâce, rejette vers l’arrière sa chevelure dégoulinante, sous les regards gentiment moqueurs, cette fois, du barbouilleur qui vient d’atteindre l’autre rive.

- Joli plongeon, ma sirène … s’esclaffe t-il en tendant le bras vers la crevette pour lui venir en aide.

Bon sang ! La naïveté des hommes et la ruse des femmes ne sont point des légendes ! L’aquarelliste peu méfiant est entraîné à son tour dans le ruisseau par la menotte qu’il venait de saisir. Faites du bien à un chien, il vous pisse dans la main, dit le proverbe. Et Miguel se redresse à son tour en riant, recrache trois litres d’eau tiède, simule soudain une grosse colère et rejoint la naïade en deux pas rapides malgré ce satané courant qui cherche à le freiner.

- Attends un peu, petite peste ! … répond-il aux phrases narquoises de la belle ! Il la saisit par la taille, la soulève à bout de bras et la tient bien haut durant quelques secondes !

- Alors la puce, on fait moins la fière maintenant ! J’ai bien envie de te relancer à la flotte ! T’as vraiment de la chance que tu m’as sauvé des deux mammouths sinon je te noyais sans pitié ! Mais ne te réjouis pas trop vite, je vais bien trouver autre chose pour me venger !

Il la cale sur son épaule et tourne quelques fois sur place, au bord de l’eau, jusqu’à en avoir lui-même le vertige. Elyse s’accroche à lui en riant et en hurlant très fort. De sa main libre Miguel lui donne de petites tapes sur les fesses, qu’elle a d’ailleurs bien rondes et bien dodues, ce détail d’une importance capitale n’échappant pas à la sagacité du peintre.

- Voilà ! La prochaine fois ce sera une véritable fessée si tu me refais jamais un coup pareil ! … ajoute l’artiste en rigolant comme un bossu !

Zou ! Trois autres pas, et Miguel dépose son joli fardeau sur la rive. La sylphide est trempée de la tête aux pieds, et les yeux de Miguel se posent bien entendu où ils n’auraient pas dû. Les seins menus d’Elyse se dressent fièrement au travers de son corsage qu’ils tendent de façon très révélatrice et très charmante. Et le coquin n’a pas sa langue en poche ! L’occasion est trop parfaite pour se priver de taquiner à nouveau la mignonne.

- Mmmmmm, je vois là des rondeurs bien agréables, ma belle Elyse ! J’sais pas comment tu as fait pour me cacher tout ça ! Tu es décidément une fille pleine de surprises

Après un regard malicieux, Miguel décide de ne pas en rajouter afin de ne pas troubler davantage l’autre moitié du tandem.

- Viens ma puce, on va se sécher au soleil. Prends une serviette dans mon sac, avec un peu de chance tu en trouveras une sèche ! Mais si tu veux je peux t’aider à t’essuyer ! … ajoute t-il sournoisement après un instant de réflexion.
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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Ven 12 Aoû - 10:40

Elyse se régale des plaisanteries de Miguel, une ambiance joyeuse et bon enfant, elle n'a rien connu de tel depuis son enfance auprès de ses frères, la vague de nostalgie qu'amène ce constat, la surprend et l'attriste, car elle se souvient aussi de leur défection, quand elle a eu besoin d'eux. Mais elle ne veut pas y penser plus avant, c'est l'instant qui compte.
L'amitié entre un homme et une femme, est-ce réellement possible ? Elyse veut se laisser prendre au jeu, le jeune barbouilleur, comme elle aime à l'appeler pour le taquiner, est un compagnon charmant. La franche camaraderie, sans arrière-pensées douteuses, qu'il installe entre eux peu à peu, la satisfait pleinement. Cette situation insouciante est tellement plaisante après ces années de mensonges ...

Elle n'a pas vraiment prémédité son geste, lorsqu'elle l'a attiré dans l'eau, à l'instant. Quand il lui a tendu sa main à sa demande, Elyse a réagi à l' instinct, poursuivant ainsi le combat espiègle que Miguel avait déclenché, sur l'autre rive. Le chahut qui a suivi, a déclenché fous rires et facéties ... Sortis de l'eau, sa tête lui tourne un peu, après les pitreries du barbouilleur, ils ont l'air tous les deux de chatons mouillés par une averse. Une autre salve du jeune homme fait rougir Elyse, jusqu'à la racine de ses cheveux trempés. Son regard de séducteur impénitent a négligemment glissé sur sa poitrine visible au travers de sa chemise écrue. La bande de toile qui maintenait prisonniers les deux menus globes laiteux, avait cédé pendant la bagarre dans l'eau, et le tissu humide les révéle aussi sûrement que si elle était nue ! Confuse, elle lui tourne le dos pour décoller l'étoffe et détacher sa ceinture qui maintient la chemise trop près de sa peau. Elle récupère au passage la bande de toile et la fait sécher sur une branche.

