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Illusions et Apparences [PV]

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Capitaine
Premier personnage


Journal de bord
Situation RP: Occupé
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MessageSujet: Illusions et Apparences [PV] Lun 12 Déc - 21:52



Avant de quitter la demeure du Seigneur Jaminez, Sigrid s’était changée. Elle avait enfilé une robe plus légère, mais aussi plus osée, dans les teintes de l’automne. Les manches bouffantes lui rappelaient les chemises qu’elle portait lorsqu’elle partait en mer avec l’Impériale. Pour rester dans les coutumes du haut-monde, elle avait tout de même gardé le corset et les trois jupons, qu’il était indispensable de porter pour ne pas attirer l’attention de personnes trop attachées à la décence des Dames de la noblesse. Ses chausses, démunies de talons, étaient confortables mais n’égalaient pas le côté pratique de ses bottes de cuir. Ces dernières lui avaient retirées plus tôt, tout comme son pantalon et sa chemise, probablement pour s’assurer qu’elle ne soit pas tentée de se vêtir en homme. Après tout, pour quelle autre raison n’aurait-elle plus jamais entendu parler de ses vêtements, après les avoir confiés aux domestiques dans l’espoir qu’ils les nettoient à sa place ?

Sigrid regretta très rapidement ses bons vieux vêtements d’antan : sortir seule et ainsi vêtue, avait été l’une des plus grosses erreurs qu’elle avec commise depuis qu’elle était arrivée à Assecia. Plusieurs hommes aux intentions malsaines l’accostèrent. D’autres rirent dans leur coin, sans raison apparente. Non loin de la place, l’un d’eux tenta même t’obtenir un baiser par la force. Fort heureusement, un groupe de gardes arrivant en sens inverse le fit fuir. Sigrid s’empressa alors de ranger le poignard qu’elle avait sorti de dessous ses jupons. La voir ainsi armé n’aurait fait qu’attirer l’attention des autorités, car il était peu courant qu’une dame ait sur elle un tel objet. Le corniaud l’avait échappé belle : elle l’aurait poignardé sans même penser un instant aux conséquences qui en découleraient. Elle oubliait vite qu’à Assecia, les femmes de la noblesse ne tuaient pas avec une telle sauvagerie. L'usage récurrent du poison en était la preuve.

La suite de la balade fut tout aussi désagréable. Elle avait sans cesse l’impression d’être épiée. Le danger était partout et, ainsi habillée, elle se sentait aussi vulnérable qu’une enfant. Aussi, après seulement quelques minutes de balade, Sigrid décida de se diriger vers des quartiers plus tranquilles. Elle évita ainsi le port et les tavernes malfamées qui le bordent.
Mal à l’aise, elle marchait vite, manquant de peu de trébucher, et même parfois de bousculer des passants. A chaque fois qu’un homme lui reprochait son manque de prudence, elle le menaçait puis reprenait la route, comme si rien ne s’était passé.

- Pourquoi diable le Seigneur Jaminez m’a-t-il permis de visiter la ville seule ? marmonna-t-elle pour elle-même.

Elle l'aurait giflé.
Sigrid avait un vague souvenir de cette ville, malgré qu’elle y ait vécu près de quinze ans. Pourtant la raison de toute cette agitation lui parut évidente : elle n’avait ni escorte, ni nom qui lui permette d’éviter voleurs et malfrats en manque de plaisirs charnels. Aucun cheval, aucun transport ne lui assurait le respect des autres. Elle détestait cette ville. Elle détestait Diego et le misérable domestique qui lui servait de chien de garde. Dans un accès de colère, elle se mit à hurler en plein milieu de la rue, se moquant bien du regard des quelques paysans de passage.

- Vous viendrez chialer dans mes jupons ! Je vous en fais la promesse, fils de catin !


Dernière édition par Sigrid Solta le Mar 24 Jan - 15:21, édité 1 fois
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Vigie
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Journal de bord
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MessageSujet: Re: Illusions et Apparences [PV] Mar 13 Déc - 21:59

Sortant de la cathédrale, Roxanne avait pris le temps de s'assurer que ses cheveux disparaissaient bien sous le turban hormis les quelques mèches rebelles qui persistaient à balayer son front blanc. Dans son costume de matelot, elle ressemblait à n'importe quel gamin adolescent fraîchement engagé dans un équipage. Elle devait regagner le Razgriz sans traîner, pourtant elle appréciait cette balade dans les rues d'Assécia. Il y avait déjà plusieurs semaines, peut-être même plusieurs mois, qu'elle n'allait que de l'amarrage du navire au terrain d'entrainement, voire au Palais, quand le Capitaine Raven la prenait comme aide de camp pour ses rendez-vous officiels. L'animation des ruelles dans lesquelles elle avait grandi et fait ses premières armes lui manquait un peu, elle devait bien l'admettre.

S'imprégnant de l'atmosphère, elle retournait dans sa tête les paroles du prêtre au confessionnal. Sans l'approuver tout à fait, il ne l'avait pas non plus menacée de l'Enfer ni excommunication, ce qu'elle craignait plus que tout. Les mains dans les poches, elle se sentait donc un peu plus légère, soulagée, même s'il lui restait de nombreuses prières et pénitences à effectuer. Elle pouvait donc savourer pleinement les odeurs et les bruits de son enfance. L'étal d'un boulanger attira son attention par les effluves exquises de pain chaud, moelleux et croustillant qui lui en parvenaient. La tentation était grande de dérober l'une des petites miches dorées, comme autrefois quand elle se nourrissait de ce qu'elle trouvait et volait ce qui lui manquait pour survivre. Serrant les poings au fond de ses poches, elle s'abstint toutefois de tout geste inconsidéré. Elle appartenait à la marine du Gouvernement à présent, plus question de ce genre de facétie.

