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Dans un jardin ensanglanté, promettons nous [PV]

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Matelot
Premier personnage


Journal de bord
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MessageSujet: Dans un jardin ensanglanté, promettons nous [PV] Lun 6 Fév - 17:28

Alexander avait quitté les quais sans un mot pour Leo qui devait l’attendre dans l’auberge, et il s’était engagé dans une des ruelles qui le conduirait aux beaux quartiers. Il était dans un état second et ne raisonnait plus tout à fait normalement, le cœur empli d’une rage mortelle, mais dans son esprit, ce qu’il allait faire était limpide : acheter un cheval et partir aux premières lueurs de l’aube. Il se précipiterait chez lui, et après avoir assisté à la cérémonie mortuaire, il partirait en chasse de ceux qui lui avaient pris ses parents. Son père en avait tué trois avant de succomber lui-même. Malgré la douleur de l’avoir perdu, il se sentit immensément fier, et il sut que Keysler n’aurait pu faire moins que ça pour protéger sa femme… mais même lui avait ses limites, et il n’avait pas été capable de tous les tuer. La milice des environs avaient peut être déjà identifiée les coupables, et si ce n’était pas le cas, Alexander savait à quelles personnes s’adresser dans ce genre de situation : ses parents étaient riches, aussi les bijoux que les misérables avaient volés à sa mère n’étaient pas communs et il serait aisée de les retrouver chez la personne chargée de les écouler. De là il remonterait la piste jusqu’à leur repère et les tuerait tous. Il n’en laisserait pas un seul vivant lorsqu’il reviendrait à la capitale. Il tourna à l’angle et s’engagea dans une ruelle encore plus insalubre que celle qu’il venait de quitter, mais proche des beaux quartiers. Aucunes fenêtres ne donnaient dessus, de sorte que la ruelle n’était éclairée que par la lumière blafarde et glacée de la lune. La seule véritable lumière dispensée était celle d’une bougie placée au dessus d’une porte et qui indiquait l’entrée d’une taverne qu’Alexander ne connaissait pas, mais qu’il imaginait particulièrement mal famé. La sortie d’un groupe de six hommes lui donna raison. Un rictus de mépris et de violente haine tordit ses beaux traits d’habitudes souriants lorsque ses yeux se posèrent sur au mieux six corsaires, au pire six bandits. Lorsqu’il passa devant eux ils lui jetèrent un regard peu amène mais gardèrent le silence, cependant Alexander s’arrêta et les jugea, son mépris transparaissant clairement sur son visage. Ces hommes avec leur visage cruels et leurs yeux avides, ils ne valaient pas mieux que les fils de putain qui avaient tué ses parents, corsaires ou non.

- Vous êtes des corsaires ? demanda-t-il d’une voix plus froide que l’acier alors que ses yeux brillaient d’une rage contenue.
- Qu’est-ce que t’as mon grand ? répondit le plus costaud du groupe, c’est mon cul qui t’intéresse ? Ses compagnons pouffèrent. Ba j’suis désolé te dire qu’il est pas pour toi. J’le réserve pour ta mère. La salope l’aime beau…

Il ne finit pas sa phrase : une balle de pistolet vint se loger dans sa tête aussi soudainement qu’un coup de tonnerre dans un ciel sans nuages. Le corps sans vie partit en arrière sous la puissance du choc tandis que ses compagnons, dont le visage de certains étaient éclaboussés par le sang et des restes de cervelles restaient sans voix, trop choqués pour réagir. Alexander ne comprenait pas non plus ce qu’il venait de se passer. À un moment, il avait imaginé cette immonde créature qui se donnait le nom d’homme et qui insultait sa mère morte, l’instant d’après son bras, de sa propre volonté, tirait son arme et la pointait sur sa tête avant de presser la gâchette, tout cela dans un mouvement si vif que personne n’avait réalisé ce qu’il se passait avant qu’il ne soit trop tard. La réalité finit par rattraper Alexander et sa raison qui lui hurlait de s’enfuir parvint enfin à se faire entendre. Ils étaient cinq et lui était seul. Il n’hésite pas. Il donna un puissant coup de pied dans le ventre de l’homme le plus proche et se précipita par où il était venu, s’accroupissant pour offrir la plus petite cible aux balles de pistolets qui n’allaient pas tarder à pleuvoir sur son corps. Le chasseur de primes entendit un bruit de course derrière lui et il comprit qu’ils avaient décidé de l’attraper plutôt que de le tirer comme un lapin, une chance pour lui tant qu’ils ne l’attrapaient pas. Il était à quelques pas du tournant lorsqu’il se redressa et se décala de quelques centimètres, et c’est-ce qui lui sauva la vie. Un coup de feu partit et la balle vint se loger dans sa poitrine la traversant de part en part à quelques centimètres du cœur à peine. S’il était resté accroupi, la balle se serait logée dans son crane. Il faillit tomber sous la puissance du coup mais parvint à garder l’équilibre et reprit sa course aussi vite que possible, une main pressée contre la blessure dans un vain effort pour empêcher son précieux sang de s‘en échapper ; s’il ne la pensait pas très vite, il en tarderait pas à perdre tout son sang. Il lui fallait trouver un endroit où se cacher, et rapidement. Déjà ses forces l’abandonnaient et il sut qu’il ne pourrait continuer longtemps ainsi, d’autant plus que derrière lui, les hommes avides de le voir mort gagnaient du terrain. Il tourna à l’angle de la rue qu’il venait d’emprunter et réalisa alors qu’il se trouvait dans les beaux quartiers, dans la partie des avenues. Il n’avait que quelques minutes d’avance à peine sur ses poursuivants et la trace sanglante qu’il laissait derrière lui leur facilitait la tache. Il vit devant lui le haut mur entourant le jardin d’une grande bâtisse qu’il devinait dans l’obscurité. Il regarda autour de lui mais ne vit aucun autre endroit où se cacher. Il s’arrêta et arracha d’un geste vif le bras de sa chemise avant d’en faire un pansement de fortune qui empêcherait son sang de se répandre sur le sol quelques minutes et ne conduirait pas ses poursuivants jusqu’à sa cachette. Il s’approcha ensuite du mur, haut d’un peu plus de deux mètres. Il s’accroupit et sauta. Ses doigts se refermèrent sur le rebord et il se hissa péniblement. L’adrénaline et le désir de survire lui donnèrent la force qui lui aurait normalement manqué pour se hisser jusqu’au haut. L’exercice le laissa épuisé et il se laissa tomber de l’autre côté pile au moment où il entendit des échos de pas précipités. Heureusement un buisson amortit sa chute.

- Bordel de merde, où est-ce fils de pute ?!
hurla l’un des hommes. Il a tué mon frère, j’vais lui faire la peau à ce bouffeur de merde !
- Les traces s’arrêtent là Rigs, on a qu’à cherché, il doit se cacher tout près !
- Ta intérêt connard ! Sinon c’est toi que j’vais crever.

Les bruits de pas s’éloignèrent et Alexander poussa un soupir. Il s’en était fallu de peu, mais il n’était pas sauf pour autant. Sa blessure nécessitait qu’elle soit refermée rapidement s’il ne voulait pas se vider de son sang. Il se releva péniblement, le teint blafard et le front brulant de fièvre. C’est à peine s’il parvint à marcher. Il avançait vers le portail en fer forgé lorsqu’il aperçut du coin de l’œil une ombre se dirigeant vers lui. Il se retourna et tira péniblement son épée de son fourreau, prêt à se défendre. Il parvint à se redresser et à cacher son extrême faiblesse, les ténèbres l'aidant. Dans l'obscurité, il n'aurait pu dire s'il s'agissait d'une femme ou d'un homme, ni de ses intentions, mais il n'allait pas prendre de risque après avoir échappé à la mort de si près.

- N’approchez pas, dit-il d’une voix encore forte malgré l’épuisement qui l’accablait.
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Capitaine
Premier personnage


Journal de bord
Situation RP: Occupé
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MessageSujet: Re: Dans un jardin ensanglanté, promettons nous [PV] Mar 7 Fév - 17:54

La longue période pendant laquelle Sigrid dormit ne fût qu’une succession interminable de cauchemars. Elle se réveilla très tard dans la soirée, là même où Diego Jaminez, le Maître des Lieux, l’avait invité à séjourner pour les semaines à venir. Les yeux toujours fermés, elle fût rapidement assaillie par l’odeur entêtante des parfums qu’on lui avait généreusement remis la veille. Il y avait également des fleurs, par dizaines sûrement, de ces rares qui survivent aux températures extrêmes d’Assecia. Mais l’instant d’après, une nouvelle vint dominer toutes les autres. Une odeur de sang, un sang sec, qui empeste à des lieux à la ronde et s’accroche au corps porteur comme un infernal petit parasite. La dame, déjà mal en point, fût à nouveau la victime de ce terrible sentiment de dégoût qui l’avait paralysé dans la petite ruelle, lorsque Dante lui avait sauvé la vie. Elle gémit et ouvrit les yeux, lentement. Sa première question la déconcerta elle-même : « N’aurait-il pas mieux valu que je meurs dans ces ruelles ? ».

Son esprit était embrouillé. Ses yeux ne lui permettaient plus de voir et la lumière des bougies n’arrangeait rien à sa situation. Elle sentait à peine son corps, engourdi, si ce n’est une vive douleur au crâne. Il ne lui fallut pas moins de dix bonnes minutes pour reprendre totalement le contrôle de ses sens. Le double pour se souvenir de la journée –horrible à ses yeux- qu’elle avait passé dans les rues de la capitale de Fändir. Mais ce qu’il s’était passé peu après que Volpe lui ait fait part de son désaccord quant à son prochain départ pour Glénia, Sigrid n’en gardait pas le moindre souvenir. C’était le flou, comme après avoir été malencontreusement assommé par un ennemi. Il ne lui fallut pas longtemps cependant pour en déduire ce qu’il s’était réellement passé. Elle était certes imprudente, mais il n’en restait pas moins qu’elle avait l’habitude de ces coups bas réservés aux lâches ! Par ce geste, Volpe avait commis l’irréparable !

