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Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR]

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Capitaine
Premier personnage


Journal de bord
Situation RP: Occupé
En couple: Non
MessageSujet: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Sam 24 Mar - 23:50

Sigrid se détourna lentement de la fenêtre, s’efforçant de maîtriser les battements de son cœur. Après ce qu’elle venait de vivre, elle aurait bien aimé pouvoir respirer un peu avant de faire face à de nouvelles épreuves. Au dehors, la nuit était couleur d’encre noire et les étoiles s’étaient éteintes, comme les braises d’un feu sous les assauts de la pluie du printemps.

C’était cette heure si particulière, juste avant le chant des loups, où l’obscurité était la plus complète ; la nuit même semblait retenir son souffle au moment de plonger le monde entier dans un profond sommeil. Au loin, de légers bancs de brume se déplaçaient sur les flots sombres, à peine éclairés par les rayons fantomatiques d’une lune absente, pudiquement dissimulée derrière les nuages. La mer déchaînée venait s’abattre avec force sur les récifs, et n’épargnait pas non plus les piliers massifs de l’imposant pont de pierre qui reliait le port à la ville basse. Sigrid le savait : ce soir, il n’était pas temps pour elle de dormir. Alexander avait quitté pour un moment la demeure et le Seigneur Jaminez allait être de retour dans les prochaines minutes. Il lui fallait être prête à faire face au pire.

Pensive, la jeune fit le tour du domaine en attendant de pouvoir prendre son bain. Elle se serait attendue à une décoration des plus réduites, mais des rideaux encadraient l’étroite lucarne, et de jolis duvets recouvraient les lits, dont les draps étaient blancs comme la neige même. A l’intérieur des armoires, on trouvait des sachets d’herbes séchées qui servaient probablement à embaumer le linge entreposé là.

C’est une vie qui ne m’aurait pas déplu, si je n’étais pas contrainte de vivre sous les ordres et les quatre volontés du chef des lieux, songea Sigrid, tandis que les domestiques commençaient à préparer le repas qu’ils allaient partager tous les deux au salon, dès le retour de Diego de là où il avait passé la journée. Un foyer…un vrai foyer, avec des domestiques, des pièces par centaines, de bons repas, de jolies robes, un époux dévoué et généreux dans ses dons, des enfants qui font autre chose qu’hurler à longueur de journée…Pourtant, lorsqu’elle était adolescente, elle n’aurait pas voulu d’une existence qu’elle considérait à l’époque comme ordinaire. Mais il y avait là une simplicité, une certaine forme de sérénité, qui attirait la jeune femme depuis qu’elle avait perdu son tout premier enfant, à cause de la cruauté de l’ancien chef des Pirates de Fändir. Elle n’avait d’ailleurs plus la possibilité d’en concevoir d’autres. Au moins elle pouvait toujours profiter de la présence de bras chaleureux dans son lit, certains soirs. Alexander n’avait été que l’un de ses échecs. Mais elle ne comptait pas en rester là le concernant. Elle prendrait sa revanche, quitte à se faire plus désirable encore.

On finit par l’appeler, lui signalant que l’eau était chaude. Elle suivit les domestiques jusqu’à la salle d’eau. Sigrid ôta sa robe de nuit en songeant, avec un sourire amusé, qu’elle ne savait toujours pas si Diego lui donnait autant d’importance parce qu’elle était la seule à avoir croisé sa route ce jour là ou si c’était tout simplement parce qu’elle possédait ce qu’il désirait. Elle se glissa doucement dans le bain. Elle frissonna, éprouvant un plaisir presque sensuel au contact de l’eau brûlante. Elle ferma les yeux et laissa l’eau la recouvrir jusqu’au menton. Peu à peu, ses muscles tendus et endoloris se décontractèrent. La jeune femme sentit la fatigue de ces derniers jours peser sur son corps enfin détendu. Une douce torpeur l’envahit.

Elle se surprit à rêver de son jour de gloire, Alexander l’acclamant, Diego pleurant et la suppliant. Peut-être même qu’elle s’amuserait à refuser son visiteur de tout à l’heure dans sa couche, uniquement pour le plaisir de lui faire payer l’humiliation qu’il lui avait fait subir, sans vraiment le savoir. Elle avait très mal pris son comportement, mais au moins, il n’avait pas découvert le secret qu’elle cachait précieusement sous ses gants de dentelle. Elle n’eut pas le temps cependant de s’amuser bien longtemps. Elle entendit du bruit à l’extérieur ; pieds nus, simplement vêtue de sa tunique, elle traversa la pièce et s’approcha de la lucarne. Elle vit alors une calèche déposer un homme devant la grande porte.

Agacée qu’il arrive si tôt, Sigrid revêtit l’une des plus belles robes de la penderie et descendit sans se presser : son hôte ne méritait pas qu’elle se fatigue pour lui. Lorsqu’elle le vit dans le couloir, elle fut prise d’un tremblement. Son regard ne présageait rien de bon. Volpe avait-il parlé ? Après tout, elle avait perdu l’argent qu’il lui avait donné, acheté aucune robe, manqué de perdre la vie en provoquant des corsaires, bu dans une taverne, fréquenté un type du Gouvernement, tentée de s’enfuir par delà même l’horizon. Et peut-être même que le vieux domestique avait parlé de l'homme qu'elle avait tenté de mettre dans son lit tout le temps de son court séjour ici.

- Ouh…Vous avez mauvaise mine Seigneur Jaminez.

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Matelot
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Journal de bord
Situation RP: Occupé
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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Ven 15 Juin - 8:03

La journée était mauvaise. Il avait bien réussi à inviter le gouverneur, mais cela n'avait pas été sans peine. Son père lui envoyait de mauvaises nouvelles de l'Ancien Monde. Enfin, il avait appris que Sigrid... Non, mais pour qui se prenait-elle ? Diego doutait de ce qu'il avait cru voir chez cette femme. Elle avait du caractère et de l'ambition. Mais jamais il ne lui serait venu à l'esprit qu'elle saboterait elle-même ses chances de victoire. C'était incompréhensible ! Passe encore qu'elle ne l'apprécie pas. Mais qu'elle ne sache pas oeuvrer pour ses intérêts ?
Sa colère s'amplifia, quand les domestiques lui rapportèrent d'étranges scènes. Un inconnu, chez lui, sans qu'il le sache. Sigrid était encore concernée. Il fallait cependant que l'évêque reste calme. Il n'arriverait à rien en exprimant sa colère. Bien au contraire. Il se demandait même si ce n'était pas le but rechercher de la petite catin.

- J'ai mauvaise mine, car je me préoccupe de vos intérêts. Ne souriez pas aussi bêtement, on pourrait vous prendre pour une poissonnière.

Sans laisser le temps à la femme de réagir, il l'entraina dans son bureau en la tenant par la taille. Puis il ferma le verrou.

- Le gouverneur a accepté mon invitation. Mais voilà, il n'est pas dupe. Avant même de vous avoir vu, il se méfie. Si quelqu'un lui rapporte ce qu'il s'est passé aujourd'hui, vous pouvez dire adieu à votre ambition.

La colère revenait et sa voix devenait plus forte.

- Mais à quoi pensiez-vous ? Vous me haïssez ? Très bien ! Mais êtes-vous aveugle ? Sous vos airs farouches, vous faites penser à un pirate. Ai-je besoin de vous rappeler qu'on pend haut et court cette engeance ? Le gouverneur ne prend aucun risque : il préfère un innocent mort, plutôt qu'un pirate en liberté.
Je vous pensais plus maligne : ce matin, vous étiez libre d'entrer et sortir de chez moi librement et avec de l'argent. Vous ne rapportez que des ennuis !
Quant à cet homme du gouverneur... Si vous voulez des mignons dans votre lit, je préfère vous les amener moi-même. Aussi séduisant qu'il puisse être, votre tatouage ne lui échappera pas. Et je saurais vous faire périr rapidement devant la ville entière.


Il soupira, tout était dit. Diego tourna autour de Sigrid, inspectant toute sa personne.

- Au moins avez-vous fait quelques petits progrès. Mais vous n'avez aucune notion des bienséances. Demain et toue la semaine qui vient, vous serez très occupée. J'ai trouvé quelques professeurs expérimentés qui vous apprendront les bonnes manières et l'intelligence. Nous sortirons trois soirs, chez des amis. Vous pourrez me prouver votre souci de parvenir dans les hautes sphères de l'aristocratie. Enfin, vous aurez l'obligation d'assister chaque matin à l'office. Je veux vous y voir au premier rang et confite en dévotion.

Diego s'éloigna de son invité pour se servir un verre de porto.

- Que diriez-vous de devenir la dame de compagnie ... de la fille du gouverneur ? Oh, ne vous emballez pas. La jeune fille en question a disparu et ne donne plus aucun signe de vie. Mais j'ai lancé mes chiens pour la retrouver avant que son père n'y parvienne. Un peu d'aventure ne devrait pas vous déplaire, je me trompe ?