Les braillements de putois d'une dame enragée brisèrent soudain la bulle de souvenirs dans laquelle elle évoluait avec plaisir et ses sourcils se froncèrent quand elle posa les yeux sur la mégère. Qu'est-ce qu'elle avait encore cette donzelle ? Sans doute quelque badaud l'avait-il serré de trop près. Quelle idée aussi de sortir seule et sans escorte. Même si ce quartier était loin d'être le plus mal famé de la ville, il n'en restait pas moins populaire et fréquenté par toutes les couches de la population. Approchant lentement, un rictus moqueur aux lèvres, elle toisa la femelle avec dédain et cracha à ses pieds, un autre artifice appris auprès de ses coéquipiers et qui la rendait plus masculine d'apparence.

- On s'est perdue sans son chaperon, ma p'tite dame ?

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D'abord la destruction, nous apportons le néant ! Nous ne sauvons rien, ne glorifions rien, nous anéantissons simplement, totalement !

Roxanne Morlame - Vladislava Baranov
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Capitaine
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MessageSujet: Re: Illusions et Apparences [PV] Mer 14 Déc - 16:31

La vie de pirate ? Une existence portée par les mensonges, la tromperie et le meurtre. Mais le pirate a des espoirs. Le pirate rêve, désire et croit. Il tait son passé, change d’identité, oublie femme, amantes et enfants. Il aspire à une nouvelle vie. La richesse, la liberté, il croit l’obtenir par la voie de la facilité. Le pirate est un animal avec des griffes et une paire de crocs. Mais l’animal est porteur de chaînes, aussi ne peut-il pas mordre.
A bord d’un navire, il y a deux autorités que l’on ne peut jamais remettre en cause : celle du Capitaine et celle de la Mer. Le capitaine est aussi froid que l’eau salée. Le capitaine a le droit de vie ou de mort sur son équipage. Tuer, voler, tromper. Le pouvoir le transforme. Le pouvoir l’aveugle. Il est le loup parmi les chiots. Celui qu’on n’ira pas mordre, de crainte d’être mordu en retour. Alors on aime la mer, parce qu’elle est maître de tout, y compris du Capitaine. La mer tue, sans aucune arrière pensée. Elle tue parce qu’elle doit le faire. Tout comme elle porte les bateaux parce qu’elle en a le pouvoir.

Sigrid saisit l’enfant au cou, avec une violence non contrôlée. Ses ongles se plantèrent dans la chair, qui était sûrement aussi tendre que celle du lapin. L'insolent finit finalement contre le mur d’une petite épicerie. Hors d’elle, la jeune femme ne parvenait à se raisonner. Plus le temps passait, plus elle resserrait son emprise, pensant l’espace d’un instant qu’il serait bien plus agréable à regarder se vidant de ses boyaux qu’avec cet air insolent sur le visage.

Des mots lui échappèrent. Parfois vides de sens. Elle ne cessa de l’injurier, dans un chuchotement imperceptible. Lorsqu’un filet de sang coula le long de sa main, elle reprit ses esprits. Son regard transperça l’enfant. Elle allait lui donner une bonne leçon. Depuis qu’elle avait connu Diego, elle ne s’était pas beaucoup amusée. Le sang, la peur dans le regard des autres :tout cela lui manquait. Et aucun capitaine n’était là pour venir la déranger. Elle était libre.

- Misérable morveux. Si j’en avais la possibilité, et surtout le temps, je te ferai lécher le sol pour que tu y récupères ta salive. La p’tite dame est très en colère. La p’tite dame a très envie de te tuer. Quoi ? Tu croyais que j'allais chialer, me soumettre ? Te demander pardon ? Dis-moi : s’il t’arrive malheur, quelqu’un viendra-t-il venger ta mort ?
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Vigie
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MessageSujet: Re: Illusions et Apparences [PV] Mer 14 Déc - 17:33

Roxanne étouffa un gargouillis piteux quand la donzelle la saisit à la gorge pour la plaquer contre un mur. Nul doute qu'elle était allée trop loin et l'avait provoquée. Mais il fallait bien avouer que c'était tentant cette femme seule qui jurait en pleine rue. La force de sa poigne, ses jurons et ses menaces ne l'impressionnèrent pas vraiment mais la surprirent tout de même. Même si elle ne connaissait pas grand chose du beau monde, elle doutait qu'une dame de la haute se comporte ainsi et profère de tels propos. Une brève grimace de douleur déforma ses lèvres quand elle sentit les ongles meurtrir et entailler la chair tendre de son cou, mais elle reprit presque aussitôt son masque insolent et moqueur pour coasser une réponse.

- Alors quoi ? On ne reconnaît plus un uniforme de la Marine ? La p'tite dame a surtout un bien mauvais caractère et d'atroces manières...

Tout en parlant et en soutenant son regard, elle avait glissé une main dans son dos pour sortir sa dague de sa ceinture et la pointait à présent droit sur le le ventre corseté de la dame. La lame était soigneusement entretenu et aiguisée et percerait les diverses épaisseurs sans la moindre difficulté, même une femelle ayant grandi dans le cocon de la bonne société pouvait s'en rendre compte. Son sourire grimaçant d'arrogance s'élargit.