Le dit Volpe était assis dans un fauteuil aux côtés du lit, les mains jointes, les coudes appuyés sur ses genoux. Sigrid lui lança un regard digne d’une meurtrière, tant sa rancune envers lui était grande et grandissante à la fois. Comme elle avait rêvé de ce jour où elle pourrait quitter la ville et se vanter d’avoir échappé au contrôle de Diego Jaminez ! Comme elle avait aspiré à retrouver la liberté qui lui était si chère ! Et ce petit vermisseau l’avait ramené de force, en plus de l’avoir probablement suivi à travers toute la ville ! A ses côtés, Volpe la fixait avec un regard qu’elle lui connaissait bien. Cette neutralité, cette déférence, Sigrid aurait bien voulu la lui arracher jusqu’à qu’il la supplie de mettre fin à sa torture. Elle chercha à sa cuisse le poignard qu’elle y avait attaché, mais ce dernier avait disparu, probablement pendant sa course lorsqu’elle avait voulu échapper à la colère d’une bande de babouins affamés. Babouins dont elle n’avait plus de nouvelles. Avaient-ils attrapé l’officier ? Elle délaissa très vite cette question et se rabattit entièrement sur le domestique.

- Vous…ces corsaires…et cet enflure d’Officier ! De quoi vous mêlez-vous par tous les dieux ?!

Elle serra les poings : elle se sentait défaillir. Jamais elle n’avait été la prisonnière de quiconque. Jamais elle n’avait été tenue en laisse par un misérable inconnu, croisé par hasard dans les rues d’une ville ! Ses dents grincèrent, son cœur s’affola. Si elle en avait été dans la capacité, elle aurait probablement tenté d’égorger le misérable. Peut-être était-ce mieux comme ça, après tout. Si elle ne pouvait se débarrasser de lui, alors elle allait devoir l’amadouer. Mais pour l’heure, elle préférait laisser sa colère éclater.

- Vous n’aviez pas le droit pauvre sot ! Vous n’aviez pas le droit de me faire ça ! Vous auriez dû me laisser partir, comme je l’avais prévu ! Je…Pourquoi ? Pourquoi, bon sang, me forcez-vous à rester entre les murs de la capitale ?! Qu’il aille se chercher une autre blonde pour jouer les pantins, cela ne m’amuse plus ! Je vous mènerai la vie dure s’il le faut, mais croyez-moi, c’est bien vous qui finirez par me jeter dehors ! Et dès lors je retrouverai ce que j’ai perdu en acceptant d’entrer dans le petit jeu de voir satané Maître !

Elle se leva et rejoignit la salle d’eau, après avoir récupéré une robe de soir dans l’armoire située derrière Volpe. L’homme n’avait pas bougé d’un pouce, ni même prononcé le moindre mot. Elle hurla depuis l’autre pièce afin de mettre fin à la conversation, avant de claquer violemment la porte :

- Je trouverai un moyen de parer votre chantage ! Ça ne marchera pas éternellement !

Après s’être lavée avec soin, Sigrid se vêtit, coiffa ses cheveux et parfuma son cou pour finalement rejoindre la chambre, songeuse. Elle avait envie de prendre l’air, de traîner seule quelque part, sans que personne ne soit sur son dos pour veiller à ce qu’elle ne prenne pas la fuite. Aussi demanda-t-elle au domestique si elle pouvait circuler dans le jardin. Légèrement méfiant, il ne lui répondit pas sur le champ, pour finalement partir en lui donnant pour réponse un geste désintéressé. Elle fait la moue, l’insulta vivement puis quitta à son tour la pièce. Cet homme l’exaspérait ! Et pourtant, elle songeait de plus en plus à faire de lui l’un de ses jouets.

La fraicheur du soir la saisit avec violence. Elle se frictionna vivement les bras pour se réchauffer. En enfilant une robe si légère, principalement pour le confort, elle n’avait songé un instant à l’éventualité qu’elle ne soit pas adaptée à une soirée dans le jardin. Mais les étoiles, les fleurs parfumées et les lumières qui s’échappaient de la demeure la charmèrent et Sigrid oublia très vite les petits désagréments dont elle était la victime. Elle se pencha aussitôt au-dessus d’un rosier et sourit à pleines dents. Ici, personne ne la verra s’extasier devant une plante dont elle percevait difficilement la couleur. Pourtant, des cris lui parvinrent et la firent sursauter. Elle se piqua avec l’une des épines et marmonna un juron, outrée de savoir que même dans cette zone de la ville, des gens s’amusent à hurler sans se préoccuper du voisinage. Rien n’avait changé, depuis son enfance.

Une ombre dans le jardin la força à chasser ses pensées. Des mots furent prononcés, menaçants et fermes. Pourtant Sigrid rit. Elle rit de son insolence. Elle rit de son idiotie. Où se croyait-il, le misérable ? Elle s’approcha doucement, mesurant chacun de ses pas. L’obscurité cachait son visage, mais de la voix qu’elle avant entendu, il était évident qu’il s’agissait d’un homme, adulte pour sûr. Etrangement elle eut envie de jouer. Pourtant, l’arme qu’il tenait en main la forçait à la prudence. Les cris de tout à l’heure étaient-ils liés à l’arrivée soudaine de cet inconnu dans le jardin des Jaminez ? Devait-elle s’enfuir et réclamer de l’aide, ou s’amuser, comme elle l’avait toujours fait lorsque les situations commençaient à devenir intéressantes voire distrayantes.

- Ne croyez-vous pas qu’une dame –chez elle par-dessus le marché- serait la mieux placée pour réclamer que vous ne vous approchiez pas d’elle, inconnu ?

Elle passa son doigt sur le plat de la lame, décidant de s’approcher plus encore. Elle veillait cependant à ce que l’homme ne se montre pas violent. Malgré ses compétences dans l’art de l’épée, un coup bien placé pouvait très bien lui être fatal, qu’il soit prévisible ou non. L’idée de mourir la terrifia. Pourtant elle ne renonça pas à faire preuve d’audace. Il y avait bien longtemps qu’elle n’avait pas joué. Son côté enfantin, considéré comme dangereux pour certains, ressortit plus fort que jamais. Elle le força doucement à baisser le poignet et reprit :

- Vous pouvez m’expliquer votre présence ici ? A moins que votre langue n’ait disparu en cours de route. Les hommes que j’ai entendu hurler semblaient prêts à vous l’arracher.

Les rayons de lune éclairaient à peine le visage. Sigrid discernait juste la taille qu’il faisait, l’épaisseur de ses cheveux et la crispation de son visage. Rien de plus. Pas même le teint de peau, la couleur des yeux et leur expression. Elle plissa les yeux pour mieux le cerner, mais rien à faire. Son attitude cependant laissait croire qu’il était sur la défensive. Rien d’étonnant lorsque des hommes vulgaires vous cherchent et que vous atterrissez dans le jardin d’une demeure qui vous est inconnue.

- Souriez un peu, que diable ! Est-ce moi qui vous effraie ?
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Matelot
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MessageSujet: Re: Dans un jardin ensanglanté, promettons nous [PV] Mer 8 Fév - 15:25

Le rire qui accueillit ses paroles appartenait indubitablement à une femme et lorsque l’inconnue s’approcha lentement de sa lame, il ne put dire si elle était folle ou simplement inconsciente du danger que pouvait représenter une ombre étrangère armée d‘une épée. Alexander grimaça lorsqu’un élan particulièrement douloureux l’assaillit et il sentit ses jambes défaillir. Il ne pouvait fuir, de peur qu’elle ne sonne l’alerte, mais il ne pouvait pas non plus rester indéfiniment ainsi. L’odeur du sang lui monta au nez et il réprima un frisson. Elle n’avait pas hurlé, c’était déjà ça de gagner. Il la laissa abaisser son arme, mais lorsque sa main quitta la lame, il la redressa immédiatement, la stoppant net alors qu’elle allait faire un nouveau pas. L’obscurité était son alliée, et elle ne pouvait contempler l’extrême faiblesse qui l’accablait. Elle est inconsciente, finit il par conclure lorsqu’elle plaisanta avec lui. Pour peu il en aurait levé les yeux au ciel.

- Ne m’obliges pas à me répéter… Je ne suis pas là pour toi, mais si tu insistes trop je serais contraint de faire quelque chose que nous regretterions tous les deux. Tu n’as pas tord en ce qui concerne ces hommes, ils me recherchent, et tu comprendras que je ne compte pas rester indéfiniment ici.
Il avait su garder une voix forte, mais pour combien de temps encore.

Les voix de Rigs et de ses acolytes se firent entendre une nouvelle fois, déchirant le silence du jardin.

- On l’a pas trouvé Rigs ! Ct’enfant de salaud à trouvé une bonne planque, pardonnes moi. C’était la voix de celui que Rigs avait menacé quelques minutes plus tôt.
- J’t’avais prévenu connard que si tu le retrouvais pas, j’te crèverais
- Arrêtes Rigs, déconnes pas,
lui répondit d’un air apeuré l’homme.

Le tintement d’une lame qu’on dégainait fut clairement audible. Il eut un bref cri qui fut suivi par le gargouillement du sang s’échappant d’une bouche. Rigs avait visiblement mit sa menace à exécution.

- Il est quel’ part par là. Cherchez le, bande de lopettes si vous voulez pas finir comme cte merde !

