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Lieutenant Longway [PV]

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Matelot
Premier personnage


Journal de bord
Situation RP:
En couple:
MessageSujet: Lieutenant Longway [PV] Lun 2 Mai - 14:16


Déambulation. Il fallait croire que je n'avais rien d'autre à faire. Ce qui était le cas en vérité. Voilà désormais six jours que j'étais à terre, six jours que j'étais revenu à quai avec ce qui restait de la frégate de Son Excellence le Gouverneur de Fandir, à savoir, à proprement dit, une épave, ce n'était pas pour me plaire, et qui n'avait pas davantage plu à l'officier de quai de service ce jour-là. A vrai dire, je n'avais même pas eu le temps d'accoster, on m'avait tout bonnement envoyé aux cales sèches. J'y avait laissé le navire, ou plutôt le monticule de planches de bois qui en découlait et j'avais enfin, après tant de semaines, mis pied à terre.

Un bain et un repas avaient été mes premiers plaisirs, une fois arrivé chez mon grand-oncle, l'Amiral Longway. J'y logeais lors des quelques jours par an durant lesquels je revenais à Assecia, mon oncle se faisant un plaisir de m'accueillir en sa demeure, que je préférais de loin au douloureux manoir de mon enfance, au sein duquel je n'avais jamais plus remis les pieds depuis que j'étais entré au Collège Naval. J'avais en tous cas été reçu malgré tout par un parent vieillissant. Il fallait dire que l'amiral à la retraite n'était plus tout jeune, et je n'avais pu que constater les effets de l'âge sur sa personne.

Quoi qu'il en fût, je m'étais attelé dès le lendemain, à mon devoir. Je m'étais rendu au palais du Gouverneur pour y recevoir mes ordres. Le capitaine était mort, et en ma qualité de lieutenant de la frégate, j'avais pour tache d'assurer le commandement par intérim, en attendant la nomination d'un nouveau capitaine… Ou une promotion quelques fois offerte au commandant provisoire pour ses bons services. L'ambition guettait… Je ne me sentais pourtant pas près à commander mon propre navire et en même temps, c'était là un de mes désirs les plus chers au monde… Comble de la situation : on n'avait pas daigné me donner de réponse franche, concise et directe. Un simple "Revenez-donc dans trois jours…", typique des fonctionnaires. Naturellement, j'étais revenu, j'avais insisté. On m'avait alors informé qu'une missive était en préparation pour moi. La lettre, cachetée par le sceau gouvernemental, m'avait alors été remise.

Citation :
Les services de Son Excellence le Gouverneur de Fandir,

A l'attention du Sieur Lieutenant Edward Paul William Longway,
Commandant par intérim de la frégate gouvernementale Eclipse.

Monsieur,

Conformément aux dispositions du code maritime, après constatation du décès du Sieur Capitaine Hemmington, commandant de la frégate gouvernementale Eclipse, nous vous reconnaissons officiellement comme commandant par intérim de la frégate gouvernementale Eclipse, en votre qualité de premier lieutenant officiant à bord du dit navire, lequel revenu à quai a été, au vu de son état actuel, placé en cale sèche sur ordre express de l'officier de quai.
Les services de réparation des navires de guerre ayant estimé comme critique l'état de la frégate Eclipse, nous sommes au regret de vous informer que sera procédée la destruction de votre bâtiment dans les plus brefs délais. Face à cela, nous vous relevons, Monsieur, de votre commandement ainsi que de toute responsabilité sur l'équipage dont nous avons procédé à la dissolution immédiate.
Aussi, nous vous annonçons céans votre retour au cadre ordinaire des lieutenants de marine qui prendra effet après réceptions de la présente lettre. Néanmoins, en attente de votre prochaine affectation, vous êtes versé dans les effectifs de la réserve et considéré comme officier en permission pour une durée indéterminée durant laquelle vous sera toutefois versé votre solde de lieutenant sans considération des dispositions particulières quant à votre activité réduite. Une prime vous sera en outre versée en remerciement de vos loyaux services à la tête de la la frégate gouvernementale Eclipse.
Vous serez informé de votre prochaine affectation par une missive similaire qui vous sera communiquée prochainement.

Veuillez en attendant croire à notre bonne foi et accepter, Monsieur, tous nos sentiments de considération distinguée.

Et, marchant d'un pas nonchalant sur la passerelle de bois, je relisais la missive. L'honneur au moins était sauf, avait commenté mon oncle. Néanmoins, l'insatisfaction me hantait toujours et d'ailleurs, je n'avait alors pu m'empêcher de lui répondre que seul l'honneur était sauf. Le reste, était parti en fumée et en planches délabrées. Un bâtiment sur lequel j'avais navigué pendant trois et que j'avais conduit en ses derniers instants. Il me semblait alors que tout cela n'avait servi à rien. Plus qu'un bateau, l'âme d'un bâtiment navigant librement toutes voiles dehors s'était envolée, ainsi que l'esprit et l'équipage qui l'habitaient. Deux-cent cinquante hommes au départ d'Assecia, dix fois moins de retour au port. Pirates, tempêtes, le sort s'était dressé contre nous.

Violement, je frappai dans une bouteille vide qui se trouvait là, en repensant à ces douloureux souvenirs. Celle-ci effectua un vol et plongea tout droit dans l'eau sale du port d'Assecia. L'envie me prit de déchirer la lettre que je tenais à la main et de l'envoyer à la mer, de la disséminer dans les flots. Encore cela eut été une bien piètre insulte à l'océan. Je rageai. Insulte ou pas insulte. Je jurai. Mais qu'importait ! J'envoyai mon pied contre une autre bouteille qui se trouvait là.

