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Premier Bain de Minuit [PV]

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MessageSujet: Premier Bain de Minuit [PV] Lun 12 Mar - 19:31



La fine barbe brune qui ombre les joues de Miguel, se colore du bleu nuit qui ornait la queue de Paco. Par jeu, Elyse l'étale avec un petit sourire moqueur, et cet affrontement coloré se termine par des rires clairs entrecoupés de tendres baisers, à moins que ce soit le contraire ! Confortablement enlacés et barbouillés l'un et l'autre, ils se noient dans le ciel scintillant de milliers d'étoiles. Si Elyse a appris sur le bateau à reconnaître quelques-unes des constellations peuplent la voûte céleste, si précieuses aux marins, elle se laisse bercer par la voix douce de Miguel, qui détaille les astres étincelants, avec une poésie toute personnelle.

Mais une proposition, somme toute anodine du jeune peintre, la fait tomber du voluptueux nuage de douceur sur lequel elle se sentait si bien, flottant d'étoile en étoile, au gré de la fantaisie de son tendre barbouilleur. Ses vieux démons tentent de soulever le couvercle du coffre dans lequel elle les espérait bien emprisonnés. Elle tente tant bien que mal de dissimuler ses vilaines craintes et demande mi-figue, mi-raisin :

- Tu es sûr qu'il n'y aura personne, mon cœur ? Vraiment sûr ? On risque d'avoir froid, non ? avance-t-elle, cherchant des arguments pour retarder l'échéance, puis elle se morigène, se traitant d'idiote mentalement, elle a bien failli mourir plusieurs fois, ces derniers jours, pourquoi craindre de se dévêtir devant Miguel ? Pourquoi appréhender de sentir son regard d'homme caresser ses formes délicates ? Elle ne peut plus atermoyer stupidement, jouer les effarouchées, alors que son cœur blessé et son corps violenté ont été câlinement apprivoisés par l'amour profond, la tendre patience de Miguel.

- Oh et puis zut ! Tant pis pour les curieux ! Allons-y, après ce voyage en mer, et les essais de peintre de Paco, toi, comme moi, avons besoin d'un bon bain ! On va emmener ce petit sacripant avec nous, je pourrai nettoyer convenablement sa queue, puisque tu as du savon. Je dois t'avouer que je n'ai jamais pris de bain par une nuit si belle, lorsque nous faisions escale, je me cachais toujours pour faire un brin de toilette, dans un endroit désert, je n'ai donc jamais partagé ce moment avec qui que ce soit ... concède-t-elle timidement, suivant Miguel dans ses préparatifs, au travers de la maison. Deux grandes serviettes moelleuses sont enfournées dans un sac de toile, ainsi qu'une plus petite qui sera pour Paco, puis c'est un pain de savon qui fleure bon la lavande qui les rejoint.

Paco, perché sur l'épaule d'Elyse, les jeunes gens quittent la maison, main dans la main et reprennent le chemin du port, au travers des ruelles étroites et pittoresques, éclairées par une lune bienveillante. Lorsqu'ils atteignent les quais désertés par les chalands et les matelots, en cette heure tardive, ils s'éloignent des navires endormis qui dodelinent doucement sur l'océan presque étale. Miguel les conduit à l'extrémité des appontements, vers un escalier minuscule, taillé à même le roc, dissimulé par les murets de pierres, qui bordent les débarcadères vides. Ils débouchent ainsi sur une plage sable blond, loin d'éventuels regards indiscrets, et se glissent entre les piliers de bois lavés par le sel et la mer, de la dernière jetée, trop ancienne pour être encore utilisée par les marins.

Elyse est au pied du mur, et pas question cette fois de décevoir Miguel ! Elle lâche sa main et s'appuyant à l'un des poteaux qui les environnent, retire ses bottes, elle s'avance vers l'eau qui lèche ses orteils dénudés, et qui, à sa grande surprise, n'est pas si froide qu'elle le craignait.

- L'eau est bonne ! s'étonne-t-elle, en se tournant vers son compagnon qui sort les serviettes et le savon du sac. Tu crois qu'on peut y aller ?

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MessageSujet: Re: Premier Bain de Minuit [PV] Mar 13 Mar - 18:26


L'improbable quatuor se met donc en route vers le port, traversé quelques heures auparavant. Une lune rousse, perdue au cœur des étoiles, éclabousse les quatre silhouettes qui dégringolent les ruelles en pente, et dessine des ombres furtives sur le pavé branlant. Quatre ? Eh bien oui, diantre ! Comptons ensemble : un singe minuscule, une donzelle plutôt mignonne, un échalas un peu voûté, et un sac à dos aussi épais et lourd que les trois précités réunis. Le compte est bon, non ? Ainsi que le barbouilleur le pressentait, même s'il n'est pas un adepte des balades nocturnes, les appontements et les docks sont aussi désertiques que le crâne dégarni et luisant d'un curé de campagne.

C'est avec plaisir qu'il redécouvre la petite plage discrète, aussi vaste que deux mouchoirs de poche, qui sommeille à l'extrémité du port, à bonne distance des quais d'amarrage des bateaux. Miguel y a jadis planté son chevalet, mais il avait oublié l'existence de ce rectangle d'ocre et de safran où viennent mourir les vagues, qui bruissent et froufroutent comme les longs battements d'ailes des rapaces nocturnes.

Ce bain de minuit improvisé, imputable aux prouesses picturales de Paco, est une grande première pour la puce. Elle en fait l'aveu à Miguel. Mais s'est-elle un jour mise à nu devant un homme amoureux d'elle, elle qui s'est si longtemps dissimulée sous les traits d'un jeune mousse introverti ? Osera t-elle se dévêtir devant lui, qui s'est abstenu, à son corps défendant, de tout geste qu'Elyse aurait pu estimer trop entreprenant, durant leur retour de Wécia ? Voilà les questions que se pose le barbouilleur, réalisant soudain que cette baignade, si naturelle pour lui, constitue sans doute une épreuve délicate pour sa compagne. Il comprend, à cet instant seulement, les réserves que la belle émettait à l'idée de cette gentille trempette, lorsqu'ils se préparaient à quitter l'atelier. Doucement. Pas de précipitation, Miguel, pas d'impatience. Oui, tu te réjouis à l'idée de la voir nue, ton Elyse, tu te réjouis à l'idée de l'aimer tendrement, mais reste calme, comporte-toi comme si ce bain était un instant banal, un épisode de la vie de tous les jours, et ce qui doit arriver arrivera. Aujourd'hui ou demain.