- Et maintenant, la p'tite dame va se calmer et me lâcher immédiatement, si elle veut pas voir sa robe redécorée avec ses boyaux...

Malgré son rictus sarcastique, son regard trahissait une détermination farouche et une volonté de fer. Elle savait manier sa dague, sinon elle n'aurait pas survécu dans les rues et n'aurait pas pu préserver son corps trop frêle des attaques vicieuses des ivrognes du port. Malgré tout, elle n'avait eu qu'une seule fois à faire plus qu'une entaille à un de ses adversaires. Ce jour là, un gros bourgeois aviné avait perdu une partie de ses bijoux de famille et elle n'était pas restée pour voir s'il survivait à ses blessures. Dans la mesure où elle n'avait pas été arrêtée ni n'était apparue sur les avis de recherches affichés en ville, elle avait fini par ne plus se soucier de cette histoire, hormis pour s'en vanter auprès de ceux qui se risquaient à la menacer. Ce qui soit dit en passant n'arrivait plus depuis qu'elle se costumait en homme. De toute évidence, cette femme également la prenait pour un gamin sans importance. Grave erreur.

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Roxanne Morlame - Vladislava Baranov
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Capitaine
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MessageSujet: Re: Illusions et Apparences [PV] Jeu 15 Déc - 20:14

Tss. La Marine.

Quelle mort méritait-il ? Sigrid songea à la noyade. Mais cette mort, lente et complexe, allait la fatiguer. Noyer quelqu’un était rudement compliqué, malgré la banalisation de ce procédé. Cela impliquait de saisir sa victime par la nuque, puis de l’empêcher de se débattre jusqu’à ce que ses poumons se remplissent d’eau. Dans l’eau salée, l’acte devient plus attrayant : le sel rend la mort fatalement douloureuse.
Lui transpercer le cœur était une solution envisageable, si l’on désirait rester au sec. Mais sa robe serait souillée par le sang d’un moins que rien. Aussi, le Seigneur Jaminez ne manquerait pas de la questionner sur son emploi du temps de la journée. Elle ne souhaitait pas se faire réprimander dès son retour à la demeure.
Quant à l’étranglement, cela abimerait ses ongles, qu’elle tente d’entretenir depuis qu’elle vit dans les jupons du haut-monde.

Un long soupir lui échappa. Lassée, elle lâcha sa proie, levant légèrement les mains pour prouver à l’enfant qu’elle ne représentait désormais plus aucun danger pour lui. A travers l’épaisse étoffe, elle sentait la pointe du poignard la menacer. Malgré cet échec, elle choisit de ne pas s’avouer vaincu, sa fierté la poussant à prendre sa revanche. Aussi, pas un seul instant elle ne détourna le regard. Si elle ne pouvait l’affronter physiquement, alors elle l’écraserait par la force des mots, quitte à reporter sa vengeance de plusieurs jours. Jamais aucun homme ayant osé la défier n’avait passé l'hiver. Ce mioche l’avait insulté, donc il méritait de perdre la vie ! Tout comme le Seigneur Jaminez et son domestique Volpe. Et bien d'autres encore...

*Non, je fais fausse route. Il est de la Marine. Alors il crèvera en hurlant comme un porc, qu’il soit aimable ou non !*

- Votre uniforme est tellement démodé qu’il ne m’a pas interpellé. Vous m'en voyez désolé mon mignon. A moins que ce soit son porteur qui le dénigre.

Quelle erreur de sa part ! Sigrid n’allait pas l’avouer haut et fort, mais sur le coup de la colère, elle n’avait effectivement pas reconnu l’uniforme. Ses pulsions de pirate, encore présentes au plus profond d’elle-même, ne lui interdisaient pas d’agresser l’un d’eux, au contraire. Ils avaient toujours été ses plus grands ennemis. Alors comment se contrôler lorsque la situation l’exige ?

- Alors quoi ? Vous allez lâchement tuer la p’tite dame ? Avouez que vous l’avez bien cherché. Qui n’aurait pas répondu à votre provocation ? Vous me crachez dessus puis m’insultez. En faisant cela, vous ternissez le nom de ma famille ! Vous espériez vraiment que je passe mon chemin ? Laissez-moi rejoindre ma demeure, j’ai assez perdu mon temps avec vous, misérable !

Demeure. Politesse. Famille.
Se faire passer pour une dame du haut-monde n’était pas aisé pour Sigrid. Mais mettre en avant ses rares connaissances sur bonnes manières était vraisemblablement sa seule échappatoire.
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Vigie
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Journal de bord
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MessageSujet: Re: Illusions et Apparences [PV] Dim 18 Déc - 11:53

Brusquement relâchée, Roxanne s'adossa au mur de briques et se frotta le cou de sa main libre avec une petite grimace. Sa dague restait pointée sur le ventre de la donzelle au cas où mais elle ne s'en servirait que pour se défendre contrairement à ce qu'elle laissait croire. Elle n'avait aucun intérêt à provoquer un scandale en pleine rue alors qu'elle venait à peine d'être engagée comme matelot. La vie dans le rue ne lui disait plus rien alors pas question de perdre son statut fraîchement acquis. Elle haussa les épaules à la première réplique de la dame puis leva carrément les yeux au ciel avec un soupir excédé et daigna enfin répondre.

- Je vous ai pas craché dessus, m'dame. Cracher par terre c'est une habitude de marin, rien d'plus.

