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Une richesse dangereuse [PV]

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Matelot
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Journal de bord
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MessageSujet: Une richesse dangereuse [PV] Ven 27 Jan - 23:16

    Connaissant le caractère chicaneur de son oncle, Iris s’était attendu à mille et une objections de sa part : à s’entendre qu’elle était trop jeune pour voyager seule, qu’elle devait venir chez lui pour reprendre un peu de force et dormir au chaud. Il s’en était d’ailleurs fallu de peu de pour qu’il ne commence à se montrer trop entreprenant à son égard, ce dernier tendant sans cesse la main pour frôler sa hanche osseuse. « Si tu n’avais pas été ma nièce, c’est dans tes bras que j’aurais fini ma nuit ! », avait-il dit avec son habituelle arrogance. Iris n’était pas dupe et encore moins idiote : cet obsédé se moquait bien de savoir qu’elle était un membre de sa famille, du moment qu’il obtienne ce qu’il désire, dans le cas présent une compagnie agréable qui acceptera d’ouvrir les cuisses sans pester.

    Ce n’était pas la première fois que James tentait d’approcher une dame Golflitz. Il y a plusieurs années déjà, il avait tenté de séduire la femme de son propre frère, sans même se préoccuper des répercutions que cela pouvait avoir sur ce dernier ou sur la petite fille qui venait de fêter ses huit ans. Il avait usé d’argent, de mensonges et de rêves chimériques. Finalement chassé par son frère, il s’employa à parcourir le monde, à la recherche de richesses. Bonne tactique ! James devint suffisamment puissant et cossu pour employer le chantage. Il menaça la famille pendant plusieurs mois, les convainquant qu’il était capable de les chasser de leurs terres. La famille faillit céder au chantage du prédateur, mais fort heureusement, la dame concernée par cette histoire garda la tête sur les épaules. James finit par se lasser et renonça à faire du mal aux Golflitz. Son départ fût précipité.

    Alors que les parents pensaient qu’il avait subi les réprimandes de la haute-administration pour abus de pouvoir, Iris avait toujours supposé qu’il avait trouvé un autre objet de convoitise sur lequel se défouler. Le rapace ne lâchait jamais sa proie aussi facilement. Il devait y avoir une raison bien précise. Et visiblement, tomber sur la fille Golflitz, portrait craché de sa tendre mère, était une aubaine pour lui. Il en avait oublié l’objectif qu’il l’avait tenu à l’écart pendant toutes ses années. Il la suivit sur le chemin, bavardant comme une pie qui aurait bu un peu trop de rhum, essayant en vain de l’attirer chez lui, en lui servant une nuée de bobards pour le moins convaincants.

    La pluie se mit à tomber et James héla un fiacre qui était de passage, abandonnant là sa nièce.

    - Pauv’ type.

    Elle se retourna, ne pouvant s’empêcher de déverser sa colère.

    - Vil fornicateur ! Allez donc baiser les coureuses de rempart ! Je ne veux plus vous revoir !

    Que James l’ait entendu ou non, Iris ne voulait pas le savoir. Sa capuche rabattue sur le front dans une vaine tentative de protéger au moins son visage, Iris avait décidé de retourner à Glenia, son ventre criant famine.

    Une fois dans la ville, elle chercha immédiatement le lieu idéal pour voler. Sur la place du marché s’étendaient des commerçants qui avaient montés leurs tréteaux, protégeant leurs marchandises de l’intempérie sous un auvent de toile blanche tendu à la hâte. Cloués sur leurs étals, les marchands tentaient de faire contre mauvaise fortune bon cœur et plaisantaient entre eux, s’efforçant de créer une bonne ambiance pour attirer le client.

    Iris eut pour première cible un marchand de fruits et légumes. Mais l’homme était à l’affût du moindre voleur. Bien qu’affamé, Iris renonça. Plus loin, un boulanger vendait son pain sur trois ou quatre étals. Il avait sûrement bien plus de succès que tous les autres et une foule se massait, se bousculait, se disputait pour avoir le meilleur pain de la ville. C’était l’occasion idéale. Iris, agile et expérimentée, passa entre ces hommes et femmes pour rejoindre les rangs de devant. Elle saisit un pain riche en mie et le colla contre sa poitrine comme s’il s’agit d’or. Ce geste n’échappa pas à la femme du boulanger, qui hurla pour que l’on se saisisse d’elle. Ecrasée par la foule, elle put cependant s’extirper et prendre la fuite, affolée cependant d’entendre les pas derrière elle, d’hommes en colère. Et si elle se faisait attraper ? Et s’ils la reconnaissaient, elle, la femme responsable de la mort d’Harman, célèbre patron d’une maison de passe d'Assecia ?

    Un choc, violent, lui fit perdre le cours de ses pensées. Elle percuta un cheval et tomba à la renverse, lâchant par ce même temps le précieux pain qu’elle avait en main. L’espace d’un instant, ce fût le noir complet. Elle se redressa finalement sur ses deux mains. Elle avait atterri dans la boue. Rien de bien choquant lorsque l’on sait que sous sa cape se cache une robe couverte de sueur, de boue, d’urine et surtout d’une large tâche de sang.
    Derrière elle, les voix de ses poursuivants se rapprochaient de plus en plus. Figée par la peur, elle se contenta de regarder l'animal affolé, sans pouvoir faire le moindre mouvement.


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Mousse
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Journal de bord
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MessageSujet: Re: Une richesse dangereuse [PV] Dim 29 Jan - 20:21

Allister tira sèchement sur les rênes de sa monture et avisa de la présence d'une jeune femme à terre près du cheval, visiblement terrifiée. Le Vicomte fronça les sourcils. La collision pouvait l'avoir blessée, mais l'effrayer, sans doute pas. Il examina en détail la pauvresse, passant en revue tour à tour ses vêtements fatigués, ses traits tirés et la saleté de son visage. Une mendiante ou une paysanne peut-être... Mais une chose choquait dans cet ensemble. Allister ne comprit pas ce dont il s'agissait lorsqu'il perçut des cris et des bruits de bousculade. Du haut de son destrier, il vit des hommes se frayer un chemin à travers la foule pour, finalement, arriver non loin. Allister descendit de sa monture, sous le regard attentif de Bobby, silencieux.

- Allez-vous bien, mademoiselle ? demanda-t-il à l'adresse de la jeune femme; avant de se retourner vers les arrivants, essoufflés et rageurs.