C'est alors qu'une main vint se poser sur mon épaule. Inattendue, surprenante. Je dégainai mon épée d'un geste vif et me défaisant de la maigre étreinte, j'effectuait une pirouette pour me retourner et pointer ma lame sur le coup du nouveau venu. Un réflexe plus que marqué dans ces moments de passable énervement. Mes yeux ne me transmettaient plus rien, c'était le flou total et il me semblait alors avoir perdu toute forme de lucidité.

C'est alors que reprenant mes esprits, je reconnus peu à peu la silhouette de mon oncle, passif et flegmatique devant moi, les mains derrière le dos, patientant comme je l'avais vu le faire tant de fois. Il arborait, comme toujours, malgré qu'il fût à la retraite, son uniforme brodé en toutes parts d'amiral, un titre auquel il ne renoncerait jamais. Fier tout en restant un homme simple, voire familier, plus à l'aise à la barre d'un navire que dans un bureau et dont les qualités de commandement l'avaient hissé jusqu'aux plus hautes fonctions.

- Combien de fois, Edward, t'ai-je dit que la colère ne servait à rien…

Sur ces mots de mon oncle, je baissai mon épée et la rangeai d'un geste dans son fourreau qui pendait à ma ceinture. Il avait raison. Ce que je faisais là ne servait strictement à rien, sinon à me blesser moi-même. Le vieil homme avait une certaine philosophie. Ce qui est fait, est fait, m'avait-il répété tant de fois, et tu ne dois ruminer tes erreurs passées, cherche plutôt à les réparer, trouve des solutions, tire des leçons et avance, droit devant toi, vers l'avenir. J'avais tenté d'appliquer ses mots à ma manière, oubliant les souffrances du passé, et cherchant à atteindre un degré de perfection qui me distinguerais de tout le reste et m'offrirait enfin une place à laquelle chacun avait droit.

- Vous avez raison, mon oncle. Je devrais pas me laisser aller ainsi. Veuillez m'en excuser.

- Excuses acceptées…

Nous marchâmes alors quelques instants, le long du quai, jusqu'à en atteindre le bout. Plusieurs vaisseaux de guerre se massaient là, le long de la passerelle de bois, surveillés par quelques fusiliers marins. Peu de marins se trouvaient dans la zone. Il était environ treize heures et la plupart étaient partis déjeuner en ville. Seuls les soldats de garde étaient contraints de rester là, malgré eux, mais il iraient sans nul doute s'approvisionner une fois leur tour de garde achevé.

Seul un navire, une frégate à proprement parler faisait l'objet d'une certaine animation. Pas amarrée à quai mais mouillant à environ deux encablures. Je pouvais distinguer de loin des ouvriers réparant les mats, posant de nouvelles voiles et renforçant la coque tout en y ajoutant une nouvelle couche de penture par endroits. Je pris alors une courte lunette que je sortis de ma poche. Je gardais toujours l'instrument sur moi. La dépliant, j'observai le navire. Des réparations, oui, et… Ah, je parvenais à discerner les lettres sur la poupe de la frégate… L’Équinoxe. Jamais entendu parlé… Je ne me rappelais pas d'un bâtiment portant un tel nom.

- Qu'y a-t-il Edward ? Me demanda mon vieil oncle.

- Mon oncle, connaissez-vous ce navire, là, dans la rade ? L’Équinoxe…

- Ma foi, je ne me rappelle pas d'avoir vu ici un navire portant un nom pareil… Il porte pourtant les couleurs de Fandir, n'est-ce pas ?


- Vous ne vous trompez pas mon oncle, à moins que notre vision nous fasse défaut à tout les deux, ce dont je doute fort…

- Enfin, nous verrons… Pour ma part, je vais rentrer. J'imagine que tu vas encore vouloir rester un peu seul ici…

Je ne répondis rien à mon oncle. Prenant cela comme une affirmation, ce qui en vérité n'était pas inexact, il repartit, après m'avoir poser une dernière fois la main sur l'épaule, ce geste qui avait failli lui faire gagner une brochette humaine à l'épée. Pour ma part, je ne bougeai pas, contemplant cette frégate. Etrange coïncidence, elle ressemblait, lorsqu'on y regardait de plus près à l'Eclipse, presque à s'y méprendre…

***

Et alors que les nuages gris qui emplissaient le ciel se faisaient de plus en plus foncés, une fine pluie, dont on avait cru la veille qu'elle ne retomberait pas commença à s'abattre sur la ville. Les petites gouttelettes tombaient, accompagnées par des rafales d'un vent marin qui dans le même temps s'était levé. Bref, les conditions climatiques se faisaient des plus désagréables. J'entrepris alors de retourner chez mon oncle qui était reparti une bonne demi-heure auparavant. D'autant que je n'avais pas pris de cape pour me protéger des intempéries.

Rabattant les maigres revers de ma veste d'officier pour me protéger de la pluie, je repris le chemin de la maison d'un pas rapide et assuré, martelant de mes chaussures le plancher des quai d'Assecia. Une rafale de vent vint balayer le port et manqua de perdre dans les eaux mon tricorne que je rattrapai alors en plein vol. Je n'aimais guère ce genre d'intempéries, surtout depuis cette tempête qui avait manqué de couler l'Eclipse. La pluie était tombée sans discontinuer sur Assecia depuis mon arrivée et voilà que le seul jour où elle semblait s'être épuisée, elle prouvait le contraire. Je jurai, et de plus belle, j'augmentai la cadence de mes pas.

Arrivé à l'entrée du port, je vis arriver dans ma direction un homme, que dis-je, une cape et un tricorne, pour être plus précis, qui cachaient un homme en réalité, lequel avait revêtu ces effets pour se garder de souffrir du mauvais temps. L'homme se révéla, en y regardant d'un peu plus près être un officier, dont il me semblait l'avoir déjà croisé auparavant. Oui, je me rappelais, c'était lui qui m'avait remis la missive des services du gouverneur, lors de ma seconde visite au palais. Il courrait vers moi, et s'arrêta net devant ma personne. D'un air essoufflé et fatigué, il dit :

- Lieutenant Longway… Enfin…

Inspirant une grande bouffée d'air et reprenant son souffle, il ajouta :

- Enseigne de Vaisseau Frington, affecté au service administratif de la flotte. J'ai ici un message pour vous Lieutenant.