La puce a retiré ses bottes, et plonge un orteil prudent dans les eaux calmes. La mer n'est pas froide, elle est même d'une température agréable, et la sylphide s'en étonne et s'en réjouit auprès de son compagnon, qui n'attendait qu'un mot d'encouragement pour se manifester. Ah oui ? L'eau est bonne ? Bien-sûr qu'on peut y aller, mon lapin, et n'aie pas peur, il n'y a personne ! Regarde-moi ce saut de l'ange, tu n'en verras jamais plus de pareil ! ... s'écrie t-il en se débarrassant de ses bottes et en jetant ses vêtements par-dessus son épaule !

Nu comme un ver, il s'élance à toute vitesse et bondit, les pieds joints, dans l'écume grisâtre, en poussant un hurlement effrayant qui se termine en infâmes gargouillis lorsque notre artiste pénètre dans l'eau sombre. Il en jaillit aussitôt en recrachant un bon litre d'eau salée, puis replonge gaiement et nage vivement vers la belle. La mettre au défi d'en faire autant ? Non ! Tout mais pas ça ! Ça obligerait la puce à enlever la plupart de ses vêtements, et il ne veut pas le lui imposer, ni même le lui suggérer. Parvenu à un pas d'Elyse, Miguel se redresse et il lui ouvre cependant les bras, l'incitant à le rejoindre, vêtue ou non. Le bougre a de l'eau jusqu'à mi-cuisses, et, diantre, il est difficile pour lui de cacher son anatomie ! Zut ! Tant pis ! Allez, viens vite moussaillon, elle est excellente !

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MessageSujet: Re: Premier Bain de Minuit [PV] Ven 16 Mar - 19:55

Plonger dans l'onde tiède ? En aura-t-elle le courage ? Même si la tentation est grande, osera-t-elle se dévêtir, vaincra-t-elle ces craintes ? Au milieu de ses interrogations, Elyse sursaute au long cri de Miguel, qui passe devant elle en courant, pour plonger dans l'océan sans hésiter. Toute à ses pensées dissonantes, elle ne réalise pas immédiatement que le jeune homme est nu comme au jour de sa naissance, même si cela semble logique pour se baigner que de se déshabiller. Issue d'une famille où elle était le seul élément féminin, mousse d'un navire pendant plusieurs années, elle a déjà vu des hommes en costume d'Adam, cela ne la choque pas outre mesure ...

Ce n'est pas la nudité qui la gêne, mais l'intimité qu'elle implique entre un homme et une femme, et jusqu'à présent elle n'a guère été soutenue dans cette découverte des sens. Si Miguel a su percer la muraille de peur panique et même de répulsion, derrière laquelle elle se cachait, elle est à présent, sur la ligne de départ de la nouvelle étape, elle ne doit plus reculer ! Les bras amoureux qui se tendent vers elle comme des ponts vers le bonheur, n'attendront pas éternellement !
Alors détournant son regard troublé, Elyse retire rapidement son pantalon et ne pouvant se résoudre à enlever sa chemise, qui la cache encore jusqu'à mi-cuisses, elle entre dans l'eau, fendant les vaguelettes qui lèchent ses jambes nues, pour rejoindre Miguel. Sans un mot, elle se blottit dans ses bras, à la fois désemparée et hésitante, et lorsque ses yeux croisent les prunelles turquoise, c'est dans un océan d'amour qu'elle plonge, y puisant la force, le courage d'affronter enfin ses démons, ses vieux compagnons.

Elle caresse délicatement, du bout de ses doigts, légers comme des plumes, les joues rugueuses du peintre, lavées du joli bleu qui les ornait. Peu à peu les nœuds qui étranglaient sa gorge, qui tordaient son ventre se desserrent sous le charme du jeune homme tendre qui l'enlace paresseusement, sans la contraindre, ni la presser. Et enfermée dans le doux et intime cocon de cette étreinte, la nouvelle Elyse s'apprête à sortir enfin de sa coquille de solitude, de son carcan d'angoisse.

- Tes joues, mon ange, sont presque propres ... prononce-t-elle tout bas, intimidée, essuyant une trace légère de son pouce. Je … Je vais avoir besoin de ton aide … pour ... délacer ma chemise … je n'y arrive pas dans le noir ... continue-t-elle, prenant un peu d'assurance, mais comptant sur l'aide de son tendre barbouilleur pour se débarrasser du dernier rempart, bien mince, qui les sépare encore. Le timide papillon va bientôt sortir de sa chrysalide et prendre son envol, une renaissance providentielle, après des années sombres de désolation.

Embarrassée, Elyse se hisse sur la pointe des pieds et tend à Miguel les extrémités entortillées du lacet qui ferme le col de sa chemise. Machinalement, elle rejette la masse de ses cheveux bruns derrière ses épaules, dégageant son encolure qu'elle offre aux doigts agiles du jeune homme.

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MessageSujet: Re: Premier Bain de Minuit [PV] Dim 18 Mar - 8:37


Le regard de Miguel ne peut se détacher du charmant spectacle de la puce qui s'avance vers lui, les jambes nues, les pieds avalés par la houle fine, les cheveux emplis des flaques d'or fauve qu'y déverse la lune rousse. Ce que tu es jolie ! ... souffle t-il, les yeux débordant de son image. Cependant, aux attitudes de la belle, aux gestes qu'elle accomplit et à ceux qu'elle retient, le barbouilleur acquiert la conviction qu'elle est plus tendue, plus troublée qu'il n'y parait, et il repousse tout au fond de lui cette gouaille légendaire et cet humour de potache qui le caractérisent. Miguel, mon ami, ne gâche pas cet instant unique. Tout doux, bas les pattes ...