- Voleuse ! Maudite voleuse ! On t'pendra ! Chopez-là, les gars ! éructa l'un des hommes, vêtu d'un tablier tâché et à la panse ample.

Allister comprit qu'il s'agissait d'un boulanger. Un vif regard lui permit de voir le pain que tenait précieusement la fuyarde. D'un pas léger, il se porta au-dessus d'elle et, conservant ses gants, prit un petit morceau de la miche et la mangea. Les poursuivants, ébahis par la conduite de l'inconnu, s'étaient arrêtés et regardaient la scène avec étonnement. Tout autant le comportement atypique que l'épée au fourreau que portait le Vicomte les maintenaient à distance.

- Hum, pas très bon, farineux et la pâte n'a pas levée. Je suis surpris que quiconque désire manger de ce pain, commenta-t-il, un sérieux impeccable se lisant sur son visage. A moins d'être affamé, ajouta-t-il en regardant de coin la jeune femme.

- Qu... Qu... QUOI ! Qu'est-ce qui t'permet d'dire ça, misérable ?! hurla le boulanger, hors de lui et ayant sorti un couteau de sa poche ventrale.

Le Vicomte le foudroya du regard et se détourna en lançant une pièce en argent à l'homme.

- Cela devrait payer le pain. Quoiqu'il ne vaille pas même la peine d'être acheté. Disparais maintenant ou je demande à mon majordome de t'ouvrir l'esprit... Il se retourna pour adresser un dernier regard au boulanger. Au sens littéral.

Le boulanger se rendit soudain compte de la présence de Bobby, toujours en selle et pointant un fusil vers lui. Déglutissant, il ramassa la pièce tombée à terre et s'enfuit; entraînant par là ces comparses. Allister tendit la main à la voleuse en lui demandant à nouveau si elle allait bien.
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Matelot
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Journal de bord
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MessageSujet: Re: Une richesse dangereuse [PV] Lun 30 Jan - 22:51

    Le gant noir était fait de cuir neuf. Il était à lui seul un bien beau symbole de richesse, d’autorité et de pouvoir ; tout comme l’homme qui le porte. Iris, encore toute chamboulée par les derniers évènements, se contenta de fixer l’habit comme s’il était la plus belle chose qu’il lui avait été donné de voir jusqu’à présent. Elle n’avait cessé de vivre dans la pauvreté, aussi n’osa-t-elle pas saisir la main tendue avec les siennes, couvertes de crasse et de poussière, rongées par le froid et les activités manuelle. Non, cette aide n’était pas à prendre. Surtout lorsqu’elle venait d’un homme de la haute-société.

    Comme un enfant à qui l’on tenterait de voler son jouet, Iris serra le pain contre sa poitrine et recula en se traînant, sans ne jamais quitter l’homme du regard. Ses yeux, vitreux jusqu’alors, changèrent bien vite d’expression. Une hostilité naissante y prit place. Cet homme lui inspirait du mépris et pourtant, il lui avait probablement sauvé la vie en intervenant en sa faveur. La maison de passe lui avait offert à l’époque une chambre et des repas. Depuis, Iris avait en horreur la charité des passants, elle qui s’était faite une solide réputation en imposant ses propres règles aux clients qui la payaient. Cela faisait à peine deux semaines qu’elle était à la rue. Il était difficile pour elle d’accepter sa nouvelle situation. Aussi volait-elle, dans l’espoir peut-être, de pouvoir un jour vivre là où elle n’aurait pas à craindre la mort.

    - Pourquoi ça irait pas ? A part qu’vous m’avez volé un morceau de pain…

    Elle se releva soudainement, trop vite sûrement. Elle tituba et faillit retomber sur les genoux dans la seconde qui suivit. Pourtant, elle continua de protéger le précieux pain qu’elle avait encore les mains, comme s’il représentait tout l’or du monde. Ce pain, elle l’avait acquis par elle-même. Il ne lui avait pas été donné parce qu’elle inspirait la pitié. Cela lui suffisait.
    Elle se savait trop faible pour quitter la ville et trouver du travail ailleurs. Pourtant elle s’entêtait lorsqu’il s’agissait de jouer les fières. Une personne un tant soit peu normale aura déjà accepté l’aide offerte gracieusement par les autres. Iris n’était sûrement pas normale. Et cela était sur le point de lui coûter sa vie. Elle se détourna et commença à courir avec pour seule idée de s’enfuir le plus loin possible de cet endroit.

    Son corps ne suivit pas le rythme qu’elle lui imposa. Elle s’écroula comme une vulgaire petite chose avant même d’avoir fait trois pas. La faim et la course de tout à l’heure l’avaient achevé. Son souffle était court, son cœur battait à la chamade. Il lui semblait que le monde tournoyait autour d’elle. Pourtant elle trouva encore la force de rejeter l’aide des autres, malgré que personne ne l’entoure. Etait-elle prise d’une quelconque forme de folie ?

    - M’approchez pas…j’vais bien…vraiment…j'veux pas de l'aide d'un parvenu...j’veux l’aide de personne…vous m’entendez ?

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Mousse
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Journal de bord
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MessageSujet: Re: Une richesse dangereuse [PV] Mar 31 Jan - 16:46

La réaction de la jeune femme n'étonna pas le moins du monde Allister, qui sourit très légèrement puis retrouva un faciès de marbre. Il expira doucement et se releva, tout en indiquant d'un signe de tête à Bobby qu'il n'y avait plus de danger; ce dernier pouvant enfin reposer - sans toutefois le lâcher - son fusil. Le Vicomte se raidit comme à son habitude et regarda un instant la mendiante avant de parler d'une voix calme et posée.

- Certes, c'est une vision des choses favorable. Mais la vérité est différente. J'ai pris un morceau de ce pain que tu as volé à ce primate, que j'ai acheté pour toi - avec ta sécurité immédiate en prime -, ainsi, ce pain serait en toute logique un cadeau que je te fais. Mais en tant que cadeau, il t'appartenait de droit, dès lors je te prie de m'excuser d'en avoir pris.

Il connaissait la faim. Il connaissait la valeur qu'avait la nourriture pour un affamé. Il connaissait le prix d'une âme qui meurt de ne pas manger. Le noble réfléchit vite et une idée s'imposa à lui. Une idée qui, sans être primordiale, pourrait avoir sa part d'importance.

- Je ne t'offre pas de l'aide. Je n'ai cure d'offrir de l'aide à tous ceux qui paraissent miséreux. Je t'offre du travail.