Dévisageant toujours la femme, elle commençait à s'interroger à son sujet. Cette dame avait des manières bien étranges pour quelqu'un du beau monde. Elle avait surtout une poigne hors du commun, et une hargne qui transparaissait dans son regard déterminé. Par ailleurs, aucune dame ne se promènerait ainsi seule dans les rues d'Assécia. Abaissant lentement sa dague, elle finit par la ranger dans son dos, à portée de main mais ne représentant plus de menace. Son regard ne quittait pas le sien, méfiant et sur le qui-vive. Elle devait ruser si elle voulait en apprendre davantage. Car elle était curieuse et cette donzelle l'intriguait décidément.

- J'crois qu'on est parties du mauvais pied, ma p'tite dame. Si vous voulez bien excuser les mauvaises manières d'un simple matelot, j'me f'rai un plaisir d'vous raccompagner chez vous. Mais faudrait voir à pas trop m'traiter d'misérable ou pire, hein !

Elle avait ajouté cela en plissant les yeux, sans menace mais en appuyant les mots. Elle se méfiait de la donzelle certes, mais aussi et surtout, elle n'avait aucune envie de se laisser marcher sur les pieds. Elle voulait comprendre à qui elle avait affaire et avoir le dernier mot. Le Razgriz attendrait. Le mystère que représentait cette rencontre était bien plus passionnant à ses yeux qu'un énième entrainement.

- Dites-moi donc où c'est qu'vous crécher que j'vous mène saine et sauve vers vot'palace. J'vous jure que j'attent'rai pas à vot'vertu, t'façon z'êtes trop vieille pour moi...

Nouvelle petite provocation qui ne manquerait pas d'attiser le caractère de la belle. Peut-être ainsi dévoilerait-elle de nouveaux indices sur sa véritable identité ou en tout cas ce qui faisait d'elle une femme du monde tellement hors du commun.

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Roxanne Morlame - Vladislava Baranov
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Capitaine
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MessageSujet: Re: Illusions et Apparences [PV] Jeu 22 Déc - 11:36

- Ma vertu ? répéta Sigrid, étonnée. Rares sont les hommes qui osent parler de vertu jeune garçon ! Je ne savais pas que la Marine couvait des personnes capables de droiture. Je dirais plutôt que ton jeune âge fait de toi un innocent. Patiente un peu et tes petits copains vont te mener tout droit à la taverne pour te présenter deux trois catins. Là tu ne parleras plus de vertu. Croyez-le où non, vous autres marins, vous n’êtes pas si différents des corsaires et des pirates…
…Mais vous leur faites quand même la guerre. Ce qui vous intéresse, c’est l’or et les putains. Ne me faites pas croire que vous protégez les lois et les habitants de ce continent ! Trop nombreux sont ceux qui sont morts à cause de votre incompétence. Et ne vous emportez pas mon brave, je ne fais que dire ce que beaucoup pensent tout bas !
finit-elle en lui tapotant l’épaule.

Il n’y avait pas de colère dans ses paroles, bien au contraire. Elle s’efforçait de prendre les choses du bon côté, pour ne pas s’attirer plus d’ennuis. Cet enfant avait beau être jeune, il n’en faisait pas moins partie de la Marine. Aussi, s’il le décidait, Sigrid finirait enfermée à double tour dans l’une des prisons de la ville, qu’elle se sente coupable d’un crime ou non. Jugée, elle pourrait probablement s’en sortir, bien qu’elle doute que le Seigneur Jaminez lui apporte son aide. Le problème résidait sur son poignet. Si elle venait à être fouillée, comme cela était fait dans chacune des prisons du continent, quelqu’un découvrait forcément le tatouage pirate qu’elle porte au poignet, sous son gant de dentelles. Et là, rien ne pourrait la sauver. Des pirates s’étant échappés des prisons racontaient qu’ils n’avaient pas eu le droit à un jugement équitable. On leur annonçait la sentence, puis basta ! Généralement tout cela finit en pendaison sur la place publique. Les p’tits gars d’Assecia apprécieraient le spectacle. Bande de p’tits vicieux.

Elle reprit un peu d’aplomb puis fixa l’enfant. Trop vielle pour lui ? Trop vieille pour lui !? Misérable inconscient ! Un suicidaire sûrement ! Elle se retenait bien de l’étrangler à nouveau, sa vie étant en jeu dans cette histoire. Alors plutôt que d’user de violence, Sigrid décida de s’amuser. Il était sûrement puceau le gamin pour parler ainsi. Se préoccupent-ils de l’âge les capitaines qui visitent les bordels de la ville ? Bon d’accord, les personnes âgées ne doivent pas être leur premier choix, mais elle…elle n’a même pas atteint la trentaine ! Il lui donnait du fil à retordre celui là…

- Je suis peut-être plus âgée que toi, mais j’aime encore plaire. Sais-tu que c’est insultant pour une dame, les propos que tu viens de tenir ?

Elle le mit dos au mur, plaçant une main de chaque côté de son visage. Puis elle lui souleva le menton, amusée.

- Ne t’en fais pas, je ne te ferai pas de mal. Joli visage dis-moi. Tu es plutôt efféminé pour un p’tit gars de la Marine. T’es pas mon genre, mais je dois avouer que tu es plutôt mignon. As-tu déjà embrassé une femme ? On te croirait puceau.