Entrouvrant sa cape, l'Enseigne Frington en sortit un pli cacheté aux armes du gouverneur, comme le précédent et me le tendit d'une main rapide. Je me saisis de la lettre et en dépit de la pluie, je décachetai le pli et l'ouvris. Malgré les goutes d'eau qui tachaient le papier, j'en entrepris la lecture.

Citation :
Les services de Son Excellence le Gouverneur de Fandir,

A l'attention du Sieur Lieutenant Edward Paul William Longway.

Monsieur,

Nous somme au plaisir de vous communiquer votre affectation au poste de Lieutenant, et commandant en second, de la frégate nouvellement intégrée à la marine gouvernementale, l'Equinoxe, sous les ordres du Capitaine Taylor. Votre affectation à ce poste prendra effet dès réception de cette lettre et nous vous prierons de bien vouloir, immédiatement, après lecture, vous rendre sur votre nouveau navire d'attache pour y rencontrer le capitaine et prendre votre poste dans les plus brefs délais.

Nous nous devons en outre de vous informer que le Capitaine Taylor est un nouveau venu dans les cadres de la marine gouvernementale en tant qu'officier d'une puissance étrangère mise à disposition du gouvernement. Nous vous demanderons donc, Monsieur, de faire preuve de la plus grande courtoisie à l'égard de votre nouveau supérieur et de bien vouloir le guider et l'assister dans toutes les procédures propre aux forces navales de Fandir. Au vu de vos états de service à l'heure actuelle, nous vous croyons tout à fait qualifié pour cette mission, plus que quiconque. Soyez assurez de notre confiance la plus totale, car la réussite de votre collaboration avec le Capitaine Taylor, pourrait se révéler capitale et constituer les prémices d'une relation forte entre son Etat et le gouvernement de Fandir.

Veuillez croire à notre bonne foi et accepter, Monsieur, tous nos sentiments de considération distinguée.

Ayant pris connaissance du document, je le repliai et le glissai dans ma poche. Puis, levant la tête, je ne pus que constater que l'enseigne était toujours devant moi et n'avait pas bougé d'un pouce, en dépit du vent et de la pluie. Je posai mon regard, sévère, prononçant un très bref "Je vous remercie". L'homme, visiblement étourdi, prit alors la parole, comme s'il venait de se souvenir d'une chose qu'il n'aurait pas du oublier.

- Ah… Oui, j'ai reçu l'ordre de vous escorter jusqu'au navire. Excusez mon inattention… J'ai toujours été un peu… Négligeant… C'est pour ça qu'on ne m'a jamais affecté à un bâtiment et que je me suis retrouvé au service administratif… Mais, oh, je crois que je parle trop. Allons-y, voulez-vous.

Je ne répondis pas un mots aux derniers paroles du maladroit officier. On comprenait la décision qui avait été prise à son encontre, à mesure que l'on voyait l'être se déployer devant soi. L'homme manqua en effet de trébucher sur le quai, imaginez donc sur un navire. Pourtant, malgré ces défauts presque burlesque, je ne pouvais m'empêcher de penser que pour être arrivé là où il en était, l'enseigne était soi très intelligent, soi d'une famille très influente. J'optais cependant pour la première hypothèse, notant la simplicité de caractère qui n'était pas celle des nobles et autres haut-bourgeois d'Assecia.

Nous parvînmes finalement au quai que j'avais quitté un moment plus tôt. Là où quelques fusiliers de garde trainaient encore auparavant, il n'y avait plus personne. Chacun avait du rejoindre les cabines des vaisseaux, ou bien trouver un abri dans les cales. Bref, on tentait d'échapper aux intempéries et c'était là chose bien naturelle. Frington regarda dans un sens, puis dans l'autre, de chaque côté. Il soupira puis me demandant de patienter quelques instants il fit demi-tour. Il revint quelques minutes plus tard, accompagné de deux fusiliers.

Nous marchâmes jusqu'au bout du quai où était amarrée une chaloupe que les vagues, conséquence du vent, balançaient incessamment d'un côté vers l'autre. La barque devait nous conduire jusqu'à l'Equinoxe. Nous y prîmes place, les deux fusiliers prenant les rames, commençant à diriger et faire avancer l'embarcation. Ce n'était guère facile, le temps se faisait de moins en moins clément et l'eau de plus en plus agitée malgré que nous nous trouvâmes dans la rade du port. Les deux fusiliers peinaient et me je demandai presque si nous ne devrions pas les remplacer.

Finalement, il tinrent bon. Nous arrivâmes au pied de la frégate. Des marins et des ouvriers, sur le pont, qui nous avaient préalablement repéré lancèrent une échelle de corde dont je me saisis. Et tandis que la chaloupe repartait à terre, j'escaladai tant bien que mal pour parvenir à me hisser sur le pont du navire, à moitié aidé par les marins qui tiraient de leur côté l'échelle de cordages. Le vent, la mer et la pluie n'y avaient rien fait, je pris, en dépit de tout, pied sur l'Equinoxe.
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Matelot
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MessageSujet: Re: Lieutenant Longway [PV] Lun 9 Mai - 7:12

Butchlet épluchait les rapports et les requêtes des officiers de son bord. Il avait refermé la porte de sa cabine mais avait ouvert en grand les fenêtres d'étambot. Ils étaient relativement éloignés des quais et le mouillage où ils se trouvaient, au centre de la baie d'Assecia, leur épargnait les bruits et les odeurs de la capitale. Butchlet aimait travailler ainsi. Il avait ôté son manteau de mer et son lourd uniforme pour ne conserver qu'une légère veste où luisait un galon doré : celui de commandant. Il appréciait de travailler dans ces conditions, il faisait bon mais la température restait élevée et moite dans le bâtiment. Il pleuvait. Il pleuvait à grosses gouttes et c'était reposant d'entendre le doux clapotis de l'eau se mêlant au bruissement incessant de la pluie tombant sur les vagues. La tempête tropicale était en train de passer. C'est alors qu'elle était à son paroxisme du jour qu'on était venu le chercher alors qu'il faisait tranquilement quelques emplêtes à la boutique l'Orient. Le marin envoyé lui avait alors demandé de se rendre sur l'Equinoxe où le troisième lieutenant Janome avait besoin de son aval. Un problème de fournisseur qui fut vite réglé.