- Voilà, je suis à nouveau présentable, j'aurais bien retiré ma chemise, mais je ne suis pas sûre que tu aurais résisté à mes charmes, ose-t-elle en riant, se surprenant elle-même ! L'humour coquin du peintre, est-il contagieux ?

Elle fourrage dans le sac, pour masquer sa confusion, et en sort deux serviettes sèches, elle lance la seconde à la tête de Miguel, et commence par essorer ses cheveux, avant d'essuyer son visage, son décolleté, et son bras sans manche, seules parties de sa peau visibles. Elle aurait bien glissé la serviette sous sa chemise mais elle ne voulait pas se montrer provocante ...

- Tiens attrape ça, et essaie de retrouver visage humain, au lieu d'en profiter pour me détailler sous toutes les coutures ! Et non, merci, je n'ai pas besoin de ton aide, ajoute-t-elle taquine, tu as déjà bien assez à faire avec toi !

Puis elle s'assied à ses côtés,veillant à ne pas se retrouver dans la même situation gênante qu'en sortant de l'eau, elle tire sur sa chemise, et ferme les yeux offrant son visage au soleil, dont les chauds rayons, de la mi-journée, transpercent la canopée.

- Mmmmm, ça réchauffe, ça fait du bien, tu as raison, mais on en a pour un moment avant d'être secs, soupire-t-elle, avec un sourire satisfait. Alors toujours pas de paysages qui accrochent ton oeil acéré d'artiste? Et cette jolie rivière, elle ne t'inspire pas ? le questionne-t-elle en se tournant vers lui. C'est dommage, avec cette lumière, je trouve qu'elle ressemble à une rivière de diamants mêlés de pièces d'argent. Elle scintille tant, qu'elle en fait presque mal aux yeux ! Elle plonge son regard émeraude dans les prunelles azur qui la regardent. Dis-moi, il te reste de la brioche ? La baignade m'a donné faim. Je dévorerais un boeuf entier !

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Sam 13 Aoû - 8:38

Quel démon ce vilain barbouilleur ! Non ! Quel vilain démon ce barbouilleur ! Son espièglerie a fait mouche ! Les joues d’Elyse s’empourprent ! S’enflamment comme un raz-de-marée de feu ! Ses appétissantes pommes d’api virent au coquelicot, ce qui ne nuit nullement à son charme, d’ailleurs ! Elle est craquante, prisonnière de cette gêne soudaine, et Miguel se sent tout-à-coup aussi troublé qu’elle. Il l’observe, il s’interroge. N’a t-il pas poussé le bouchon un peu trop loin avec ses plaisanteries de corps de garde ? Ouf ! Non ! Elyse lui a tourné le dos pour se changer en hâte, et, sitôt arrangée et vaguement séchée, la coquine retrouve sa verve et son bagou amical. Les deux bavards impénitents se remettent à jacasser comme deux pipelettes en manque de commérages. Miguel ne peut s’empêcher de la dévorer des yeux, sa sylphide. Elle revit, elle s’épanouit à vue d’œil, elle se libère, elle est délivrée par sa métamorphose. Le gamin taiseux est relégué au fond des oubliettes du passé. De la mémoire de l’artiste. D’un seul élan, Elyse se dégage du joug de ces années maussades, voire dramatiques, qui ont retardé son éclosion. Cette fois l’oisillon prend son vol, il devient un oiseau magnifique, un oiseau qui prend de plus en plus d’assurance, et de plus en plus de place dans le cœur du barbouilleur.

Le joyeux tandem alterne pitreries et asticotage, et s’installe au bord de la rivière, savourant un moment les caresses du soleil, s’abandonnant à cette exquise sensation de bien-être, de plénitude, à cet engourdissement délicieux. Le soleil jette des brassées de diamants dans les eaux calmes, et leur luminosité est éblouissante. Bien évidemment, Miguel approuve sans réserve les commentaires de son adorable voisine. Sans doute une artiste sommeille t-elle au fond d’elle ! Et puis d’ailleurs Miguel est prêt à lui donner raison sur tout, tellement il se sent bien auprès d’elle, naviguant doucement entre complicité, affection, paresse et rêveries fugaces.