Un soudain vertige prit Alexander et il faillit tomber, se ressaisissant au dernier moment. Dans l’obscurité, elle avait dû croire qu’il ne faisait que se pencher en avant pour mieux découvrir ses traits, eux aussi plongés dans l’obscurité. Il avisa une petite arche parcourue de plantes grimpantes à quelques mètres derrière la femme. Il la força à reculer en appuyant doucement la pointe de sa lame entre ses deux seins, prenant garde à ne pas transpercer le tissu de la robe puis lorsqu’elle fut sous l’arche, il se décala et vint s’appuyer contre la colonne. Il fit mine de prendre une pose décontractée, comme s’il était si confiant en ses capacités à maîtriser la situation qu'il avait décidé de se caler plus confortablement. En réalité c’était le support que lui offrait la pierre qui lui permit de rester debout. Il y s’appuya bien plus que ne le laissait supposer sa posture et il laissa retomber son épée, mais prêt à la lever si elle tentait quoi que ce soit.

- Je crois que ce bon vieux Rigs ne risque pas de partir de si tôt, et je ne peux pas te laisser repartir, nous allons donc rester quelques temps ici, toi et moi. Il avait mit une certaine ironie dans sa voix.

Le pansement de fortune qu’il avait confectionné était imbibé et le sang recommençait à s’échapper de sa blessure, collant sa chemise contre son corps. Il ne savait rien de cette femme. Sa raison lui hurlait de lui demander de l’aide, et peut être l’aurait il écouté si elle avait eu le comportement attendue par une jeune dame surprise par un inconnu en pleine nuit dans son jardin. Elle aurait dû hurler, paniquer, avoir peur, mais à la place elle semblait follement s’amuser. Le mouvement des nuages nocturnes découvrirent un instant la lune, donnant assez de luminosité pour qu’il puisse détailler son interlocutrice alors que lui-même s’enfonçait un peu plus dans les ténèbres. Il se concentra sur son visage et ses yeux, et il y lut une audace teintée de peur. Elle avait le regard d’une personne qui avait connu le monde. Il le savait parce qu'il possédait ce même regard. Ce n’était visiblement pas une fleur délicate et Alexander se félicita d’avoir écouté son instinct plutôt que sa raison. À coup sûr, si elle découvrait qu’il était à peine capable de se tenir debout, elle tenterait quelque chose. Les nuages masquèrent à nouveau la lune et les ténèbres retombèrent sur le jardin.

- C’est que tu n’es pas laide, tu es même jolie.
Il avait décidé de jouer le sarcasme et l’ironie afin de lui faire croire qu’il était encore maître de la situation. Cependant, tu ne devrais pas sortir vêtue avec une telle légèreté. J’ai connu des hommes qui en auraient perdu la tête…

Il poussa un soupir silencieux. Il ne voyait pas ce qu’il pouvait faire pour le moment, et le sang qui coulait sur son ventre lui rappelait sans cesse que son temps était compté.
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Capitaine
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Journal de bord
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MessageSujet: Re: Dans un jardin ensanglanté, promettons nous [PV] Mer 8 Fév - 23:53

- Vous n’allez quand même pas me tenir la conversation jusqu’à ce que ce babouin quitte les parages ? J’ai déjà eu à fuir ce genre d’homme et croyez-moi, ils sont bien plus têtus que n’importe qui ! Ils puent, parlent comme des charretiers mais sont, par chance pour eux, de redoutables tueurs ! Alors vous allez être bien gentil, me laisser aller prendre du repos et régler gentiment vos comptes avec ces gentils messieurs. C’est vous qui avez pénétré cette demeure et non moi qui suis chez vous !

Devant le silence apparent de son interlocuteur, Sigrid soupira bruyamment. Il ne semblait pas décidé à lui céder quoi que ce soit, aussi s’appuya-t-elle à son tour contre l’arche voisine, surveillant d’un œil inquiet l’arme qu’il tenait à la main. A chaque fois qu’elle faisait le moindre mouvement, il relevait la lame pour la dissuader de tenter quoi que ce soit, comme le ferait n’importe quel geôlier avec un précieux prisonnier. Pourtant ses réflexes étaient dignes d’un débutant commençant tout juste le maniement de l’épée. Son mouvement était lent, sa main tremblait et il était difficile pour Sigrid de prendre ses menaces au sérieux, bien qu’elle préférât rester prudente. Au cours de ses longues années parmi les pirates, il avait été de son devoir de faire le tri parmi les hommes affectés aux voiles. Erika, l’Impératrice, avait souvent insisté pour qu’elle cesse de choisir les meilleurs dans le domaine des voiles, car elle négligeait par cela le talent de chacun dans le combat à l’épée, qui restait important lors d’assauts. Dès lors, Sigrid avait été dans l’obligation d’apprendre à reconnaître les meilleurs parmi tous, et aujourd’hui, l’étranger ne faisait pas exception. Qu’importe la raison qui faisait de lui un abruti avec une épée comme petit jouet rigolo, il était destiné à plier le genou, que ce soit devant ces braillards qui couraient autour de la demeure ou devant elle.

Accablée par le silence pesant qui s’était installé dans le petit jardin, elle prit soudainement la parole, répondant à sa provocation avec un amusement certain. Après tout, s’il lui fallait supporter plusieurs heures sans bouger, autant jouer un peu. Elle rit en repensant aux dernières paroles qu’il avait prononcé. Cela faisait deux fois qu’il oubliait qu’il n’était pas chez lui, mais bien dans le jardin d’une demeure habituellement bien protégée.

- Vous semblez oublier qui vous êtes et où vous êtes très cher ! Je n’ai pas enfilé cette robe pour sortir, les nuits à Assecia n’étant pas conseillées pour les dames de la haute-société. Elle venait de rependre un précieux conseil de Diego Jaminez et à sa simple pensée Sigrid frissonna. Elle se reprit en secouant vivement la tête. Si vous n’étiez pas entré ici sans préalablement quérir le Maître des lieux, vous ne m’auriez pas croisé dans cette tenue. Il est cependant intéressant de savoir qu’un homme peut perdre la tête à cette simple vision…

Diego serait-il capable de fondre de désir pour elle s’il l’apercevait, aujourd’hui ? L’aurait-elle à ses pieds comme elle l’espérait depuis son arrivée ici ? Elle aurait dès lors l’occasion de l’égorger au moment même où il se tordrait de plaisir ? Elle réfléchit cependant à une solution qui ne l’obligerait pas à lui offrir son corps. Qu’en était-il de son sommeil ? Faisait-il surveiller sa chambre ? Sûrement pas ! Ses ennemis n’auraient quand même pas le culot de pénétrer sa demeure dans le but de l’assassiner ! Aussi devait-il se sentir à l’abri, ici. Un sourire habita son visage, l’espace d’un instant. Son sang de tueuse bouillonnait et la faisait presque souffrir. Elle ne supportait plus d’être enchaînée ici comme un animal, alors qu’ailleurs, l’aventure l’attend. Elle baissa un instant la tête, songeuse. Elle avait très rapidement perdu son sourire.

- J’ai plus à craindre le froid qu’un homme bavant devant une femme vêtue de si légers vêtements…

Tandis qu’elle parlait, elle veillait à l’observer. L’obscurité ne lui permettait pas discerner ses traits, mais elle voyait les formes et cela suffisait. Plus le temps passait, plus elle réfléchissait plus sérieusement au meilleur moyen de se débarrasser de lui pour pouvoir reprendre sa petite vie de misérable pantin. Cette situation l’exaspérait, elle plus que quiconque. Elle avait été pirate ! Elle avait été libre ! Et après être tombée dans le piège du Seigneur Jaminez, elle finissait entre les mains d’un type sorti de nulle part, qui décidait de la garder auprès de lui pour sauver sa peau ! Oh ça non, elle ne comptait pas être celle qui céderait. Pour une fois, elle allait agir comme bon lui semblait, sans que personne ne se mette en travers de son chemin.

A peine prit-elle cette résolution qu’elle le vit vaciller. Immédiatement elle mit à l’épreuve ses dons pour le combat et fonça lui, écartant de son chemin la lame avec son seul bras. Elle le saisit avec violence par le col et le cloua au sol, entourant son torse de ses cuisses pour qu’il n’ait pas l’idée de bouger. D’une main elle le maintint au sol en serrant avec puissance son col, de l’autre elle appuya sur son torse puissant. Cette proximité, bien qu’étrangère et nouvelle, attisa quelque peu son désir. Mais sa colère et sa peur étaient trop grandes pour qu’elle y prête la moindre attention. D’une voix forte, elle commença à l’invectiver.

- Espèce de vaurien ! Que croyez-vous ?! Que je suis votre obligée ? On ne me force à rien, vous entendez, à rien ! Je ne suis le pantin de personne ! Ni même une esclave ou une prisonnière ! Ai-je été assez claire ?

Sa main tremblait. Elle semblait être sur le point de pleurer. Pourtant un détail l’arrêta. Elle retira la main posée sur le torse et la leva devant son visage. Dessus, un liquide chaud ruisselait. Elle en reconnut immédiatement l’odeur : du sang, une énorme quantité de sang. Elle resta bouché-bée, comme paralysée. Comment ce détail avait-il pu lui échapper, depuis le temps qu’il était dans ce maudit jardin ?

- Mais…C’est votre sang…vous…vous teniez debout après avoir perdu tant de sang ?

Elle eut un mouvement de dégoût. Combien de fois cette odeur allait mettre son estomac à rude épreuve ?
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Matelot
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Journal de bord
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MessageSujet: Re: Dans un jardin ensanglanté, promettons nous [PV] Jeu 9 Fév - 20:11

La respiration d’Alexander se fit de plus en plus laborieuse, et de plus en plus difficile à cacher à cette dame peu commune. Des femmes à forte gueule il en avait déjà croisé, il en avait même rencontré dont les insultes auraient fait rougir un charretier, mais jamais dans les beaux quartiers, et surtout pas en pleine nuit dans le jardin d’une demeure qu’il devinait luxueuse de par la simple taille dudit jardin justement. Non, quelque chose n’allait pas, et malgré sa douleur et la faiblesse qui le gagnait de plus en plus, le chasseur de primes avait l’impression d’entendre une mauvaise performance scénique. Avec son accent, son intonation, ses expressions, il se serait plus attendu à entendre des "tu" que des "vous". L’esprit humain est vraiment étrange, avoir de telles pensées alors que je risque de mourir si je ne fais rien… songea-t-il avec une ironie morbide. Il ne put s’empêcher de rire : un rire grave qu’il stoppa aussitôt car il lui était douloureux.