Butchlet poussa un long soupir et se leva pour aller aux fenêtres. Dieu qu'il était temps de trouver un second... Le commandant essayait de distinguer Assecia puisque l'Equinoxe avait finit par tirer sur son ancre et se retrouver face à la mer. Butchlet ne distniguait qu'un voile bleu-gris flou. Il voyait cependant une masse un peu plus sombre qui témognait des hauteurs d'Assecia. Mais on pouvait difficilement apercevoir plus... L'eau ruisselait le long des carreaux des vitres relevée avant de tomber en une petite cascade. Il n'y avait pas de vent, la pluie tombait verticalement, comme inerte. Il y eu un lointain coup de tonnerre qui se répercuta lentement comme une bordée tirée avec lenteur. Il apposa sa signature sur le rapport des dépenses du jour, du boeuf séché, du rhum et des boulets de vingt-deux et dix-neuf livres. Il était important de justifier les dépenses de l'Equinoxe. En qualité de vaisseau de l'Empereur, du moins ancien bâtiment impérial, et désormais nouvelle frégate de la Marine Fändirienne, les comptes du navire seraient observés. Et, du moins en espérait son commandant, le futur fleuron et symbole de la flotte de Fändir impressionerait par le peu de dépenses effectuées en dépit de son triste état à son arrivée à Assecia...

En parlant de dépenses... Il se leva et tira de sa veste le petit sac de cuir doublé de velour contenant le gros saphir qu'il avait acheté sur le marché d'Assecia quelques heures plus tôt. C'était une pierre de qualité, travaillée avec soin, cisellée avec patience... Il la posa sur la feuille de rapport. Elle brillait comme un oeil d'une lueur envoûtante, captivante même...

Il y eu un brusque mouvement du navire qui manqua de lui faire renverser son encrier tandis que la pierre manqua de partir faire une ballade sur le sol de la cabine, le vent gonflait la houle. Jurant dans sa langue natale, Butchlet replaça soigneusement le récipient en soufflant tout en posant le saphir dans un écrin... Il lui rappelait le ciel bleu...

Lorsqu'il faisait beau, Butchlet montait sur le pont. Il voyait parfois des lentilles reflétant le soleil. Des lunettes braquées sur eux. L'Equinoxe, par son triste état et sa singulière conception, continuait d'attirer les yeux experts des commandants fändiriens. Pourtant l'Equinoxe n'était pas le seul bâtiment à avoir fait une entrée remarquée, Butchlet se souvenait de cette frégate, totalement détruite qui était entrée en rade à allure réduite. Il ne restait même pas un dixième des hommes pour manoeuvrer les lambeaux de voiles dechirées. Le commandant avait observé cette frégate dont le nom lui échappait. Il se souvenait de toutes ses blessures dûes à des boulets. Les impacts des boulets ennemis les plus proches de l'eau étaient pris pour cible par les vague qui heurtaient alors la coque dans un petit paquet d'écume blanche. Écume qui devait sans doute retomber dans les cales du navire mettant ainsi en péril ce qu'il transportait et même l'intégrité du bâtiment lui-même. Mais finalement le navire, après avoir mis plusieurs heures pour traverser la baie sous le regard des commandants présents comme pour prolonger encore son dernier séjour à la mer, pour prolonger son agonie, ce navire était donc arrivé à quai où un bâtiment de commerce fut repoussé pour laisser la frégate meurtrie accoster.

Le vent était tombé et la frégate avait retrouvé une certaine stabilité. La pluie continuait de tomber. Une vraie pluie de hallebardes... Butchlet plaignait les fusiliers de piquet de garde qui, eux, devaient le maudire. La porte s'ouvrit.

Butchlet leva les yeux du saphir et eut la surprise d'avoir en face de lui un homme portant un uniforme de lieutenant de vaisseau. Il était trempé. Ce dernier se présenta : Edward Longway... Jamais entendu parlé. Butchlet se leva, lui serra la main et l'invita à s'asseoir. Sorti de nulle part, Francis, le maître d'hôtel de Butchlet, vint lui enlever son lourd manteau chargé de pluie.

- Bienvenue à bord de l'Equinoxe monsieur Longway. Je suis le commandant Taylor.

Butchlet se leva et ouvrit un petit coffre où se trouvait plusieurs verres ainsi qu'une bouteille d'un liquide nommé cognac dans un lointain pays. Butchlet prit deux verres et le flacon. Le commandant remplissait les deux verres lorsqu'il leva la tête vers le fändirien.

- Alors monsieur Longway... Que puis-je pour vous ? Tenez, buvez ceci.

Il tendit un verre au lieutenant démobilisé avant de boire une gorgée du liquide ambré. Le tonnerre gronda au loin, comme une force divine exprimant son mécontentement. Le navire était pourtant parfaitement stable. La mer était totalement lisse et Butchlet ne comprenait pas vraiment comment. La plupart des tempêtes qu'il avait affronté, au port comme en mer, étaient synonymes de pluies fouettant le visage et de mer démontée. Comme quoi...

- Donc, nous disions que...