Mais soudain l’ogre filiforme réclame sa pitance ! Le barbouilleur sourit tendrement, il avait presque oublié que la belle Elyse se révèle aussi vorace qu’un essaim de criquets se ruant sur les cultures. Il trifouille d’une main dans la besace un peu moite, déniche le reste de la brioche, mais leur casse-croûte s’est décomposé en une infâme bouillie humide et pâteuse.

- Sapristi ! C’est fichu ma belle, notre tartine est immangeable !

Alors que la brioche se trouvait au fond de sa propre besace, il poursuit sans chercher à dissimuler sa mauvaise foi évidente.

- Tu vois, à cause de tes galipettes dans le ruisseau, on n’a plus rien à se mettre sous la dent ! Quant-à ton rôti de bœuf, tu te fais des illusions ma puce ! Allez, viens, nous sommes à moitié secs, et tes lolos sont en sécurité et invisibles. C’est bien dommage d’ailleurs ! Allons fouiller les environs, on y trouvera peut-être des mûres ou d’autres fruits comestibles !

Il lui offre son sourire 13 bis, celui qui fait craquer les donzelles les plus revêches, et il lui tend gentiment la main.

- Allez, viens vite, j’ai aussi l’estomac dans les talons !

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Dim 14 Aoû - 10:15

Hors du temps, c'est l'impression d'Elyse, ils sont hors du temps, du monde, ils sont seuls dans cette magnifique forêt, à l'abri des regards, des marins qui cherchent la jeune femme ... Bon, pas tout à fait à l'abri des brigands, puisque deux d'entre eux les avaient attaqués ... Mais elle se sent en sécurité auprès de Miguel, en confiance et elle se délecte de ces moments vrais, chargés de complicité et de rires.
Le soleil de la mi-journée a rempli son office, sa chemise est presque sèche. Mais son estomac crie famine, et la brioche est immangeable dans le sac de Miguel, qui pourtant n'a pas pris l'eau comme le sien ... D'une bourrade amicale à l'épaule, elle relève sa mauvaise foi:

- C'est de ta faute, si ton sac est mouillé, pas la mienne, dis donc ! s'esclaffe-t-elle, joyeusement, en se levant gracieusement. Je suis décente ... Désolée pour toi, enfin pas vraiment, continue t-elle, moqueuse, en attrapant au passage la bande de toile et ramassant le contenu de sa besace qui a eu le temps de sécher. On peut y aller, je suis prête, monsieur le barbouilleur, vite, trouvons quelque chose à manger ... Sinon je crois que je vais devenir cannibale ! finit-elle, en faisant mine de mordre la main que lui tend Miguel, avant de la garder dans la sienne.

Le sourire que lui adresse Miguel est un vrai coup de canif, dans leur contrat tacite, mais Elyse préfère l'ignorer, continuant le jeu des facéties sans fin. Bien sûr qu'il est séduisant, charmeur, que ses cheveux sont magnifiques, avec leurs reflets bleutés à la lumière du jour. Ses taquineries sont autant d'invites, elle n'est pas dupe ... Ses yeux, aux profondeurs marines sont de vrais aimants pour la jeune femme, la douceur, le trouble qu'ils reflètent souvent, depuis qu'elle est redevenue elle-même, ne lui ont pas échappé. Elle ne se lasse pas d'y plonger les siens. Mais c'est encore trop tôt, pour elle, trop soudain ... Elle souhaite garder ses distances, encore un peu, retrouver confiance en elle, se retrouver, elle, tout simplement, avant de se lancer plus avant.

C'est main dans la main, qu'ils reprennent leur chemin, en devisant gaiement, rien ne peut altérer leur bonne humeur. Les grondements qui s'échappent du ventre d'Elyse attisent leurs rires. Finalement, la chance leur sourit, ils tombent sur des fraisiers sauvages, croulants sous les fruits mûrs. Ils se jettent dessus comme la faim sur le monde, savourant les baies sucrées et juteuses. Si la jeune femme a retrouvé de meilleures manières pour manger, le jeune peintre se retrouve vite barbouillé du jus rouge des fraises, sous le sourire indulgent de sa compagne.