N'attendant pas même la réaction ou la réponse de la voleuse, il fit volte face et s'apprêta à remonter en selle. Il doutait. Mais après tout, pourquoi pas tenter la chose ? La loyauté était chose si rare. Et un être désespéré serait reconnaissant inconsciemment envers un protecteur. Une employée fidèle dans son entreprise ne lui ferait aucun mal. Surtout contre les véritables dangers qui le guettaient. Il regarda de biais la jeune femme en lui lançant un regard perçant.

- Si tu acceptes, suis-nous. Sinon, reste dans le froid et la pluie.
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Matelot
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Journal de bord
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MessageSujet: Re: Une richesse dangereuse [PV] Jeu 2 Fév - 20:34

    - Un…un travail ?

    Iris aurait pu accepter la proposition sur le champ. Sauf qu’il y avait un hic : cet inconnu ne lui avait pas donné le moindre détail sur le type de travail qu’il lui offrait. Pire encore, il y avait de fortes chances pour qu’elle se retrouve dans les grandes villes de Fändir, celles-là même qu’elle évite depuis des semaines déjà ; en cause l’effroyable meurtre qu’elle a commis à Assecia. De là venait sa colère. Une colère qu’alimentait encore le sentiment d’avoir été non seulement faible mais idiote, puisqu’elle se souvenait avoir tournée en disputes bien des entrevues qui auraient pu changer à jamais sa vie. Entrevues dans de petits villages isolés, là où personne n’aurait pu venir l’accuser de quoi que ce soit. Alors que devait-elle faire ? Renoncer encore une fois et traîner dans les rues jusqu’à ce que la faim ait raison d’elle et de sa fierté ? Ou accepter le travail proposé par un noble visiblement très fortuné au risque de se retrouver dans là où les autorités viendront la cueillir sans le moindre effort ?

    Iris se mordit les lèvres. Elle tremblait, transpirait et haletait. Le noble, lui, perdait patience à mesure que les minutes s’écoulaient. Elle n’était pas du genre à prendre une décision à la légère, cette expérience lui ayant causé bien des malheurs par le passé. Mais là le temps lui était compté. Que risquait-elle au fond ? Elle allait probablement finir domestique, ou peut-être de nouveau être une catin dans les bras d’hommes désireux de petits plaisirs ?

    Elle se releva non sans difficulté puis planta son regard dans celui de l’inconnu. Elle n’avait désormais plus rien à perdre et tout à y gagner. Bien qu’elle se refuse à lui avouer publiquement, elle lui en était reconnaissante. Peu étaient les personnes qui lui avaient offert autre chose qu’un morceau de pain ou un toit pour la nuit –qu’elle avait bien évidemment refusé, trop fière encore pour accepter la charité-.

    - Attendez…je viens avec vous…j’vous suivrai…Messire…Partout...S'il-vous-plait, prenez-moi avec vous ! Même si j'dois marcher pendant des jours ! Même si l'travail est dur !

    Iris finit par se calmer. L’épuisement vint à bout de l’armure qu’elle s’était forgée, mais pas seulement. Y contribua également le bonheur de se savoir bientôt à l’abri, peut-être même sorti de la pauvreté. Elle se força à oublier les risques et rejoignit l’homme, silencieuse. Elle vit de plus près la richesse qui le paraît. Ses cheveux propres à côté de sa touffe rousse. Son haut de velours bien chaud, là où elle porte une vulgaire cape qui cache elle-même une robe couverte de sang, de sueur et de boue. Des bottes de cuir splendide…alors qu’elle doit marcher pieds nus, accumulant les plaies infectées.
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Mousse
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Journal de bord
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MessageSujet: Re: Une richesse dangereuse [PV] Lun 6 Fév - 17:51

Allister stoppa net son mouvement, un pied sur l'étrier. Il le reposa à terre et se tourna vers la jeune femme. Il pensa à toutes les conséquences qu'un acte irréfléchi pouvait avoir. Et il sourit véritablement de toutes ses dents. La régularité de celles-ci supposait un soin attentionné et elles étaient, chose étrange, plutôt blanches. Son sourire fit ricaner Bobby, qui s'approcha et mit pied à terre près de son seigneur. Ils se connaissent depuis longtemps déjà; et, dès que le Vicomte est heureux - si tant est que l'on puisse considérer la joie comme du bonheur -, il sait qu'il doit se tenir près à obéir.

J'ai besoin d'alliés. J'ai besoin de loyaux serviteurs.

Allister y pensait depuis plusieurs temps déjà. Il ne connaissait personne ici, en Fändir, qui ne soit pas un partenaire commercial ou un producteur. Il lui fallait quelqu'un de fiable.

Désespérée... Si fragile... Idéale.

Une telle aubaine allait avoir des conséquences fâcheuses si la précipitation entrait en jeu. Mais quelle importance ?

- Bobby. Aide Mademoiselle à monter en selle. Nous retournons à l'auberge. Tu mèneras le cheval par la bride, veux-tu ?

- Yes, My Lord.


Le Vicomte remonta en selle et, sans même regarder si la jeune femme et Bobby le suivaient - il en était certain -, se dirigea dans la direction de l'auberge. Le bruit de sabots derrière lui confirma ce fait et se plongea dans une intense réflexion.

Ils sont déjà là.

Le marché était loin derrière, le bruit des promotions et des offres alléchantes s'amenuisait.

Et bien implantés.

Des passants s'écartèrent vite pour éviter le cavalier, perdu dans le fil de ses pensées.

Il nous faut du soutien.

Deux enfants quémandèrent auprès de l'homme richement vêtu, mais aucune réponse, aucun regard ne leur fut accordé.

Le Gouverneur ? J'en doute fort. Il peut tout autant être impliqué.

Les jeunes mendiants projetaient de lancer des pierres sur le Vicomte qui les avait ignorés. Alors même qu'ils ne firent que lever le bras, un coup de tonnerre retentit. Bobby avait tiré sur un mur près d'eux et restait ainsi, fusil calé contre son épaule. Les enfants fuirent sans demander leur reste. Allister n'avait pas même frémi.

La Marine ? Ils ne se préoccupent que de leur discipline. Et de leur mer abjecte.

L'auberge était en vue. Le cheval, loué au tenancier, se dirigea machinalement vers les écuries. Et bien s'en fallut : le noble n'avait pas même remarqué où il se trouvait. Cependant, soudain, il se redressa, les yeux brillants d'une folie géniale.

Je sais... Je sais.