Sans lui laisser le temps de répondre, Sigrid vola ses lèvres. Le baiser fut particulièrement fougueux, mais bref. Si le gamin était susceptible, elle risquait fort bien d’être poignardée. L’acte achevé, elle recula d’un pas, souriante. Pauvre Sigrid. Si seulement elle savait qui elle avait réellement embrassé…

- La vieille sait encore donner un baiser. Je vous préviens, je ne suis pas une catin. Juste une audacieuse. Concernant votre proposition... je ne souhaite pas rentrer chez moi pour l’heure. Le propriétaire des lieux m’a chassé pour la journée, lâcha-t-elle en retenant un rire amusé. Me ferez-vous visiter la ville ? Il y a fort longtemps que je ne suis pas revenue ici.
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Vigie
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MessageSujet: Re: Illusions et Apparences [PV] Mer 28 Déc - 18:51

Le petit discours de la donzelle sur la Marine, les corsaires et les pirates irrita passablement Roxanne. De toute évidence, la dame avait une bien piètre opinion des marins quels qu'ils soient. Mais loin de montrer son agacement, elle se contenta de lui offrir un rictus moqueur pour toute réponse. Il ne lui appartenait pas de défendre sa corporation. Pour tout dire, elle avait elle-même une si mauvaise opinion des hommes en général, marins, pirates ou corsaires, qu'elle aurait été bien en peine de renier totalement les paroles de son interlocutrice. Croisant les bras sur sa poitrine, elle toisa la jeune femme avec un sourire sarcastique, enchantée de sa provocation au sujet de son âge qui n'était sans doute pas très avancé. Mais avant d'avoir pu pavoiser bien longtemps, elle se retrouva de nouveau dos au mur et le visage de la demoiselle s'approchant dangereusement du sien.

- Em... Embrassé... Une femme...?

Trop stupéfaite pour réagir, elle écarquilla les yeux et en resta sans voix, les bras ballants, subissant son baiser sans broncher. Enfin, la donzelle recula. Il lui fallut de longues secondes et plusieurs clignements d'yeux pour retrouver l'usage de la parole. Une immense colère la fit rougir jusqu'aux oreilles et elle serra ses poings à s'en faire blanchir les jointures. C'est avec toute la force de sa volonté et sa détermination à ne pas ruiner son avenir qu'elle parvint à repousser le flamboiement de fureur qui lui dictait de se venger sur-le-champ de ce qui était à ses yeux une agression d'une obscénité rare. Elle ne put retenir son premier mouvement de main toutefois et prit son élan avant d'arrêter sa paume à quelques centimètres à peine de la joue de la demoiselle.

- Qu'est-ce qui t'prend, roulure ? T'en as pas assez au bordel pour v'nir agresser les gens en pleine rue ?

Soufflant un grand coup, elle s'essuya rageusement la bouche d'un revers de bras, cracha par terre en tournant la tête sur le côté puis se frotta encore les lèvres de sa manche en marmonnant des noms d'oiseaux. Quelle idée de l'embrasser ! Elle était folle, ça ne faisait aucun doute ! Et elle n'avait décidément rien d'une femme de la haute, ça non alors ! Jamais une dame ne se serait laissée aller à embrasser un parfait inconnu, un matelot mineur et en pleine rue, qui plus est ! Réfrénant son mouvement d'humeur, elle s'écarta de la dame et lui jeta un regard flamboyant de défi tout en la pointant du doigt.

- J'vous préviens, si vous r'commencer ça un jour, j'vous plante ma lame et j'vous ouvre en deux comme un bestiau. J'suis ni puceau, ni intéressé.

C'était dit avec un calme assez étrange malgré son regard furibond et sa menace sans équivoque. En fait, elle avait déjà réussi à se dominer et s'amusait même de la situation. Si la donzelle avait su qui elle venait d'embrasser, elle aurait sans le moindre doute fait une tête impayable ! Fort heureusement, elle ne s'était pas mis en tête de tripoter sa victime en même temps sinon elle se serait aperçue qu'il lui manquait quelque chose d'indispensable au niveau du pantalon pour être un homme. Un sourire sarcastique étira alors ses lèvres en songeant que l'absence de protubérance à son entrejambes pouvait passer pour une absence de réaction physique d'un jeune homme au baiser d'une - pourtant jolie - femme. Une provocation supplémentaire pour l'impudente, voire une insulte à son apparence. Décidément enchantée de sa trouvaille, Roxanne s'inclina avec un ricanement moqueur et lui tendit son bras.

- Maintenant qu'vous avez testé la marchandise, j'accepte d'vous escorter en ville. Mais seulement si vous jurez d'plus abuser d'un pauv'innocent comme moi, hein !

Ceci avait été ajouté avec un nouveau petit rire ironique. Voilà qu'elle la faisait passer pour une perverse qui assouvissait ses désirs sur un enfant qui n'avait rien demandé. Réjouissant ! Hilarant, même !

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Roxanne Morlame - Vladislava Baranov
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Capitaine
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MessageSujet: Re: Illusions et Apparences [PV] Sam 31 Déc - 0:05

Amusée, Sigrid prit le temps d’admirer le paysage pendant que le jeune inconnu finit de l’invectiver. La ville d’Assecia s’étendait à ses pieds, au sud et à l’ouest : la place du marché, les quartiers nobles, les quais. On reconnaissait même la cathédrale au loin, l’imposant clocher surplombant les toits les plus imposants. De la fumée s’échappait de centaines de cheminées ; de minuscules silhouettes, probablement celles de goélands, dansaient parmi les nuages. Autour d’elle, les gens allaient ça et là ; certains se déplaçaient à pied, d’autres à cheval, d’autres encore assis sur des charrettes chargées de foins ou d’outils en tout genre. Du petit noble grassouillet au gamin maigrichon, tout le monde s’affairait, pour le plus grand plaisir de la capitale.