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Capitaine
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Journal de bord
Situation RP: Occupé
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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Ven 15 Juin - 20:26

Plus d’une fois, Sigrid songea sérieusement à prendre la fuite, qu’importe la méthode qu’elle serait forcée d’employer pour parvenir à ses fins. Elle fixait avec une intensité grandissante le verrou de la porte, espérant, dans le plus grand secret, que ses intentions, ses pensées et ses sentiments, ne se lisent pas sur son visage. Ses jambes tremblaient sous ses jupons, comme à l’époque où elle se préparait à aller au combat, sur l’imposant Impérial. A ce souvenir, la jeune femme eut beaucoup de peine à avaler sa salive. Elle qui avait souhaité avec tant d’ardeur devenir une grande dame afin de se venger de l’Impératrice, se retrouvait désormais sous la domination écrasante d’une évêque ambitieux et dépourvu de scrupule. Bien qu’il lui promette depuis des jours déjà une situation de pouvoir, Sigrid ne pouvait croire que ses projets ne la mettraient pas en danger. Egarée, troublée, elle avança d’un pas vers la sortie, pour finalement s’arrêter en chemin. Il n’était guère le moment de s’en aller, son attitude dans une telle situation pouvant éveiller des soupçons chez son hôte.

Avec courage, elle redressa la tête et se fit plus forte qu’elle ne l’était vraiment. Elle déclara, sur un ton ferme :

- Je ne suis la servante de personne, encore moins d’une enfant gâtée ! Quant à me dévouer à un dieu tous les matins à l’aube, ne croyez pas que vous serez en mesure de m’y obliger, pas sans l’aide de votre chien de garde tout du moins. N’avez-vous pas eu besoin de lui pour me maîtriser, hier au soir ? J’aime dormir, j’aime manger un petit déjeuner gourmand, puis prendre le temps qu’il faut pour le digérer. Ne m’enlevez pas ce plaisir, comme vous l’avez fait avec les autres.

Elle croisa les bras sur sa poitrine, sûre de ses propos. Elle avait vécu, pendant près de dix ans, comme elle l’entendait. Jamais personne n’avait eu le culot de remettre en question l’ensemble de ses principes. Et voilà que cet homme débarquait sans prévenir et menaçait de tout modeler à sa guise. Oh ça jamais ! Bien qu’elle ait de quoi craindre la pendaison, Sigrid souhaitait tout faire pour garder un minimum de dignité et de fierté. Elle reprit, plus fermement encore.

- Je ne me suis jamais dévouée à votre soi-disant dieu, Seigneur Jaminez. Bien que ce soit un Moine qui m’ait sauvé la vie, bien que ce dernier m’ait généreusement amené chez une personne capable de prendre soin de moi…alors que j’avais tout perdu…je n’ai jamais perdu mon temps avec ces absurdités, et ce n’est pas aujourd’hui ou demain que je le ferai ! Oh, je vous l’accorde, certains doutaient de ma présence à l’église au matin et menaçaient ma vie par leurs commérages.

Avant que Diego n’ait le temps de lui répondre, Sigrid reprit la parole. Le mieux était encore qu’elle en termine rapidement avec cette histoire, afin qu’aucun débat ne s’engage. Elle savait cependant l’évêque talentueux et rusé. Ses chances de victoire étaient minces.

- Cela m’empêchera-t-il d’obtenir ce que je désire ? Il me suffit simplement d’apprendre et de me montrer aux yeux des plus grands ! Ai-je donc besoin de me soumettre aux règles imposées aux femmes ? Suis-je obligée de plier le genou devant un dieu qui ne m’intéresse pas plus que la couleur de vos ongles de pieds ? Tss !

Là elle avança, doucement, jusqu’à la porte. Elle saisit de ses doigts la poignée, hésitant à attraper le verrou qui lui permettrait d'accéder à ses rêves de liberté. Elle ne savait pas si elle devait prendre le risque de provoquer le Maître de Maison, allant jusqu’à fuir son hospitalité. Que ferait-il alors ? Il n'y avait qu'un seul moyen de le savoir.

- Une dernière chose : seriez-vous jaloux, Seigneur, pour choisir les hommes qui passeront dans mon lit ? Il y a bien des moyens de cacher un tatouage ! Une blessure se bande. Un bandage cache les blessures. Et les gants ? Ne sont-ce pas un moyen de séduction ? Chaque homme prendra-t-il le temps de me les retirer, si je ne le fais pas moi-même ?

La main tremblante, craignant qu’il devine ses intentions de fuite, elle finit sur cette phrase, espérant ainsi le détourner de ce sur quoi il devrait se concentrer :

- L’homme que j’ai accueilli ne m’a pas touché. Je l’ai trouvé à moitié mort dans votre jardin. Mais je ne vous cache pas qu’il était charmant. Si charmant que je regrette qu’il ait été blessé et donc pas en pleine possession de ses moyens pour me satisfaire.

Cela c’était fini sur un ton sarcastique.
Mais soudainement, elle saisit le verrou et tenta de le tourner.
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Matelot
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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Ven 15 Juin - 20:58

A entendre Sigrid, Diego était en train de lui demander de croire véritablement en Dieu. Cette femme n'avait donc rien compris. Elle ne connaissait pas la notion de sacrifice. Pour l'évêque, ce comportement était incompréhensible. Elle pouvait bien tenter de l'agacer, il avait bien saisi que son principal souci était de le contrarier. Il n'était donc pas besoin d'argumenter avec elle. Il fit plus attention à ses mimiques, tentant de partir de la salle. Lorsqu'elle se décida enfin, Diego se précipita sur elle. Sigrid tomba lourdement en emportant le jeune prélat. Ce dernier maîtrisa la péronnelle qui ne cessait de s'agiter.

- Nous y voilà. La messe, ce n'est pas pour faire de vous une dévote, mais pour que vous soyez crédible auprès du gouverneur et de l'aristocratie de la colonie. Quant aux hommes, la raison est la même.
Mais je crois que votre réputation ne vous intéresse pas. Là, tout de suite, j'ai envie de vous mener sans tarder devant le gouverneur et d'exiger votre pendaison avant la mi-nuit.


Il lia fortement les deux poignets et la redressa. Cela fait, il la gifla avec une violence non contenue.

- Mais, cela m'enlèverait la possibilité de vous rendre la vie impossible. Votre aveuglement ne vous a pas permis de voir toute la liberté que je vous donnais. Vous voilà en sursis. Je ne vous donne pas deux heures à vivre, si vous recommencez.

Diego, froid désormais, sans aucune colère, la gifla de nouveau.

- Le châtiment est suffisant. Allez-vous comprendre où est votre intérêt ?

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Capitaine
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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Sam 16 Juin - 13:05

Sigrid eût le terrible sentiment que chacune des gifles venait de lui décoller le visage. Longtemps elle se demanda quelle aurait pu être la raison d’un tel geste porté à son encontre. Troublée, elle aurait voulu porter ses mains à ses joues, brûlantes comme si la lave d’un volcan s’était déversée sur elle. Elle se tenait debout, campée fermement sur ses deux pieds, maintenue par la force démesurée, inattendue, de son geôlier, qui se cachait habilement à l’intérieur d’une carapace de fragilité physique. Lorsqu’elle se ressaisit enfin, l’air frais de la bâtisse envahit avec violence ses poumons oppressés. Suite à ces gifles, elle s’était tout d’abord senti terriblement seule. Puis la douleur était arrivée, s’ajoutant à une immense colère. Les poings serrés, le visage baissé et les lèvres pincées, elle se contenait tant bien que mal. Une larme, incontrôlable, coula le long de sa joue et alla s’écraser sur le tapis de velours rouge. Là, d’autres suivirent, par dizaine. Les mains liées, Sigrid ne pouvait cacher cela au Seigneur Jaminez. Elle se sentit alors plus faible qu’elle ne l’avait jamais été, elle qui n’avait jamais pleuré devant d’autres que Darick Solta. Etait-ce de perdre sa fierté qui la chagrinait ainsi ? Ou bien la liberté du pirate –celle qu’elle avait rejetée pour le jeu de la vengeance- lui manquait-elle ? Qu’importe le motif, les choses étaient ainsi et elle savait qu’elle ne pouvait rien y faire, si ce n’est se faciliter les choses.

- Mes intérêts sont auprès de vous…dit-elle avec une résignation contenue. Je ne connais rien de la messe, des coutumes et des attitudes à adopter, afin de bien s’y faire voir et ne pas attirer le regard des grands de l’Eglise. Mais selon votre demande, je me rendrai chaque matin à l’office...et je jouerai le rôle que vous me demanderez de jouer.