Tandis que Bobby s'occupait des montures, Allister entra dans la salle commune, Iris sur ses talons. L'aubergiste le salua respectueusement, mais le Vicomte ne le vit pas; toujours pensif. Il monta à l'étage et frappa à l'une des portes. Une voix féminine se fit entendre pour signifier à l'homme qu'il pouvait entrer. Ce qu'il fit, laissant ensuite la jeune femme passer la porte, tenant ouverte cette dernière.

Une femme était assise sur un lit. D'une trentaine d'années, elle paraissait en pleine forme, joyeuse et rayonnante. Ces cheveux bruns tombaient en cascade sur ses épaules et dans son dos; réunis en une vingtaine de tresses, qui elles-même en formait une. Elle leva la tête et ses yeux verts striés de bleu croisèrent ceux de la demoiselle. Elle sourit et poussa un petit cri de fausse épouvante, se levant précipitamment.

- Ma pauvre enfant ! Que vous est-il arrivé ? questionna-t-elle, l'inquiétude dans sa voix, un regard de biais placé à l'adresse du noble.

- Veillez à la rendre cette jeune personne présentable, Charlotte. Elle va nous accompagner durant notre périple.

Une lueur sombre passa sur le visage et dans le regard de la dénommée Charlotte et elle retrouva le sourire en fixant à nouveau son attention sur la nouvelle venue tandis que Allister sortait, fermant la porte avec délicatesse derrière lui.

- J'espère que ce vieux grognon de Vicomte ne vous a pas fait peur, ma belle ! Il est parfois si taciturne qu'il en oublie que son air sévère effrayerait une armée entière !

Elle éclata ensuite d'un rire cristallin dont la pureté était sans égale et attendit avec patience la réponse de la pauvre Iris.
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Matelot
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Journal de bord
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MessageSujet: Re: Une richesse dangereuse [PV] Mer 8 Fév - 21:27

    Iris ne prononça pas le moindre mot entre le moment où elle monta sur la selle de son puissant cheval et celui où l’inconnu, sombre et désagréable de surcroit, l’abandonna entre les mains expertes d’une dame de son entourage proche. Il s’agissait d’une belle femme, plutôt bien vêtue et surtout prévenante au moindre de ses gestes. Bien qu’elle ait le profil de celle à qui n’importe qui ferait confiance, Iris se contenta de baisser misérablement la tête et d’observer la pièce de manière discrète, espérant peut-être par ce geste, éviter d’avoir à dévoiler à une parfaite étrangère les évènements qui l’avaient amené à faire la rencontre de cet homme. Iris était fière, bien trop en tout cas pour narrer son histoire à qui la lui réclamera, comme si elle était destinée à être connue de tous. Elle n’avait ni envie de parler de sa naissance dans un milieu pauvre, ni même d’évoquer ses nombreuses années de proxénétisme qui l’avaient amené à commettre un effroyable meurtre. Et quand même l’obligerait-on à parler un jour, ô jamais elle n’aura le courage de s’en vanter.

    La jeune dame prit note de son silence et quitta la pièce après lui avoir dit de rester sagement ici. Iris en profita donc pour se délier les jambes. Elle n’était jamais montée à cheval de toute sa vie et l’effort lui avait engourdi les jambes. Pour cela, elle parcourut la pièce chambre d’un pas lent, s’arrêtant longtemps sur chaque objet précieux qui croisait le chemin de son regard. Son parcours la mena finalement à la petite fenêtre qui donnait une vue sur la rue, et elle l’ouvrit pour aérer le lieu. Un vent frais vint chatouiller ses joues pâles et le cri des commerçants harceler ses oreilles. « Du bon poisson par ici ! Qui veut mon bon poisson tout frais ? » « Pain ! Le meilleur pour quelques Fänd’or seulement ! » « Venez donc sentir mes roses ! Un cadeau pour votre jolie fiancée Messire ? Croyez-moi, ce sont les meilleures de toute la colonie ! » L’instant d’après, Iris sentit ses jambes fléchir. Dès que ses genoux rencontrèrent le sol, elle perdit connaissance et s’écrasa violemment sur le plancher de bois, sans même avoir le temps de comprendre ce qu’il lui arrivait.

    Elle se réveilla seulement quelques minutes plus tard, allongée sur le lit de Charlotte, la dame qui prenait soin d’elle. Elle lavait son front et l’appelait par tous les noms qui lui passaient par la tête, espérant par ce procédé qu’elle ouvre enfin les yeux. Iris, se souvenant soudainement de ce qui venait de lui arriver, se redressa vivement en poussant un cri et s’éloigna de l’inconnue en reculant sur lit, pour finalement terminer à nouveau sur le plancher, les quatre fers en l’air. Charlotte fit le tour et la rejoignit en ne manquant pas de la réprimander, retenant malgré tout un petit rire amusé :

    - Arrêtez de gigoter ! Vous allez vous faire du mal ! Allez, venez avec moi. Vous allez prendre un bon bain, vous vêtir convenablement puis manger ! Vous n’avez plus que la peau sur les os !

    Elle traîna alors la récalcitrante jusqu’à la salle d’eau mis à la disposition de pensionnaires suffisamment riches pour payer les frais. Charlotte s’empressa de la débarrasser de ses vêtements, commençant bien évidemment par la lourde cape. A peine le tissu trempé toucha-t-il le sol qu’elle poussa un cri d’horreur, attirant ainsi l’attention du voisinage. Immédiatement elle porta ses deux mains à sa bouche, regrettant d’avoir fait autant de bruit, malgré l’importance de sa découverte. Sur la robe d’Iris gisait une immense tâche de sang, qui démarrait à l’épaule et finissait au milieu de son ventre. Ce sang, Iris le connaissait bien, car il s’agissait non pas de son propre sang, mais de celui d’Harman, l’homme qu’elle avait tué.

    - Madame ! Madame ! Est-ce que tout va bien ?! demanda un homme à la voix rauque.
    - Oui…oui, vous pouvez disposer…il s’agissait juste d’un rat ! Nous avons réussi à le chasser ! Elle chuchota plus bas, à l’attention d’Iris : Par contre, vous allez devoir m’expliquer cela ! Etes-vous blessé ? Vous ne tiendriez pas debout si c’était le cas ! A qui est ce sang ? Mademoiselle ? Répondez bon sang, je me fais du souci vous savez !