Pirate renconverti, elle avait une vie de différente et complexe. Tissu de drames inexplicables et de projets à venir, souvenirs heureux et plaies secrètes. Elle possédait une cohorte d’amis, d’ennemis et de subordonnés à ses pieds. Aujourd’hui elle n’était plus que la chienne d’un évêque perverti, dépravé, corrompu par l’appât du gain et de la bonne chère. Même la religion n’avait pas ébranlé le crapuleux !
A côté du Seigneur Jaminez, ce mioche grossier était une bouffée d’air frais. Il avait beau être rachitique, blanc-bec et complètement insipide, il était déjà d’une compagnie bien plus agréable que celle qui l’attendait à la demeure.
Un sourire moqueur prit place sur ses lèvres rongées par le froid. Avec ardeur, elle asséna une claque énergique dans le dos du mouflet et rit à gorge déployée.

- T’as le feu au cul minus ! T’es bien plus drôle que tes crétins d’acolytes !

Elle s’avança vers les barrières qui la séparaient du vide. La vue était magnifique et Sigrid reconnaissait peu à peu la ville où elle avait passé la majorité de sa vie.
Laissant de côté ses plus sombres secrets, elle fit signe au gamin de s’avancer puis lui sourit, sans réelle affection. Bien que distrayant finalement, il n’était qu’un pantin de plus dans les projets du forban. Mais vu la hargne du petit mousse, il ne serait pas étonnant qu’elle s’entende avec lui.

- J’ai grandi ici moussaillon et jamais je n’ai visité les bordels. Les hommes sont faux. Les femmes grasses comme des vaches à lait. Il existe une forme de plaisir bien plus distrayante que celle que peuvent nous offrir les putains : le danger. Cependant, il faut veiller à ne pas tomber sur la personne qui fera de vous un toutou obéissant. Elle se retourna et se saisit de son menton. Cultive ton intelligence et tu n’auras que l’épée de l’ennemi à craindre.

La dame pivota, s’avança dans les ruelles et balança innocemment à son petit complice :

- Et n’imagine pas me poignarder pendant que j’ai le dos tourné. Si je veux t’appeler merdeux, je t’appellerai mer…

Sans que Sigrid n’ait pu finir sa phrase, un enfant la bouscula sans le moindre scrupule. Malgré la petite taille du farfadet, Sigrid se retrouva les quatre fers en l’air. Ce n’est qu’au bout d’un long moment qu’elle sortit de sa torpeur, furax d’avoir été ainsi humiliée. La silhouette fluette disparut au coin de la rue et Sigrid hurla des jurons peu dignes du comportement qu’elle était censée adopter pour rester noble aux yeux de tous. Sa colère montait en flèche lorsqu’elle remarqua la disparition de sa bourse, qui renfermait une petite fortune. Elle se releva vivement et s’agita comme un gamin qui venait de perdre son nounours.

- J’avais besoin de cet argent ! Tuez ce stupide marmot ! Etripez-le ! Décapitez-le ! C’que vous voulez !
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Vigie
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MessageSujet: Re: Illusions et Apparences [PV] Lun 9 Jan - 23:50

Cette rencontre était décidément l'une des plus amusantes et étonnantes qu'elle ait faite depuis son enrôlement dans la Marine. Roxanne restait sur ses gardes toutefois, encore un peu sonnée par le baiser totalement déplacé de cette femelle en rut. La claque dans le dos lui coupa le souffle un moment et la fit toussoter mais elle bomba le torse fièrement avec une grimace vaguement dédaigneuse. Non, elle n'avait pas affaire à une femme du monde. Approchant à son tour de la balustrade qui bordait le vide, elle y posa les mains et respira à pleins poumons l'air vivifiant. Autant qu'elle le pouvait malgré sa poitrine étroitement bandée du moins. Plus calme à présent et consciente de son rôle indispensable, elle écouta la donzelle déblatérer et tourna vers elle un regard un peu moqueur.

- Qu'est-ce qu'une dame de la haute peut bien savoir du danger, hein ? À moins qu'vous m'ayez pas vraiment dit la vérité... Vous seriez pas un peu cancanière ou conteuse sur les bords, dites ?

Dégageant son menton avec une moue agacée, elle haussa les épaules et s'adossa à la rambarde cette fois pour le suivre des yeux tandis qu'elle avançait dans la rue. Alors qu'elle s'apprêtait à suivre son étrange compagne inattendue, la dame bascula sur les fesses sous la poussée d'un gamin qui fila ventre à terre. On ne grandit pas dans la rue sans savoir se débrouiller pour trouver de quoi manger, ausi ne lui avait-il pas échappé que le marmot avait délesté la belle de sa bourse. Elle ne fit rien pour l'en empêcher ni pour le rattraper toutefois. S'il pouvait se payer du pain, du fromage et une chambre pour la nuit avec ça, grand bien lui fasse. Ce n'était pas elle qui tenterait de rendre une pseudo justice en aidant à affamer un innocent. Enfin innocent... De son point de vue à elle en tout cas. Éclatant d'un rire étonnamment léger et frais, presque féminin, elle s'avança puis s'interrompit rapidement pour muer son rire en ricanement plus rauque et plus masculin. Bordel, à ce train-là, elle serait dans les geôles du Gouvernement le soir-même ! Mine de rien et l'air un peu bourru, elle tendit la main à la demoiselle.