- Tu fais plaisir à voir comme ça ! Un vrai cochon ! Belle représentation du grand séducteur ! ajoute-t-elle, sans pitié, éclatant d'un rire cristallin qui résonne sous les frondaisons. Vraiment, tu es impayable, tu me sors tes sourires de bourreau des coeurs, pour ensuite te goinfrer comme un goret, et faire voler en éclats l'image du parfait don juan ! Tiens attrape, avant que les abeilles ne viennent goûter sur ta figure d'ange ! dit-elle, en lui lançant une des serviettes. On devrait peut-être obliquer vers la rivière pour que tu puisses te nettoyer un peu, sans rire, tous les insectes de la forêt, vont se coller à toi !

Elle bifurque, en l'entraînant au travers de taillis, vers la rivière qu'ils entendent chanter, non loin, s'écartant du chemin qu'ils suivaient depuis un moment. En s'enfonçant dans les sous bois, ils avancent plus difficilement, et sont plus attentifs à ce qui les entoure:

- Regarde, Miguel, ce n'est pas un toit, qui dépasse là-bas ? Nous avons peut-être trouvé un endroit pour la nuit, à l'abri des bêtes sauvages, s'enthousiasme-t-elle, On pourra aller voir, après que tu te sois débarbouillé à la rivière, non ? lui demande-t-elle, curieuse.

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Dim 14 Aoû - 18:24


Sous le regard moqueur de sa compagne, Miguel tâte son menton et ses joues en souriant, et, bien entendu, il y trouve suffisamment de fraise écrasée pour nourrir la moitié de l’île.

- T’as raison, la puce, passons vite à la rivière et je me débarbouillerai le museau. Ensuite nous irons voir cette bâtisse isolée. Elle est certainement inhabitée. Personne ne crécherait ici, au milieu de nulle part ! Mais tu sais, mon Elyse, t’as vraiment une drôle d’opinion d’moi ! Je n’ai rien d’un don juan ou d’un séducteur. J’suis juste un homme comme les autres. J’ai eu deux ou trois femmes dans ma vie, c’est tout ! … ajoute t-il avec un aplomb remarquable tout en énumérant au moins vingt prénoms féminins dans sa petite tête de piaf, et en en oubliant au moins autant !

- Et rien d’important à mes yeux ! De brèves rencontres sans lendemain ! Je cherche toujours celle qui partagera ma vie … poursuit-il en plongeant avec insistance ses prunelles turquoises dans les jades translucides d’Elyse.

Ils parviennent entre-temps au bord du ruisseau, et le peintre se rince rapidement la binette, en éclaboussant juste un peu la belle Elyse, tout en évitant prudemment de lui tourner le dos pour ne pas se retrouver à nouveau le fessard baignant dans le courant. A vrai dire, Miguel ferait volontiers une petite pause digestive, mais la curiosité l’emporte.

- Viens vite, on va la regarder de plus près notre cabane !

Pénétrant dans les herbes hautes, mignonne et barbouilleur se dirigent d’un bon pas vers la vieille masure, que les années n’ont pas épargnée. Prunelles et tympans aux aguets, même si l’endroit paraît désert. Ils s’approchent des murs vétustes, partiellement effondrés. Le lierre qui s’y accroche n’a pas suffi à les retenir. Et là, soudain, jaillissent des voix, des rires. Pas des gloussements de gosses, non, plutôt des braillements rauques, féroces, avinés.

Les deux complices s’observent, hésitent un brin, puis risquent un œil timide à l’intérieur de la bicoque par une étroite lézarde transperçant la muraille de part en part. Attablés devant un litron de pinard, trois colosses crasseux et laids déversent entre eux le contenu de plusieurs bourses apparemment bien gonflées. Des écus roulent allégrement sur la table de bois vermoulu, et les trois compères aboient joyeusement en trinquant à nouveau. Elyse et Miguel sursautent ! Ils ont reconnu les deux gorilles qui les ont attaqués, ainsi qu’un autre habitué de l’auberge de Caleb, qui s’y rinçait le gosier la veille. L’escarcelle de Miguel est d’ailleurs parmi les autres bourses, sur la table.

Les trois gredins terminent leurs comptes. L’un d’entre eux se lève tout à coup, sa face patibulaire se tourne vers Miguel et la belle Elyse, son regard sombre et mauvais fouille le mur dans leur direction, et les doigts du barbouilleur se crispent sur le poignet de sa compagne. Fausse alerte ! Le truand descelle habillement une pierre de la paroi branlante, et il retire de la brèche un petit coffre de bois blanc fermé à clef. Il l’ouvre et y jette en riant les pièces qu’il ramasse par poignées sur la table, puis il replace le coffret dans la faille et referme la cachette.