Son pouls s'accélère, son cœur fait trois ou quatre pirouettes dans sa poitrine lorsque la belle vient se blottir entre ses bras. Il ose à peine la serrer. Elyse lui caresse la joue, et constate qu'il a suffi d'un saut dans les vagues pour que la peinture bleue qui l'ornait rejoigne le bleu de la mer. Elle ne sourit pas, mais elle est adorable. Elle a levé les yeux vers lui, leurs prunelles se fouillent, leurs âmes se livrent, et le peintre entrevoit dans les yeux d'or le combat que livre sa brindille contre ses fantômes, et contre elle-même. Sans doute cherche t-elle à se rassurer, à se donner une contenance, à s'affirmer, par cette main qu'elle pose sur son visage mangé par une barbe naissante, mais ses angoisses d'hier ont décidé de la poursuivre cette nuit encore. Il la serre un peu plus, pour l'apaiser, la tranquilliser, pour absorber ses peurs, mais ces fichus démons ont la peau dure, et la lutte est longue.

Est-ce l'obscurité, ce qu'affirme la sylphide, ou bien est-ce un effet du trouble qui l'habite ? Voilà soudain que la puce réclame l'aide de son compagnon pour dénouer le lacet fixant son corsage. Confuse, elle lui tend les extrémités du lien, qu'il saisit du bout de ses doigts mouillés, aussi embarrassé qu'elle. Elle se cambre avec une grâce innée, rejette élégamment sa chevelure vers l'arrière pour lui faciliter la tâche, et, lentement, Miguel extrait le lacet des deux rangées d'œillets qui l'emprisonnent, libérant peu-à-peu ses seins blancs de leur écrin de soie légère, les découvrant pour la première fois, conscient de l'inestimable cadeau que lui offre sa princesse. Et les excellentes résolutions du grand brun ne résistent pas à cette ravissante apparition. Mission impossible pour le bonhomme ! Tout en lançant la chemise d'Elyse sur l'appontement tout proche, où gambade allègrement Paco, il se penche vers elle, puis il lui prend la taille, et pose délicatement les lèvres sur sa poitrine ivoirine et ferme, que l'élégante cambrure de la puce arrondit et tend encore davantage. Il l'embrasse doucement, mu lui aussi par des démons obstinés bien trop puissants pour lui, et, presque sans s'en rendre compte, il harcèle tendrement, d'une lippe gourmande, un téton aussi délicat et fragile qu'un bouton d'églantine s'exhibant au soleil d'un matin d'été.

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MessageSujet: Re: Premier Bain de Minuit [PV] Mer 21 Mar - 19:06

Le tissu léger de sa chemise qui glisse sur sa peau frissonnante, la dénudant, inexorablement, puis les yeux turquoise si doux de Miguel qui la caressent tendrement, la dévorent, et enfin ses lèvres sensuelles qui s'égarent passionnément sur sa poitrine, Elyse tressaille, hésite entre son corps qui prend les devants et se cambre sous les assauts délicats de son amour de barbouilleur, et sa tête qui, assaillie par ses vieux démons, oscille, chancelle, et finit par lâcher prise.
Doucement, elle se penche vers le visage de Miguel, qu'elle a saisi de ses deux mains, et embrasse les lèvres gourmandes qui la torturent si délicieusement, elle s'abandonne à l'amour qu'elle porte à ce jeune homme si drôle, espiègle, fantaisiste et si vivant. De nouveau, elle cherche son regard ardent, assombri par ses propres émotions et plonge dans ses prunelles saphir, se livrant sans détour :

- Pas si vite, mon ange, ne va pas trop vite, tout cela est si nouveau pour moi, je vibre ... je brûle de sensations si intenses qui me sont inconnues ... et pourtant si familières … Je … la crainte est toujours là tapie au fond de moi, insidieuse, prête à reprendre le dessus … Je ne veux pas te décevoir encore une fois, donne moi un peu de temps, s'il te plaît, mon amour …
Elle fouille son regard azur, cherchant un peu de compréhension au fond des reflets turquoise, et continue bravement, affrontant ses peurs tenaces, grâce à l'amour de ce grand escogriffe fantasque : - Tu veux bien qu'on attende d'être rentré … pour ... pour reprendre cette découverte, ensemble, à l'abri de l'atelier ... dans ton lit ? Elle se tait quelques secondes, puis avec un sourire espiègle, elle se tortille comme un ver, de façon à obliger Miguel à la reposer sur le sol : - Je n'ai pas encore eu mon bain, d'ailleurs ! s'écrie-t-elle, reprenant le ton léger de leurs échanges habituels.

Hardie, délivrée d'un grand poids, Elyse pose ses mains sur le torse nu du jeune homme, le pousse de toutes ses forces, pour le faire tomber à la renverse, dans une grande gerbe d'eau salée, miroitant sous les lueurs dorées de la lune. Puis elle court, plonge dans l'onde tiède, accueillante, savourant sa caresse fraîche et vivifiante sur sa peau nue. Elle échappe ainsi à Miguel, et lorsqu'il refait surface, ses longs cheveux d'ébène mangent son visage, dégoulinent dans ses yeux céruléens, elle profite de son aveuglement provisoire et lui envoie, avec ses mains, de grands paquets de mer. Elle l'éclabousse en riant aux éclats, comme dans la rivière de la forêt d'Astaen, reprenant la partie où ils l'avaient laissée ...

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MessageSujet: Re: Premier Bain de Minuit [PV] Jeu 22 Mar - 12:41


Du temps ... La puce lui demande un peu de temps, juste un peu de temps, et ses baisers, et ses promesses, ont tôt fait de convaincre le barbouilleur, qui, de toute manière, est prêt à accéder à tous les désirs de la belle. Il a juste un peu de mal à contrôler l'intrépidité de ses mains, l'audace de ses lèvres. Mais est-ce vraiment sa faute à lui si la naïade le fait fondre d'un simple regard de ses yeux d'ambre ? Déjà lorsqu'elle n'était que vilain moussaillon à la voix rauque, il ne ... Oups ! Mais voilà que la jolie crevette se débat soudain comme une guêpe dans un bol de lait ! Diantre ! C'est qu'elle a de l'énergie à revendre, la coquine ! Et notre artiste, aussi épais qu'un fil à couper le beurre, est vite contraint de laisser s'échapper la mignonne. Aaahhhh tu veux un bain, tu vas l'avoir, ma grenouille ! lui répond-il en riant, reluquant d'un œil vers leur baluchon qui contient un savon de toilette qui, ma foi, sera le bienvenu, et pas uniquement pour récurer le postérieur du capucin !