    Iris tremblait. Comment justifier la présence de cette tâche, sans avouer son crime ? Elle crut que la fin était arrivée. Qu’elle allait être jugée pour finalement être pendue devant près d’une centaine de petits curieux. Pourtant Charlotte renonça à en savoir plus et Iris eut toutes les raisons d’exprimer son soulagement. Elle remarqua cependant l’ombre sur le visage de la jeune dame. Charlotte culpabilisait à l’idée qu’Iris se ferme à elle et cette vision lui fit mal au cœur. Elle la laissa lui frotter le dos, silencieuse. Derrière elle, Charlotte l’observait avec curiosité.
    Depuis qu’elle l’avait accueilli, elle n’était pas parvenue à lui arracher un seul mot, aussi n’espérait-elle rien de plus avant les jours à venir. Il était cependant nécessaire qu’elle parle de son comportement et de la présence de ce sang au Vicomte, sans quoi il était fort possible que ce dernier accueille inconsciemment auprès de lui une personne au passé trouble. Quand bien même le Vicomte était-il intelligent, il était selon Charlotte hors-de-question qu’il s’accoutume d’un danger public ! Qui sait, cette gosse était peut-être bien plus dangereuse qu’elle ne le laissait croire, quand bien même avait-elle été un coup de cœur pour elle. Les minutes s’écoulèrent difficilement et Iris fût enfin prête pour être reçue par le Vicomte.

    Les deux femmes descendirent toutes les deux un étage plus bas et rejoignirent le Vicomte dans une pièce privée, réservée spécialement pour lui afin qu’il y prenne son repas dans le calme. Charlotte frappa préalablement à la porte, puis fit son entrée. Elle demanda à Iris de rester dehors et alla faire part à son Maître de tout ce qu’il s’était passé dans la chambre, en n’oubliant aucun détail pour sûr ! Finalement, on permit à la jeune femme d’entrer. Elle fit tout d’abord sa timide, puis releva fièrement la tête et observa le Vicomte en silence, l’admirant et le défiant à la fois.
    Elle était vêtue d’une robe en lin aux teintes vertes, qui s’accordait parfaitement à la couleur de ses cheveux. Un collier en or, d’apparence discrète, lui avait été offert et paraît magnifiquement son cou blanc comme la porcelaine. Charlotte avait obligé sa protégée à enfiler de jolies petites chaussures noires, mais Iris peinait à marcher convenablement avec, malgré les bandages qu’on lui avait fait pour aider ses plaies à cicatriser. Dans ses cheveux trônait fièrement un joli bijou, qui empêchait une mèche de cheveux de finir au milieu de son beau visage. Ses yeux verts étaient mis en valeur par une légère touche de maquillage. Iris avait toutes les raisons de se sentir bien dans sa peau. Pourtant, elle n’avait jamais été aussi mal à l’aise de toute sa vie, aussi rougissait-elle comme jamais.

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Mousse
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MessageSujet: Re: Une richesse dangereuse [PV] Sam 11 Fév - 22:45

Allister reposa son verre de vin après avoir simplement trempé ses lèvres. Il ferma les yeux et resta silencieux un certain moment. Il regarda ensuite la jeune femme fixement.

- Bien.

Assis raidement au creux d'un fauteuil modestement décoré et visiblement usé par le temps, le Vicomte semblait fidèle à lui-même : droit et impassible. A l'inverse, Bobby était allongé sur un banc, les jambes croisées sur toute leur longueur, les pieds posés sur une table tandis qu'il somnolait presque. Charlotte, quant à elle, s'était déplacée à côté de la porte, s'adossant très légèrement.

- Parlons désormais de ton travail.

Il fit glisser une enveloppe sur la table avec deux doigts.

- Tu trouveras dans cette enveloppe plusieurs documents. Dont un qui t'intéresse particulièrement.

Il se leva avec difficulté et alla regarder à la fenêtre.

- N'aies crainte, je n'attends de toi aucune faveur corporelle, ni aucun autre fait de cette sorte. Je n'ai d'exigence que ta loyauté pleine et entière.

Quelqu'un toqua à la porte. Trois paires d'yeux se braquèrent, puis s'entrecroisèrent. Allister hocha imperceptiblement la tête et Bobby se releva pour s'asseoir correctement. Le noble permit à la personne d'entrer.
Il s'agissait d'un homme d'une trentaine d'années, assez ordinaire et l'air rigoureux; qui lui donnait une certaine ressemblance avec le Vicomte. Ce qui marquait avant tout chez lui était ses vêtements : il portait un uniforme. Certains détails comme la teinte et les galons différaient de celui de l'armée, mais c'en était une copie presque parfaite. A sa ceinture, pendait un sabre imposant par sa longueur.

- My Lord. J'ai ici un message de Soakith. Et quelques rapports de nos établissements en Fändir.

Le soldat s'avança et donna en mains propres une liasse de feuillets à Allister, qui acquiesça en fronçant légèrement les sourcils. Il répondit avec une certaine froideur dans la voix.

- Vous pouvez vous retirer, Lieutenant.

- Yes, my Lord.


S'inclinant à la taille devant le Vicomte, il sortit sans attendre et la tension qui régnait s'évanouit. Bobby se permit même un ricanement.

- Pour en revenir à nos affaires, je te laisse prendre connaissance de ce que je t'offre.

Un silence d'un instant, et Allister reprit, plus bas.

- J'ai moi-même à faire.

Il défit la ficelle qui entourait les documents et se mit à lire patiemment; ne prêtant plus qu'une attention toute relative à Iris, dont l'enveloppe trônait seule sur la table.
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Matelot
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MessageSujet: Re: Une richesse dangereuse [PV] Ven 17 Fév - 11:44

    Iris ne savait quoi penser de cet homme. D’un côté elle l’admirait, parce qu’il lui avait sauvé la vie alors même qu’elle n’était rien pour lui. Mais d’un autre côté, elle n’éprouvait pour lui qu’une détestation pure et simple. A ses yeux, cet homme n’était pas un être humain ordinaire. Il n’avait aucun sentiment, aucun sens du bien ou du mal, aucun scrupule, aucun principe. Ou alors s’il possédait tout cela, il n’était pas capable de le montrer à son entourage proche. Il donnait de lui l’image d’un homme fermé aux autres, presque mauvais de nature, mais qui connaissait parfaitement les limites à ne pas dépasser pour ne pas voir son prestige être réduit à néant par ceux qui souhaiteraient sa chute. Iris l’aurait volontiers comparé au serpent, qu’elle rencontre souvent aux champs. C’était un animal vicieux, un chien de garde devenu maître de lui-même, une bête sauvage qui suit son instinct et sert ses propres intérêts. Elle avait peur de lui. Pourtant elle gardait la tête haute, prête à le défier s’il osait lever la main sur elle. Depuis son aventure avec Harman, c’était bien une chose qu’elle ne supportait plus et au moindre coup, elle était prise de fureur au point de mordre, de griffer et d’hurler.

