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La fille de la Lune [PV]

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Capitaine
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Journal de bord
Situation RP: Libre
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MessageSujet: La fille de la Lune [PV] Dim 1 Mai - 17:08

Ensun est un jeune homme modeste mais ambitieux. Simple et surtout très rêveur, il n’a jamais rien fait pour se construire une légende, et sa seule fabuleuse aventure aujourd’hui est d’aller se perdre dans une jungle aux multiples dangers. Sauf les singes taquins, les oiseaux chanteurs, et le tigre affamé, personne ne peut actuellement colporter les aventures du jeune Ensun Alkahin. Personne ne peut faire de lui le petit héros du village, un potentiel concourant à l’accès au trône. Et pourtant, le jeune homme s’en portait très bien jusqu’à maintenant. Enfin désireux de passer pour autre chose qu’un petit feignant, le Prince s’était mis dans la tête qu’en chassant l’un des singes les plus rapides et les plus petits de la forêt, il pourrait peut-être obtenir des félicitations et des encouragements de la part de quelques hommes du village, notamment les chasseurs. Mais ce singe en question avait failli être la cause de sa mort, il y a deux mois de cela, suite à une chute dans une crevasse. Heureusement, il n’avait pas été blessé et était encore en vie. Sa survie, il la devait à sa sœur, qui l’avait retrouvé rapidement. Il avait tout de même passé plusieurs heures dans un lieu dont les serpents et autres bestioles raffolent.

Le jeune Prince, dans ses pensées, marchait un peu à l’aveuglette. Sûr d’être perdu, il chercha les traces qu’il avait pu laisser derrière lui, puis repris la chasse. Son arc à la main, ses yeux ne quittaient pas les branches les plus hautes, délaissant quelque peu la vigilance qu’ils auraient du porter au sol, pour surveiller l’approche d’un prédateur ou d’une crevasse. Mais comment surveiller à la fois sa propre vie, et les arbres ? Ensun se promit alors de demander conseil à son père, ou encore aux deux jeunes chasseurs qu’il avait rencontré quelques instants plutôt. Ou du moins à l’homme, car la fille ne semblait pas très talentueuse dans le domaine. Elle avait failli le tuer. A cette pensée, Ensun frissonna. Comme quoi, il vaut mieux profiter pleinement de la vie que l’on mène, car elle peut nous être retiré du jour au lendemain !

Enfin il le trouva. Sur la branche d’un arbre centenaire, le jeune singe se nourrissait de fruits que les humains ne peuvent se permettre de toucher, à cause de leur toxicité. Par contre, Sheelah, sa mère mais aussi la meilleure guérisseuse du village, les utilisait pour concocter des poisons, ou encore des antidotes. Combattre le mal par le mal, dira-t-on. Silencieusement Ensun se plaça de manière à ce que le vent ne le trahisse pas, puis encocha une flèche. Prenant le temps de chercher la précision, Ensun regretta bien vite son sérieux, car le singe prit la fuite en entendant les cris d’alerte de ses congénères.

« Je n’avais pas pensé aux autres singes ! ».

A la guerre, il serait sûrement mort pour n’avoir accordé d’attention qu’à un seul adversaire. Il hurla de colère, jetant son arc contre un tronc. La pluie se fit alors plus forte, et Ensun mit du temps avant de se rendre compte que cette dernière était loin d’être supportable. Les gouttes sur sa peau lui firent presque mal. Le vent se leva également, et le tonnerre gronda. Cette tempête n’allait pas tarder à passer au dessus du village. Inquiet à l’idée que quelqu’un parte à sa recherche par ce temps, au risque de sa vie, Ensun attrapa son arc abimé puis prit le chemin du retour. La boue et la pluie ne l’aidaient pas dans sa course, mais il avançait rapidement. C’est fatigué qu’il aperçut enfin le village à travers les vieux troncs de la forêt. Rassuré, il se hâta de quitter la forêt pour rejoindre sa maison.
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Vigie
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MessageSujet: Re: La fille de la Lune [PV] Lun 4 Juil - 16:09