Mais le bougre est pris de court par son asticot qui a déjà posé les pieds dans l'onde peu profonde et s'est écarté un brin ! Saperlotte, la brindille préparait un mauvais coup, bien entendu ! Faites donc confiance à une femme ! Splatch ! Voilà le barbouilleur repoussé dans les remous par deux menottes fines mais bougrement résolues, et un éclat de rire clair ponctue sa culbute ! Tu vas voir, mon têtard, de quoi est capable un féroce peinturlureur ! Il émerge après avoir avalé la moitié de la mer, sa longue tignasse couleur charbon s'obstinant à lui couvrir le visage ! Il tente de s'en débarrasser du revers de la main, mais un torrent d'eau salée l'accueille lorsqu'il se redresse enfin, et son cri, « A l'abordage ! », ne marquera pas l'histoire de la piraterie car il meurt noyé en cherchant vainement à franchir ses lèvres !

Afin d'éviter un second déluge, Miguel n'a d'autre recours que de plonger vers son bel asticot, secoué par un rire délicieux jaillissant comme une source vive et grimpant tout droit vers la lune. Oui, oui, c'est ça, rigole, ma jolie sirène, maintenant tu ne m'échapperas plus ! Son entrée dans l'eau est approximative, guère artistique, elle soulève un geyser qui retombe en mille gouttelettes d'argent, mais le barbouilleur atteint son but : les longues gambettes de la sylphide ! Il s'en saisit des deux mains, glisse la tête entre les genoux de la puce, la déséquilibre, soulève le tout comme s'il s'agissait d'un sac de plumes, et la jette sur ses épaules. Bon ! Le jeune peintre ne fera pas dix lieues avec un tel fardeau lui gigotant sur le dos, mais il entraîne cependant sa frêle prisonnière vers des vagues un peu plus impétueuses. Ah, ah, je te tiens, ma poulette ! Prête à t'envoler pour le grand plongeon ?

Un indicible sourire aux lèvres, il avance encore de quelques pas, luttant contre flux et reflux, trébuchant à chaque enjambée, mais il parvient à hauteur de l'extrémité des appontements. Il a maintenant de l'eau jusqu'à la poitrine, mais le fieffé coquin se met à tourner sur lui même, prenant un peu de vitesse, et il expédie la mignonne dans les remous ! Rhooo non, pas bien loin, notre hercule est musclé comme un orvet maladif, mais il éclate de rire à son tour quand son Elyse s'enfonce dans les vaguelettes grises. Pour éviter toutes représailles, il tourne le dos à la belle et marche laborieusement vers l'estacade de bois où Paco fait mille pitreries avec leurs vêtements qu'il a ramassés sur la plage. Dieu du ciel, Paco ! Veux-tu bien déposer tout ça ! ordonne t-il, ne pouvant toutefois se retenir de rire à ventre déboutonné ...

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MessageSujet: Re: Premier Bain de Minuit [PV] Jeu 29 Mar - 15:04

De grandes gerbes aux milliers de gouttelettes iridescentes s'abattent sur le pauvre Miguel, qui n'a d'autre choix que de plonger pour leur échapper ! Seulement maintenant, il est invisible, et Elyse a beau regarder de tous côtés, elle ne le voit pas se couler discrètement jusqu'à ses jambes, quand elle est soudain catapultée en l'air, par le grand coquin de barbouilleur qui se relève juste sous elle, et l'emmène sur son épaule, plus au large. Elle a beau se tortiller, en riant aux éclats, Miguel la maintient bien et finit par la projeter dans les vagues ourlées d'écume blanche, éclaboussant les appontements au dessus d'eux et Paco qui fait le clown, avec leurs vêtements qu'il a chipés sur la plage, alors qu'ils discutaient les pieds dans l'eau.

Quand elle refait surface, son barbouilleur s'en retourne vers le sable, confiant, hilare, mais pas question de le laisser tranquillement rejoindre le rivage, la partie n'est pas terminée ! Tout comme lui, elle plonge et cherche les longues jambes du jeune peintre, qu'elle finit par distinguer grâce aux lueurs argentées de la lune complice, qui transpercent l'onde, peu profonde. Se saisissant des deux chevilles de Miguel, Elyse lui donne un coup d'épaule, dans le creux de ses genoux, pour le déséquilibrer complètement. Et elle émerge, ruisselante, dans un panache étincelant de gouttelettes d'eau, elle dégage son visage rieur, des mèches brunes qui collent à ses joues, et les mains sur ses hanches, apostrophe le jeune homme, moqueuse : - Non mais ! Je vais t'apprendre à me jeter dans l'eau comme un vulgaire galet ! Du pied, elle lui lance une nouvelle gerbe d'eau avant de courir vers le sable fin, vers leur sac rebondi, dans lequel elle pêche le pain de savon fleurant la lavande.

Est-ce la lueur douce de la lune qui les enveloppe, alliée rassurante de leurs jeux ? Est-ce la certitude qu'enfin elle a trouvé sa place auprès de Miguel ? Elyse réalise qu'elle est nue en entrant dans l'onde tiède, le savon à la main, elle l'avait complètement oublié ! Imperceptiblement elle hausse les épaules, et s'avance sans crainte, sans honte vers Miguel assis dans l'eau. Elle capte son chaud regard turquoise qui l'effleure tendrement, et s'assied à ses côtés, posant sa joue contre son bras. Elle est bien, si bien, sereine, heureuse, elle ne veut plus bouger ...

- Paco a l'air de bien s'amuser avec nos vêtements, murmure-t-elle, dans un sourire attendri, brisant le silence tranquille, il les a répandus partout sur le débarcadère, j'espère qu'on retrouvera tout, je n'ai que cette chemise et ce pantalon ... L'eau est bonne, mais nous devrions finir notre bain, avant que ce chenapan n'ait l'idée de les jeter à l'eau, il n'est plus à une bêtise près ! Jouant machinalement avec le savon, ses mains sont pleines d'une mousse mauve, soyeuse qui s'étale lentement autour d'eux, les enveloppant du parfum doux de la lavande, mousse avec laquelle elle s'amuse à dessiner du bout des doigts, des arabesques alambiquées sur le bras de Miguel ...

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Dernière édition par Elyse Garimont le Mer 11 Avr - 18:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Premier Bain de Minuit [PV] Ven 30 Mar - 11:42


Fripouille tu naquis, fripouille tu vivras, fichu barbouilleur, fieffé polisson ! Et le corps nu de ta belle te met dans tous tes états, une fois de plus ! T'as du mal à contrôler tes doigts, hein, bougre d'animal ! Tu vas encore flancher, vilain rastaquouère !