    Sans lâcher l’homme du regard, Iris se saisit prestement de l’enveloppe. Elle contenait à son poids plusieurs documents, probablement les fameuses informations sur le travail qu’elle allait devoir accomplir pour les années à venir. Mais en réalité, il n’en était rien. Iris était bien loin d’imaginer à quoi allait ressembler son avenir proche. Alors elle ouvrit innocemment le précieux paquet et y découvrit au total quatre documents, qu’elle s’empressa de parcourir du regard.

    Le premier était un acte de décès au nom d’Harman. Elle tomba sur les genoux dès que le nom raisonna à ses oreilles. Charlotte s’empressa de la rejoindre, inquiète de son état de santé. Ce n’était pas la première fois qu’Iris menaçait de perdre connaissance à cause d’émotions trop fortes. Peut-être était-ce la fin ? Ou bien une maladie quelconque, qui pouvait menacer toute la maisonnée ? Quoi qu’il en soit, elle commençait à s’attacher à l’enfant et s’il devait lui arriver quoi que ce soit, elle ne se pardonnerait sûrement jamais d’avoir manqué de vigilance. Elle jeta un regard inquiet à son Maître. Que pouvait cacher cette jeune fille pour être si troublée devant un document ? Elle le lit à son tour, par-dessus l’épaule d’Iris.

    Par la présente,

    Robert Longsoughy, Médecin conventionné, détermine les effets du décès du sujet de sa Majesté Harman Salrand comme étant suivantes :

    Multiples traumatismes,
    Ecchymoses épidermiques,
    Multiples fractures.

    Ces constatations, ajoutées aux conclusions de l'enquête menée par le Lieutenant Carlyle de la Brigade Sombre, ont abouties à la conclusion suivante :

    Mort causée par une chute violente sur les quais d'Assécia.

    Soussigné par Messieurs Longsoughy et Carlyle.


    Les trois autres documents étaient de même nature. Elle tomba tout d’abord sur l’acte de naissance d’Harman, puis sur le sien et enfin sur son propre de décès, encore vierge étant donné qu’elle est toujours en vie. Elle frissonna. Qu’avait cet homme derrière la tête pour transporter sur lui de tels documents ? Qu’attendait-il d’elle ? Comment pouvait-il être au courant pour Harman, alors qu’elle venait à peine de faire sa rencontre, sur un hasard qui plus est ? Etait-il un proche de cet homme ? Lui tendait-il donc un piège, pour venger la mort de son frère, de son ami ou de son cousin ? Lui tendait-il un piège ? Ses intentions à son égard étaient-elles aussi saines qu’il le laissait penser ?

    - Qu'est-ce que ça veut dire ? hurla soudainement Iris, toujours à genoux. Comment avez-vous eu ces documents ? Répondez ! Son souffle était court. Elle avait chaud et sa tête lui tournait. Qu'est-ce que vous voulez bon sang ?! Quand est-ce que vous allez m'expliquer le rôle que j'aurai à jouer à vos côtés ? Et c'est quoi cet acte de décès ? J'vais mourir c'est ça ? demanda-t-elle enfin, désespérée. Vous êtes de ceux qui me recherchent ? J'vais être pendue ? Mais... Elle regarda plus en détails l'acte de décès d'Harman. Mais pourquoi ? Non ce n'est pas logique. Je vais finir par d'venir folle !
    - Calmez-vous douce enfant...la supplia Charlotte.
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Mousse
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MessageSujet: Re: Une richesse dangereuse [PV] Ven 9 Mar - 23:08

Le vin ne se troubla pas même lorsque le marchand reposa le verre sur la table. Il était resté silencieux, immobile et impassible durant les vociférations de la jeune femme. Il savait qu'il devait attendre qu'elle ait terminée de s'épancher avant de pouvoir prendre la parole et se faire comprendre.

Il fit un signe de tête et Charlotte se releva, retournant à sa place. Elle savait qu'elle devait obéir, que les pleurs d'Iris cesseraient après qu'Allister soit intervenu. Bien qu'il ne soit pas délicat, il connaissait le coeur et les envies des Hommes.

Il se leva, repoussant par là même le fauteuil et, serrant les poings, prit appui sur eux pour se pencher au-dessus de la table et regarder face à face la demoiselle.

- Reste tranquille. Le calme est essentiel pour appréhender une situation dans son ensemble, sans rester confiner aux apparences.

Il se redressa et alla à la fenêtre. La journée était déjà bien avancée et les rues restaient encore fréquentées. Ce qui n'arrangeait pas les projets du Vicomte.

- Ces documents sont la clé. De ton voyage. De ta disparition. De ta nouvelle vie.

Il se rassit. La lassitude se lisait dans les traits tirés d'Allister; qui semblait en faire fi. Il désigna le papier qu'elle tenait encore.

- L'acte d'autopsie et de décès de Monsieur Salrand détournera tout risque d'investigation trop poussée en ce sens. Ils permettront d'écarter les autorités de cet... évènement.

Il se releva; comme s'il ne tenait plus en place. Bobby alla regarder à la fenêtre tandis que le noble se plaça aux côtés d'Iris. Le majordome tenait un pistolet à sa ceinture et avait gardé son fusil. Il scrutait avec attention l'extérieur.

- Quant aux deux autres; leur utilisation dépendra de ta décision concernant ma proposition. Pour cela, tu devras renoncer à ton ancienne identité, devenir une ombre parmi les ténèbres, un visage parmi la foule et rester fidèle, loyale et absolument obéissante. Qu'en penses-tu ?


Puis, plissant les yeux, il leva la main pour ajouter quelques mots.

- Sache bien entendu que je ne te force en rien. Tu as la possibilité de refuser. Tu peux continuer à mener une vie normale. Tu as de multiples possibilités en ce monde.

Charlotte leva un sourcil. Allister détourna le regard mais fut visiblement touché.