Retenant leur souffle, les deux curieux n’en perdent pas une miette. L’argent de Miguel est là, dans la cassette, c’est évident. Emeraudes et yeux d’azur se scrutent, se concertent. Bigrement intéressant tout ça ! Mais dangereux, infiniment dangereux …
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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Lun 15 Aoû - 14:44

Que des aventures d'un soir, que deux ou trois femmes ... Croit-il vraiment lui faire avaler ces fadaises ? Elyse sourit, le séducteur est vraiment très naïf, adorable, mais naïf ! Elle n'est pas si innocente, qu'elle en a l'air, elle a vécu au milieu d'hommes pendant deux longues années. Et à entendre leurs conversations, elle sait à quoi s'en tenir. Les femmes ne sont que des jouets entre leurs mains, des jouets condamnés à satisfaire leurs moindres besoins, désirs ou caprices. Elle en a eu un aperçu très net, chez elle, aussi, elle a entretenu la maison, préparé les repas, fait des lessives à n'en plus finir, et quand elle a eu besoin d'eux ... Plus personne ! Alors, même si elle trouve le jeune barbouilleur charmant, drôle, gentil, Elyse reste sur ses gardes ... Amis ... Pour l'instant ... L'avenir est à portée de leurs mains, à eux de voir ce qu'ils peuvent en faire ...

Enfin, ils sont rassasiés, ils se sont gavés de fraises, le ventre bien rempli, ils peuvent aller explorer cette maison dont le toit, plutôt délabré dépasse des taillis qu'ils ont traversés. De nouveau, ils laissent la rivière derrière eux, piquant droit vers la cabane. L'attaque précédente les a rendus méfiants, ils progressent silencieusement, attentifs aux bruits de la forêt. Et ils font bien, car à quelques mètres de la maison, des rires gras et des bruits de chopes qui s'entrechoquent les stoppent net. Se consultant d'un regard, les deux jeunes curieux s'approchent à pas de loup, et découvrent des visages connus: les deux brigands qui les ont détroussés et un autre homme qui était chez Caleb, la veille au soir.

La main de Miguel enserre le poignet d'Elyse, qui grimace de douleur, mais son attention est captivée par la scène qui se déroule devant elle. Des bourses sont vidées sur la vieille table, celle du peintre entre autres. Pourraient-ils la récupérer ? C'est une idée très dangereuse qui vient de traverser l'esprit d'Elyse ... Et quand son regard vert croise de nouveau les prunelles azur, elle comprend qu'ils sont sur la même ligne ...
Doucement, la jeune femme tire le barbouilleur en arrière, il faut reculer, ne pas se faire prendre, étudier la chose avant de se lancer tête baissée dans les ennuis. Elle veut se replier pour en discuter avec lui et pour se préparer à toute éventualité. Et lorsqu'ils sont assez loin, elle farfouille dans son sac, et en retire la bande de toile dont elle pensait ne plus avoir besoin, et un lien de cuir. Les yeux dans ceux de Miguel, elle noue sur la nuque, ses cheveux soyeux, qu'elle avait libérés depuis son bain forcé:

- Comme tu l'as si bien dit, tout à l'heure, autant que je ne prenne pas de risques, si jamais on se faisait prendre ... Tourne-toi, et ne regarde pas ! lui intime-t-elle, tout bas.

Elle lui tourne le dos et retire sa chemise, sans façon, cette fois, il y a urgence ! Elle emprisonne de nouveau ses seins menus dans la bande de toile, prenant soin de bien la fixer, pour qu'elle ne glisse pas, et renfile son vêtement rapidement.

- Voilà, Elie est de retour ! Mais, est-ce bien raisonnable de défier ces pourceaux ? Qu'en penses-tu, Miguel ? Se battre contre eux est hors de question, nous aurions droit au mieux à une raclée ... Attendons de voir s'ils partent, l'argent est dans leur cachette. Ils ne vivent pas ici, c'est juste leur repaire ...

Le danger est grand, très grand, mais la somme d'argent est importante et aiderait bien les deux jeunes gens pendant quelques mois. Elyse s'en rend bien compte, mais au risque de perdre la vie ? Ils discutent à voix basse du bien fondé d'une telle action, chacun apportant ses arguments pour ou contre ... Mais pris dans le feu de la discussion, ils ne voient pas arriver derrière eux l'un des malfrats, qui se rue sur Elyse et lui pose un couteau sur la gorge avant que l'un ou l'autre n'ait pu réagir !