- Allons ma p'tite dame, vous mettez pas martel en tête pour si peu... C'gamin veut juste manger à sa faim pour une fois, et sûrement qu'il a quelques soeurs et acolytes à nourrir dans la foulée... Vous voudriez pas r'tirer l'pain d'la bouche à un enfant, quand même ?

Un peu moqueuse, mais tout de même polie, elle rajusta son turban en plissant les yeux dans la direction où était parti le gosse.

- J'ai d'quoi vous payer un pâté en croûte si c'est qu'vous craignez pour vot'ligne, hein...

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MessageSujet: Re: Illusions et Apparences [PV] Mar 10 Jan - 21:03

Le rire cristallin lui fit oublier son dépit. Un court instant, elle eut chaud au cœur. D’abord intriguée, elle crut que son esprit lui jouait des tours. Puis finalement sur la défensive, les propos de son jeune compagnon ne prêtant guère aux sentiments heureux, Sigrid se racla la gorge, maussade. A contrecœur, elle se saisit de la main salvatrice et se releva, couverte de boue.

- Je ne t’ai rien dit sur moi, ou du moins trop peu de choses pour que tu sois en droit de me juger. Aussi je ne peux vous avoir menti. Quant à cacher des choses, cela ne regarde que moi. Ma vie ne t’intéressera pas, jeune homme. Alors épargne-moi tes insinuations.

Sigrid se rendit compte soudain qu’elle s’avançait en terrain glissant. Quand bien même elle avait veillé à ne pas étaler au grand jour son passé, le jeune mousse avait deviné qu’elle n’était ni une grande dame du monde, ni une commerçante de famille respectable, comme elle l’avait été avant de se tourner vers le banditisme. Ce mioche avait un instinct de bête sauvage pour détecter les faiblesses de ses interlocuteurs.

Elle réfléchit. Elle pouvait lui ordonner de déguerpir, elle pouvait même le faire traîner en justice, si Diego acceptait de lui apporter son aide dans cette entreprise : Volpe lui obéirait également, car il était, selon son Maître, à son entière disposition en cas de besoin. Mais que se passerait-il alors ? Le mousse ferait tout ce qui était en son pouvoir pour provoquer un scandale, son comportement n’ayant pas été exemplaire pour une soi-disant riche héritière. Le Seigneur Jaminez, esclave de son image, verrait d’un mauvais œil une telle histoire et la ferait probablement chasser par le Gouverneur. Il clamerait haut et fort que Sigrid Solta mérite la potence ! Sa révélation déclencherait une chasse à l‘homme et obligerait la jeune femme à quitter la ville ! Et qui la soutiendrait, elle, petite pirate insignifiante ? Personne ici ne la respectait ! Certains n’hésiteraient pas à la condamner pour des crimes qui ne lui appartenaient pas ! Ce conflit affaiblirait le peu de fierté qu’il lui reste et compromettrait tout ce qu’elle entreprendrait par la suite. Le mieux était encore de rester prudent.

- Petit impudent…

Le sourire aux lèvres, Sigrid attendait sa réaction, persuadée sans doute qu’une insulte supplémentaire ne le laisserait pas indifférent. Ne lui laissant finalement pas le temps de répliquer, elle rit à gorge déployée.

- J’abandonne pour l’enfant ! Je ne veux pas épuiser mes forces en poursuivant un misérable petit arriéré. Tout ce que je peux dire, c’est qu’il a de quoi vivre l’année avec ce qu’il vient de me voler ! C’est moi qui risque d’avoir de bien gros ennuis…si t’pouvais m’offrir la plus belle des robes au lieu d’un pâté en croûte, j’en serais ravie…

Elle avait prononcé ces derniers mots d’une voix calme, les yeux fixant avec intensité le toit de la cathédrale. Mais au plus profond d’elle-même, elle vibrait de colère en imaginant les phrases cinglantes dont elle allait être la victime à son retour. La soirée à venir promettait d’être la plus terrible de toute son existence. Etrangement, elle rêvait d’inviter le petit à la taverne pour aller y boire quelques verres d’alcool jusqu’à minuit passé. Déception et craintes se lurent sur le visage de Sigrid. Elle se détourna et prit un chemin au hasard, sachant pertinemment que son guide miniature allait la suivre.

Elle fixait les bâtiments, puis les abandonnait du regard, un à un. Elle ne reconnaissait rien, pas même les plus vieux commerces de la ville haute, qu’elle avait probablement déjà pillé, adolescente. Consciente que son silence devait peser, Sigrid adressa un sourire inhabituel à son jeune ami. Elle appréciait sa compagnie, semblable à aucune autre. Pourtant ce geste, pour le moins affectueux, ne ressemblait pas à Sigrid. Elle avait toujours été dépourvue de sentiments, telle une statue qui attend d’être rongée par le vent et la pluie.

- Tu pues, dit-elle aussi soudainement qu’un soiffard réclamerait un verre de plus à sa table. Mais pas la transpiration. T’es sûr de faire quelque chose de tes journées toi ? Dis-moi. As-tu déjà entendu parler du célèbre Blitz Regar ? Tu ne veux pas chopper l’un de ses compères pour avoir une jolie prime, voire une promotion ? Et comme tu es gentil, tu m’offriras une jolie robe avec la somme gagnée !
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MessageSujet: Re: Illusions et Apparences [PV] Ven 20 Jan - 21:46

Haussant vaguement les épaules, Roxanne se désintéressa totalement du vol que venait de subir sa compagne de promenade jusqu'au moment où elle comprit que la somme dérobée dépassait de loin ce qu'elle avait cru.