- Je n’oublie jamais qui je suis, et quant à l’endroit où je me trouve en ce moment, je m’en moque bien, mais tu me sembles aussi déplacé dans cet endroit que je ne le suis. Pourquoi jouer la Dame alors que j’entends du feu dans ta voix ?

Un nouveau spasme de douleur le prit au dépourvu et il vacilla. Il l’a vit se précipiter sur lui, et en temps normal, son épée se serait trouvée sur sa trajectoire afin qu’elle vienne s’y embrocher, mais il était trop faible et ses réactions trop lentes pour que son corps puisse réagir à l’ordre que lui avait lancé son cerveau embrumé de fatigue. La poigne de l’inconnue n’avait rien de féminine et elle le plaqua violemment au sol, lui arrachant un cri de douleur involontaire. Des lumières clignèrent devant ses yeux et il crut un instant qu’il allait s’évanouir, mais il tint bon finalement. La main qu’elle posa sur son torse, presque sur sa plaie ouverte fut comme un tison ardent sur ses chairs à vif. Il mordit ses lèvres jusqu’au sang pour ne pas crier. Au point où il en était, il était trop tard pour lui cacher son état, mais il resterait digne, et s’il devait mourir, il ne le ferait pas en hurlant. Elle lui cracha ses insultes à la figure et il ne put s’empêcher de répliquer par une pique, peut être sa dernière :

- Quelle prouesse physique, dit il faiblement, n’arrivant plus à contrôler sa voix. Tu m’as mis à terre. La dernière fois que j’ai été malmené ainsi par le beau sexe, c’était par la femme d’un forgeron aux bras plus larges que mes cuisses ; au moins tu es plus jolie qu’elle.

Il lui sourit et dans l’obscurité elle ne put voir le mince filet de sang qui coulait de sa bouche et lui maculait le menton. Elle finit par retirer la main de sa chemise souillée, choquée par le liquide carmin qu’elle y découvrit.

- Mais…C’est votre sang…vous…vous teniez debout après avoir perdu tant de sang ?

Il rit de la voir réagir ainsi mais une toux l’interrompit et il pencha la tête pour cracher du sang.

- Félicitation, tu as découvert mon secret… parvint il a glisser entre deux toussotements.

C’est à ce moment là que les nuages décidèrent qu’il était temps de dévoiler les masques. Ils s’écartèrent et la lumière lunaire se déversa dans le jardin, l’éclairant assez de telle sorte que chaque détail était visible. Le temps sembla suspendre son cours. Dans la lueur glacée de l’astre nocturne, la pâleur d’Alexander prit une couleur blafarde. On aurait dit la peau d’un cadavre. La jeune femme posa une main fraiche sur son front et découvrit qu’il était brûlant de fièvre. Elle baissa les yeux sur une chemise dont la couleur d’origine formait quelques îlots au milieu d’un océan de rouge. Le chasseur de primes put détailler la femme. Des cheveux qu’il devinait blonds, la flagrance délicate d’un parfum qui sentait les fleurs malgré l’odeur entêtante du sang, une robe légère qui ne cachait en rien ses formes attrayantes. Tu ne changeras jamais Alexander, même aux portes de la mort, tu penses encore à ça. C’était son regard cependant qui l’attirait. Il n’aurait pu dire leur couleur, mais il aima ce qu’il vit. Malgré le trouble, il y vit les traces du caractère bien trempé qu’elle devait posséder, un esprit qui semblait indomptable et qui allait si bien avec la puissance de sa voix. C’était incroyable de voir tout ce qu’on esprit avait pu enregistrer en l’espace d’une seconde qui s’étirait à l’infini. Le temps fini par les rattraper et avec lui les bruits de la nuit se firent de nouveau audibles. Il s’agita.

- Pourrais-tu te lever ? En général j’apprécie le contact physique avec une femme, mais pas là…

Sa voix n’était plus qu’un murmure et la douleur de sa blessure le lança plus que jamais. Par pitié, ou peut être trop choquée encore, elle accéda a sa demande et se leva avec précaution. Alexander se mit débout avec difficulté et il dut s’appuyer à la colonne pour ne pas tomber de nouveau. Il ramassa son arme qui avait laissée tomber par terre et la rengaina péniblement.

- Tu sais à présent que tu ne risques rien, et si j’étais toi, je laisserais partir un homme aussi blessé. Cela risque de faire mauvais effet si l’on retrouve un cadavre dans ton jardin. Un fantôme de sourire agita ses lèvres. Jolie poitrine au passage…

C’était plus fort que lui, même dans cet état il n’avait pu s’empêcher de lui lancer une dernière pique. Il se retourna et marcha d’un pas mal assuré jusqu’à la grille de fer forgée. Elle ne dit rien et il remercia le ciel qu’elle le laisse partir. Il n’était pas tiré d’affaire pour autant, Rigs et ses acolytes traînaient encore dans les environs, mais avec de la chance, il leur échapperait peut être. De la chance… Tu as été particulièrement chanceux jusqu’à présent Alexander. Il avait avancé de quelques pas lorsqu’il lui lança sans se retourner.

- Au fait, je m’appelle Alexander, enchanté de t’avoir renc…

Il ne finit pas sa phrase. Un nouveau vertige le prit et il s’écroula au sol, vaincu par la douleur, la fatigue et la perte de son sang. La dernière vision qu’il eut fut celle d’un visage près du sien avant d’être emporté dans les ténèbres réconfortantes de l’inconscience.
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MessageSujet: Re: Dans un jardin ensanglanté, promettons nous [PV] Ven 10 Fév - 15:14

Sigrid cria.
Ce n’était pas qu’un glapissement craintif, mais bien un véritable hurlement de terreur, un cri à réveiller les morts, qui ne cessa que lorsqu’un domestique, alerté par cette soudaine agitation, se présenta dans le jardin pour en connaître la source exacte. Il trouva alors Sigrid penchée sur un étranger, incapable de faire le moindre mouvement pour lui venir en aide. Elle tenait pourtant le corps inanimé dans ses bras et lui chuchotait des mots inaudibles, dans l’espoir peut-être qu’il se réveille. Alors l’homme la questionna, lui demanda ce qu’il se passait et si tout allait bien pour elle, avec un calme pour le moins étonnant pour une situation comme celle-ci. Mais lorsqu’il vit la plaie béante dans la poitrine du blessé, il hurla à son tour, son cri ressemblant bien plus à celui d’une donzelle qui vient d’apercevoir un insecte déplaisant. Sigrid grinça des dents et lui ordonna sèchement de se taire, le menaçant du regard. Elle aurait voulu lui asséner un violent coup de matraque sur le crâne, tant l’imbécile s’agitait malgré l’ordre donné. Témoin, il allait malgré tout lui être utile.

- Je veux que vous taisiez ce que vous venez de voir, que vous ameniez dans la chambre à la rose des bandages et de l’eau chaude. Il me faudra également un habit de nuit et une chemise appartenant tous deux à votre Maître. Si jamais j’apprends que vous avez parlé de la présence de cet homme à quiconque, je m’arrangerai pour que votre gorge soit tranchée le lendemain de votre acte. Me suis-je fait bien comprendre ?
- Oui…oui ma Dame. Tout cela sera fait dans les temps…empruntez les couloirs des domestiques, ils sont tous occupés aux cuisines ou dans le salon…
- Et bien vous voyez ! Vous pouvez être utile lorsque vous faites un petit effort !


Bien que dotée d’une force supérieure à celle de femmes de la haute-société, Sigrid eut énormément de mal à soulever le blessé. Elle tenta d’abord de voir s’il pouvait tenir sur ses deux jambes, pour finalement s’essayer à le porter comme le ferait un Prince Charmant avec sa jolie Princesse. Le chargement étant bien trop lourd, elle le prit sur son dos. Cette position se révéla bien plus confortable que toutes les précédentes et Sigrid prit son courage à deux mains avant de commencer l’ascension qui l’amènerait à sa jolie chambre, située à l’autre bout de la demeure. Se rendait-il seulement compte de ce qu’il la poussait à accomplir, ce fameux Alexander ?

L’effort demandé dépassait l’entendement. Elle traversa d’abord un petit hall d’entrée, avant de s’engager dans les interminables couloirs des domestiques. Par chance, elle ne croisa personne et put grimper les escaliers. Là-haut, le travail avait été fait et les gens qui y logent étaient certains de pouvoir jouir d’une totale tranquillité. Malgré la continuité du long couloir, Sigrid faillit chuter plus d’une fois, l’imposant cadavre menaçant de l’écraser. Ses jambes supportaient de moins en moins ce petit jeu ridicule et son souffle se faisait court. Elle manquait d’air, ses joues s’étaient teintes d’un joli rouge. Une fois arrivée dans la chambre à la rose, elle jeta l’homme en travers du lit sans même se préoccuper de la plaie et reprit son souffle à même le sol. Une large tâche de sang avait teinté le dos de sa robe. Sigrid le sentait, il était chaud voire brûlant.

On toqua à la porte. La dame se releva avec précipitation, se saisit de son épée et la pointa vers l’importun, menaçante. Le domestique sursauta lorsqu’il vit l’arme, fit tomber son chargement et parti en courant, hurlant comme un hystérique. Par terre gisait des vêtements, des bandages et l’eau avait été renversé. Sigrid soupira, désespérée qu’un homme puisse se montrer aussi peureux en la présence d’une femme. L’avantage dans tout cela, c’est qu’elle pourra le manipuler à sa guise pour obtenir de lui ce qu’elle ne pourra obtenir de Volpe. Elle referma la porte en la claquant avec violence et ramassa le tout en marmonnant.