Elle avala sa salive avec quelques difficultés. Sa gorge était nouée et par cela, sa voix presque éteinte. Elle fit mine de retrouver son calme et sa splendeur d’antan, mais elle savait qu’elle n’induirait pas en erreur même le plus idiots des idiots. Désolée par sa propre faiblesse, elle grimaça. Ses poings se serrèrent encore plus, ses poignets cherchèrent, doucement, à se dégager de l’emprise des chaînes qui les maintenaient. Elle supportait de moins en moins cette proximité.
Elle supportait de moins en moins les hommes. Tous l’avaient trahi un jour. Darick était mort. Kross l’avait fait prisonnière. Diego la manipulait sans vergogne et Alexander, l’inconnu du jardin, fuyait alors qu’elle avait espéré partager avec lui plus qu’elle n’avait partagé avec tous les autres hommes qu’elle avait connu. Elle en vint presque à se persuader que jamais plus elle n’accepterait que l’un d’eux la touche ou partage sa couche. Aucun, pas même le type qui gâchait son existence entière et mettait en danger ses projets les plus ambitieux. Et pourtant elle avait été maintes fois tentée.

- Et sachez qu’il est inutile de me ramener des mignons, je me passerai de jeux amoureux pour les mois, voire les années à venir.

Elle rit, bêtement. Non pas comme une poissonnière, mais plutôt comme une femme qui voit sa vie défiler. Etait-il fou, ce Diego Jaminez ? La douleur encore vive aux joues, elle lâcha soudainement, avec une sincérité déconcertante :

- Vous êtes un malade, grand Seigneur, pour choisir comme marionnette une femme qui n’a connu ni limites, ni règles, ni opposition quelconque ; pour décider de garder sous votre toit une voleuse, une menteuse, une tueuse, qui connaît mieux le corps des hommes que les manières et la langue. Qu’auriez-vous fait, avant-hier, si je n’étais pas revenue vers vous, lorsque j’ai décidé de quitter la demeure ? M’auriez-vous fait pendre, alors que vous ne connaissiez pas même le métier que j’occupais auparavant ?

Son regard était emprunt de haine. Il était aisé de se croire devant autre chose qu’une femme de la haute-société. Sigrid était un animal sauvage et, définitivement, un pirate, une combattante. Le cœur battant, elle espérait survivre au défi que lui lançait son hôte. Elle refusait d’avoir fait tout cela pour rien. Fuir était trop facile. Fuir signifiait mourir. Mourir d’une autre manière que comme une guerrière ne l’enchantait pas. Mourir sur terre et non sur la mer, la dégoutait et la répugnait. Alors elle baissa le regard, torturée. Il lui fallait se montrer patiente : une fois qu’elle aurait une position de pouvoir à son avantage, alors elle le tuerait. Une fois que le Gouverneur sera devenu sa marionnette, Diego finira sans attendre sur le pilori.

- Le goût des lèvres d’un homme, leur odeur et leurs caresses vont me manquer…cruel personnage…me retirer mon seul plaisir...
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Matelot
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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Dim 17 Juin - 16:35

Elle se soumettait enfin. Du moins, Sigrid venait de comprendre que son intérêt était de plier devant lui. Peut-être Volpe avait-il raison : il n'aurait pas du s'intéresser à elle. Cette femme lui crachait à la face qu'elle n'était pas digne de confiance. Diego le savait et c'est ce danger permanent qui le charmait. Cette proximité d'une haine lui donnait l'impression d'être moins seul. Les hommes et les femmes de la colonie manquaient cruellement de soif de sang. Ils étaient timorés. Lorsqu'ils manigançaient, ce n'était jamais que pour peu de choses. Le jeune prélat n'avait vu en Sigrid que le moyen de pimenter son séjour dans le Nouveau Monde.
Il pouvait dompter sa colère et ses démons en trouvant un adversaire tenace.

- Les jeux du lit pourraient vous récompenser d'une conduite exemplaire. Et je pourrai aller jusqu'à vous laisser le choix du ou de la partenaire. Mais détrompez-vous sur un point : je sais qui vous êtes et le danger que vous représentez. C'est bien cette personne que je cherchais. J'avais cru, en vous voyant bornée, que vous étiez moins vive, moins intelligente, moins sournoise que je ne l'avais prévu. Notre entretien me satisfait. Je suis certain que vous me haïssez plus encore qu'auparavant. Il ne faudra rien en montrer à personne.

Diego détacha avec douceur les liens de la femme et lui tendit son mouchoir de baptiste brodé.

- L'office du matin n'a pas lieu avant la neuvième heure du jour. On y trouve aux premières places les femmes de l'aristocratie et leurs filles. Elles ne sont pas là par dévotion, pour la plupart. Elles cherchent à se montrer et à faire pâlir d'envie les messieurs. C'est hypocrite, je vous l'accorde. Mais une femme qui n'irait pas régulièrement à l'office ne serait pas fréquentable par la haute société. Voilà pourquoi je vous demande d'y aller.
Demain soir, nous sommes invités par un comte. Il s'agit d'un bal d'été. Ce ne sera pas trop guindé et je pourrais vous faire connaître par quelques personnes. Ce sera le moment également de vous exercer à quelques danses.

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Capitaine
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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Dim 17 Juin - 20:23

- Soit. Mais sachez d’avance que vos amis vont m’ennuyer, que vos danses vont me ridiculiser et que vos coutumes vont me rendre folle. Je n’ai jamais appris à converser avec une comtesse. Les danses que je connais, je les accomplis sur les tables de tavernes malfamées où l’alcool coule à flot, jusqu’à des heures si tardives que même un roi en tomberait de fatigue. Quant à vos bonnes manières et autres coutumes obligatoires pour bien se faire voir, je risque vite de les rejeter et de laisser mon véritable Moi reprendre le dessus. Hum, mais à vous croire, vous serez là pour me remettre dans le droit chemin, n’est-ce pas, Seigneur Jaminez ?

Elle prit le mouchoir et s’essuya le visage, inondé préalablement par des larmes de détresse. Rapidement, il devint inutilisable, le maquillage posé sur ses joues et ses yeux souillant le blanc des dentelles. On y retrouvait du rose, du rouge, du noir et une poudre marron clair, presque blanche. Bienheureuse d’avoir ainsi retiré les couches de maquillage dont on l’avait recouverte, Sigrid se mit soudainement à sourire, étonnant contraste avec les cernes qui gonflaient ses yeux, tant son chagrin avait été grand. Elle n’avait plus qu’à patienter, pour redevenir la femme qu’elle était avant que Diego ne s’occupe de détruire son âme. Jetant le mouchoir sur la commode, à côté d’un vase contenant de jolies fleurs de son jardin, la jeune dame releva fièrement la tête, prête à affronter ce à quoi elle ne pouvait échapper.

Le défi que venait de lui lancer son hôte était démesuré. Il y a bien longtemps, Sigrid avait vécu parmi les nobles, mais seulement deux ou trois années. On lui avait appris à danser, à manger et à parler. Ses seuls moments de liberté, on les lui avait retirés pour qu’elle apprenne la lecture, le chant et les bonnes manières. Mais la mer, le meurtre et le viol, lui avait fait tout oublié : tout, même son sauveur, celui qui l’avait éduqué avec une patience infini. Celui là même qu’elle n’avait pas pleuré, le jour où elle l’avait retrouvé mort, gisant sur le plancher de son petit salon. Comment réapprendre en si peu de temps ce qu’elle avait éternellement rejeté ? Elle serra les poings, désireuse de pouvoir répondre aux espoirs du Seigneur Jaminez, mais aussi inquiète quant à son avenir. Elle ne connaissait pas encore les intentions réelles de ce dernier, et cela l’inquiétait. Que gagnait-il, par tous les dieux, à ainsi la pousser vers les hautes sphères de la noblesse ? Elle le fixa avec une insistance non dissimulée.

Un bel homme. Splendide. Malin. Débordant de charisme et virilité presque féminine. Une phrase, prononcée par ce dernier, lui revint en mémoire, une, deux, trois fois. « Je pourrais aller jusqu’à vous laisser le choix du ou de la partenaire ». Une occasion pareille ne se représenterait sûrement plus jamais à elle. Elle sourit alors à pleines dents, releva le menton, presque avec arrogance, puis massa ses poignets, légèrement rouges suite à la prise dont ils avaient été les victimes. Là elle dit, sans aucune gêne :

- Vous me laisserez donc choisir mon partenaire ? Qui qu’il soit ?

A peine finit-elle sa phrase qu’elle poussa son hôte contre le mur blanc, posant l’une de ses mains à côté de lui, l’autre sur son poitrail. Elle fit glisser son doigt le long de l’étoffe dont il était le porteur, savourant le contact de ses muscles saillants tout autant que la douceur de la soie. Aucun de ses gestes ne montrait de l’agressivité. Il s’agissait plutôt de sensualité, bien qu’elle soit presque animale. Une fois arrivée à hauteur de la cuisse, elle ricana et lui attrapa le menton.