- Et cela va sans dire, je t'aiderai même si tu refuses. Je te donnerai un emploi stable si tu le désires ou te recommanderai auprès de diverses personnes pour que tu en obtiennes un. Mais n'oublie pas que tu serviras de bien plus grands idéaux en acceptant. De grandes intrigues sont à l’œuvre. Le monde en restera à jamais changé; fusse loin du regard de la plèbe. Et tu peux participer à l'Histoire. Tu peux changer le monde.

Il finit sa tirade et, sentant la sécheresse de sa gorge, comprit qu'il était parti dans l'emphase, qu'il avait vanté les mérites de la vie qu'il menait. Il en était fier. Et sans doute avait-il raison.
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Matelot
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MessageSujet: Re: Une richesse dangereuse [PV] Sam 10 Mar - 16:19

    Iris était adossée au mur, les genoux repliés contre la poitrine, la tête enfouie au creux des bras. Elle ne pleurait plus, mais avait les épaules secouées de frissons. Il lui semblait qu’un froid glacial s’était insinué dans tout son être et emprisonnait son cœur dans un étau de givre. Des pensées incohérentes se bousculaient dans sa tête et tournaient essentiellement autour d’une seule image : celle d’Harman tel qu’elle l’avait vu pour la dernière fois, avec des blessures béantes à la tête mais une expression de triomphe sur le visage, parce qu’il avait pu toucher quelques parcelles de son corps juvénile.

    J’ai accepté de travailler pour lui, mais que m’a-t-il réellement donné en retour ? C’était cette pensée qui la glaçait le plus. Elle s’était montrée terrible naïve, obsédée par son propre mal-être et sa quête d’identité, sans se préoccuper de ce que pouvait bien ressentir le jeune homme qui se disait son patron. Il était conscient qu’il la perdrait un jour, il le lui avait d’ailleurs dit. Peut-être était-ce pour cette raison qu’il avait préféré renoncer à tout à la faillite de son entreprise, pour ne pas avoir à subir une épreuve qu’il considérait lui-même comme inévitable ?

    Soudain, une main vint se poser sur les cheveux de la jeune fille, légère comme la caresse d’une mère mais forte et rassurante comme le soutien d’un père. Iris releva la tête d’un air incrédule car jamais Charlotte n’aurait désobéi à son maître pour la consoler, même au plus fort de ses chagrins. Elle fut donc d’autant plus bouleversée de découvrir le visage inquiet et empreint de compassion d’un fantôme qui disparut aussitôt qu’elle croisa son regard. Devenait-elle folle pour voir les morts ?

    Sans réfléchir, elle se jeta au cou du Seigneur Dumhein en sanglotant éperdument, soulagée que quelqu’un, enfin, ait compris n’était pas si forte qu’elle en avait l’air. Elle fut surprise de découvrir à quel point il était appréciable d’avoir une épaule pour pleurer, quand bien même la personne pouvait être froide. Sans en être atténué, son chagrin lui paraissait soudain plus supportable, parce qu’elle n’était plus seule pour y faire face. Ce ne fut qu’un plus tard, lorsque ses larmes commencèrent à se tarir, que la jeune fille prit conscience qu’Allister ne faisait peut-être pas cela uniquement pour elle. Qu’il puisse se servir d’elle la terrifiait, pourtant elle ne parvenait à trouver pire situation que la vie qu’elle menait il y a quelques heures à peine, dans les rues froides de Glénia. Iris découvrit un peu plus tard qu’elle ne se sentait finalement pas plus en sécurité ou à l’abri dans les bras de son protecteur. Seuls ses sens y avaient trouvé un apaisement passager. Cette pensée, loin de faire surgir une nouvelle vague de culpabilité, lui permit de se calmer davantage. Elle pouvait pleurer ses parents disparus qui resteraient toujours chers à son cœur. Mais elle devait cesser de s’apitoyer sur sa vie misérable et de se reprocher sa conduite pendant toutes ses années. Iris s’écarta d’Allister, qui la laissa aller sans chercher à la retenir. Elle était aussi reconnaissante à cet homme de sa sollicitude que de son silence car, à cet instant, n’importe quelles paroles lui auraient paru déplacée ou vides de sens.

    - C’était quelqu’un de mauvais vous savez.

    Elle s’essuya les joues du revers de la main, comme une enfant.

    - Comment j'vais devoir m’appeler ? demanda-t-elle d’une voix faible. Iris était un prénom qui m'plaisait bien. Il symbolise l’ardeur. Mes parents me l’ont donné dans l’espoir que je vive avec cette qualité. J’aimerais tellement qu’ils voient que je porte fièrement le nom qu’ils ont choisi pour moi.

    Qui était-elle pour venir le contredire ? Elle avait été la première à croire que ses ancêtres veillaient sur elle depuis l’au-delà. Avec les années étaient venus le cynisme et le rejet des croyances qu’elle considérait comme puériles. Iris songea finalement qu’il aurait été malvenu de refuser après qu’il lui ait fait une telle proposition. L’idée de pouvoir être utile au monde était presque tentante.

    - Oubliez ce que j'viens de vous dire, s’il vous plait ! J’avais la tête ailleurs ! C’était idiot de ma part ! J’aurais tout simplement dû vous demander le rôle que j’aurai à vos côtés ! Oui, tout simplement…pardonnez-moi ! Non pas...non pas que...Bon sang pourquoi ai-je fait tout cela ?

    Bien décidée à mettre fin à la conversation, Iris recula jusqu’à la porte, comme apeurée. Etrangement, l’idée de partir en quatrième vitesse lui passa par la tête.
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Mousse
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MessageSujet: Re: Une richesse dangereuse [PV] Jeu 15 Mar - 16:18

Son rire. C'était son rire qui choquait le plus chez Allister. Il était tout le contraire de son apparence. Chaleureux, musical et franc. Et il riait. Il ne se moquait pas, il ne le faisait jamais. Cependant, il n'avait jamais vu une telle innocence chez quelqu'un d'autre que cette demoiselle. Si elle avait commis un terrible geste, un meurtre, ce n'était pas par malveillance, ni par intérêt calculé; mais par émotion.

Il fut surpris du fait que la jeune fille se jeta dans ses bras et resta quelque peu stoïque et immobile. Puis lorsqu'elle se retira, il avait encore un petit sourire aux lèvres. Peu de personnes avaient approché ainsi le Vicomte durant sa vie. Cette jeune personne était vraiment peu ordinaire.

- Je n'en doute pas. Je connais vaguement son secteur d'activités. Mais n'en parlons plus.

Il balaya l'air de sa main.