- Il a dû faire dans son pantalon…l’imbécile. Au moins il m’a apporté le nécessaire.

Une fois cela fait, elle déposa le tout sur la table de sa chambre, alluma quelques bougies et retourna le corps inanimé d’Alexander, qui se vidait encore de son sang sur ses jolis draps de soie. Elle put enfin le détailler. C’était un homme d’apparence délicat, mais musclé par-dessus tout. Sa peau arborait un teint halé, fort plaisant, et ses cheveux, un amas de jolies boucles noires, dans lesquelles il est difficile de ne pas passer ses doigts. C’était un homme, un vrai, comme on en voyait souvent dans l’armée ou sur les navires. Il était fort beau et tout à fait au goût de Sigrid. Mais pour l’heure, elle avait bien autre chose à faire que d’admirer un mourant qui lui causait les pires problèmes.

- Que vais-je faire de toi ? Sigrid Solta, la grande Sigrid Solta, qui soigne un parfait inconnu ! On aura tout vu dans c’monde !

Elle le redressa et fit au mieux pour le soigner. La tâche ne fût pas facile et elle eut besoin d’une bonne heure pour nettoyer le sang, regarder si la balle était bien sortie et refaire un bandage solide, qui tiendrait plusieurs heures durant. Une fois cela fini, elle l’allongea et le recouvrit d’une épaisse couverture, tout en veillant à régulièrement humidifier son front. Entre temps, elle prit soin de se nettoyer les mains et d’enfiler une paire de gants, pour cacher à la vue de tous la présence de son tatouage pirate au poignet. Elle se débarrassa des bandages souillés et de la vieille chemise d’Alexander en les jetant par la fenêtre puis se glissa dans la salle d’eau, pour y prendre un bain.

Quand elle sortit de la pièce, elle était vêtue d’une robe semblable à la précédente. « Jolie poitrine au passage… » « au moins tu es plus jolie qu’elle. » « tu ne devrais pas sortir vêtue avec une telle légèreté. J’ai connu des hommes qui en auraient perdu la tête… » avait-il pendant leur courte discussion dans le jardin. Bien que ces paroles soient propres à un homme qui aime séduire, cela avait plu à Sigrid. Elle s’était sentie intéressante, regardée et complimentée. Diego était bien loin d'arriver à sa cheville et s'amusait plutôt à l'humilier, pour qu'elle cède à ses demandes.
Trois bonnes heures s'étaient écoulées depuis le premier regard échangé.

- Du feu dans la voix...J'ai du feu dans la voix ?
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MessageSujet: Re: Dans un jardin ensanglanté, promettons nous [PV] Lun 13 Fév - 14:45

Son père conduisait lentement le chariot, et assise à ses côtés lui parlait de tout et de rien tandis qu’Alexander avait décidé de se dégourdir les jambes et de marcher à côté du chariot. Le temps était ensoleillé et merveilleusement doux malgré l’heure matinale. Il y avait quelque chose de nouveau, de vierge, qui flottait dans l’air, comme si la petite famille assistait au premier matin du monde. L’air semblait plus pur, le vert des feuillages des arbres plus intense, le sol sous ses pieds plus fort. Alexander se sentit transporté par tant de beauté, et la conversation de ses parents venait ajouter une pointe d’humanité à ce tableau. Il ne put retenir un sourire lorsque sa mère, en parfaite commère, parla des rumeurs du quartier là où son père poussa un faux soupir de martyre. Solange ne se laissa pas faire et lui donna un coup dans l’épaule, répondant qu’il ne se plaignait pas de ses paroles lorsqu’il venait se glissait à côté d’elle dans leur lit. Le rire grave de Keysler l’éleva dans le silence relatif qui régnait sur la petite route de terre qu’ils parcouraient. Ils l’avaient empruntés tant de fois pour se rendre dans maison de campagne. C’est là bas qu’ils allaient dès que le travail de Keysler le lui permettait. C’était l’occasion de se reposer, de chasser et de bien manger. Depuis tout petit, la grande maison de bois constituait un refuge pour Alexander, un endroit où il pouvait se plonger en toute quiétude dans des réflexions introspectives. Ils étaient à mi chemin lorsqu’un puissant sifflement brisa le silence. Keysler qui avait eu son lot d’aventure dans sa jeunesse sut immédiatement de quoi il s’agissait. Il arrêta le chariot et dit à Solange de se préparer tandis que lui-même dégainait son arme. Un autre sifflement, puis dix hommes sortirent des fourrés. Ils se précipitèrent en hurlant et Keysler sauta d’un bond du chariot, prêt à défendre sa famille. Alexander voulut l’aider, mais il réalisa qu’il ne pouvait plus bouger. Il était figé, telle une statue à coté du chariot et regardait impuissant son père tenter de sauver sa vie et la leur. Il ne put même pas le prévenir lorsqu’un des bandits se glissa dans son dos et l’embrocha avec son épée. Solage hurla, de rage, de peur, mais surtout de douleur alors que l’homme qu’elle aimait plus que tout s’effondrait au sol, sans vie. Pantin désarticulé à qui on aurait coupé les ficelles qui le maintenaient debout. Les sept hommes restant sourient en approchant lentement de la femme, mais Solange sortit une dague cachée sous le siège du conducteur et se l’enfonça d’un coup sec dans le cœur. Pendant tout ce temps, Alexander était resté à coté, témoin impuissant de la scène. L’un des hommes haussa les épaules et souleva la jupe de la morte. Le chasseur de primes voulut hurler, mais les ténèbres l’engloutirent.



****
Alexander se réveilla soudainement et son mouvement brusque lui arracha une grimace de douleur. Il regarda autour de lui : il était dans une petite pièce, une chambre à coucher s’il en croyait les meubles qu’il voyait. Un regard jeté par la fenêtre lui apprit qu’il faisait nuit : ou bien il avait dormis une journée entière après s’être évanouie, ou bien cela ne faisait que quelques heures. Quoi qu’il en soit, il était content de constater qu’il était encore en vie, et encore plus lorsqu’il vit le bandage soigneusement fait qui couvrait sa blessure. Passées ces premières considérations, il remarqua enfin la jeune femme qu’il avait rencontrée dans le jardin. Elle était assise et semblait s’être assoupie. Le veillait-elle ? Au souvenir de sa poigne d’acier et de la façon dont elle l’avait plaqué, il trouvait amusant qu’elle puisse faire preuve d’une attention toute féminine. Il la détailla : elle avait l’air d’une petite fille avec les traits de son visage détendu par le sommeil. Alexander sourit mais ce sourire disparu bien vite lorsque la réalité le rattrapa enfin et que son cerveau se remit à fonctionner. Il ne pouvait pas rester ici, il lui fallait partir au plus vite. Il n’avait pas envie de devoir répondre aux questions de la milice qui se demanderait certainement pourquoi il avait pénétré dans le jardin de l’inconnue, et encore plus grièvement blessé. Il ne pourrait guère inventer d’excuse, et le lien avec le cadavre qu’ils ne manqueraient pas de retrouver à quelques rues d’ici se ferait assez aisément. Chasseurs de primes ou pas, il n’était pas un officiel du gouvernement, et rien ne pourrait le sauver du cachot et sans doute de la pendaison pour meurtre, aussi méprisable que soit la personne qu’il avait tué. Il jeta un regard dans la pièce et vit ses bottes ainsi que son pistolet et son épée posées dans un coin de la pièce, près de la porte. Il n’y avait nulle trace de sa chemise, mais il n’avait pas le temps de la rechercher.
Alexander se redressa avec précaution et le plus silencieusement possible, soucieux de ne pas réveiller la femme. Il grimaça lorsque sa blessure s’étira sous l’effort et il sentit que le sang se remit à couler, imbibant le pansement, par chance, les lèvres de sa blessure ne semblaient que s’être ouvertes partiellement, ne laissant passer qu’un mince filet que son pansement épongerait sans mal. Il écarta le pan de la couverture et passa ses jambes par-dessus le rebord du lit, tout cela dans le plus grand silence. Il se leva et retint un juron lorsque le parquet sous ses pieds grinça. La jeune femme commença à s’agiter sur sa chaise et Alexander sut qu’elle allait se réveiller dans les secondes suivantes. Dans son état, et depuis qu’il avait vu de quoi elle était capable, il était persuadé qu’il ne pourrait user de la force pour s’enfuir d’ici. La discrétion venait d’échouer, restait la ruse. Il se précipita le plus silencieusement possible vers la fenêtre et s’assit sur son rebord, offrant son dos nu à la brise nocturne et prenant une mince décontractée, puis il attendit qu’elle se réveille. Il la vit jeter un regard ensommeillé sur le lit puis s’agiter et se lever d’un bond, parfaitement éveillée par la place vide qu’occupait auparavant le chasseur de prime. Alexander rit, un rire qui n’était pas très fort, mais qui sonnait clair dans le silence de la pièce.

- Me cherchais-tu, jolie inconnue ? Comme tu peux le voir, je suis encore là, blessé, malade, mais bien présent… Je me suis déjà présenté, mais d’une manière assez cavalière et puisque je semble ton invité, autant en profiter pour y mettre les formes. Il se redressa et inclina la tête en direction de la jeune femme. Il aurait aimé faire plus, mais sa blessure l’en empêchait. Alexander LaFollet, pour te servir… Il retrouva sa place sur le rebord de la fenêtre. Je pense que je devrais te remercier. Je ne sais pas comment tu as fais pour transporter un poids mort comme moi jusqu’ici, mais je te dois la vie… enfin si tu n’avais pas eu l’idée saugrenue de te promener dans ton jardin en plein milieu de la nuit, je n’aurais pas été obligé de rester à me vider de mon sang, donc en fin de compte, tu es en partie responsable de ce qui m’est arrivé. Un petit sourire agita ses lèvres. Aurais je le droit de connaître ton prénom, ou je vais devoir me contenter de t’appeler ma belle ou ma jolie ?
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MessageSujet: Re: Dans un jardin ensanglanté, promettons nous [PV] Ven 17 Fév - 19:16

- En partie responsable de ce qu’il vous est arrivé ? Attendez, vous n’êtes quand même pas en train de rejeter la faute sur mes épaules ?