La nuit tombait sur Fändir et elle était épuisée. Elle avait voyagé plusieurs jours en compagnie des soldats pour atteindre Glénia. Et maintenant, elle devait revenir au palais du gouverneur, dans la capitale. Il leur avait fallu quinze jours pour y arriver, et le voyage de retour s'annonçait déjà bien long. Les soldats, dix en tout, étaient chargés de l'escorter et de la protéger lors du voyage, mais aussi pendant les négociations. Ils étaient partis de nuit, afin que la jeune fille ne puisse être reconnue et prise en filature. Sa nouvelle fonction au sein du gouvernement était encore tenue secrète, et le resterait surement longtemps, puisque, apparemment, elle était chargée de parlementer avec les soit-disant alliés de son père. Diplomate avait-il dit. C'était sa nouvelle fonction. Elle devait arriver sans prévenir, et prendre les suspects par surprise. Elle n'avait pas tout de suite compris pourquoi, mais maintenant elle savait.

Pour sa première mission, elle avait du demander des explications à un vil marchand qui semblait vendre des marchandises suspectes. Une simple mission pour un début dans la négociation et la diplomatie. Elle devait savoir s'il vendait ses armes aux pirates, et s'il payait bien ses taxes. Elle avait du se montrer "méchante" en suivant les indications du gouverneur, afin d'inciter l'homme à lui dire la vérité et de lui montrer qu'il risquait gros de lui mentir. Au début, Cécilia pensait que cette mission serait impossible à accomplir, car elle n'était pas assez sûre d'elle. Mais elle avait subi un entrainement de deux mois et avait peu à peu pris de l'assurance. Il faut dire que son père ne l'avait pas ménagé. Entraînement à l'escrime, tir au mousquet, équitation, elle en avait pratiqué un peu tous les jours. Elle n'était pas devenue experte mais elle s'était bien améliorée. En diplomatie, elle dû apprendre à parlementer, mais aussi à jouer avec les mots, afin de tromper le suspect et lui faire dire ce qu'elle voulait entendre. C'est ce qui lui avait donné le plus de difficultés, et elle avait fortement douté quant à l'issue de sa mission.

Mais finalement elle avait réussi. En s'habillant de noir, avec une longue cape rabattue sur sa tête, ses armes mises en évidente et son regard "méchant", le marchant n'avait pas tenu longtemps et avait finalement avoué ses méfaits. Ils allaient donc le rapatrier jusqu'à Assecia, où le gouverneur déciderait de son sort. Elle était heureuse d'avoir réussi, bien qu'elle se disait que sa tenue vestimentaire y était plus pour quelque chose que le reste. Mais elle allait s'entrainer et faire en sorte qu'on la craigne. Elle voulait que les rumeurs se rependent sur elle, que les gens parlent de la mystérieuse fille du gouverneur qui cachait son visage et qui punissait les vilains qui osaient se rebeller contre le gouverneur. Oui elle y prendrait plaisir et elle allait tout faire pour devenir une experte dans le domaine.

Elle devait s'améliorer au maniement des armes, car pour l'instant elle n'y comprenait pas grand chose. Et bon sang ! Ce cheval, que son père lui avait offert avant de partir, n'en faisait qu'à sa tête. Elle allait devoir apprendre à mieux le tenir car il était infernal et la route pour retourner à la capitale était déjà très longue.