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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Mar 16 Aoû - 12:56


Se tourner ? Ne pas regarder ? Et puis quoi encore ? Croit-elle vraiment au père Noël, la sylphide ? Demande t-on à un aveugle s’il veut voir ? A un sourd s’il veut entendre ? Bah non, la réponse est évidente ! Demande t-on vraiment à un coquin de détourner les yeux alors qu’il peut se régaler de la charmante silhouette de celle qui bouscule tout en lui ? Diantre ! Est-elle à ce point naïve ? Les yeux de turquoise ne se détournent pas ! Au contraire ! Le filou se délecte du joli spectacle ! Dieu qu’il aimerait être cette bande de toile et comprimer tendrement les seins menus d’Elyse ! Dieu qu’il est charmé par le doux contour de ses hanches graciles, par son corps de poupée de porcelaine, par sa nuque délicate qui émerge de ses cheveux soyeux prisonniers d’un bandeau de cuir, par ses épaules rondes et dorées comme la terre de Sienne brûlée par le soleil, par ses petites fesses haut perchées qui tendent l’étoffe de son pantalon et qui se balancent et tanguent imperceptiblement comme les coques de ces voiliers amarrés sur une mer calme. Ne pas regarder ? Impossible !

Et pourtant, sapristi, voilà l’erreur ! Lorsqu’un des trois gorilles surgit des fourrés, Miguel n’a pas le temps d’esquisser le moindre geste ! L’affreux s’est déjà planté dans le dos de la mignonne, heureusement métamorphosée en Elie, et pose vivement la lame d’un poignard sur sa gorge fragile ! Bon sang, il ne va pas lui taillader le cou, quand-même ! Miguel pousse un cri d’effroi et d’impuissance !

- Non, non ! Ne lui faites pas de mal, je vous en prie ! De grâce, je vous donnerai tout ce que j’ai ! J’ai encore de l’argent dans mon escarcelle, et j’en ai chez moi, dans mon atelier ! Tout est pour vous ! Ne la .. le tuez pas !

Oups ! Le barbouilleur a bien failli gaffer ! Ameutés par ses paroles, les deux autres babouins rappliquent rapidement, et rejoignent celui qui semble être le chef de la bande, et qu’ils surnomment Thorn le dépeceur, ce qualificatif particulièrement éloquent ne rassurant nullement Miguel. Les trois pachydermes se consultent à voix basse, puis raflent en riant les pièces qui s’entrechoquaient encore au fond du baluchon de l’artiste.

Libre de ses mouvements, Miguel tenterait volontiers une diversion, mais son Elyse est à la merci des trois compères. La moindre tentative de rébellion lui coûterait sans doute la vie. Pourvu qu’elle pense à reprendre sa voix rauque de petit loubard, s’inquiète soudain l’échalas. Un des deux sous-fifres, répondant à un signal du dépeceur, s’en va quérir des rouleaux de cordes dans la cabane, puis il revient saucissonner étroitement les deux captifs, leur immobilisant les bras derrière le dos. Sans ménagement, Elyse et Miguel sont jetés à l’intérieur de la bicoque, tandis que Thorn sort la cassette de sa cachette dans le mur et y ajoute les dernières pièces du jeune peintre. Gardant le coffret coincé sous le bras, le dépeceur se fend alors de quelques aboiements brefs à l’intention de ses sbires.

- Paco, tu restes ici ! Tu surveilles les deux zigotos ! Omar, tu viens avec moi, nous avons encore du boulot !

Deux des fripouilles s’éloignent donc sans attendre, tandis que Paco s’en va siffloter gaiement à quelques pas de la cabane, emportant avec lui un nouveau litron de cette vinasse rouge sang.
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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Mer 17 Aoû - 17:11

Prisonnière, plaquée contre le corps de la brute avinée, Elyse n'en mène pas large. La lame, qui est appuyée sur sa gorge a déjà entaillé sa peau, légèrement. Une goutte de sang chemine sur son cou et son décolleté, avant de disparaître dans l'échancrure de sa chemise. Elle croit sa dernière heure arrivée, et cherche désespérément le regard turquoise. Mais Miguel est aussi effrayé et désarmé qu'elle. Ils ne peuvent que subir la situation, pour l'instant. Lorsque leurs agresseurs rejoignent leur chef, elle espère qu'ils ne s'intéresseront qu'aux quelques pièces que le jeune peintre leur donne, et qu'ils ne les tueront pas.