- Hum. Et si je vous choisissais ? Seriez-vous assez vil, assez menteur, pour me refuser ce droit ? J’ai toujours voulu voir ce qu’il se cachait sous ses couches de vêtements. Peut-être découvrirai-je l’un de vos secrets. Mieux encore, un talent que je ne vous imaginais pas posséder ! Ou quelques cicatrices de guerre ! Mêlé à votre gueule d’ange, cela ferait un joli mélange. Hum, j’en frissonne d’avance !

Elle lâcha le menton, reposant la main contre le poitrail, comme pour le maintenir contre le mur.

- Dites-moi la vérité. Etes-vous aussi menteur dans les bras d’une femme qu’au cours d’une conversation, Diego Jaminez ? Dans ce cas, je préfèrerai encore recevoir le vieux centenaire du coin dans ma couche plutôt que vous. Si le monde dans lequel vous vivez n’est réellement qu’un tissu de mensonges, j’aspire encore à ce que vous dévoiliez une autre partie de vous dans ces jeux amoureux, qui réservent souvent bien des surprises, autant à la partenaire...qu'au partenaire, Évêque ou non.
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Matelot
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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Dim 17 Juin - 21:45

Diego se laissa manipuler par Sigrid. Ce n'était pas désagréable de sentir cette femme mûre, forte, dangereuse. Son parfum de sauvagerie était grisant. Pas suffisant cependant, pour qu'il perde ses moyens. Passer au lit avec elle n'était pas au programme de la soirée. Elle jouait avec lui, tentant de reprendre pied. Sa soif de domination se lisait dans ses manières. Loin de l'inquiéter, cette volonté rassurait le jeune homme. Elle devait continuer à viser haut, sans quoi il serait contraint de la tuer.

- Je ne mens pas autant que vous le pensez. Aujourd'hui, je ne vous ai pas menti une fois. Hier oui, pour vous séduire. Mais vous connaissez assez les humains pour savoir que l'on séduit en déformant la réalité. En vous invitant chez moi, je n'ai pas dit le contraire de ce que je pensais. Je vous ai présenté la vérité sous un certain jour. Nous aurions continué à nous entendre si vous aviez accepté mon aide sans scrupule.

Sa voix était douce et posée. Il susurrait ses pensées, rentrant dans le jeu sensuel de son invité rebelle.

- Je serais dans votre lit si c'est ce que vous désirez. J'amènerai sur un plateau l'homme ou la femme que vous souhaiterez. Ma seule condition est votre soumission à mes ordres. Je sais que vous n'aimez pas ces mots. Pourtant, je suis certain que vous n'êtes pas devenue le bras droit de cette femme sanguinaire sans vous soumettre à des règles.

Il passa ses longs doigts dans la chevelure défaite et glissa son bras autour de la taille fine.

- Faut-il vous redire une fois encore que je m'ennuie ici ? Rentrez vite dans le jeu, vous en êtes capable. Parvenue en haut, vous n'aurez plus besoin de moi. A moins que ... vous vous rendiez compte que je ne mens pas ... au lit.

Après un dernier regard appuyé, il lui servit un verre de porto.

- Faites en sorte qu'on ne vous maquille plus autant. Un trait noir pour souligner vos yeux et un peu de rouge sur vos lèvres suffirait amplement.

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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Lun 18 Juin - 8:44

- La petite adolescente qui vous sert de domestique a probablement servi une vieille baronne ridée pendant les années de son enfance. Elle a couverte mon visage de plusieurs couches de poudres pour cacher à vos yeux les traces de ma fatigue, de mes efforts, mais aussi celles du temps où je me battais avec ardeur contre l’ennemi, me blessant parfois par l’épée d’un adversaire coriace. Les cicatrices sont pourtant si discrètes que moi-même, j’avais fini par oublier leur existence. Aurait-elle été battue par son ancienne Maîtresse ? Un coup donné à chaque fois qu’elle oubliait une ride ? Dans ce cas, je ne préfère pas imaginer l’état de son dos et les marques qu’elle pourrait porter aux bras. La torture n’est délicieuse que pour celui qui l’inflige.

Pour l’avoir infligé à bien des personnes, Sigrid savait de quoi elle parlait. Elle se souvenait encore bien du cri animal de ses victimes, du sang qui coulait sur le vieux bois du bateau et enfin, de leurs regards, suppliants, alors que sans pitié aucune, elle levait de nouveau le fouet pour blesser, voire tuer. Bien souvent, leurs corps meurtris, une fois les aveux faits, finissaient aux fonds des eaux salées, dévorés par les requins et les poissons. Jusque dans la mort, l’homme avait souffert, s’arrachant les cordes vocales dans l’espoir de soulager, un tout petit peu peut-être, la douleur dont il était l’objet. La jeune femme avait souvent été choisie pour accomplir ces tâches ingrates, son rôle sur les voiles la soustrayant souvent aux combats qui avaient lieu sur la coque du bateau agressé. A ce souvenir, parfois éprouvant malgré son sang pirate, Sigrid saisit vivement le verre offert et engloutit son contenu avec soif.

La jeune femme supportait, dans l’ensemble, relativement l’alcool. Elle avait été habituée au rhum, au vin et au porto. Dans les tavernes, les hommes attendaient souvent une chose : que la buveuse perde la tête et finisse sagement dans leur couche. Aussi, sur les ordres de l’Impératrice, l’ensemble des femmes de son navire devaient soit supporter les alcools, soit se modérer, soit boire seules, soit se voir interdire l’entrée des tavernes, même dans les plus belles capitales du Nouveau Monde. Au début, Sigrid avait bu seule. Puis après, à force d’habitude, elle était partie rejoindre ses camarades au « Tonton Fringuant », ancienne taverne de l’Île Ybella. Quels bons souvenirs que cela ! Elle ne s’attendait pas à pouvoir boire à sa guise entre les murs de cette demeure ! Surtout en présence de son hôte, qui semblait veiller à ce qu’elle garde la tête sur les épaules et face preuve de « noblesse ». Elle fixa d’ailleurs ce dernier avec insistance, puis lui remit le verre dans les mains.

- Demander à un pirate de vous accorder sa confiance, c’est comme réclamer du chien qu’il miaule, vous ne croyez pas ?

Elle sourit, dévoilant une paire de dent étrangement soignées, pour une femme ayant fréquenté les mers pendant plus de sept années. A nouveau elle posa son doigt sur son poitrail, y dessinant de multiples arabesques. Combien de femmes avaient eu l’occasion de le toucher ainsi ? Une ? Quelques dizaines ? Peut-être plusieurs centaines ? Son gout de la luxure et des belles choses laissait penser Sigrid qu’il était un vif habitué des Maisons Closes. Elle secoua doucement la tête : cet homme lui réservait chaque jour des surprises, aussi préférait-elle éviter de tirer des conclusions hâtives. Elle verrait bien s’il traite les femmes comme des objets de plaisir ou des œuvres d’Art ! A cette pensée, Sigrid ne put s’empêcher de ricaner, impatiente de découvrir de nouveaux plaisirs, mais également d’appliquer le plan qu’elle avait à l’esprit. Elle n’avait plus qu’à espérer que ce jour ne tarde pas trop !

- Je verrai bien votre véritable nature, lorsque nous partagerons plus que des duels verbaux et quelques menaces d’enfants, Seigneur Jaminez ! Hum…et puis, imaginez-vous que je vais vous oublier, une fois que j’aurai obtenu ce que je désire ? Ne croyez-vous pas que je désirerai vous tuer ? Ou faire de vous mon esclave ? Mieux, peut-être pour vous, l’un de mes amants, mon favori !

Elle jeta sa deuxième main vers l’arrière, en signe de lassitude.

- Rassurez-vous, je ne fais que de l’humour…On n’égorge pas le loup s’il se cache sous la laine du mouton.

Là elle fit soudainement la moue, tentant une approche différente. Impatiente, il lui fallait au moins tenter cela. Sans aucune gêne, elle défit le premier bouton de la tunique de son hôte, libérant un coup blanc et délicat. Le tester sur tous les plans était le meilleur moyen pour elle de le connaître un peu mieux. Mais elle devait se montrer prudente ! Diego le lui avait clairement fait comprendre : jamais plus elle ne devait décider de ce qui allait arriver.

- Et si je ne me montre pas assez patiente ? Et si je vous désire avant même d’avoir répondu à vos attentes ? Savez-vous qu’il est cruel pour moi d’avoir comme voisin de chambre un bel homme comme vous ? On n’en trouve pas même dans les maisons closes ! Mais vous valez mieux qu’eux, n’est-ce pas ? Tss, je ne suis pas sûre de pouvoir attendre…les bals sont longs et ennuyants à mourir ! Je ne vous parle même pas des Messes !