Un quartier-maître entra et battit aussitôt en retraite sous le regard assassin de Butchlet. Il se tourna finalement vers Francis qui restait là, immobile.

- Mettez-vous devant la porte Francis, veillez à ce que l'on ne nous dérange pas.

- Pas d'soucis commandant.

- Merci.

Butchlet lui adressa un sourire et se reconcentra sur son visteur. Il était temps de savoir ce qu'il avait à lui dire. Dehors, la pluie continuait de marteler le pont et les voiles. Le faucon doré, serres en avant ouvertes comme ses ailes, ruisselait d'eau en brillait d'une lueur étrange comme un phare perçant le rideau de pluie s'abattant sur Fändir... Ce dernier lui tendit une lettre.

Citation :


Les services de Son Excellence le Gouverneur de Fändir,



A l'attention du Sieur Lieutenant Edward Paul William Longway.



Monsieur,



Nous somme au plaisir de vous communiquer votre affectation au poste de Lieutenant, et commandant en second, de la frégate nouvellement intégrée à la marine gouvernementale, l'Equinoxe, sous les ordres du Capitaine Taylor. Votre affectation à ce poste prendra effet dès réception de cette lettre et nous vous prierons de bien vouloir, immédiatement, après lecture, vous rendre sur votre nouveau navire d'attache pour y rencontrer le capitaine et prendre votre poste dans les plus brefs délais.

Nous nous devons en outre de vous informer que le Capitaine Taylor est un nouveau venu dans les cadres de la marine gouvernementale en tant qu'officier d'une puissance étrangère mise à disposition du gouvernement. Nous vous demanderons donc, Monsieur, de faire preuve de la plus grande courtoisie à l'égard de votre nouveau supérieur et de bien vouloir le guider et l'assister dans toutes les procédures propre aux forces navales de Fandir. Au vu de vos états de service à l'heure actuelle, nous vous croyons tout à fait qualifié pour cette mission, plus que quiconque. Soyez assurez de notre confiance la plus totale, car la réussite de votre collaboration avec le Capitaine Taylor, pourrait se révéler capitale et constituer les prémices d'une relation forte entre son Etat et le gouvernement de Fandir.

Veuillez croire à notre bonne foi et accepter, Monsieur, tous nos sentiments de considération distinguée


Butchlet parcourut la lettre de long en large. Visiblement, la frégate envoyée par l'Empereur était la cible de bien de attentions. On lui assignait donc sans trop lui demander son avis un jeune second-lieutenant. Butchlet trempa ses lèvres dans son verre. Il posa son regard perçant sur Longway.

- Eh bien cher lieutenant Longway... Je suis honoré de l'attention que nous portent les autorités de Fändir... Mais apprenez aussi que même si je suis tenu d'obéir aux ordres du Gouverneur, j'accepte assez difficilement que l'on m'impose ainsi un officier. Loin que je doute de vos capacités, mais on a un trop grand nombre de fois exigé de moi que j'intègre à mon carré d'officiers des jeunes gens inexpérimentés, bourrés d'assurance et de relations mais totalement inutile...

Butchlet fixa posément Edward pour voir ce qu'il pouvait y déceler. Il n'y vit cependant qu'une certaine tranquillité et une dureté caractéristique des marins... Ceux appartenant à ces hommes qui en ont déjà trop vu.

- Aussi... Je vais vous demander pourquoi je vous accepterais à bord ? Quels sont vos antécédents que je tâcherais de faire vérifier au plus vite ?

Dehors, le vent s'était de nouveau levé et l'Equinoxe évitait sur son ancre tout en roulant légèrement dans un grincement de bois sec...

_________________
Tout pirate, flibustier, mutin ou autre personnage de cette engeance est un pendu qui s'ignore...

L'Equinoxe recrute ! N'hésitez pas à me contacter via MP, de nombreux postes sont à pourvoir !

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Matelot
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MessageSujet: Re: Lieutenant Longway [PV] Ven 13 Mai - 20:32

Je jetais un œil furtif au saphir sur la table qui brillait et scintillait à la lueur de la bougie. Au dehors les océans célestes continuaient à se rompre et les gouttes d'eau ne cessaient de venir s'écraser sur la terre ferme, ou tout ce qui se trouvait entre celle-ci et le ciel. Les rafales de vent marin se levaient de nouveau et je sentis une nouvelle fois l'Equinoxe pencher quelque peu, rien cependant en comparaison de ce que j'avais pu vivre dans le passé. J'avais vu des tempêtes si violentes qu'il était impossible de tenir debout. C'est miraculeusement, soutenu à la barre par mes hommes que j'avais évité à l'Eclipse le naufrage dans la tempête qui l'avait balayé une semaine plus tôt.

Et alors que le Capitaine Taylor finissait de s'exprimer, je me levai de ma chaise. Je fixai alors le commandant. Quel âge pouvait-il avoir ? Bien trente ans au maximum. Et même si son regard semblait traduire toute une vie passée sur la mer, je ne pouvais m'empêcher de tenir un propos critique à l'encontre de son attitude vis-à-vis des ordres reçus. Il m'arrivait de les désapprouver, mais je n'en faisais jamais part à quiconque. J'exécutais, je donnais tout mon possible pour faire au mieux, et un inconnu, étranger qui plus était, qui ignorait tout de Fandir se permettait de me mettre ainsi à l'épreuve…

Saisissant le verre de cognac, j'en bus un grande gorgée puis le reposai sur la table. Et, droit comme un piquet, je tachai de répondre à mon nouveau supérieur.