A peine avait-elle pensé cela que son cheval rua. Une souris venait de passer devant lui sur la route et il eu la peur de sa vie. Cécilia aussi d'ailleurs. Elle essaya de le contrôler, mais rien n'y fit. Elle se tourna vers les soldats pour qu'ils l'aident mais elle n'eut pas le temps de leur demander quoique ce soit, le cheval s'emballa. Il galopait tellement vite, qu'elle senti le vent souffler dans ses oreilles. Elle cru voir les soldats se lancer à sa poursuite, mais elle avait déjà une bonne longueur d'avance sur eux. Elle n'essayait plus de diriger sa monture, cela ne servait à rien. Elle tenta de rester sur sa selle et se demanda si elle ne devait pas se jeter à terre. Les roches, les racines au sol mais surtout la vitesse du cheval la dissuadèrent bien vite de faire une telle folie. La monture s'engouffra finalement dans une immense forêt et cela devenait de plus en plus dangereux de rester en selle. Les obstacles étaient de plus en plus nombreux et ils pouvaient tomber à n'importe quel moment. Heureusement, c'était une bête très agile et elle esquiva presque tout ce qui se mit sur son chemin. Cela était une bonne chose, même s'il était clair que Cécilia s'éloignait dangereusement de la route pour se perdre plus profondément dans la forêt.

Au bout de plusieurs longues minutes, qui lui semblèrent être une éternité, le canasson s'arrêta net. Pourquoi ? Et bien parce que devant eux se trouvait une immense rivière et qu'il ne volait pas se mouiller. Cécilia fit un splendide soleil au dessus du stupide animal et se retrouva à l'eau. Elle sortit tout de suite de là, car elle ne savait pas quel genre de monstre pouvait s'y baigner. Elle était trempée, et la nuit était déjà tombée. Elle n'eut qu'un réflexe, pousser un cri de rage et s'en prendre à son cheval qui l'avait mise dans cette terrible situation. Qu'allait-elle faire au milieu de cette forêt qu'elle savait si hostile ? Son père l'avait préparé à beaucoup de choses, mais certainement pas à ça.


Dernière édition par Cécilia le Jeu 7 Juil - 16:35, édité 1 fois
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Capitaine
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MessageSujet: Re: La fille de la Lune [PV] Lun 4 Juil - 21:33

Ensun avait quitté le domicile familial avec facilité. Il ne savait ni si son père avait déjà remarqué son absence, ni s’il apprécierait que son fils lui fausse compagnie une nouvelle fois. Quoi qu’il en soit, le jeune Prince tenait à chasser ce soir. Il rentrerait pour le dîner, il se l’était promis. Il surveilla sans cesse les mouvements de la lune dans le ciel pour s’assurer de ne pas s’attirer des ennuis. Cette crainte d’être découvert ne l’aida d’ailleurs pas : il tremblait tellement qu’il effrayait tous les animaux nocturnes qui osaient mettre le nez dehors. Il ne voulait pas décevoir son père, ni lui faire de la peine. Mais il ne pouvait pas s’empêcher de découvrir l’inconnu, et donc de prendre des risques parfois inconsidérés. Il porta sa main à son ventre. Comme il avait mal ! Ces fameux risques avaient failli le clouer au lit pour un bon mois, lorsqu’il avait commis l’imprudence de défier plus fort que lui, et d’ensuite aller chasser alors qu’il tenait à peine debout. C’était d’ailleurs son mental qui lui avait permis de rester debout ces derniers jours. Il décida donc de s’appuyer sur ce point fort pour avancer dans la vie de tous les jours. Il allait prouver à Morwan qu’il était capable de le surpasser, et à son père qu’il pourra un jour vivre seul, avec femmes et enfants, sans réclamer le soutien d’un père. Il laissa de côté ses troublantes pensées lorsqu’il entendit un cri.

Ce cri le fit sursauter au point qu’il cria presque lui-même. Il calma son cœur puis chercha l’origine de ce bruit qu’il avait si souvent entendu au sein de son village. Les femmes en colère, ça le connait. Cependant, celle-ci était aujourd’hui dans la forêt, et seule. Qu’est-ce qu’une femme Naakti pouvait fabriquer ici alors que tout le monde avait été renvoyé chez lui afin d’éviter de retrouver des blessés à la suite du passage de la tempête ? Avant de bouger, il regarda autour de lui. L’obscurité ne lui permettait pas d’apercevoir la moindre ombre suspecte, mais Dame Lune l’aida. Les nuages se dissipèrent, la forêt s’emplit d’une douce lueur blanche. Il se dirigea alors vers la rivière. Il ne pouvait se fier qu’à certains de ses sens. L’ouïe, et enfin la vue. Sa concentration était complète. Il devait absolument retrouver cette femme, qui peut-être était en danger. Quoi que le cri qu’il avait entendu ne le laissait pas présager.