Là elle retira vivement sa main. Elle avait franchi une limite et elle le savait. Elle devait se faire à l’idée que seul Diego allait décider désormais. Que si elle voulait manger, alors elle serait forcée d’attendre son feu verre. Qu’il serait le premier à la toucher et non le contraire. Que ses sorties seraient limitées à ses goûts, ses envies et ses humeurs. Elle détourna le regard, boudeuse. A l’instant présent, elle ressemblait à une enfant à qui l’on aurait refusé une sucrerie, et dans ce cas, une sucrerie de choix.
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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Lun 18 Juin - 10:49

La séductrice était là. Dieu quelle fougue elle mettait ! Le prélat oscillait entre l'amusement et le plaisir. Après leurs échanges violents, il préférait ce jeu de séduction. Sigrid n'avait pas tort et Volpe l'avait mis en garde : il jouait avec un feu bien dangereux. Il s'agissait pour lui de ne jamais l'oublier et de ne jamais présenter son dos à cette femme.

- Dois-je comprendre que votre demande était sérieuse ?

Il rattrapa la main qui s'était aventurée sur son corps. Son regard ardent, emprunt de son plaisir de chasseur, plongeait dans celui de Sigrid, tout aussi puissant. Il lui susurra à l'oreille :

- Les jeux de l'amour ne sont pas pour ce soir. Vous ne les avez pas mérités. Mais peut-être serez-vous plus sage demain.

Il détachait de l'autre main le corsage complexe de la robe. Son invité était belle et Diego n'avait pas l'intention de se passer de ce beau spectacle.

- Vous avez dit avec justesse que l'un comme l'autre, nous pouvions nous surprendre. C'est vrai. Votre haine envers moi vous poussera sans cesse à chercher ma mort. Mon ennuie m'oblige à vous protéger. Incompréhensible, n'est-ce pas ? Je vous le répète, Sigrid, dit-il en clouant ses yeux dans les siens, c'est ma seule motivation. Faites en sorte que je ne me lasse pas.

Diego baisa tendrement le cou, mais n'alla pas plus loin. Il enserra dans ses bras cette femme. Elle était forte, mais il connaissait sa propre force. Ses lèvres prirent possession de celles de Sigrid. Doux d'abord, il devint passionné et lorsqu'elle répondit, il devint cruel en lui mordant la lèvre. Le goût du sang était grisant.

- Voilà notre pacte de sang. Bienvenue dans ma demeure, Sigrid Solta. Demain, vous porterez le masque d'une femme aristocrate. Je vous laisse le choix du nom : Cassandre D'Almine. Humm ce nom vous irait à merveille.

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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Lun 18 Juin - 16:37

Si Diego n’était pas aussi borné, Sigrid lui aurait fait l’amour, là, maintenant, sur le tapis du salon, sans même prendre le temps de le dévêtir. Elle avait faim de son corps, et lui peut-être plus encore du sien. Elle se souvint du premier soir où elle avait accepté que Darick, alors encore un simple ami, partage sa couche. Doucement, elle avait étalé sa cape sur l’herbe fraiche et elle s’y était allongée, relevant ses jupes sans craindre de porter, accidentellement, l’enfant de celui qui était à la fois son geôlier et son protecteur. Le visage enfoui au creux de son cou, elle s’était cramponnée à lui comme une nageuse sur le point de se noyer, étreignant ce corps si robuste que Grégor, Seigneur Pirate, avait battu maintes fois. Ce corps sur lequel ils s’étaient jurés, au moment de quitter Assecia, qu’aucune autre femme ne poserait jamais plus la main sur lui jusqu’à ce qu’il soit étendu, glacé, sur sa bouche funèbre. Lorsque Sigrid lui avait demandé de faire cette promesse, Darick avait senti les larmes lui monter aux yeux. Il avait lui-même aimé d’autres femmes avec tant de force qu’il avait cru que nulle femme au monde ne saurait éveiller en lui le même sentiment. Mais l’amour s’était présenté à lui aussi bien qu’à Sigrid sous l’apparence d’un don du ciel inattendu, d’une source fraîche et vive au cœur d’un désert brûlant, et ils s’y étaient désaltérés tous les deux l’auraient fait des voyageurs moribonds. Leur désir assouvi, ils étaient demeurés enlacés près du feu, haletants.

Mais s’agissait-il là du même type de relation ? Elle secoua doucement la tête, trop rêveuse sûrement pour pouvoir échapper aux ruses et manipulation de son hôte. Oh ça non, il ne s’agissait pas de la même chose. Ici, elle ne voyait que les intérêts charnels. Rien à voir avec les sentiments. Rien à voir avec le véritable amour. Presque attristée, elle se força à voir le bon côté des choses. Non seulement elle allait accéder aux plus hautes sphères de l’aristocratie mais de plus, chaque nuit peut-être, elle allait partager la couche de l’Evêque d’Assecia, un homme de position, charmeur, rusé et passionné. Beau et élégant, Sigrid était persuadée qu’elle allait s’amuser avec lui, plus qu’à avec n’importe quel roturier du coin. Qu’était-elle devenue, pour se plaire à de tels jeux ? Une catin ?

Elle ne cacha pas sa gêne. Elle avait rougi des baisers de Diego, plus encore de ses caresses sur sa peau blanchâtre. Le souffle court, elle sentait à peine la douleur de ses lèvres. Il faisait preuve de cruauté, en la torturant ainsi. D’une cruauté probablement supérieure à celle du Seigneur Pirate, Grégor le Terrible. Emplie de désir, elle s’accrocha à lui avec force, refusant qu’il la lâche. Elle savait pourtant qu’il ne lui accorderait rien de plus pour le moment. Impatiente, elle baissa la tête pour lui cacher l’ampleur de la domination qu’il exerçait sur elle. Comment contenir ses pulsions ? D’une voix troublée, elle répondit à la demande de Diego Jaminez :

- Cassandre ? Ce nom sonne si joliment ! Il est bel et bien destiné aux dames de l’aristocratie, voire aux princesses. Je me suis toujours demandée pourquoi l’homme qui m’a élevé n’a pas décidé de me donner un autre nom que Sigrid. Je le sais issu de légendes de pêcheur, rien d’autre ! Alors que Cassandre ! Cassandre, Gersandre, Adélaïde ! Ils sont dignes des plus délicates poupées !

Elle sourit sans réellement s’en rendre compte. Ce jeu commençait réellement à lui plaire.

- Porterai-je des robes dignes de ces poupées ? Des chaussures de cristal et des bijoux moulés dans l’or et l’argent ? Cassandre me plait. Je porterai donc ce nom ! Cependant, je ne vous promettre d’être une étrangère aux yeux de tous. Je suis née à Assecia il y a vingt neuf années de cela, j’y ai vécu près de dix huit années, d’abord en tant que fille d’un riche marchand, puis en tant que petite garce, voleuse et mendiante ! Seigneur Jaminez…

Elle leva ses yeux sur lui.

- Je suis censée avoir disparu de la surface de la terre. Vous comprenez n’est-ce pas ? Si jamais je tombe sur l’une des relations de mon père, ce ne sont pas dix années de mer qui vont changer la petite Sigrid qu’ils connaissaient tous.
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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Mar 19 Juin - 7:14

Elle était vraiment belle et désirable quand elle s'en donnait les moyens. Elle paraissait à la fois fois frêle, perdue et indomptable. Comme le jour de leur rencontre : perdue dans les rues d'Assecia, incapable de retenir le gouverneur, mais cherchant déjà la faille pour parvenir à ses fins. C'était un bien étrange mélange.
Sigrid devait se poser beaucoup de question à propos de lui, mais il n'avait que 21 ans. Elle, en revanche, était une femme dans la fleur de l'âge. Il avait vu ses cicatrices la veille et il se demandait ce qu'elle avait pu vivre. Quelles tortures, quels déchirements avaient marqué sa vie au fer rouge. Il lui sourit pour la première fois avec chaleur.

- Ce nom vous va parfaitement. Et je suis heureux de constater que mes idées ne sont pas toutes mauvaises. Je comprends vos craintes et une connaissance potentielle serait un danger pour vous. J'ai la ferme intention de vous protéger, mais je vous laisse le soin de m'indiquer les personnes ... qui pourraient poser problème.

Diego entraina son invité dans la pièce située à l'arrière de son bureau. Il s'agissait d'un boudoir décoré dans le même goût : le velours rouge, le vert, l'or et les bois riches et odorant. Une petite collation était préparée sur une table basse. Le jeune prélat invita Sigrid à s'installer près de lui sur une ottomane.

- Je crois que votre première leçon vient de s'achever. Je ne pensais pas commencer par elle, mais puisque nos échanges nous y ont menés...
Voyez, si mes souvenirs sont bons vous vouliez séduire quelqu'un pour parvenir à vos fins. Constatez que la femme n'a pas ici une place aussi bien reconnu que dans la piraterie. Les hommes se plaisent à se considérer comme supérieur.