- Si j'avais su, j'vous aurai volée moi-même..., marmonna-t-elle avec un rictus sarcastique.

Lui emboîtant le pas, les mains nouées dans le dos, elle marchait tranquillement, comme un matelot en goguette et regardait un peu partout autour d'elles. Même si elle semblait indifférente, elle était en réalité extrêmement curieuse de voir comment la ville avait évolué en son absence. Depuis qu'elle était au service de Raven en effet, elle n'avait plus guère le temps de flâner dans les rues où elle avait grandi. Le sourire de Sigrid la surprit un peu et elle arqua un sourcil brièvement avant de se plonger dans la contemplation des bâtiments et commerces, mine de rien. Aucun trait de son visage ne bougea en revanche à la mention de Blitz Regar et de la prime. Parfaitement impassible, elle écouta jusqu'au bout les propos de la demoiselle puis garda le silence un long moment. Songeuse, elle pesait le pour et le contre, mesurait soigneusement les implications d'une telle aventure. Le risque était grand, surtout celui d'être découverte si elle se lançait dans un corps-à-corps dont elle n'était pas certaine de sortir vainqueur. Non décidément, tout cela lui paraissait irréalisable, utopique, et même carrément périlleux. Elle pensa également à Raven qui devait l'attendre à présent. Attachée à son service personnel, elle était tenue de lui rendre des comptes et doutait fortement qu'il apprécie ce genre d'initiative aventureuse. Les mains toujours nouées derrière son dos et avançant d'un pas serein, elle tourna la tête vers sa curieuse camarade et la dévisagea quelques instants avant de daigner lui répondre.

- J'ai dans l'idée qu'vous voulez m'entrainer dans une affaire où j'me salirai les mains pour vos beaux yeux, ma p'tite demoiselle et j'aime pas bien ça...

Elle reporta son attention sur la rue qui s'étendait devant elles et parcourut la foule du regard quelques secondes avant de poursuivre.

- Non, j'aime pas ça du tout même et j'me vois dans l'obligation d'refuser d'me mêler d'choses qui dépendent pas d'mon affectation... D'ailleurs, mon Capitaine doit m'attendre à l'heure qu'il est alors... Faudra faire vot'sale coup toute seule...

Elle lui adressa un regard éloquent et appuya sa décision d'un hochement de tête déterminé. Levant le nez vers le ciel, elle scruta la position du soleil quelques instants puis revint sur la dame et arqua un sourcil avec un petit sourire moqueur.

- Faut-il que j'vous ramène à vot'chap'ron maint'nant ?

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MessageSujet: Mégère en furie vs gentil matelot [PV] Sam 21 Jan - 13:30

- Sale morveux ! La prime sur la tête de cette bande de voleurs t’aurait permise de vivre bien pendant de longs mois ! Non, mieux encore, pendant de longues années ! Mais toi et ta tête de donzelle qui ne me revient pas, vous refusez juste par respect pour les lois qu’édite votre pays ? Ai-je bien entendu ? Où est le mioche insolent qui crache par terre en parlant à une Dame comme on parle à une catin ? Hein ? Fichtre ! J’y crois pas ! M’abandonner ainsi ! Nan mais c’quoi ça ?

Agacée par tout cela, Sigrid tourna en rond, comme le ferait un lion en cage en attente de son repas. Elle avait vu là son unique occasion de sortir du pétrin. Mais malheureusement pour elle, l’enfant ne semblait pas être très coopératif. Que dira donc Diego, lorsqu’elle rentrera dépouillée de son argent et sans robe à porter pour le Gouverneur Sadovski ? Persuadée qu’elle allait payer très cher son incompétence, elle songea plus sérieusement à quitter la ville, tant que personne n’était là pour s’assurer qu’elle y reste. Quel imbécile ce Diego ! La laisser partir seule ainsi, sans même s’assurer préalablement qu’elle ne prendra pas le prochain bateau pour Glenia ! Et il se dit tout puissant le brave homme ! Nan, il ne vaut pas mieux que le puceron qui vient de refuser une offre alléchante ! Juste une merde laissée là par un toutou en cavale.

- Tss ! S’pèce de pétochard ! hurla-t-elle, partagée entre la haine et le désespoir. Casse-toi ! J’veux pas rentrer ! J’rentrerai jamais ! Et mêle-toi de tes affaires pour une fois !

Consciente que son langage se dégradait à mesure que le temps passait, Sigrid souleva ses jupons et prit la fuite, manquant plus d'une fois de se tordre la cheville. Il était évident qu’elle n’avait rien d’une dame du haut-monde. Diego était un illuminé pour la croire capable de tenir un rôle si exigeant. Elle-même n’avait jamais eu cette intention ! Au départ, son seul but avait été d’égorger ce porc de Sadovski et de repartir avec ses richesses. Désormais, elle devait se soumettre à un évêque dépravé, apprendre les bonnes manières, se vêtir convenablement et s’assurer de plaire au Gouverneur, lors d’un dîner organisé avec grand soin. Ecœurant !

Rien ne valait mieux qu'une partie de jambes en l'air. Rien n'égalait le rhum et les pièces d'or ! Et ça, Diego Jaminez l'en privait pour ses intérêts personnels ! C'était bien lui, qui méritait d'être égorgé !
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