Sigrid s’approcha de lui à grands pas, quand bien même souriait-il de sa bêtise. Une fois assez près, elle le désigna de son doigt, un regard emprunt de colère comme seule et unique arme pour défier cet homme pourvu d’une arrogance démesurée. Il ne manquait pas de culot celui-là, pour ainsi lui parler ! Dans son état, il s’agissait soit d’inconscience, soit d’une forme de folie. Quoi qu’il en soit, il était hors de question pour Sigrid de le laisser agir à son aise. Après tout, elle prenait de nombreux risques en l’hébergeant ici –dans sa chambre -, bien plus avec le Seigneur Jaminez qu’avec les domestiques récalcitrants par ailleurs. A ce rythme, elle allait avoir de très gros ennuis et connaissant son hôte, la sanction n’allait pas être une misérable petite exclusion.

- Non mais pour qui vous prenez-vous ? Ici, vous êtes dans une riche demeure, une propriété privée, on n’y pénètre pas sans risquer la sanction. Estimez-vous plutôt heureux que je n’ai pas jugé bon de vous remettre aux autorités d’Assecia, misérable, car l’idée m’est véritablement passer par la tête ! Elle se mordit les lèvres, puis reprit : J’ai Sali ma jolie robe pour vous ! J’ai même menacé les domestiques pour qu’ils m’apportent dans les plus brefs délais de quoi guérir votre plaie ! J’ai été obligé de vous transporter sur mon dos, à l’opposé même de l’endroit où nous nous trouvions avant que vous ayez la brillante idée de perdre connaissance ! J’aurais très bien pu vous abandonner dans l’herbe et vous y laisser crever comme un rat ! Parce que c’est ce que vous êtes ! Un rat ! Un misérable rat ! Je n’au…

Elle remarqua alors que la plaie d’Alexander recommençait à saigner, bien que ce ne soit pas de façon abondante. Elle posa ses deux poings sur les hanches et pesta bien plus encore. On aurait dit une furie, une femme qu’il est difficile d’arrêter lorsqu’elle est lancée. Elle commençait même à faire de grands gestes avec ses bras, lorsqu’elle ne savait pas comment montrer au mieux à son « invité » qu’il venait de commettre une grosse erreur en s’essayant à la provoquer.

- Mais quel abruti vous faites ! Vous savez combien de temps j’ai passé à soigner cette satanée plaie ? Ingrat ! Irresponsable ! Elle le prit par le bras et le força à la suivre. Lorsqu’ils furent près du lit, elle le fit asseoir. Vous ne bougez pas. Je vous préviens, si vous mourez, je ne viendrai pas à votre secours, alors prenez vos responsabilités au lieu de mettre votre vie en jeu comme si elle avait peu d’importance ! Plantée devant lui, elle reprit de plus belle : J’vois même pas pourquoi j’vous aide, vous êtes si peu reconnaissant ! Un long silence s’installa. On pouvait entendre les mouches voler. Lorsque Sigrid recommença à parler, ce fût d’une voix moins forte. Je suis Sigrid. Sigrid Solta. Mais « ma jolie » et « ma belle » me convenaient parfaitement, quand bien même j’avais le sentiment d’être la putain et vous le client à satisfaire. Il n’y a que chez les gueux ou dans les bordels que j’entends les hommes utiliser ce mot pour une personne qu’ils connaissent à peine.

Enfin elle cessa son monologue. Il avait duré sur plusieurs longues minutes, sans que Sigrid ne daigne permettre à Alexander de protester ou d’en placer une. A peine le silence prit-il place dans la chambre que l’ancienne pirate se sentit immédiatement ridicule, honteuse, irrécupérable. Ses joues se teintèrent de jolies couleurs et elle épousseta maladroitement les pans de sa robe. Sa langue passa plus d’une fois sur ses lèvres. Son cœur battait à la chamade. Elle se retourna, dos à son interlocuteur. Ce type la mettait dans des situations improbables.

- Que comptiez-vous faire ? Quitter les lieux dans votre état ? Sans même me dire au revoir ou merci. Sympa de votre part. Vous êtes aussi poli que les brigands des mers à ce que je vois.
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MessageSujet: Re: Dans un jardin ensanglanté, promettons nous [PV] Mar 21 Fév - 12:00

Alexander resta coi, un éternel petit sourire amusé étirant ses lèvres sous le déluge de paroles plus ou moins agréable que cette plus si inconnue jeune femme lui lançait tels des rochers : Sigrid Solta. Il répéta le nom dans son esprit, comme en savourant la sonorité. Le déluge de parole finit par s’essouffler, pareil à une tempête qui aurait épuisé ses forces, et un silence gêné s’installa dans la pièce. Il l’a vit rougir et jouer d’un air maladroit avec les pans de sa robe, avant de lui tourner carrément le dos. Alexander en profita pour se pencher silencieusement vers la fenêtre et vérifier la hauteur qui le séparait du sol : trop haute pour qu’il puisse tenter de sauter dans son état. Il poussa un petit soupir et laissa le silence plus profondément encore, surpris de ressentir encore une quelconque émotion autre que la haine et le désespoir après ce qu’il avait appris quelques heures plus tôt, car en cet instant présent, il éprouvait ce qu’on pourrait qualifier d’amusement, ou un tout cas un sentiment qui s’en rapprochait beaucoup. Le silence s’éternisa, sans qu’il ne fasse le moindre effort pour parler, et il se demanda si elle craquerait bientôt et recommencerait à l’insulter comme elle l’avait si bien montré jusqu’ici, puis il changea d’avis.

- Sigrid, quel malheur pour une belle femme comme toi de ne pas saisir l’ironie contenue dans ma voix, lui fit-il, et dans sa voix on devinait le sourire qu’il adressait à son dos. Je te suis sincèrement reconnaissant de m‘avoir soigné et d‘avoir bravé autant de dangers pour les simples beaux yeux d‘un bel inconnu rencontré au clair de lune. Quant au petit surnom que je t’ai donné, ceux qui l’utilisent dans les bordels manquent d’imagination. Pour ma part, ne connaissant pas ton prénom, je t’ai simplement qualifié par la caractéristique la plus voyante chez toi… n’y vois aucune invitation de ma part… et puis, tu n’es pas vraiment mon genre, donc tu n‘as rien à craindre d‘un homme à moitié nu sur ton lit. Il gloussa de sa plaisanterie.

 Il se leva et alla à la fenêtre, appuyant ses deux coudes contre le rebord, lui tournant le dos aussi bien qu’elle le faisait pour lui. Le sentiment de joie qu’il avait ressenti quelques instants plus tôt disparaissait, remplacé par un infini chagrin qu’il ne put totalement cacher lorsqu’il reprit la parole, contemplant le ciel piqueté d’étoiles lointaines.

-Ce que je comptais faire… dit il d’une voix basse, presque un murmure imperceptible pour la jeune femme. Oui, je voulais partir, je le veux toujours. Il y a des choses que je dois régler, et bien que je te sois reconnaissant Sigrid Solta, femme à la poigne de fer et aux paroles plus dures que l’acier, je ne peux rester, quant bien même cela me ferait plaisir de partager ce confortable lit avec toi…

Même sa plaisanterie révélait toute la tristesse qui l’animait à ce moment précis. Il l’avait dis sans joie, sans entrain, presque par automatisme, comme si son corps réagissait d’instinct alors que son esprit était déjà loin, en compagnie de ses parents, la haut. Il se retourna et vit qu’elle le regardait étrangement. Le visage d’Alexander n’arborait plus son sourire ironique, il était figé, pareil à celui d’une statue. Il appuya son dos une nouvelle fois contre le rebord de la fenêtre, la position la plus confortable qu'il ait trouvé jusqu'ici pour ménager sa blessure. Il plongea son regard dans celui de la femme, et le temps sembla se suspendre alors qu'il cherchait quelque chose dans son regard puissant : quoi ? Il n'aurait su le dire, de même lorsqu'il finit par détourner son regard, il n'avait aucune certitude d'avoir trouvé ou non ce qu'il cherchait dans le regard de Sigrid. Il vit qu'elle portait des gants et son esprit anesthésié par la soudaine tristesse qui l'avait envahi s'interrogea tout de même sur cet étrange détail. Alexander finit par pousser un profond soupir.

- J'imagine que je suis coincé ici jusqu'à ce que tu décides ce que tu comptes faire de moi. Oh non ne t'inquiète pas, je ne dénigre pas l'aide que tu m'as apporté : encore une fois, merci. Puisque nous n'avons qu'un lit, que dans mon état je ne puis dormir par terre et que tu ne voudras sans doute pas te coucher dans mes bras, parlons. Qui es tu ? Tu n'as rien d'une dame, tout à l’heure, lorsque tu t’es énervé contre moi, ton langage naturel est ressorti sans que tu ne t'en rende compte, pourtant tu habites dans cette demeure luxueuse, et au mépris que tu as affiché pour les femmes exerçant le plus vieux métier du monde, j'imagine que tu n'es pas une courtisane, alors qui es tu, Sigrid Solta ? Ton accent me fait penser à celui des îles, et tes expressions sont celles d'un vieux loup de mer...
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MessageSujet: Re: Dans un jardin ensanglanté, promettons nous [PV] Jeu 23 Fév - 15:56

- J'imagine que je suis coincé ici jusqu'à ce que tu décides ce que tu comptes faire de moi. Oh non ne t'inquiète pas, je ne dénigre pas l'aide que tu m'as apporté : encore une fois, merci. Puisque nous n'avons qu'un lit, que dans mon état je ne puis dormir par terre et que tu ne voudras sans doute pas te coucher dans mes bras, parlons. Qui es tu ? Tu n'as rien d'une dame, tout à l’heure, lorsque tu t’es énervé contre moi, ton langage naturel est ressorti sans que tu ne t'en rende compte, pourtant tu habites dans cette demeure luxueuse, et au mépris que tu as affiché pour les femmes exerçant le plus vieux métier du monde, j'imagine que tu n'es pas une courtisane, alors qui es tu, Sigrid Solta ? Ton accent me fait penser à celui des îles, et tes expressions sont celles d'un vieux loup de mer...