Lorsqu’Ensun s’approcha de chemin qui menait à la rivière, il aperçut des branches cassées et de l’herbe piétinée. Les feuilles mortes de l’an passé étaient brisées. Il n’ignorait pas que de multiples animaux avaient pu laisser ces traces. Ceux de cette forêt étant réputés pour être bien plus gros que la moyenne, le jeune Prince se mit sur ses gardes et marcha en silence, comme les chasseurs le font lorsqu’ils traquent leurs proies. Tous les jeunes hommes du village le savaient. Du moins, ils en entretenaient la légende. La nuit tombée, une créature dont personne ne connait l’origine descendrait des collines montagneuses et roderait dans les forêts Naakti à la recherche de proies. Sa silhouette, soi disant aperçue par de jeunes Naakti imprudents il y a deux ans de cela, s’est un jour approchée des clôtures protégeant les bêtes et les plantations. Malgré son poids, il serait aussi discret que les brises, et s’était donc glissé sans un bruit vers les animaux endormis. Lorsque le soleil se leva, il rejoignit la forêt. Une dizaine de bêtes furent dévorées. Le jeune Prince était persuadé qu’un animal sauvage était responsable de ce carnage : des chats sauvages, des tigres, un glouton. Il ne croyait pas vraiment au monstre que lui avaient décrit ses camarades, bien qu’il croie aisément en l’existence d’esprits de la nature. Mais aucun d’eux ne voudraient leur faire du mal. Pour lui, les créatures issues des dieux étaient nobles et belles. Il en eut d’ailleurs la confirmation lorsqu’il tomba nez à nez avec l’une d’elle.

La femme qui se trouvait en face de lui était d’une beauté inimaginable, malgré qu’elle soit trempée jusqu’aux os. Paradoxalement, ses bras maigrichon, et sa petite taille trahissaient une vulnérabilité presque attendrissante. Pourtant, Ensun craignit son regard. Il leva son javelot et recula d’un pas. Il porta plus d’attention sur la tenue loufoque de cette fille. Jamais aucun Naakti n’avait été vêtu ainsi. Le noir n’était pas la couleur la plus portée. Le tissu était inconnu d’Ensun. De plus, elle portait un pantalon.

*Les femmes ne portent jamais de pantalon chez nous ! C’est…c’est…c’est ça, les extravagances des étrangers ?*

Il était clair que cette femme n’était pas de son peuple. Tout en elle respirait l’inconnu. Elle se tenait bizarrement, agissait bizarrement. Elle était seule, sans personne pour la protéger dans un lieu réputé dangereux, même au sein du village Naakti. A tout moment, elle pouvait finir dans la gueule d’un fauve affamé. Sa peau blanche faisait presque envie. Le jeune Prince secoua la tête. Depuis quand les fauves s’intéressaient à la couleur de peau de leurs proies ? Il leva de nouveau son regard sur la belle créature. Malgré son côté maigrichon et son allure d’enfant, ses formes naissantes ne laissèrent pas le jeune homme de marbre. Il rougit, comme il ne l’avait jamais fait pour les femmes du village. C’est alors que son regard s’arrêta sur les cheveux blancs. Là il baissa son arme et la fixa. Il tremblait presque. Des cheveux comme ceux de cette femme, il n’en avait jamais vu. Ils étaient aussi blancs que la lune. Un bandeau les retenait, ainsi que deux ficelles. Enfin des choses qui ressemblaient à des ficelles. Il ne put retenir son geste.