Il sourit et devança ses remarques.

- Je crois vous connaître un peu pour dire que cette "injustice" est intolérable. Je comprends votre sentiment. Mais plutôt que de crier à l'esclandre, apprenez à jouer avec cette fatuité. Montrer un peu de vous pour attirer, laissez les croire que vous êtes soumise, et ... menez les où vous voulez. Peu d'hommes vous résisteront, sauf si vous montrez trop d'empressement. Il est important qu'ils aient le sentiment d'avoir pris la décision.

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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Mar 19 Juin - 16:12

- Je me souviens d’un certain Astis de Mistral. Il avait onze an, un an de plus que moi, mais j’étais bien plus grande et forte que lui, à son grand déplaisir. Ce fait a été à l’origine de nombreuses tensions entre nos familles. Guerrier dans l’âme, son père, sieur Adolphe, ne pouvait cacher sa déception quand il voyait son aîné incapable de soulever la lourde lance ou d’abattre un arbre, ou quand il rentrait à la maison en pleurs après avoir reçu une raclée au cours d’une bagarre entre gamins. Et sa mère, la belle Dame Constance, ne faisait que l’embarrasser davantage en le surprotégeant alors qu’il aurait mille fois préféré une feinte indifférence. Mais voilà, dès que son père vantait fièrement la force d’Astis, sa mère contrebalançait le jugement paternel en déplorant la bêtise de leur aîné. Astis était un peu lent d’esprit, certes, mais qu’y pouvait-il ? Le lui signifier excitait seulement sa colère et il se battait encore plus souvent avec les autres garçons…ou moi. Je ne suis pas dupe et j’y mettrais ma main à couper : il se souviendra de mon visage. Il en est de même pour Sieur Adolphe et Dame Maud de Mistral. Quelle peste j’étais, malgré mon jeune âge ! Je vois encore leurs regards, désireux de me trancher la gorge ou de me voir pendre au bout d’une corde !

Les Mistral étaient une richesse famille d’Assecia, essentiellement baignée dans le commerce. Tandis que la famille Solta vendait des bijoux et des fruits exotiques divers, les Mistral préféraient de loin les tissus colorés et le bétail, alors très prisé à l’époque par l’Ancien Monde, qui se lassait de leurs bovins. Jamais les deux patries n’avaient été des rivales acharnées dans ce domaine, aucune n’avait fait de l’ombre à l’autre et chacun avait trouvé son compte, quoi qu’il fût advenu. Sigrid Solta n’entendit plus parler d’eux après son enlèvement par les Pirates de Grégor le Terrible, mais leur puissance d’antan lui laissait présager qu’ils n’avaient probablement pas quitté ces terres nouvelles. Pire encore, qu’ils s’étaient réellement saisi des richesses de la famille Solta, la mort du chef de famille leur permettant de se servir à leur guise.

- Astis doit être un bel adulte maintenant, aux cheveux d’or et au regard de feu ! Ne croyez-vous pas qu’il va faire de vilains cauchemars, s’il me revoit de nouveau à la capitale, vêtue comme se doit de l’être une Princesse ? Je suis certaine qu’il a ri de ma disparition et de la mort de mon père, Caleb Solta. Combien de fois l’ont-ils menacé, ajoutant qu’ils voleraient ses terres, ses bateaux et ses marchandises les plus précieuses ? L’homme qui m’a éduqué avait beau me demander de laisser leur enfant en paix, rien n’y faisait, j’étais aussi têtue qu’une mule et j’ai toujours refusé d’obéir. Leur colère grandissait…Je me réjouis d’avance à l’idée de le voir aller se réfugier dans les jupons de sa très chère maman, qui ne doit plus être aussi jeune et jolie désormais.

Elle porta sa main à son menton, levant les yeux au ciel pour réfléchir.

- Il y a aussi Jack le Boulanger, Erold, le palefrenier de mon père, qui travaille aujourd’hui pour le Gouverneur. Je me souviens également des familles Godfroy, Outhenby et Marcher. Oh ça fait du monde tout ça ! Il faudrait un miracle pour qu’aucun ne croise ma route d’ici là, d’autant que les petites filles que j’ai connues se sont sûrement mariées et ont changé de nom !

Comme pour évacuer le stress, Sigrid se mit à manger. Elle savoura la douceur des sucreries, accompagnant cela de jus et de thés divers. Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas autant mangé. Soucieuse malgré tout de ne pas prendre trop de poids, elle finit par se forcer à arrêter. Que dirait donc Diego Jaminez si elle finissait par ne plus rentrer dans les robes couteuses qu’il lui avait si généreusement achetées ? Joueuse, elle tendit la dernière sucrerie à son hôte, l’obligeant par cela à ouvrir la bouche. Elle profita de ce moment de faiblesse pour saisir ses lèvres. Depuis plusieurs minutes, elle voulait y goûter de nouveau, mais sans être cette fois ci la personne surprise. Ce baiser ne dura qu’un court instant : elle se souvenait parfaitement de ce soir où, lorsqu’elle l’avait embrassé, il s’était mis en colère. Elle se rassit gentiment, observant Diego pour apprendre à se tenir correctement, le dos droit et le menton haut.

- N’existe-t-il donc pas d’hommes capables d’aimer les femmes fortes, rebelles et caractérielles ? Soit, je me ferai soumise, mais …si certaines limites sont dépassées, alors je serai sans pitié. Je veux bien jouer le rôle qu’ont vos femmes, dans votre monde, mais je ne permettrai pas que l’on…

Elle leva la main, en signe de lassitude.

- Oh et puis, pourquoi cela arriverait ?
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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Mer 20 Juin - 12:49

Diego s'était retenu d'éclater de rire en entendant Sigrid égrener les noms de tous ceux qui pouvaient lui causer des ennuis pour sa nouvelle vie. Elle paraissait tellement concentrer dans cette énumération qu'il ne ressentit pas le besoin de l'arrêter. Au contraire, il en fut charmer et son baiser ne rendit leur proximité que plus agréable. Cependant, il ne s'agissait pas de faiblir aujourd'hui. C'était même hors de question.

- Sigrid, susurra-t-il, approchant ses lèvres près de l'oreille de son invité, je vais finir par croire que je vous plais.

Il se cala dans l'arrondi de l'ottomane et dévora des yeux la nouvelle Cassandre. Elle s'inquiétait de ses anciennes connaissances et ça n'était pas à tort. Il lui faudrait des alliés de choix pour mettre fin à toute suspicion. Le jeune prélat se félicita d'avoir eu une tenue exemplaire depuis son arrivée dans le Nouveau Monde. Il serait bien plus crédible. Restait à faire comprendre pourquoi il logeait une femme dans sa demeure et se montrait si prévenant à son endroit.

- Les hommes qui aiment les femmes fortes, sont aussi des hommes forts, aux hautes ambitions. Ils sont plutôt difficiles à vivre et l'amour qu'ils peuvent donner, s'avère dangereux, passionnés et violents.
J'avoue peiner à vous imaginer en femme forte qui aurait toujours le sourire et ne ferait pas de vague. Je crains donc qu'un amour sans tâche et calme est impossible pour vous. Vous vous ennuieriez, comme je m'ennuyais avant votre arrivée hier.


Il devint sérieux, et honnête avec lui-même à cet instant.

- Soyez d'apparence soumise, oui. Vous ne pourrez faire autrement au début. Jouez l'agneau blanc et innocent. Seule vous pourriez subir les pires tourments. C'est ici que j'interviens. Vous n'avez pas tant besoin de moi pour devenir une aristocrate, mais pour éviter que l'on abuse de vous. Vous l'ai-je déjà dit ? Peut-être n'était-ce pas clair : aucun homme, pas même le gouverneur ne vous touchera, sans que j'y consente.

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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Jeu 21 Juin - 19:05

- Seigneur Jaminez…sans vouloir vous paraître impertinente…N’y a-t-il pas de grandes chances que vos amis se posent des questions ? Je suis dès aujourd’hui une parfaite étrangère, dont le nom –Cassandre d’Almine- n’a jamais été évoqué, pas même dans les registres civils ! Au cours de l’une de nos conversations, vous m’avez confié, sans me mentir je l’espère, n’être ici que depuis peu de temps. Mais cela suffira-t-il à faire taire ces hyènes, qui n’ont jamais entendu une seule fois parler de moi par votre intermédiaire ? Ne se questionneront-ils pas sur les origines de ma famille, les d’Almine ? Pour que vous me protégiez avec tant d’ardeur, qui serai-je pour vous ? Une sœur ? Une amie ? Ou plus surprenant encore, une amante, vous qui êtes Evêque d’Assecia ? Ils crieraient au scandale !