Sigrid garda le silence. Les bras croisés, le regard dur, elle fixait son étrange interlocuteur avec hostilité. Que pouvait-elle faire d’autre, pour répondre à toutes ses interrogations ? Que devait-elle lui dire ? Comment éteindre à jamais ses soupçons, pour se préserver de lui et du danger qu’il pouvait représenter ? Contrainte par les évènements de ces dernières minutes, la jeune dame dut mettre de côté la curieuse attirance qu’elle ressentait à son égard, qu’elle soit sentimentale ou uniquement physique par ailleurs. Il lui fallait agir au plus vite. Première chose : garder son calme et analyser la situation.
Tout d’abord, elle soupira longuement, pour évacuer ses craintes et redevenir le digne maître de la situation. Cet homme parlait beaucoup trop et il fallait donc l’occuper au mieux, dans le but de le détourner de la conversation et de lui faire oublier ce pourquoi il s’interrogeait. Sigrid réfléchit alors à la meilleure solution à employer, ce remémorant pour cela chacun de ses mots, le moindre de ses gestes et même ses mimiques les plus imperceptibles. Deuxième chose à faire : le distraire. L’avantage de ce deuxième point, c’est qu’elle n’allait nullement être obligée de se forcer. Il lui suffisait simplement de se laisser aller, comme elle l’avait toujours fait avec les hommes intéressants.

D’une secousse du pied, elle quitta vivement ses chaussures. Elle s’approcha ensuite en douceur, cherchant dans ce même temps à discerner son expression. Elle ne pouvait s’en cacher, cet homme était un mystère à lui seul. Une fois devant lui, elle passa l’un de ses doigts sur le bandage, contournant la plaie pour ne pas lui faire trop de mal. Il saignait encore un peu et elle demeura clouée sur place lorsque le liquide chaud tâcha la fine dentelle de son gant. Elle retira brièvement sa main pour finalement jouer avec le muscle de son épaule. Là au moins, elle ne risquait pas d’être forcée de retirer son gant.

- Très cher Alexander…vous posez bien trop de questions, détendez-vous donc un peu. Savez-vous que je peux en faire autant, si cela me chante ? Qui vous poursuivait, pour que vous soyez contraint de violer une propriété privée ? Savez-vous que vous donnez l’image d’un voleur ; ou d’un assassin, qui sait ? Votre empressement à me quitter me conforte dans cette hypothèse. Chut ! lui intima-t-elle lorsqu’il ouvrit la bouche. Pour l’obliger à garder le silence, elle porta son doigt à ses lèvres. Je ne vous demande ni de vous justifier, ni de me conter votre histoire, car elle m’importe peu. Je peux juste vous dire que ma vie ne mérite pas d’être racontée. Mon futur par contre, sera écrit dans un livre et moi, je serai devenue bien plus puissante que toutes les petites princesses de cette colonie. Amusant n’est-ce pas ?

Elle passa finalement ses doigts dans ses cheveux, malgré une différence de taille plutôt impressionnante. Les boucles brunes étaient douces et étrangement, Sigrid ressentit beaucoup de plaisir à jouer avec. En vingt-neuf ans de vie, jamais elle n’avait croisé une si belle chevelure chez un homme. Elle n’était ni poisseuse, ni sèche, ni rongée par le sel marin. Un sourire amusé prit place sur ses lèvres. Qu’était-il alors, s’il n’était pas de ceux qui vivaient la quasi-totalité de leur existence sur la mer ? Un soldat du gouverneur ? Un brigand ? Un voleur ? Un assassin ? Qu’importe. Pour l’heure, le plus important n’était pas de connaître son identité réelle.

- Qui vous a dit que je n’aimerais pas dormir dans vos bras ?

Brusquement, elle se sentit tout intimidée. Peut-être s’agissait-il seulement d’excitation. Il était possible aussi que l’angoisse qu’il l’avait habité lorsqu’il avait évoqué son manque de tenue pour une dame du haut-monde ait repris le dessus et qu’elle ait perdu tous ses moyens.
Que penserait-il d’elle, si elle allait plus loin dans ses avances ? Aimerait-il les petits bouts de son corps, ses seins, ses jambes, sa gorge ? Etait-il sincère lorsqu’il l’appelait « Ma jolie » ? Etait-ce une proie facile, ou un monstre qui se cachait-il derrière l’apparence d’un ange ? Elle savait bien qu’elle prenait des risques inconsidérés en jouant le jeu de la séduction avec lui, car comme n’importe quel autre homme, il pouvait très bien la rejeter et reprendre la conversation là où elle l’avait arrêté. Elle pria intérieurement pour que ses préoccupations premières changent. Elle n’avait aucune autre solution en tête pour justifier son langage de charretier !

- Vous me mettez dans une situation gênante...Vous êtes mon invité et vous me devez la vie. Aussi vous aviez raison tout à l'heure : c'est moi qui déciderai de votre sort. Je doute que vous soyez en position de me tenir tête. Vous êtes grand, beau, plutôt musclé. Mais vous avez un trou dans la poitrine. Un trou béant...
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Matelot
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MessageSujet: Re: Dans un jardin ensanglanté, promettons nous [PV] Mar 28 Fév - 9:46

Le rire triste d’Alexandre raisonna faiblement, mais dans l’intimité de la nuit, il était parfaitement audible.

- Oh non Sigrid, ne le prends pas mal, mais tu n’es pas une Dame… Crois en mon expérience, je les ai côtoyé assez longtemps pour savoir comment elles se comportent. Tu joues de la séduction de manière trop évidente et trop brusque après le ton que tu as eu pour que ce soit honnête. Une Dame aurait été plus subtile dans son approche. Mes questions t’auraient elles gênées ?
Il n’attendit pas qu’elle réponde. À vrai dire, je trouve cette maladresse charmante. Elle a le charme de l’honnêteté et non du jeu, même si c’est à dessein que tu l’utilises et pas seulement pour mes beaux yeux, mais très bien, je n’insisterai pas, je te laisse tes secrets, ma Dame.

Il avait dit le dernier mot avec une ironie plus mordante qu’il n’aurait voulu, la cause à la fatigue qui le gagnait de nouveau. Il regagna le lit et s’assit dessus, fixant son regard aux couleurs d’acier dans celui de la femme.

- Puisque l’on ne peut parler de ton passé, parle moi donc de ce glorieux destin que tu te réserves, une ambitieuse, à ce que je fois. Tu sembles au moins posséder le caractère nécessaire pour ne pas te faire marcher dessus, mais tu vas devoir travailler sur ton accent et tes expressions si tu ne veux pas finir à la rue. Il désigna la pièce de la main. J’imagine que ceci n’est pas à toi, peut être à ton protecteur… quoi que tu l’as dis toi-même, tu n’as rien d’une courtisane, et je t’imagine mal échanger quelques caresses pour des faveurs… C’est peut être celui qui te permettra d’atteindre les sommets que tu vises. Est-ce que je dois te souhaiter bonne chance ?

Il s’allongea sur le dos et ferma un instant les yeux, écoutant les réponses à ses questions. Il y avait quelque chose intriguant chez cette Sigrid, et il était trop bon charmeur pour reconnaitre lorsqu’on essayait d’en faire de même avec lui. Elle lui cachait quelque chose, mais il n’aurait pu dire de quoi il s’agissait. Inlassablement, il en revint aux gants qu’elle portait. Elle avait même retiré ses chaussures, dans sa tentative pour le séduire, cependant elle gardait obstinément ses gants. Ses doigts fins n’avaient pourtant pas l’air déformés par une quelconque maladie, à moins que ce soit l’état de sa peau qui lui impose de les garde, cependant de ce qu’il avait vu, Sigrid avait plutôt une peau douce et en bonne santé. Il se releva et la regarda, puis sortant du lit, il s’approcha d’elle doucement, et celle-ci recula légèrement jusqu’à son dos se retrouve appuyer contre le mur de la pièce. Il se pencha vers elle, comme s’il allait l’embrasser, et huma son parfum délicat, puis il plongea son regarda dans le sien, leurs visages séparés par quelques centimètres à peine. Il vit qu’il la troublait, qu’elle n’avait pas prévu cette promiscuité. Elle voulait jouer du charme, il pouvait en faire autant, peut être mieux qu’elle. Ses mains glissèrent sur ses épaules et attrapèrent ses mains gantées qu’il enserra doucement avec les siennes. Le tissu était doux sous sa peau, et les mains presque délicates, mais il avait été un témoin direct de leur force et savait de quoi elles étaient capables. Il déposa un fantôme de baiser sur le tissu d’un des gants.

- Pourquoi gardes-tu ces gants, Sigrid ? lui demanda-t-il d’une voix qui ronronnait presque, pareille à une promesse.
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MessageSujet: Re: Dans un jardin ensanglanté, promettons nous [PV] Mar 28 Fév - 22:39

-Voyez cette robe que je porte ? J’aimerais pouvoir en commander une centaine d’autres, sans dépendre de la richesse du Seigneur Jaminez.