- Sauf votre respect, permettez-moi avant tout d'ajouter que la coutume de la marine de guerre fandirienne est que le carré des officiers soit constitué par les services du gouverneur et non recruté par le capitaine lui-même…

Un instant, je regrettai presque cette remarque. J'ignorai de quelle manière le capitaine pourrait réagir. Je ne savais rien de lui, il était mon supérieur hiérarchique et pourtant, ma première phrase consistait à lui faire implicitement remarquer qu'il ignorait tout de Fandir, de ses us et coutumes, de ses règles. Seul le contenu de la lettre parvint à me maintenir en confiance. Il y était spécifié que c'était mon rôle de conseiller le commandant de l'Equinoxe. Je n'accomplissais que ma mission. Alors pourquoi me tourmenter ? Par prudence, je décidai tout de même de tenter d'adopter un ton plus neutre pour le reste de l'entretien.

- Mais passons… Voyez-vous Capitaine, je navigue sur les mers depuis bien longtemps. J'ai étudié comme élève officier au Collège Naval d'Assecia, ce bâtiment que voyez là, près du palais du gouverneur…


De ma main, je montrai le bâtiment de pierre, à la façade ouvragée, coincé entre le palais du gouverneur et la citadelle militaire d'Assecia. On y voyait de nombreuses fenêtres où la lumière brillait. Les étudiants devaient probablement suivre leurs cours à l'intérieur et malgré le rideau de pluie, les lueurs des bougies, parvenaient, faiblement certes, jusqu'à mon œil. Le collège donnait directement sur un petit quai où était amarré un brick, le navire école du Collège, sur lequel j'avais eu maintes fois l'occasion de naviguer…

Bien qu'il fût réservé à l'apprentissage des techniques en mers, le Lionceau s'aventurait rarement, pour ainsi dire jamais en haute-mer. Manœuvré par les élève, sous la direction d'un officier, le brick quittait la baie en été pour naviguer le long des côtes. Les plus jeunes s'adonnaient aux taches les plus ingrates tandis que les étudiants en fin de cycle, qui allaient bientôt obtenir leur diplôme assuraient le commandement et les fonctions d'officier, sous le regard prudent et examinateur des officiers-instructeurs du Collège.

Une belle époque. Je me souvenais encore de ce jour de moi d'août, la mer calme, le soleil haut dans le ciel, une légère brise emplie de cet iodé de l'océan où pour la première fois j'avais pris le commandement du brick. Lors des sorties en mer, les étudiants de dernière année assuraient par rotations le commandement du navire. Ce jour là avait été celui d'un immense honneur. La sélection était drastique, et les promotions était de dix élèves au maximum en dernière année. Nombreux arrêtaient leurs études deux ans avant d'obtenir le diplôme, un simple certificat en poche qui leur assurait cependant un accès direct au poste de quartier-maître, sur un navire de ligne en règle générale.

Alors, autant dire que lorsqu'avait lieu la prise d'armes au départ du port, que l'on revêtait l'uniforme de cérémonie du Collège, on se sentait gonflé de prestige, parce que devant l'école toute entière, élèves comme professeurs on signifiait une réussite, et l'on apparaissait comme l'étudiant méritant, excellent, on était en somme assuré d'obtenir son diplôme, car c'était là une responsabilité bien mesurée, malgré qu'elle ne fût que temporaire et dans le seul cadre des études. Et certes, tous les dernière année accédaient à cette distinction d'un jour, hormis de rares exceptions qui échouaient ensuite généralement à l'examen final, mais, elle constituait l'assurance qu'on allait un jour naviguer sur un véritable navire de guerre.

Je me rendis alors compte que toutes ces pensées, presque passionnées avaient quitté le monde des esprits pour sortir de ma bouche et chatouiller les oreilles du Capitaine Taylor. M'éclaircissant la voix, je retrouvai ma position rigide et continuait mon récit.

- Bien… Après avoir quitté le Collège, je suis devenu enseigne sur le vaisseau de mon oncle, l'Amiral Brian Longway, le Majestic. J'y ai vécu durant quatre ans, naviguant jusqu'aux mers d'Orient et rencontrant pirates, flibustiers, boucaniers, mercenaires, brigands, truands mais aussi des civilisations extraordinaires et des mers peu connues des fandiriens, pourtant si extraordinaires. L'eau azure, la douce écume, sur laquelle se laisse porter le navire mais aussi les flots incessants de la tempêtes…

De nouveau, je portai mon regard sur le saphir du capitaine. Mer, océans, vagues abysses, cette pierre en disait tant sur ce monde à la fois rude, impitoyable et pourtant merveilleux. J'avais navigué tant d'années sur cette eau, claire, foncée, grise, azurée, tantôt calme, tantôt déchainée. Prête à vous aimer comme à vous aimer, comme à vous haïr. En somme l'inconstance incarnée dans un élément reflétant tous les divagations des passions humaine. Peut-être était-ce pour cela qu'elle en venait à attirer tant d'individus.

- Au retour du Majestic à Assecia, j'ai été promu lieutenant. J'ai ensuite passé un an comme chef de peloton à la citadelle. J'ai réembarqué sur la Majestic, en conservant mon grade et en devenant le quatrième-lieutenant du vaisseau. De nouveau, j'ai navigué quatre années aux confins des sept mers, le Majestic étant le vaisseau amiral de la flotte royale orientale. Je suis ensuite revenu à Fandir, où je suis devenu second-lieutenant sur la frégate Eclipse…

Une vague, soulevée des flots par le vent environnant fit remuer quelque peu le navire. Malgré tout je n'eus pas de mal à retrouver un équilibre. Je repensai alors à l'Eclipse… Le sort s'était abattu contre la frégate. La providence avait voulu qu'il en soit ainsi et que le navire finisse brisé, humilié, détruit. Cette entrée misérable dans la rade avait été l'apogée de la chute vers les enfers de l'Eclipse. Je pestai intérieurement à cette pensée.