Il s’approcha en silence, le javelot en main, mais le regard porté sur la jeune fille. Lorsqu’il fut près d’elle, il déposa son arme à terre et se releva. Avec douceur, il enleva le bandeau, puis les deux « ficelles » qui retenaient la chevelure. Les cheveux glissèrent sur les épaules comme une vague. Il fut charmé. Oubliant presque qu’il avait une étrangère en face de lui, il glissa ses doigts dedans avec lenteur, savourant leur douceur. Finalement la main caressa la joue. Dans une langue que la jeune fille ne comprendrait probablement pas, il susurra :

- Vous êtes une enfant de la lune.
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Vigie
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MessageSujet: Re: La fille de la Lune [PV] Mar 5 Juil - 16:39

Elle regarda le ciel, la nuit était bel et bien là. Heureusement que la lune était assez grosse pour bien y voir. Elle sentit un grand silence l'entourer. Il n'y avait qu'elle et son stupide cheval, perdus au milieu de la forêt, en pleine nuit. Un oiseau chanta, des branches craquèrent, le vent souffla dans les feuillages des arbres, mais aucun son ne lui indiquait la présence des soldats qui devaient la protéger. Par pur réflexe elle mit ses mains autour de son ventre. Elle n'avait pas froid, pourtant elle tremblait comme une feuille.

- Et ho ? Il y a quelqu'un ?


Question stupide. Elle était seule et personne ne viendrait la sauver. Elle était en train de se faire à cette idée, les larmes commençaient déjà à lui monter aux yeux. C'est à ce moment qu'elle entendit du bruit derrière elle. Quelqu'un approchait. Elle se retourna vivement pour voir un jeune homme. Il y avait bien quelqu'un finalement. Il était plutôt bel homme et devait avoir son âge. Était-ce l'un des indigènes qui peuplaient la forêt ? Le livre que Raven lui avait montré parlait de gens vivants dans la forêt, était-il des leurs ? Elle se rendit compte qu'il se rapprochait mais fut bien incapable de bouger ne serait-ce le petit doigt. Finalement il ne s'arrêta qu'à quelques centimètres d'elle. Elle était toujours incapable de bouger. Elle trembla encore plus fort quand celui ci lui caressa la joue avant de lui chuchoter des mots incompréhensibles. Par réflexe elle recula. Enfin elle était revenue à elle et redevenait maîtresse de ses mouvements.

- Qui êtes-vous ?

Encore une question stupide, cet homme ne pouvait pas comprendre ce qu'elle disait. Elle était perdue, et cet homme était sa seule lueur d'espoir, alors qu'elle ne connaissait même pas ses intentions. Était-il dangereux ou gentil ? Elle pouvait sortir son mousquet et s'en servir, mais à quoi cela pouvait-il lui servir ? Elle se retrouverait encore plus seule qu'elle ne l'était. D'un geste rapide elle se mit à genoux dans la boue, agrippa son chapelet qui était resté accroché autour de son poignet pendant tout son voyage et se mit à marmonner des prières pour que Dieu ait pitié d'elle et lui vienne en elle. C'était peut-être stupide, mais elle n'avait plus la force de se battre pour survivre, elle voulait juste sauver son âme avant de mourir.
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Capitaine
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MessageSujet: Re: La fille de la Lune [PV] Mer 6 Juil - 18:04

La jeune fille se jeta par terre et se mit à déblatérer des propos incompréhensibles pour le jeune Naakti. Sa réaction face à cette situation inhabituelle ne se fit pas attendre.