Sigrid ne put que constater son étourderie qui révélait trop parfaitement le trouble dans lequel elle se trouvait. Quelle attitude avoir face à cet homme qu’elle aurait dû fuir dès le premier regard échangé ? Elle restait pourtant, incapable de briser le lien particulier qui l’attachait à cet instant précis et précieux, comme s’il lui ouvrait les portes d’un autre monde, le sien, évident et simple, inondé de lumière, chaleureux. C’est exactement ce qu’elle ressentait à son contact : cet homme n’était pas seulement beau et séduisant, il était plus qu’un être humain, il était un monde à lui tout seul, grandiose, immense, un monde lointain sinon inaccessible pour qui ne se sait pas le voir. Ses manières raffinées, ses allures d’aristocrate…Elle se devait de prendre exemple sur lui, sans quoi elle n’arriverait jamais à ses fins, pas même dans le but d’une vengeance classique, stupide, usante. Il était à l’image de ce qu’elle désirait devenir. N’était-il pas bon, finalement, de le laisser en vie ?

*Je serai fixée lorsqu’il cédera à mes avances…*

Elle l’observa avec insistance. Oh, comme elle aurait aimé qu’il renonce à son chantage ! Comme elle aurait souhaité, du plus profond de son cœur, qu’il se laisse aller, là, maintenant, sans refouler les élans de son corps.
Le corps est la dernière qu’il reste, une fois la vie achevée. Il ne change pas quoi qu’on en dise.

*Avec lui, c’est si différent de Darick… Il faudrait tout de suite être dans ses bras, caresser son visage, ses paupières, ses joues, ses lèvres, les effleurer d'un doigt, lentement d'abord, puis dans un baiser, passionnément. S'embrasser. S'étreindre. Les mots sont inutiles. Les mots viendront plus tard confirmer ce que les corps ont su dès les premiers instants.*

C’était une nuit sans lune et c’est à peine si l’on distinguait l’eau du ciel, les arbres des falaises, le sable des roches. Seules scintillaient quelques lumières, de rares fenêtres allumées, une dizaine de torches le long sur la longueur de la ruelle, deux autres aux abords du cimetière. Plus grand monde ne s’attardait à cette heure et un sentiment de solitude empli le cœur de Sigrid. Elle avait toujours vécu entourée de centaines de gueux sans cervelle, d’ignares, de saoulards et d’enfants chapardeurs. Pour elle, le silence n’était pas une libération, bien au contraire. Sans réellement se l’avouer, elle était morte de peur. Alors, tentant de retrouver progressivement son calme, elle s’imagina la vie au-dehors. Sous la voûte de grands arbres où logent papillons et chauves-souris, au milieu des fougères et des tapis de mousse, des roses encore fleuries, des camélias rouges sang et des érables verdoyants, des maisons abritaient probablement des familles souriantes autour de jeux, venant tout droit de l’Ancien Monde. Chez les voisins, un mari honorait sa femme, oubliant le poupon endormi à l’étage, depuis des heures déjà. Dehors, les chiens vagabondaient, reniflaient et aboyaient, tandis que les mendiants cherchaient un abri convenable pour la nuit, si cela n’était pas déjà fait. Leurs murmures incompréhensibles les avaient toujours fait sourire.

Elle faisait preuve d’une extrême faiblesse. Pour cacher cela à son hôte, qui sera sûrement mécontent si elle perdait la face, elle reprit la conversation, touchant cette fois un sujet dans lequel elle était à l’aise.

- Monseigneur Jaminez…si vous m’aviez plu, plu comme vous semblez me le laisser entendre, alors vous seriez actuellement entre mes bras, de votre propre volonté ou non. J’ai toujours obtenu ce que je désirais. Y compris les hommes.

Elle se pencha en avant, retrouvant enfin ce petit regard enfantin et rieur.

- Hum, ne prenez pas cela comme une forme de rébellion. Je ne vous cacherai pas que votre chantage a fait naître en moi un désagréable sentiment. Peut-être aurais-je dû retenir mon invité de tout à l’heure, pour patienter…

Elle bailla. Diego était rentré tard aujourd’hui et la nuit semblait pourtant à peine débuter.

- Quand commençons-nous ?
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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Jeu 21 Juin - 21:37

Diego était impulsif. Ce n'était pas toujours évident pour lui de se freiner lui-même. Quoi qu'un peu vexé par la remarque de Sigrid, il prit le temps d'accepter sa remarque. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle ne souhaitait que le provoquer. La dernière question qu'elle prononça, ne fit qu'accroître sa conviction. Mais le jeune prélat choisit de jouer le jeu. Il se leva et fit une moue boudeuse.

- Je ne vous plais donc pas ? Me voilà vexé et mécontent. Déçu même. Et puisque mon charme n'opère pas, parlons de choses fâcheuses. Oui, il va me falloir une bonne raison d'avoir une si belle femme auprès de moi. Mais ce ne sera pas le plus dur, puisque je ne vous plais finalement pas tant que ça.
Vous pourriez être ma soeur ou ma cousine, envoyée par mon père et confiée à mes bons soins. Je serais ici votre protecteur. Et si un homme désir vous courtiser, il devra s'entendre avec moi, l'homme de la famille.


Il sourit, amusé de son jeu enfantin.

- Mon père est un cardinal. C'est lui aussi un homme de dieu. Pourtant voyez, je suis son fils et je ne suis pas le seul. La société d'Assecia est bien loin d l'Ancien Monde. Elle veut devenir forte par elle-même et supplantée celle d'où je viens. Je pense qu'elle n'y parviendra pas. Se jouer de cette société si paysanne, n'est pas si difficile. Il faut juste savoir jouer avec les commérages et faire accepter quelques... petits écarts.
Cassandre D'Almine sera une cousine éloignée, veuve d'un mariage malheureux et sans fruit. Ainsi votre place chez moi sera justifiée, votre connaissance des hommes appréciée et notre proximité ... compréhensible. Cela vous donnera également une raison pour ne pas être à l'aise dans les soirées mondaines : votre mari vous empêchait de sortir.


Diego revint vers elle et la saisit par la taille pour la relever. Puis il lui posa un baiser sur la main.

- Cela vous convient-il, ma chère ?

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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Sam 23 Juin - 11:04

Sans même prendre la peine de répondre à son interlocuteur, Sigrid entreprit d’aller se placer au centre du petit bureau. Elle était souriante et aussi excitée qu’une puce, pourtant l’heure tardive pesait sur ses épaules. Là elle épousseta prestement sa robe, se redressa avec élégance puis acquit une assurance presque exagérée, fausse. Consciente que son bel hôte l’observait, elle agissait comme s’il était l’un de ses spectateurs les plus fidèles, assignant à chacun de ses gestes une ironie détestable, écœurante, voire répugnante. Elle avait toujours rêvé d’imiter ces dames, qui, derrière leurs atours et leurs maquillages, ne sont que des poupées articulées et sans identité. Dieu qu’elle les détestait ! Mais elle préférait encore rire de cela plutôt que d’être tentée, au cours d’un dîner ou d’un bal, de donner publiquement son avis sur la question.

Voilà encore un point sur lequel elle allait devoir faire de gros efforts, sous peine de perdre ce qu’elle avait acquis de Diego Jaminez : l’assurance de devenir la plus grande dame d’Assecia.

- Je suis Dame Cassandre d’Almine, nièce du Cardinal Jaminez et cousine de l’Evêque d’Assecia, Diego Jaminez. Mariée au Seigneur Agostino à l’âge de seize ans, alors qu’il avait quarante années de vie déjà, j’ai été rapidement envoyé à la campagne, sur inquiétudes de mon époux. Ce dernier ne désirait pas que je participe aux soirées mondaines, aux banquets et aux bals donnés par les grands de l’Ancien Monde. Non pas parce que je l’ennuyais, mais parce qu’il craignait que je m’y fasse des amants et que mes amis, ô combien nombreux à cette époque, ne me prennent tout mon temps de loisir. Il me faisait surveiller, décidait de mon emploi du temps et refusait que je fasse de la couture, des jeux nobles et des conversations. J’étais, nuit et jour, enfermée dans mes appartements, comme un oiseau en cage, le plus souvent seule alors même qu’il m’avait arraché au monde par jalousie !

Elle s’approcha alors de Diego, doucement, récitant ce qu’elle avait à retenir comme un poème. Une fois qu’elle fut à proximité, elle posa sa main sur son poitrail, l’effleurant à peine. S’en suivit sa tête, dont le front trouva appui contre lui. Elle ferma les yeux, puis reprit seulement quelques minutes plus tard, réfléchissant bien à ce qu’elle avait à dire. Il ne fallait ni incohérences, ni exagérations.