Elle est presque soulagée de voir l'un des pourceaux revenir avec des cordes, se disant qu'ils avaient un sursis, et peut-être une chance de s'échapper. Mais elle déchante très vite, elle se retrouve ligotée, immobilisée, et jetée sans ménagement dans une pièce sombre et malodorante de la vieille masure. Miguel est avec elle, et c'est pour le moment, le plus important. Elle entend vaguement qu'un seul des pirates reste monter la garde, pendant que les deux autres emmènent le butin. Enfin monter la garde, c'est vite dit ! Il emporte avec lui une bouteille de vin, et Elyse espère qu'il sera vite assez saoul, pour s'endormir dans un coin …

Elle essaie péniblement de se redresser et de se rapprocher du barbouilleur. En vain ! Pas évident de bouger, saucissonnée ainsi, elle se tortille sur le ventre comme un ver, et rampe jusqu'à Miguel. La corde entaille la peau fine des ses poignets, mais tant pis. Il faut qu'elle bouge, qu'elle agisse, pour ne pas penser à l'angoisse qui lui enserre les entrailles. Elle parvient enfin à rejoindre le jeune homme et essaie vainement de s'asseoir près de lui, mais elle s'écroule, son visage heurtant les cuisses du peintre. Elle se redresse, confuse et prenant appui avec ses épaules sur ses jambes, elle s'assied près de lui.

- Ca va ? murmure-t-elle à son compagnon, inquiète de son silence, lui qui est si volubile, d'habitude, Tu n'as rien ? Tu peux bouger, te déplacer ? Ou es-tu aussi coincé que moi par ces cordes ? Je suis désolée, je n'aurai pas du t'entraîner jusqu'à la cabane … Ni te proposer de récupérer tes pièces … J'ai mis nos vies en danger, et encore plus s'ils me découvrent …

Elle se blottit contre lui, cherchant un peu de réconfort, au contact de son compagnon. Ils sont bien mal partis, et Elyse se demande s'ils vont parvenir, cette fois, à se sortir du pétrin dans lequel ils se sont mis. Et surtout comment ? Car leur marge de manoeuvre est bien mince ...

Une larme roule sur sa joue, puis une autre, et comme une digue qui se rompt, Elyse fond en larmes silencieuses. La jeune femme qui commençait à reprendre goût à la vie, s'étiole peu à peu, pour laisser de nouveau la place à un jeune garçon apeuré. Elle n'entrevoit pas d'issue favorable, comment pourraient-ils s'échapper avec des liens si serrés ! Elle tente par tous les moyens de se calmer, de tarir ces larmes qui pourraient la trahir. Elle maîtrise petit à petit ses pleurs, et tente de reprendre un peu espoir. Ils ne sont pas encore morts ! Et tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir, non ?
Celui que les hommes nomment Paco, l'a désarmée, lui prenant sa dague. Il leur faut trouver un autre objet coupant près d'eux, sinon ils ne pourront se défaire de leurs entraves ...

Elle cherche des yeux, sur le sol un morceau d'une bouteille cassée par les brigands, ou tout autre chose qui les aiderait à fuir. Mais il n'y a rien, elle ne désespère pas et scrute les murs attentivement, à la recherche d'une saillie, d'une pierre descellée, qui pourrait convenir ...


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Journal de bord
Situation RP:
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MessageSujet: Re: Vérité dissimulée [PV] Jeu 18 Aoû - 17:44

Les voici ficelés comme des rôtis prêts à cuire, les chevilles étroitement garrottées, les poignets solidement immobilisés dans le dos. Ces maudits gorilles bâtis comme des montagnes n’y ont pas été de main morte en balançant les deux captifs sur le sol rocailleux de la cabane, tels deux paquets de linge sale, mais la fureur du barbouilleur est bien inutile, jamais il ne fera le poids contre de tels butors, et il en est conscient. Plutôt que de cracher sa rage, il rumine un moment en silence, pestant contre sa faiblesse, contre leur imprudence, contre ce nouveau coup du sort. Il a beau s’arracher des lambeaux de peau en tirant comme un possédé pour se libérer des cordes, bernique, rien à faire, ce ne sont pas des demi-portions de son espèce qui ont serré leurs liens.

Ses prunelles d’azur cherchent le regard de la puce. Il la couve, à défaut de pouvoir en faire plus. Dans quelle sombre galère l’a t-il attirée ? Bon sang tout se passait si bien pour eux avant que leur curiosité ne les pousse vers cette bicoque délabrée ouverte à tous les vents. Et voilà, ils sont maintenant à la merci de ce trio de brutes épaisses. Dans leur malheur, Elyse a pu reprendre de justesse l’apparence d’Elie, sinon ces ignobles crapules en auraient fait le jouet de leur perversité, c’est sûr. Elle est tellement mignonne ! Pourvu qu’ils ne découvrent jamais la vérité !