- Il y a deux semaines, j'ai du prendre le commandement du navire après la mort du capitaine, dans un raid de pirates. La tempête s'est abattue sur ce qui restait de mon équipage et moi-même. Je suis revenu au port il y a six jours. Depuis, on m'a relevé de mon commandement et me voilà affecté sur votre navire, mon Capitaine.
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MessageSujet: Re: Lieutenant Longway [PV] Sam 14 Mai - 11:19

Dehors, la mer se faisait un peu plus grosse par moments. Mais rien de bien méchant, la pluie continuait de marteler le sol. Butchlet écoutait d'une oreille attentive l'officier qu'il devrait désormais considérer comme son second-lieutenant. Edward avait alors jeté plusieurs regards, discrets certes, au saphir magnifique acheté par Butchlet quelques heures plus tôt. Quelque part dans les terres, la foudre déchira le bruissement paisible de la pluie. La tempête semblait attendre, tapie dans les nuages, tel un animal malfaisant. Le second sembla piqué par les allusions du commandant impérial. Butchlet écouta sans broncher ce qu'avait à lui dire l'officier. Il lui parla de l'Eclipse, cette fameuse frégate qui avait fait sa misérable entrée dans le port peu après l'Equinoxe... Butchlet se rappelait encore de l'arrivée de la petite frégate ravagée. Puis le second-lieutenant parla de son lien de parenté avec un amiral... Voilà qui pouvait expliquer bien des choses... Et surtout la chance de ses affectations. Cet homme ne revenait pas à Butchlet... Lui qui, certes de bonne naissance, avait toujours tout conquis à la sueur de son front, de sa carrière maritime jusqu'à ses montées en grade.

Mais il devait reconnaître que le palmarès d'Edward était plutôt élogieux et il avait une forte personnalité. Le commandant décida de prendre sur lui et de fixer froidement le second-lieutenant.

- Merci monsieur Longway... Je suis impressionné par votre carrière maritime... Je vais donc vous accepter à bord, même si je n'ai pas mon mot à dire, je ne vous serais pas hostile... Mais sachez que, les hommes que vous commanderez doivent avoir confiance en vous... Ils vous le rendront bien au moment où les canons tonneront...

Butchlet se leva lentement pour garder son équilibre. Il se dirigea vers les fenêtres ouvertes et inspira l'air iodé et humide.

- J'ai reçu des dépêches... Notre première mission sera vraisemblablement de convoyer l'intendant de monseigneur le Gouverneur jusqu'à Glenia... Nous devrons nous ranger à quai dès que possible et signaler lorsque les réparations seront terminées.

Il se retourna avec un petit sourire en coin satisfait. Il allait enfin pouvoir décharger cet incompétent de Janome de ses responsabilités de second par intérim. Butchlet s'avança devant son bureau et serra la main d'Edward.

- Soyez donc le bienvenu dans l'équipage de notre beau bâtiment. Je vous laisse retourner à terre dès que vous le souhaiterez pour, la cabine du second vous sera bien évidemment cédée. Expliquez qui vous êtes au troisième lieutenant Janome, il partira sans rien dire. Dès que le temps le permettra, je vous invite à aller quérir ce dont vous avez besoin à terre.

Le vaisseau roula de nouveau lentement. L'orage ne semblait vouloir cesser. Butchlet se pencha et remplit une nouvelle fois les verres. Il faisait lourd et boire un bon cognac de l'Empire bien frais rappelait au commandant son pays et son ancienne carrière dans la marine marchande.

- Ensuite... Eh bien, vous aurez pléthore de tâches à remplir. Une livraison d'épices du magasin l'Orient devrait arriver incessamment sous peu. Le curry est pour la cambuse de l'équipage, le reste sera pour ma réserve personnelle. Ensuite, je vous serais gré de nous trouver de la mitraille et des boulets ramés... Monsieur Janome n'a rien trouvé... Il est aussi nul que gonflé de prétention de toute manière, mais le géniteur de ce charmant garçon est riche et siège au Parlement Impérial donc forcément... Bien, monsieur Longway, vous pouvez disposer ! Vous viendrez me faire votre rapport à 20h, viendrez-vous souper en ma compagnie ainsi que celle des officiers du bord pour vous présenter ?

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MessageSujet: Re: Lieutenant Longway [PV] Sam 14 Mai - 14:29

J'écoutais le Capitaine Taylor. Finalement, le commandant de l'Equinoxe avait décidé de ne pas me manifester d'hostilité. Néanmoins, je restai insatisfait de cette phrase, d'autant qu'il se permit de glisser ensuite une allusion quand à la confiance à obtenir de l'équipage. Non, je ne comptais certainement pas en rester là. Je me souvenais encore des rapports difficiles lors des premières semaines passées sur l'Eclipse, jusqu'au changement du capitaine… Je ne comptais pas me laisser une nouvelle considéré comme un parvenu.

Je laissais toutefois parler mon nouveau supérieur hiérarchique. Voilà que venaient les premières instructions. Entre temps, le commandant me serra la main pour manifester mon intégration à l'équipage du navire. Les dernières paroles furent une invitation à souper le soir même en compagnie de tous les officiers du navire pour les présentations. Après que le capitaine eut fini de parler, je revêtis ma veste d'uniforme et plaçai sous mon bras mon tricorne, bien que tous deux fussent encore mouillés. Je ne quittai cependant pas la cabine pour autant.

- J'accepte votre invitation avec grand plaisir, Mon Capitaine… Comptez sur ma présence. Quand à vos ordres, ils seront exécutés sans délai.