- Tu pourras garder ton prénom; et à la rigueur ton nom de famille. Mais juridiquement, tu n'existeras plus. Et tu deviendras quelqu'un d'autre. En l'occurrence, je laisse ces détails à mon Intendant en Soakith qui te guidera.

Bobby posa la main sur la crosse de son fusil, ce qui attira le regard d'Allister qui se durcit. Il reporta à nouveau son attention sur Iris.

- Ne te tracasses pas, tu es en droit de poser les questions qui te concernent au premier plan. Ton rôle n'est pas encore défini, il le sera à ton retour; après le voyage en Soakith. Et ton avis sera...

Le majordome siffla un coup sec et le silence se fit dans la pièce. Charlotte tapota nerveusement sur son giron tandis que le Vicomte fronça les sourcils. Bobby se tourna vers ce dernier et chuchota.

- Ils sont là. J'en compte cinq. Armés. Il faut partir.

Allister confia Iris à Charlotte et prit rapidement ses affaires; arma également un pistolet et le prit en main. Tandis que les deux femmes sortaient de l'auberge, Bobby surveilla les arrières et Allister paya grassement le tenancier. Devant les écuries, attendait un cocher aux commandes d'une carriole aux rideaux sombres. Le noble invita les jeunes femmes à entrer. Le majordome prit sa place à l'arrière, chargeant son fusil. Et ils partirent.

Le rythme effréné du véhicule forçait les occupants à se tenir fermement pour éviter de voler dans l'habitacle. Un coup de tonnerre retentit, indiquant que leurs poursuivants les avaient déjà repérés. Devant l'air effrayé qu'affichait Iris, Allister tenta de la rassurer et de lui expliquer. Il restait peu de temps avant qu'ils n'atteignent le port mais il fallait encore qu'elle reste calme.

- Pas d'inquiétude, tout ira bien. Il faut juste que nous ne soyons pas vus par ces individus. Toi y compris. Au port, tu embarqueras sur un navire qui t'emmènera en Soakith où tu iras sur mon domaine. Là-bas, tu seras protégée et éduquée; ainsi qu'entraînée. Je suis désolé de ne pas te permettre d'assimiler toutes ces nouveautés... Mais nous n'avons pas le temps.

Cette incapacité semblait le mettre en rage froide. Il souhaitait toujours tout contrôler. Et en l'occurrence, les choses commençaient à lui échapper. A son plus grand malheur.
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Matelot
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MessageSujet: Re: Une richesse dangereuse [PV] Dim 18 Mar - 8:10

    - Mais ! Mais où en Soakith ? Pourquoi on doit partir si vite, j’ viens à peine d’arriver, à peine d’accepter votre protection et déjà…et déjà…Pourquoi est-ce que nous sommes obligés de nous enfuir comme des voleurs ? Qu’est-ce qu’ils nous veulent ces gars ? J’ai fait quelque chose de mal ? Je ne devrais pas être là, c’est cela ? C’est pour moi qu’ils sont venus ? Pour m’arrêter et m’jeter en prison ?

    Allister ne prononça pas un seul mot pendant tout le trajet qui les menait jusqu’au port. Alors la jeune femme ne manqua pas de lui faire partager son mécontentement. Elle voulait absolument connaître ce qui l’attendait en Soakith, mais également qui allait être son plus grand ennemi alors qu’elle débutait à peine une toute nouvelle vie. Etait-ce vraiment de cela dont elle avait besoin ? La vie dans la rue n’était pas moins risquée que ce qu’elle vivait actuellement, pourtant elle ressentait de la peur à grande échelle. Un sentiment qui lui dévorait progressivement le cœur, au point d’atteindre son esprit. Elle avait perdu toute capacité de raisonner et surtout de se calmer.

    - Pourquoi est-ce que vous ne me répondez pas ! J’ai le droit de savoir, malgré ce que vous pouvez en penser ! Je sais que nous manquons de temps, cela se voit à la vitesse à laquelle nous allons, mais par pitié, dites m’en un petit peu sur là où je vais ! Rien qu’un peu Vicomte ! Vous allez me laisser c’est cela ? Pourquoi vous ne venez pas avec moi ! Je croyais que vous alliez me protéger ! Vous me l’aviez promis, non ?

    Même un enfant l’aurait compris : Iris était prise de panique, mais surtout infiniment triste de se savoir déjà placée entre d’autres mains que celles du Vicomte. Sa vie venait de basculer seulement en l’espace de quelques heures et déjà l’aventure se présentait à elle. Pourtant, elle ne semblait pas prompte à lui ouvrir ses bras aussi facilement qu’elle le faisait pour un client à l’époque, les hommes derrière eux étant probablement armés jusqu’aux dents. Ce genre d’ennemis, Iris s’en serait volontiers passée. Mais pourquoi portaient-ils l’arme d’ailleurs ? La réponse à cette question échappait complètement à la jeune femme, qui essaya de se concentrer pleinement sur ce qu’elle allait devenir et non sur ce qu’elle était actuellement. C’était le mieux à faire pour l’heure.

    - Je ne connais rien de ce royaume, je n’y suis jamais allée de toute ma vie ! M'entraîner dites-vous ? M’entraîner à quoi ? Que vais-je apprendre là-bas, Vicomte ?

    Elle ne dit plus rien. Le Vicomte refusait de lui répondre. Il était concentré sur les bruits autour de lui. Le cocher cria : ils étaient arrivés au port. Là on fit sortir Iris tout en la protégeant du regard des autres. Ils marchèrent longtemps, sûrement à la recherche d’un bateau qui partait pour ce dit Royaume, nommé Soakith. Peu habituée aux longues robes de la noblesse, Iris marcha plus d’une fois sur le beau tissu, mais n’y porta guère attention : si le Vicomte était si certain de faire d’elle une femme de son entourage, alors elle en aurait d’autres à son arrivée là-bas.

    Lorsqu’ils trouvèrent la perle rare, Iris se dégagea de l’emprise de la personne qui la tenait et vint se blottir contre le Vicomte. C’est à lui qu’elle faisait confiance et à personne d’autre. Alors qu’il la laisse ainsi sur un immense bateau, sans venir avec elle pour la rassurer, la rendait bien plus triste que n’importe qui pouvait l’imaginer. Elle se comportait comme une enfant, le savait et ne s'en outrait pas. Comment pouvait-elle être à l'aise là-bas si elle ne connaissait personne ? Voilà pourquoi, une dernière fois, elle tenta de convaincre le Vicomte de la suivre.

    - Vous aviez promis…


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