Le suspens sera bref ! Ainsi qu'il fallait s'en douter, les grands doigts maigrichons du zigoto remportent sans mal le duel qu'ils livraient contre la volonté défaillante de leur propriétaire, et contre la maîtrise de soi toujours aussi chancelante de l'échalas. La mousse lilas qui enrubanne la tendre brindille, assise contre lui, et qui se disperse lentement dans les frissons de l'onde, offre d'ailleurs un joli prétexte au coquin. C'est pas la mer qu'il faut laver, mon ange ... lui murmure t-il en souriant de toutes ses dents. Je dois vraiment tout d'apprendre, mon beau moussaillon ! Bon ! Laisse faire l'artiste ! Allez, pose là ton popotin, sur mes genoux, et admire le travail, ma langoustine ! T'as du sable sur les fesses, mais je vais m'en occuper !

Voilà ! L'adorable sylphide s'installe, le dos tourné à son flibustier, s'appuyant délicatement contre les pectoraux qu'il n'a pas. Il lui chipe le savon en riant, s'en imprègne les paluches jusqu'à ce qu'elles disparaissent entièrement sous la mousse épaisse, et se met à débarbouiller la croupe svelte de son puceron, ses hanches fines, ses épaules d'asticot, sa nuque gracile. Notre gaillard y va de bon cœur, au moins durant trois minutes, mais ensuite, progressivement, ses paumes se font tendresse, se font caresses, se font douces comme ces pluies d'été qui tombent sans mouiller vraiment. Oublié, le savon. Oubliée, la mer qui les berce en clapotant légèrement contre leurs cuisses. Oubliés, tous les bâtiments du port qui les surplombent.

Les lèvres de Miguel batifolent sous la chevelure mouillée de la puce, déposent mille baisers sur sa peau tiède et salée, alors qu'il enveloppe tendrement le corps menu de ses longs bras minces. Il l'attire encore plus près, sa bouche cherche celle de la brindille, leurs yeux se parlent d'amour, et Miguel se penche pour murmurer à son oreille ... mais c'est un cri qui retentit !

- Sapristi Paco ! Qu'as-tu encore imaginé là ? Reviens tout de suite !

Mais le capucin se fiche éperdument des cris du barbouilleur, il s'est emparé de la chemise d'Elyse et gambade sur l'appontement en direction du port et des bateaux amarrés, en glapissant comme un goret qui voit s'approcher le boucher et son grand couteau ! Les tourtereaux se redressent précipitamment, mais leurs jambes emmêlées les font vaciller, puis culbuter dans les eaux sombres. Viteeeee, il s'éloigne ! ... hurle l'artiste ! Ils se relèvent enfin, mais, nus comme deux poulets prêts à cuire, pas possible de galoper à la poursuite du chenapan à travers les docks ! Enfile ma chemise sur tes doudounes, mon cœur, Paco fait tellement de tintouin qu'il va réveiller tous les marins !

Sautillant sur un pied en tentant vainement d'enfourner l'autre arpion dans une botte, le pantalon relevé jusqu'à mi-cuisses, un œil posé sur la puce, l'autre cherchant à suivre de loin la course de Paco, il est beau notre barbouilleur, non ?

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MessageSujet: Re: Premier Bain de Minuit [PV] Mer 11 Avr - 13:23

Bien qu'inquiète pour le sort hasardeux de leurs vêtements éparpillés sur le ponton, Elyse oublie vite ce coquin de Paco et ses espiègles pitreries, quand Miguel l'attire doucement sur ses cuisses, et l'assied tout contre lui. Intimidée tout d'abord, elle s'abandonne aux douces caresses d'écume savonneuse de son barbouilleur, aux mille baisers gourmands qu'il disperse sur sa nuque devoilée, sur ses épaules rondes. Elle se laisse enfin guider par son corps néophyte qui frémit sous les mains habiles du jeune peintre, qui redessinent tendrement ses formes avec la mousse irisée du savon mauve, pour toute couleur. Toutes ces nouvelles émotions si intenses, presque douloureuses ne lui font plus peur, désormais, au contraire, Miguel est trop doux, trop tendre pour lui faire le moindre mal, elle l'a enfin compris.

Son adorable compagnon la cajole, la câline comme une petite chose précieuse et fragile. Mais la passion couve sous la peau dorée frissonnante d'Elyse, elle s'épanouit dans le coeur meurtri de la jeune femme, mais aussi au creux de ses reins, de son ventre, rivière sauvage, incandescente que seul le jeune peintre pourra dompter. Alanguie contre son torse, elle quête les baisers ardents des lèvres expertes de Miguel, se perd dans l'éclat hypnotique du regard turquoise. Elyse s'abandonne, enfin, totalement, oubliant le passé, vivant intensément ces instants, hors du temps, hors du monde …

Soudain cette félicité enchanteresse vole en éclats, explose, lorsque ce diable de Paco, probablement jaloux des attentions que se prodiguent les deux amoureux, s'enfuit piaillant à qui mieux mieux, avec la chemise d'Elyse, flottant derrière lui comme un étendard victorieux, immaculé sur les docks sombres. Cette énième facétie arrache un cri au barbouilleur, qui fait violemment sursauter la jeune femme. Le retour à la réalité est rude, d'autant que dans leur hâte à se relever, ils trébuchent, et s'étalent, lamentablement dans l'écume ivoirine des vagues languides qui viennent mourir sur la plage nimbée de lune. Vite se rhabiller, impossible de courir après le voleur, dans le plus simple appareil !

Mais les vêtements sont disséminés un peu partout sur l'appontement, et le temps file, tout aussi vite que leur petit monstre moqueur. Chacun enfile maladroitement ses frusques et ses bottes, mais leur peau humide ne leur facilite pas les choses ... Elyse revêt la chemise de Miguel, qui lui arrive aux genoux, et risque d'entraver quelque peu sa course, elle s'empresse de la nouer sur ses hanches, pendant que son barbouilleur bataille avec une cuissarde récalcitrante, sautillant comme une grnouille … A moitié vêtus, les deux jeunes gens se mettent enfin à la poursuite de Paco, qui fait un raffut de tous les diables, dès qu'ils s'approchent trop près. Il grimpe sans vergogne sur l'un des bateaux endormis, réveillant l'homme de quart, qui jure en se demandant qui a bien pu oser lui marcher dessus ...