Et alors que je me dirigeai vers la porte, l'air digne, alors que je posai la main sur la poignée, je me retournai vers le capitaine qui se tenait toujours là, debout, devant la table, les doigts posés sur le somptueux saphir qui était le sien. J'hésitai, puis, ma main lâcha la porte et vint se placer derrière mon dos. D'une voix posée, je dis alors à mon supérieur :

- Mon Capitaine… Veuillez excuser ma réaction précipitée de tout à l'heure… Je n'aurais pas du… Mais, mon travail, mes efforts représentent toute ma vie. Et même si j'ai un oncle amiral et que je lui dois un certain nombres de choses, il n'empêche que ce n'est que par le travail que j'ai conquis son attention. Si j'avais été un incapable, il m'aurait renvoyé depuis longtemps… Je l'ai vu exécuté un enseigne d'une balle de mousquet, sur le pont du Majestic parce que ce dernier avait lors d'un abordage faillit faire perdre la bataille à notre navire en tentant une manœuvre soit disant novatrice qui avait bien manqué de tous nous tuer…


De nouveau, je regrettai. Pourquoi donc commençais-je à me défendre avec autant d'insistance alors que le Capitaine Taylor m'avait accordé sa confiance, m'avait accepté sur son navire. Certes, je notais une certaine réserve de sa part, mais il me semblais là, en faire bien trop. Il aurait sans nul doute suffit de m'excuser, puis repartir mettre en application les ordres qui m'avaient été indiqués. Mais je devais m'assurer la pleine confiance du commandant, c'était nécessaire. J'avais l'habitude de dire que l'ordre était le bouclier d'un navire. Cet ordre passait non seulement par l'obéissance, mais aussi, et je l'avais appris plus tard, par la confiance entre les têtes dirigeantes. Autrement, le vaisseau allait droit à la ruine.

Alors, je me dis que je n'avais pas commis d'erreur en faisant ce que je venais de faire. Cela pouvait certes paraitre prétentieux, insolant, mais je n'entendais pas malgré tout faillir à mes obligations de second. Parce que même si le capitaine gardait le pouvoir suprême sur l'Equinoxe, par cette poignée de main, j'avais acquis un certain nombre de responsabilités de premier ordre…

Dehors, l'orage commençait d'ailleurs à s'éloigner petit à petit. Les éclairs semblaient désormais loin, bien que de fines gouttelettes continuassent à tomber, rien cependant de bien terrible, en comparaison des précédentes minutes. J'allais pouvoir retourner à terre sans attendre bien longtemps. Cependant, je préférai attendre auparavant une réponse du capitaine.

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MessageSujet: Lieutenant Longway [PV] Dim 15 Mai - 14:31

Butchlet souria et fixa avec un peu plus de chaleur son second. La pluie tombait tranquillement, sans vraiment être menaçante. Au-dessus d'eux, le gouvernail grinçait lentement. Le commandant posa ses mains à plats sur son bureau et joigna les doigts. Il souria à l'excuse que proférait son second. Il y eu des bruits de pas au-dessus d'eux, les matelos du quart devaient avoir à quitter l'abri que leur offrait l'entrepont pour effectuer les réparations que nécessitait l'Equinoxe meurtrie.

Il y eu des appels, des pas. Un hululement se fit entendre, le vent s'engouffrait dans la rade et la pluie commença à mouiller le dos du commandant. Butchlet se retourna et passa la tête au dehors pour observer un galion qui tirait sur son cable. La seule présence qui confirmait qu'il y avait bien un vaisseau de belle taille en dehors de la masse sombre et floue que l'on distinguait était la lanterne arrière qui brillait tel un feu follet. Il ferma une à une les fenêtres qui russelaient de sel humide. Le calme revint dans la cabine, on ne distinguait plus les clapotis de l'eau ou le bruissement de la pluie.

Butchlet avait écouté avec attention les excuses de son second. Il s'était donc trompé. Il sentait un peu con pour dire les choses avec vérité. Il ne savait pas quoi dire. Il ouvrit la bouche mais la referma sans savoir que dire. Il hésitait entre deux attitudes. Que devait-il faire ? Son rôle de commandant ou sa vraie personnalité... Que devait-il exprimer ? Il gardait cet air impassible que devait avoir un commandant, "seul maître à bord après Dieu" lui avait-on dit après qu'on lui ai confié son premier commandement... Ça avait alors été le plus beau jour de sa vie. Finalement, Butchlet pris sa décision. Il avait trouvé un compromis. Il fixa le second sans grande émotion.

- Monsieur Longway... J'apprécie grandement vos excuses et je les accepte. Aussi je vous suis reconnaissant de m'avoir expliquer cela alors que rien ne vous y obligeait. Je suis convaincu que nous ferons tous deux de l'excellent travail. Maintenant, allez-vous occuper de tout votre travail, -il ajouta avec un petit sourire en coin qu'il fit rapidement disparaître- vous avez à faire.

Il le fixa un instant et se rappela de quelque chose d'important.

- Je vous serais également gré de me trouver le plus de renseignements possibles sur l'intendant du gouverneur, je voudrais savoir à qui nous allons avoir à faire. Merci.

Il le laissa repartir en soufflant. Une fois que la porte se fut refermée, il vit entrer Francis avec un large sourire aux lèvres.

- Eh bien quoi ?

- Rien commandant, ce fichu rafiot va peut-être enfin retrouver un semblant d'ordre lors de vos absences.

Butchlet se mit à sourire malgré lui. Il lui était dur de conserver son attitude figée et sans devoir montrer le moindre sentiment.

- Plutôt que de dire des inepties, allez me chercher le livre de bord puis disparaissez aider le second à s'installer.

- À vos ordres commandant ! Ajouta Francis avec un grand souire.

Butchlet soupira en le voyant partir. Il parcoura le gros ouvrage posé sur son bureau. Toute l'histoire de son vaisseau y était scrupuleusement consignée. La dernière entrée datait du jour précédent et portait la mention "Réparations bien avancées sur le mat de beaupré". Butchlet prit la plume qu'il utilisait pour remplir les documents officiels et passa la pointe sur son doigt. Elle était parfaite. Il trempa délicatement la pointe dans l'encrier et après avoir taper sur le rebord pour éviter toute tâche, il apposa sur le registre la date du jour et écrivit simplement.
Citation :

Nouveau second-lieutenant, Edward Paul William Longway rejoint l'équipage.

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