Laborieusement, Elyse a réussi à se couler vers lui en rampant, et elle s’assied tout contre lui, non sans mal d’ailleurs. Miguel lui est reconnaissant de cet effort, même si ce contact affectueux ne représente que peu de choses dans leur situation précaire. La belle l’interroge avec angoisse, et l’échalas est désolé de ne pouvoir lui donner un quelconque espoir. A regret, il lui confirme qu’il est tout aussi incapable qu’elle de se dégager. Emu, il cherche rapidement des arguments pour la réconforter un brin, mais bon, ils se révèlent bien peu nombreux. Sans trop y croire lui-même, il parvient à se pencher vers son oreille et lui murmure d’un ton qu’il s’efforce de rendre résolu et convaincant :

- Ne t’inquiète pas, ma puce. Ils n’en veulent qu’à mon argent ! S’il le faut, nous les conduirons chez moi, à Glénia, et je leur donnerai tout ce qu’il me reste de la vente de mes tableaux. Après nous serons libres, je te le promets.

Mais lorsque Elyse fond en larmes, Miguel a le cœur qui se déchire. C’est si dur de ne pas pouvoir la serrer dans ses bras, si dur de ne pouvoir amener une ébauche de sourire sur ses lèvres, si dur d’admettre qu’ils sont dans de sales draps et que la grande andouille qu’il est est totalement incapable de l’en sortir. Les larmes de la puce sont contagieuses, et le jeune peindre doit lutter fermement pour ne pas craquer à son tour. Et soudain, submergé par une bourrasque de sentiments et d’émotivité, par leur détresse commune, par une pulsion irrépressible, par ce désir qui bouillonne au fond de lui et qu’il contient depuis trop longtemps, Miguel se blottit contre la sylphide, sa bouche frôle doucement quatre boucles rebelles qui ont déserté le ruban de cuir, happe au passage une larme qui roule sur sa joue, et lui donne un baiser léger au bord des lèvres, ce premier baiser dont il rêvait depuis qu’Elyse a succédé à Elie le moussaillon taiseux.

Troublé, indécis, il plonge ses prunelles turquoises dans les yeux profonds d’Elyse, encore brillants de larmes. Va t-il se déballonner, va t-il reculer vivement comme si un serpent lui avait mordu le nez ? Non ! A dieu vat ! Il sait déjà qu’il va parler, alors qu’il ferait sans doute mieux de se taire, mais il ne peut lutter davantage. Il ne peut retenir ces mots qui quittent son cœur et franchissent ses lèvres sans demander un quelconque avis. Oui, ils ont décroché leur propre autonomie, ils prennent le commandement, ils s’envolent et vivent leur vie.

- Elyse, mon Elyse, ce n’est ni l’endroit ni l’heure, et j’ignore ce qu’il va advenir de nous, mais je veux que tu le saches ! Je t’aime ! Je t’aime comme un fou ! Et je ferai tout ce que je peux pour qu’on échappe à ces crapules, et que tu aies enfin une vie longue et belle, avec ou sans moi.

Voilà ! Amour, amitié, franchira t-elle cet océan immense qui va de l’ami à l’amant ? Plutôt que d’attendre une réponse évasive ou taquine, plutôt que d’encaisser en pleine face ce refus auquel il s’attend et qui mettra fin à ses illusions, le barbouilleur baisse la tête, puis tout-à-coup il se met à se traîner sur son postérieur et s’adosse à la belle, guettant d’un œil inquiet l’entrée de la cabane où doit rôder ce bougre de Paco.

- Je viens d’avoir une idée. Rapproche tes mains au maximum pour qu’il y ait du jeu dans les cordes, la puce, je vais essayer de desserrer tes liens. Tout seul nous n’y arriverons pas, ni l’un ni l’autre, mais à deux nous le pouvons peut-être. Avec mes longs doigts de pianiste, je peux y arriver, j’en suis sûr !

Miguel s’escrime de son mieux, il parvient à glisser un index maigrichon dans la boucle d’un nœud un peu plus lâche que ses voisins, et peu à peu il atténue la pression de la corde autour des poignets d’Elyse. A force d’insister, de tirailler, son visage grimaçant s’éclaire subitement. Il a enfin réussi à dénouer ce premier nœud. Les mains de la puce disposent alors de plus de liberté, et, unissant leurs maigres forces, ils détachent les avant-bras de la belle.

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