Elyse et Miguel longent silencieusement les coques majestueuses des navires à quais, appelant de temps en temps le capucin sacripant, qui se garde bien de revenir vers eux, continuant son manège de pont en pont ...

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Dernière édition par Elyse Garimont le Jeu 12 Avr - 16:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Premier Bain de Minuit [PV] Jeu 12 Avr - 10:16


Ça y est ! L'échalas a enfin enfilé sa cuissarde, et il a remonté son pantalon à bonne hauteur, dissimulant ainsi son magnifique troufignon ! Sa poulette s'est pudiquement enveloppée dans la chemise « miguelienne », notre artiste la saisit vivement par une main, et zou, les tourtereaux galopent comme deux cabris à la poursuite de leur démon poilu, qui ne les a pas attendus, bien évidemment, et trimbale derrière lui le corsage de la puce en hurlant comme un putois. Le filou ne semble pas gêné par la liquette de la brune tourterelle, qui tourbillonne derrière lui comme un drapeau claquant au vent. Il file, l'animal, et zou, un saut par dessus une bite d'amarrage, puis un crochet vers la droite pour se faufiler entre deux montagnes de cageots, et rezou, une cabriole vers la gauche pour se glisser sous une carriole oubliée, puis une pirouette vertigineuse pour grimper à bord d'une goélette endormie sous la lune !

- Pas ça, Paco, pas sur les bateaux ! ... hurlent en chœur la sylphide et son escogriffe ! Trop tard, bien-sûr, notre animal n'en fait qu'à sa tête, têtu comme la pire des bourriques ! Le voilà qui gambade allégretto sur le pont, slalomant entre les caisses, happant au passage une poignée de raisins au fond d'une panière d'osier. Et ce qui devait arriver arriva ! Le monstre hurleur piétine dans son bel élan un marin somnolant sous les étoiles, qui se met également à gueuler comme une truie qu'on égorge, en agitant furieusement un poing aussi gros qu'une noix de coco !

- A qui est cette sale bestiole ? ... braille le mataf qui lance une œillade furibarde vers les docks, cherchant un coupable sur qui soulager sa colère !

Oups ! Chaude alerte ! Un tel poing lui écrasant le pif, et notre barbouilleur serait expédié au pays des rêves pour une ou deux décennies au moins ! La course des tourtereaux se fait soudain silencieuse, ils longent sur la pointe des pieds les murs d'un bâtiment oublié par les rayons de lune, mais pas question pour autant d'abandonner là leur chenapan, qui, entre-temps, a bondi sur un autre trois-mâts et batifole dans les haubans. D'autres visages apparaissent sur le pont, du mousse boutonneux qui ne comprend rien à ce qui se passe, à l'officier aux traits rébarbatifs et sévères, en passant par d'affreux gabiers édentés se grattant élégamment la tignasse, l’œil aussi vide et terne que celui de la hulotte surprise par le petit matin ! Mais bientôt tous lèvent les yeux vers les cordages et les voiles, d'où s'affale lentement un joli corsage féminin.

- Je pense que nous voici dans la panade, mon poussin ... murmure l'artiste à sa brunette, lorsqu'ils débouchent à la hauteur de ce rafiot, alors qu'un marin ventripotent ramasse en riant la chemise de la puce. Rassemblant tout son courage, Miguel s'approche du bastingage, tenant toujours la menotte de sa belle Elyse dans la sienne, et il hèle le joufflu. - Hé m'sieur, elle est à nous cette liquette ! Et le singe aussi ! On pourrait les récupérer s'il vous plaît ? ...

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MessageSujet: Re: Premier Bain de Minuit [PV] Lun 23 Avr - 9:05

Ils courent, cavalent après le petit voleur qui rebondit de navire en navire, semant la pagaille sur son turbulent passage. Elyse et Miguel se font discrets, louvoyant entre les navires silencieusement, ils poursuivent Paco, inquiets des réactions des matelots pas toujours très tendres. Tout comme lors de leur première rencontre, le capucin les nargue en crapahutant dans les vergues et les haubans, la liquette dans une patte, quand soudain, affermissant une prise, son trophée lui échappe et déployant ses ailes comme un oiseau blanc, la chemise légère tombe mollement dans les mains calleuses d'un vieux loup de mer au regard égrillard, sous les encouragements goguenards et l'oeil empli de curiosité des autres marins.

Elyse s'arrête net, levant les yeux vers l'objet de convoitise des hommes de quart, elle peut dire adieu à sa seule et unique chemise … Mais Miguel ne l'entend pas ainsi apparemment, et stupéfaite elle l'entend demander à ce que le gracieux corsage leur soit rendu. Après leur course éperdue, les voilà face à une dizaine d'hommes, réveillés par le singe facétieux, qui ne vont pas céder si facilement face aux deux frêles amoureux. Ils sont dans la panade !

- Si tu veux ta chemise, viens donc la chercher, moussaillon d'eau douce, dit l'un des plus jeunes matelots au bonnet crasseux, vissé sur son crâne.

- Oui c'est ça, viens récupérer ta chemise, ma jolie, on va te montrer comment faire pour l'enfiler, rétorque en riant grassement, un autre plus âgé, à la figure brûlée par le soleil et le sel.

Lentement, prudemment, ils s'avancent vers la passerelle, sous les quolibets égrillards de l'équipage. S'armant d'un courage qu'elle n'a pas, Elyse, échaudée par leurs dernières aventures, s'arrête à la moitié du ponceau, espérant que l'homme qui détient toujours la chemise délicate, entre ses mains, la reniflant bruyamment, comme une assiette de ragoût fumant, s'avancera vers elle. Dégoûtée, elle sait déjà qu'elle ne pourra la remettre que lavée et relavée, purifiée de la souillure de ses mains vicieuses.

Lorsqu'il met, enfin le pied, sur la passerelle, la faisant tanguer sciemment pour déséquilibrer les deux jeunes gens, Elyse reste bien droite et fière, elle ne bronche pas, utilisant son expérience de mousse pour résister au roulis. Les pieds campés sur les planches, serrant très fort la main du barbouilleur dans la sienne, elle plante hardiment son regard vert qui fulmine de colère, devant la bêtise de cet homme. Pas question de se laisser intimider, la voilà projetée quelques semaines en arrière, alors qu'elle naviguait encore … Sauf qu'elle était un garçon à l'époque ...