Elle avait envie de tout acheter. Sans discernement, son instinct de propriété n’en était pas moins fort, et elle se sentait si follement riche ici qu’elle ne voyait aucune raison pour se refuser ses fantaisies. Elle aimait ces jeunes beaux qui flânaient dans les avenues, fleuretant avec les vendeuses, examinant nonchalamment les passantes, et les interpellant hardiment. L’entourage même du Gouverneur devait être plein de marchands, modestement vêtus, traitant activement des affaires, parlant de stocks, de crédits, d’hypothèques et de leurs aventures en mer. Pour cela, elle était prête à tout, et elle ne manqua pas de le faire comprendre à son curieux interlocuteur.

- Que croyez-vous qu’il me faille pour m’habiller correctement, séduire les beaux et manger à ma faim ? Il me faut le pouvoir ! La richesse ! Le prestige ! Je veux tout cela, qu’importe les moyens pour y arriver ! Le Gouverneur lui-même sera obligé de me lécher les pieds pour que je lui laisse un peu de ce qu’il possédait avant. Inquiète à l’idée que des domestiques puissent écouter à la porte, elle termina en chuchotant : Et le Seigneur Jaminez, mon hôte et protecteur, est celui qui me permettra de réaliser mes rêves. J’apprendrai bien un jour à me conduire comme une Dame digne de ce nom, ce n’est quand même pas hors de ma portée !

Un affreux sentiment de défaite l’envahit soudain, car, bien sûr, une femme capable de charmer un gouverneur devait posséder un pouvoir surnaturel de séduction. Toute confiance l’abandonna, vaincue et subjuguée par la croyance superstitieuse qu’un Gouverneur et tout son entourage étaient doués de vertus quasi divines. Elle baissa misérablement la tête. Comment faisait-il pour toucher ainsi son âme ? Il avait parfaitement raison en disant qu’elle ne ressemblait en rien aux hautes dames de la colonie.

A peine eut-elle le temps de soupirer que l’homme s’approcha d’elle, la forçant dans sa méfiance à reculer contre le mur de la chambre. Là il saisit ses poignets et baisa l’un d’eux, après avoir frôlé de ses longs doigts ses épaules. Malgré la dentelle, Sigrid sentit la chaleur de ses lèvres et frémit. En elle se mélangeait le un tortueux désir et une appréhension justifiée. Elle secoua légèrement la tête pour se ressaisir. Jusqu’à présent, aucun homme n’avait osé lui tenir tête dans les jeux de séduction, aussi animal soient-ils.

- Pourquoi gardes-tu ces gants, Sigrid ? lui demanda-t-il d’une voix qui ronronnait presque, pareille à une promesse.
- Ecoutez-moi, Alexander. Vous n’avez qu’une chose à faire pour me faire plaisir, accepter que je vous cache non pas un secret, mais bien deux secrets. On peut me donner autant d’argent que je le souhaiterai, cela ne changerait en rien ma décision. Il va falloir s’y prendre autrement pour me convaincre de me dévoiler.

Sigrid incita son compagnon à reculer en faisant la moue, une expression de rébellion dans les yeux, et, au bout d’un instant, elle le poussa sur le lit. Pendant quelques secondes elle resta boudeuse, songeant à son triste avenir, puis, rapidement, elle baissa les yeux sur lui. Il l’observait gravement, avec attention. Elle lui rendit son regard, le cœur battant. Elle se sentait en proie à une sorte de douce langueur, épuisante au point que ses yeux se fermaient. Tout son être se consumait de désir. Cependant elle restait réticente, réservée, emplie d’un sentiment de crainte plus fort presque que son désir. Et si le Seigneur Jaminez les découvrait ? Cette journée passée lui promettait déjà de nombreux ennuis et Alexander n’en était qu’un de plus parmi une dizaine d’autres. Qu’importe alors cet hôte ingrat, ce soir, c’était sa soirée ! Et elle comptait bien s’amuser, comme elle n’en avait plus eu l’occasion depuis sa trahison sur l’Impériale.

- Le Maître des lieux va vous trancher la gorge.

Enfin elle mit de côté toutes ses pensées négatives, s'approchant lentement de lui. Sigrid inclina la tête pour rencontrer ses lèvres et lui posa ses mains de chaque côté de son visage.

- Nous imaginerons une histoire quelconque à raconter à mon hôte, si jamais il vous découvre ici ; je sais que ce n’est pas très agréable pour vous, mais, même dans une demeure située au milieu d’une centaine d’autres, la connaissance des mots entraîne le respect. Oh je serai la victime de rumeurs toutes aussi stupides les unes que les autres, mais au bout d’un certain temps, les bavardages cesseront, je pourrai me marier sans que votre nom soit évoqué au milieu de mon couple. Attendez, laissez-moi finir. Je sais que je suis à blâmer de vous avoir emmené ici, et je ne prétends pas que mes motifs étaient nobles, cela vous ferait trop plaisir. Je n’ai pas pensée à vous, ni à ce qu’il adviendrait de vous et, à parler franc, je m’en souciais fort peu. Mais vous m’avez fait changer ? Vous êtes jeune, malin et beau ; tout cela, ajouté à votre enthousiasme pour la vie. A ce rythme vous allez être celui qui va causer ma perte. Et pourtant il en faut du culot pour se frotter à des femmes comme moi.

La retenue dont elle avait fait preuve jusque-là menaçait de disparaître pour faire place à une passion sauvage, violente, impitoyablement égoïste.
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Matelot
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MessageSujet: Dans un jardin ensanglanté, promettons nous [PV] Mer 21 Mar - 8:22

[justify]Alexander repoussa doucement la jeune femme dont les ardeurs l’avaient poussés à lui voler un baiser jusqu’à qu’elle se retrouve de nouveau debout tandis que lui restait assis. Il la détailla. La lueur qui brillait dans ses yeux, il l’a connaissait bien pour l’avoir suscité chez d’autres femmes, mais il fut tout de même surpris de ce revirement. Ce n’était plus une tentative pour le détourner d’un secret qu’elle désirait garder pour elle, elle avait été assez honnête sur ce point là pour lui dire explicitement qu’elle préférait ne pas s’attarder sur le mystère de ses gants, non, c’était un désir charnel sincère. Elle se mordilla la lèvre, soudain douteuse devant son doux rejet, et cela ne lui donne que plus de charme, néanmoins, Alexander y resta imperméable. Le souvenir de ses parents était bien trop présent dans son esprit pour qu’il se laisse aller à de tels débordements affectueux, et il n’était pas homme à s’engager dans cette danse si particulière que celle qui naît de la communion charnelle de deux corps au premier soir. Il préférait découvrir son partenaire, deviner ses plaisirs cachés, de sorte que chacune de ses étreintes devenait un souvenir cher pour celles qu’il avait su charmer. Il lui sourit gentiment, afin d’adoucir son rejet.

- Sigrid, tu es bien trop entreprenante pour un homme comme moi… Je crains de ne pouvoir répondre à… ta demande, si l’on peut appeler cela ainsi.
Il montra son bandage rougi par le sang qui avait coulé quelques minutes plus tôt. Comme tu peux le voir, je ne serai pas en état de satisfaire tes exigences, conclut-il en lâchant une petite plaisanterie dans le silence de la nuit.

Il se leva et s’approcha d’elle, puis il posa une main sur chacune de ses épaules et s’approcha d’elle pour déposer un baiser sur le sommet de son crane, puis se retournant, il entreprit de rassembler ses affaires. Il enfila en silence ses bottes, passa sa ceinture et y ceignit son sabre, pour le moment rangée dans son baudrier en cuir. Sa chemise était fichue, mais la veste qu’il portait était encore en bon état, malgré le sang qui l’avait tâché. Il la passa et la sensation du sang séché sur sa peau lui arracha un petit frisson. Sigrid n’avait pas dit un mot, étrangement silencieuse alors qu’il s’habillait lentement, comme si sa dernière action l’avait vidée de ses forces. Une fois prêt, Alexander se releva et passa une main dans ses cheveux, fidèle à son habitude.

- Comme pour tes gants, il y a des choses que je ne peux pas te dire, mais que je dois néanmoins faire, Sigrid. Crois moi, je serais bien resté plus longtemps avec toi pour discuter de ton incroyable désir de richesse. Il gloussa doucement. Je suis persuadé que tu réussiras, ma petite Sigrid, et alors je pourrais dire aux passants que je rencontrerais que j’ai passé une nuit intense avec la nouvelle maîtresse du monde. Il redevint sérieux, et l’espace d’un instant, l’infinie douleur qu’il ressentait à l’idée que ses parents étaient morts s’exprima sur son beau visage. Le gris de ses yeux s’assombrit jusqu’à en devenir terne, et lorsqu’il reprit la parole, sa voix était faible et emplie de tristesse. Il faut que je parte. Dans mon état, tu pourrais m’en empêcher, mais il me faut accomplir quelque chose d’important pour moi, est-ce que tu comprends ? Mais lorsque je reviendrai, c’est avec un plaisir sincère que je te retrouverais. Voila ce que je te propose, promettons nous de nous revoir à mon retour, mais en attendant, faisons comme si nous nous étions jamais rencontrés, et laisse moi disparaître dans l’obscurité de la nuit, j’ai déjà perdu trop de temps.

Sigrid l’observa en silence. Que se passait-il dans sa tête ? À quoi pensait-elle ? Que cachaient ses beaux yeux ? Elle ne lui répondit pas, et le chasseur de primes prit ce silence pour une acceptation. Il lui sourit une dernière fois puis se dirigea vers la porte. Il l’ouvrit et observa le couloir ténébreux qui s’ouvrait devant lui avant de s’y engager. Lorsqu’il déboucha par le jardin, il regarda autour de lui et vit la grande grille d’entrée. Il avait récupéré assez de force pour l’escalader et ses poursuivants devaient déjà être ailleurs, s’ils n’avaient pas abandonnés tout court. En s’y dirigeant, il passa sous la fenêtre de la chambre de Sigrid. En levant les yeux, il vit qu’elle l’observait et il lui adressa un petit signe d’adieux d’un geste nonchalant avant d’escalader la grille et d’être happée par une ruelle.
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