- Mon mari finit par tomber malade. Pendant deux longues années, il partagea avec moi la maison de campagne où il m’avait envoyé, mais il refusait désespérément de sortir de son lit, s’estimant incapable de marcher et de se nourrir seul. En apprenant sa mort, datant d’il y a un petit mois déjà, votre Père vous a demandé de veiller sur moi, comme sur la prunelle de vos yeux. De vos propres moyens, vous m’avez donc fait venir sur les Terres du Nouveau Monde. Etant l’une des rares personnes de votre famille présente à vos côtés, vous vous êtes rapidement attaché à moi, jurant de me protéger, qu’importe les moyens qu’il vous faudra employer pour cela.

Sigrid bailla. Elle avait le sentiment de porter sur ses épaules plus qu’elle ne pouvait supporter. La fatigue, la pression, l’excitation, le désir, l’impatience, le pouvoir, la richesse, la soumission, la culpabilité, la vengeance. Nombre de choses que peu d’humains peuvent endosser sans devenir fous au fil des années. Alors elle enserra son hôte avec force. Le spectacle portait à croire qu’une enfant cherchait le réconfort de l’un de ses grands frères, à la différence qu’elle ne pleurait pas. La chaleur que dégageait le corps de Diego était soporifique et agréable.

- J’espère que vous ne parlerez pas de choses fâcheuses bien longtemps, je ne vous aime pas, lorsque vous êtes en colère, Seigneur Jaminez. Je vous préfère souriant, rusé, une idée malsaine à l’esprit, le désir brûlant dans votre regard.

Un léger sourire se dessina sur ses lèvres roses. Caché aux yeux de Diego, il n’en restait pas moins destiné à ce dernier.

- De quelle couleur sera la robe que vous me ferez porter, cousin ?
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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Jeu 28 Juin - 7:36

Sigrid se prêtait enfin au jeu et cela n'avait pas l'air de lui déplaire. Après tout, elle était une femme et le raffinement de la vie qu'il lui proposait, ne pouvait que la séduire. Diego l'écoutant souriant et attentif. L'histoire se tenait, elle se tenait même très bien. Malheureusement il s'agissait d'un véritable tissu de mensonge. Pas une once de vérité et cela ne lui plaisait pas. Il n'y avait pas d'autres choix.

- Vous parlez avec conviction et cela suffira pour tous. Peut-être devriez vous, en leur rapportant tout cela, y mettre plus de mystère et ne pas étaler au grand jour toute votre vie. 
Répondez à leurs questions de façon brève et sporadique. Cela vous entourera de mystère et ils n'en seront que plus séduits.


Le jeune prélat fut surpris de l'étreinte soudaine. Il y répondit avec douceur.

- La couleur de votre robe ? J'avoue, je l'ignore encore. Vous serez accordée à la mienne, ce à quoi je n'ai pas encore pris le temps de penser. 
Une entrée en rouge serait malvenue et le rose est trop pâle pour vous. Peut-être seriez-vous séduite par du brocard bleu : clair pour vous, cela ne fait aucun doute. Ou bien, si vous l'osez, nous pourrions nous parer de vert profond.


Diego remit une mèche rebelle derrière l'oreille de son invité et glissa un baiser dans son cou.

- Vous devriez prendre du repos. La journée de demain sera longue et elle commencera tôt. J'espère que vous ne me tiendrez pas rigueur de vous garder avec moi sans vous laisser un instant de liberté.

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MessageSujet: Re: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Ven 6 Juil - 7:42

L’homme était dangereusement habile. Sigrid ne put se défendre d’une certaine admiration. Diego Jaminez aurait pu être un grand souverain. Il avait choisi le despotisme, mais parfois perçait dans sa voix le ton de l’homme qu’il aurait pu être –qu’il avait été. Après s’être doucement dégagée de son emprise, elle s’agenouilla avec respect à ses pieds. La jeune dame se força à garder l’esprit vide, à fixer son attention sur des détails insignifiants. Le prélat détonnait au milieu de toutes ses décorations et sûrement plus encore au milieu de tous ces nobles en habit de cour. Sa tenue, loin d’être grise et sévère, tranchait sur les couleurs sombres, mode des années sombres. Elle aurait pu le couvrir de discours et de flatteries soigneusement apprise pendant l’enfance, mais jamais Sigrid n’avait porté le masque des convenances avec une telle facilité. Elle préférait encore lui dire qu’il était un abruti, plutôt de le brosser dans le sens du poil comme les jeunes femmes désirant se marier le font avec le premier célibataire venu. Un léger sourire fendit la courbe sévère de ses lèvres et elle se releva, la tête basse, les yeux fermés. A chaque instant, elle s’entraînait à être une autre que ce qu’elle était véritablement. De quoi faire tourner en bourrique son pauvre hôte, qui ne devait plus trop savoir où se placer et comment interpréter les intentions de Sigrid. Elle saisit sa main avec un semblant de douceur, exerça une pression puis porta son regard sur lui.

- Monseigneur Jaminez…l’on dit de l’épouse légitime d’un homme qu’elle est notre moitié. Ne devrait-il donc pas avoir le droit de se marier deux fois, pour au moins savoir ce qu’est une femme entière ?

Elle rit un instant, avant de reprendre :

- Je me suis toujours méfiée des gens qui disent avoir le cœur sur la main. Si le cœur n’est pas à sa place, qui y a-t-il…ici ? demanda-t-elle en posant son doigt sur la poitrine de l’homme d’église, le regard lourd de sous-entendus. Etant donné que les jupes se raccourcissent et les décolletés deviennent de plus en plus profonds, il n’y a plus qu’à attendre que les deux se rejoignent. Je ne veux pas être de ces femmes faciles. Je veux incarner le mystère, le désir et être aussi inaccessible que l’est le dieu que vous vénérez avec tant de foi. Les hommes vivent pour eux. Les femmes vivent pour les hommes. N’est-ce pas triste ?

Elle leva les épaules, avant de rejoindre à nouveau les bras de son hôte. Dans ce même temps, elle s’amusa à dessiner des arabesques sur son torse, bien malgré l’épais tissu qui lui retirait le plaisir de toucher sa peau douce et brûlante. Quel cruel personnage était-il, pour ainsi attiser son désir ? Pour qui se prenait, pour oser lui retirer le plaisir de le toucher, de le sentir et mieux encore de partager avec lui plus que ne partagent une catin avec son client le plus fidèle. Cette complicité dans les jeux, dont la nature diffère en fonction de l’instant présent, la rendait folle de joie et de désir. Mais elle était forcée de se contenir. Peut-être qu’au lendemain, au soir, elle pourra enfin connaître le plaisir de partager sa couche avec autre chose qu’un pirate mal lavé et animal.

- Monseigneur, je n’ai jamais trouvé que les femmes blondes portaient bien le bleu et le vert. Mais soit, c’est vous qui décidez. J'espère que vous me laisserez quand même manger à ma guise ! Si je porte des chaînes, il me sera difficile de tenir le couvert. Et la danse alors ? Ne pourrai-je pas partager ce moment orageux et dangereux avec un autre que mon très cher cousin ? Vous allez y laisser vos pieds.

Son ton était taquin. Elle resserra plus encore son emprise. Le cou était son point le plus sensible, mais ça, aucun homme ne le savait réellement. Alors, Diego, en lui baisant le cou, la rendait plus impatiente encore. Elle lui en voulut presque de faire preuve d’autant de tendresse. Il était vraiment temps qu’elle aille se coucher, pour calmer son corps. Et son cœur.
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Matelot
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MessageSujet: Les débuts d'une nouvelle vie passent par le sacrifice [A VOIR] Mar 16 Oct - 14:52

Diego sentit Sigrid prendre plaisir à ses caresses et il en fut ravi. Oh, bien sûr, elle n'allait certainement pas l'aimer et être douce comme un agneau avec lui. Elle était dangereuse. Mais sous sa carapace et sa mauvaise volonté, elle ne pouvait pas cacher son attirance pour lui. C'était déjà ça.

- Je choisis la couleur qu'il me convient. Pour une première apparition, vous ne devez pas attirer l'attention. Vos manières ne sont pas assez bonnes pour que je vous fasse entrer en reine !
Le corset que vous porterez se chargera de vous faire ressentir jusqu'où vous pouvez manger ! Ce sera sans doute un exercice très difficile pour vous. Mais au moins le corset préservera un peu vos charmes des ravages du temps...
Quant à la danse, dansez ! Mais évitez de vous faire remarquer par votre maladresse et vos jurons. Un seul mot indécent et votre punition sera mémorable !


Il était tard et la journée avait été éprouvante pour tous les deux. Les prochains jours s'annonçaient difficiles.

- Allez donc vous coucher maintenant. Je vous souhaite une douce nuit. Diego sonna et la domestique entra. Raccompagnez Sigrid jusqu'à sa chambre.

Il la regarda sortir, toute couverte de sa fierté, puis s'installa à son bureau et entreprit de répondre au courrier qui l'attendait. Une bonne heure s'écoula avant qu'il ne repose sa plume et cachette sa dernière lettre. Enfin, il s'étira et rejoignit sa chambre et les bras de Morphée.

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