- Voyons, tu n'as pas besoin de cette chemise, elle n'est pas à ta taille, rends la moi, s'il te plaît, énonce-t-elle d'une voix claire et assurée, bien qu'elle n'en mène pas large, et plaquant un sourire sur ses lèvres, elle ajoute crânement : Elle te sera bien trop juste, et elle a besoin d'un bon décrassage … Apercevant Paco, qui redescend lentement des cordages, manifestement déçu d'avoir perdu son jouet, elle poursuit : Si vous pouviez aussi nous aider à attraper notre petit fugueur …

Mais le vieil homme, qui vient de passer quelques semaines en mer, a d'autres idées, plus primitives, en tête, et la jeune et jolie jeune femme aux courbes juvéniles mais appétissantes, qui se tient devant lui éveille de bas instincts concupiscents. Et alors qu'Elyse se trouve à sa portée, c'est une main baladeuse qui vient gaillardement s'égarer sur sa hanche et sa fesse. Dans un hoquet de surprise, elle réagit instinctivement, décochant une gifle magistrale au matelot à lui dévisser la tête. Dans la confusion générale, entre les rires et les cris d'encouragements ou de fureur du marin, qui se tient sa joue écarlate, Elyse se saisit vivement de sa chemise, qu'elle arrache de la main crochue, et entraîne Miguel sur le quai :

- Vite, sauvons-nous ! Paco, Paco ! Crie-t-elle, espérant faire réagir le capucin, elle file vers la ville, entraînant son tendre barbouilleur dans son sillage ... Une minuscule silhouette sautillante leur emboîte immédiatement le pas ...

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Dernière édition par Elyse Garimont le Mar 24 Avr - 19:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Premier Bain de Minuit [PV] Mar 24 Avr - 6:34


Oooh cette beigne ! Si le sagouin avait des dents branlantes au fond de la salle à manger, sûr qu'elles macèrent à présent au fond de l'eau et que le bougre est condamné à la purée mousseline et au riz au lait pour quelques semaines ! En tout cas, cette mornifle mémorable, appliquée avec art sur le coin du museau du vieux mataf, rencontre un vif succès auprès de l'équipage, et les rires redoublent sur le pont. Ils se fendent la pêche, les moussaillons, nul doute que l'ancêtre édenté n'est pas des plus populaires à bord du bateau, et que sa côte sera encore en baisse après cette aventure où il n'a pas échappé au ridicule.

- Bien joué, jolie poupée ! ... brame un zigoto dont les yeux fureteurs déshabillent la puce de haut en bas.

- Donne z'y une autre, la poulette ! ... suggère un cuistot en tablier blanc, constellé de tâches rouges, en brandissant une cuiller en bois au-dessus de sa toque de toile délavée !

L'intéressé, pour sa part, apprécié modérément l'affront, et se frotte rageusement la joue en dirigeant des yeux furibards vers la belle, qui lui a subtilement soustrait sa chemise légère, profitant de la surprise générale. Dès lors, une seule et même stratégie s'impose à l'esprit des tourtereaux ! Elle se résume en un mot ! Courirrrrrrr ! Zou ! Élyse happe vivement une paluche de Miguel, et les deux coquins franchissent la passerelle dans l'autre sens, comme s'ils avaient le diable aux trousses. Sans oublier pour autant leur bestiole, bien entendu ! Tout en galopant sur le quai, ils hurlent son nom, en espérant que le diablotin va leur emboîter le pas. Et, c'est à n'y rien comprendre, Paco les rejoint illico ! Il les rejoint ... Il est là, à leur hauteur ... Et ... Et ... Bon sang, il les dépasse ! Ah non ! Pas de ça mon gaillard ! Le barbouilleur réalise un fabuleux saut de carpe, s'emmêle un peu les pinceaux - ce qui est un comble pour un peintre - s'étale entre deux montagnes de cageots, mais rattrape in extremis le capucin par la peau du dos !

- Viens ici, vilaine fripouille ! Je me demande ce qu'on va faire de toi ! Si tu te sauves encore, on va t'arracher les pattes ! ... peste l'artiste, qui serait totalement incapable de mettre sa menace à exécution, et qui grogne uniquement pour la forme et pour faire rigoler sa jolie crevette.

Non loin de là, les railleries des marins s'atténuent, les grognements s'éteignent dans la nuit, nul doute que la fine équipe de gueules cassées va rejoindre sa couchette ou sa bouteille de rhum. L'incident est clos, mais bigre, leur capucin a bien failli les mettre dans la mouise, une fois de plus. Il va falloir faire son éducation s'ils l'emportent avec eux pour le voyage qu'ils ont prévu à travers l'île.

Un autre dont l'éducation est à refaire, c'est bien notre artiste ! Bien que le monstre poilu soit installé sur sa tête et furète allègrement dans sa tignasse encore mouillée, le zigoto, un sourire espiègle posé sur les lèvres, a repoussé sa brindille sous un porche désert et la ligote de ses bras. C'est fou ce qu'il aime la tenir comme ça, c'est fou ce qu'il aime la serrer, la respirer, la caresser. Tu as été très courageuse, ma chérie, mais maintenant que tu as récupéré la chemise, j'ai bien envie qu'on fasse l'échange tout de suite ! Celle que tu as dans la main est sûrement trop étroite pour moi, et si je ne me couvre pas illico, je vais attraper la mort, et ce sera ta faute ! ... affirme t-il avec un culot monstrueux, en plongeant son regard coquin au fond des prunelles d'or et d'émeraude de la sylphide.

Le barbouilleur lève un instant les yeux vers le ciel étoilé, et ajoute : Et vous, madame la lune, retournez-vous, vous risquez de voir des choses bougrement polissonnes si vous insistez !

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MessageSujet: Re: Premier Bain de Minuit [PV] Mar 8 Mai - 19:01

Courir, courir encore ! Depuis qu'elle a quitté le navire sur lequel elle avait embauché depuis une paire d 'années, sa vie se résume presqu'à ce seul et unique mot : courir, courir pour sauver leur peau ! Pour un peu elle en rirait, car cette fois le danger est bien moindre que ceux qu'ils ont déjà affrontés. Voilà que leur petit compagnon facétieux s'amuse à les mettre dans la panade, mais heureusement, ils s'en tirent sans dommage. Miguel est parvenu de justesse à rattraper au vol ce coquin de Paco, qui s'enfuyait encore, grâce à un joli plongeon dans les paniers et caisses vides qui traînaient sur le quai. Ce diablotin de capucin est maintenant accroché à ses longs cheveux bruns encore mouillés, et se balance au rythme de leur course.

Enfin une ruelle calme, où personne ne viendra désormais les chercher, main dans la main, les amoureux ralentissent leur rythme effréné, et reprennent leur souffle, heureux d'avoir échappé aux ennuis qui s'annonçaient. Elyse tient serré dans sa main, sa chemise récupérée de justesse, trophée de sa détermination, de la nouvelle jeune femme sûre d'elle, que Miguel l'aide à façonner, pierre par pierre, grâce à l'amour qu'il lui porte. Quand il l'entraîne à l'abri d'un porche, et l'enlace tendrement elle sait, elle devine à ses prunelles turquoise qui pétillent de malice, qu'il lui prépare une espièglerie dont il a le secret, il en émaille leur vie depuis qu'ils ne se quittent plus, et elle adore ses pitreries. Elle passe les bras autour du cou du jeune homme, et l'écoute, sourire aux lèvres, sourire qui ne tarde pas à se transformer en une cascade de rire cristallin qui rebondit sur les vieilles pierres du portail qui les abrite des regards. Son aplomb est vraiment sans pareil ...

- Attends, Miguel, tu veux que je me déshabille en pleine rue pour te rendre ta chemise ? J'ai bien compris ? l'interroge-t-elle en riant de bon cœur.- Oups, tu es sérieux apparemment … Quelques secondes marquent son hésitation, elle plonge dans l'océan bleu profond de ses yeux polissons qui l'observent tendrement. Après tout pourquoi pas, la rue est déserte, et ce défi ne lui semble pas si dur à relever, elle vient de se baigner nue dans les vagues du port ! Promenant ses doigts sur le torse nu, elle finit par y plaquer ses paumes, pour repousser doucement son barbouilleur, elle dénoue lentement les pans de la liquette trop grande pour elle, en murmurant : - Alors qu'à cela ne tienne … Sans quitter les iris céruléens, elle tire sur les lacets et après un dernier regard mutin à Miguel, elle retire le vêtement s'étonnant elle même de son audace.

- Viens par ici Paco, dit-elle attirant le petit singe sur son épaule nue, puis elle enfile la chemise sur la tête de Miguel, laissant tomber le tissu fluide sur ses bras qui la tiennent toujours enlacée, mollement. L'étoffe blanche emprisonne le jeune peintre aussi sûrement qu'une camisole. Elle dépose un baiser fripon sur ses lèvres et avant qu'il ne réagisse, elle revêt vivement sa propre chemise, cette fois … Voilà tu n'attraperas pas froid comme ça, mon coeur ! Dépêche-toi de finir de t'habiller et rentrons vite, je veux pouvoir t'embrasser à loisir, sans craindre une nouvelle catastrophe ! Elle ponctue sa phrase d'un nouveau baiser plus langoureux, mordillant et taquinant la bouche de son tendre et malicieux barbouilleur ...

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MessageSujet: Re: Premier Bain de Minuit [PV] Mer 9 Mai - 9:31


A malin, malin et demi ! Et à coquin, coquine et demie ! Loin du danger, tapie dans l'ombre tranquille d'une impasse silencieuse, enveloppée des bras de son barbouilleur qui la mange de ses yeux tendres et taquins, et qui la dévorerait toute entière s'il ne se retenait pas, la belle sauterelle joue le jeu. Après un instant d'hésitation, elle se délivre de sa liquette trop large, et offre à son compagnon la plus jolie vision de la terre, ses seins menus aux frêles aréoles roses, aux courbes opalescentes, constellés de minuscules perles d'eau, et son ventre pur et lisse comme le miroir d'un lac endormi. Bien-sûr il les a serrés contre son torse filiforme quelques instants auparavant, il les a admirés à son aise lorsqu'ils barbotaient dans les vagues comme deux garnements rieurs, mais le bougre ne s'en lasse pas ! Ce charmant effeuillage fait apparaître une floraison de savoureux picotements sur sa peau nue. Et là-haut, la lune est soudain plus brûlante qu'un soleil ...

Et que fait maintenant notre zigoto de ses deux pattes de devant dont il ne maîtrise plus l'audace et la fougue ? Devinez ? Cherchez encore ! Non, perdu ! Il n'en fait rien du tout ! Il n'en a pas l'occasion ! Son joli poussin s'est vivement coiffée de l'impossible Paco, et elle emprisonne les bras de son compagnon dans la chemise qu'elle lui enfile par les épaules ! Diantre ! Voilà notre amoureux transi emmailloté comme un nouveau né, et il ne peut même pas se plaindre car le bel asticot lui cloue le bec d'un baiser espiègle ! Tel est pris qui croyait prendre ! Sa tourterelle dissimule ensuite ses deux mignons globes d'albâtre dans la chemise récupérée sur le bateau, et le coquin se retrouve gros-jean comme devant ! - La peste soit des vilains farfadets ! ... affirme t-il en riant, et en répondant aux baisers devenus plus impétueux de son adorable sylphide, qu'il réussit enfin à enlacer aussi étroitement que s'enlacent les plantes grimpantes aux vieilles murailles des maisonnettes grises qui sommeillent autour d'eux.

Sapristi ! Les voici tous deux très pressés de rentrer, et ce n'est pas la fatigue qui les titille ni qui les pousse vers leur tanière, le lit et la couette. Ce qui les aiguillonne, c'est cette passion qui les enflamme, ces baisers qui les essoufflent, cet incendie qui les consume, là, sous leur peau encore mouillée qui ne suffit pourtant pas à l'éteindre. Zou ! Miguel récupère fermement le capucin pour qu'il ne les retarde pas d'avantage, il s'en fait une toque de fourrure vivante, et les tourtereaux accrochés l'un à l'autre se glissent dans l'enchevêtrement des ruelles qui grimpent vers l'atelier du maître, se bécotant à chaque pas.

Ils savent ...

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