Lorsqu’il la vit s’agenouiller, il se précipita sur elle avec la ferme conviction qu’il était capable de l’aider. Mais il se laissa lui-même tomber sur les genoux, et resta là, assis devant elle, incapable de tendre une main bienveillante. Ses pensées se turent, il eut alors l’impression d’avoir perdu l’esprit. Il n’entendait ni le chant du hibou, ni l’écoulement régulier de la rivière. Le néant, total et si soudain, le mis extrêmement mal à l’aise. Il en fut d’ailleurs tout étourdi, et pris de fourmis dans les jambes. Ses plaies, si peu silencieuses jusqu’à présent, le firent de nouveau souffrir. Mais il n’était pas question de cela pour le moment. Il avait toujours su faire taire ses craintes, combattre ses passions et ses colères. Elles étaient là, enfermées au plus profond de son cœur, à espérer que rien ne vienne les réveiller. Pourtant, en la présence de cette jeune fille, le Prince avait l’impression de ne plus rien contrôler. S’il avait agi comme il aurait dû le faire, il aurait abandonné cette inconnue là, et serait retourné au village. Il se souvint des propos de son père, qui avait été dit quelques heures plus tôt : « - Ne cherche pas à les connaître ! Ils n'ont pas ... Leur monde n'est pas le nôtre. Ce sont des étrangers et qui ont le mal du pouvoir ! Je t'interdis de t'en approcher ! » Cette étrangère en question semblait pourtant si vulnérable. Il sentit une irrémédiable passion le dévorer de l’intérieur.

Vulnérable, elle était comme toutes les femmes éplorées de ce monde une proie facile, autant pour les fauves de cette forêt que pour les hommes. Ensun trembla et retint sa main de saisir cette fragile fleur des bois. Il sourit un peu, dans le noir de la forêt. Les rayons de lune permettaient que l’on voie, mais ils étaient si faibles pour un homme vivant habituellement au rythme du soleil. Il tentait en vain de comprendre ce qu’elle était en train de dire, et le pourquoi de sa position. Elle avait les yeux fermés et tremblait comme une feuille. Il ne comprit aucun mot, mais le ton de sa voix trahissait une terreur visiblement incontrôlable. Elle parlait si vite. Son intention n’était pas celle de se faire comprendre ? Dans ce cas là, elle s’y prenait très mal.

C’est alors qu’il le vit. D’un geste doux il frôla de ses doigts l’objet que tenait l’inconnue dans ses mains. Il se demandait ce que pouvait bien signifier cette croix pour que cette fille semble tant y tenir à cœur. Peut-être était-ce une sorte de porte bonheur. Le porte-bonheur d’Ensun n’était rien d’autre que son bâton de guerre, où y était gravé des phrases devenues célèbres car prononcées par les plus grands rois Naakti. La phrase de son père avait une place toute particulière dans le cœur d’Ensun. Elle l’aidait à ne pas baisser les bras, même lorsque la situation semblait désespérée. Il avait également un totem. Par contre, dans le cas de cette fille…c’était tout le contraire qui se passait. Elle semblait l’utiliser comme bouclier plutôt que comme objet destiné à remonter le moral. Alors sans réfléchir, le jeune détacha doucement les doigts de Cécilia de cet objet, et le lui ravit. Il le fixa longuement, le retourna dans tous les sens. La matière dont était composé cet objet était froide au toucher. La croix plus que les perles. Il en déduisit qu’il s’agissait de métal. Les perles par contre, ne cessèrent de l’intriguer. Oubliant qu’elle n’était pas capable de le comprendre, Ensun interrogea l’inconnue :

- A quoi vous sert cet objet ? Je n’ai jamais vu rien de tel. Nous aussi on porte ce genre d’objet au cou !

Il sortit de son haut le collier qui y était caché. Une petite sculpture faisant office de pendentif se retrouva dans la large main du jeune homme. Elle représentait un jaguar, animal auquel Ensun s’apparentait aisément. Le jaguar utilise sa rapidité et son agilité pour saisir ses proies lorsqu’enfin il en repère une. Il est opportuniste et intelligent. En grand solitaire, il s’arrange pour ne jamais croiser de compagnon. Sur ce point là, Ensun avait tout intérêt à se corriger. L’esprit d’équipe est au fond le point fort d’une tribu.
Il retira son collier et le tendit à la jeune fille, comme pour lui faire comprendre que lui aussi, il affectionnait les colliers. Quelque chose de visiblement basique, mais entre deux étrangers, cet échange peut permettre l’ouverture d’un dialogue où les deux peuvent se comprendre. Il était bien loin de savoir qu’aux yeux de l’inconnue, la croix ne faisait pas seulement office de babiole. Après avoir déposé l’objet dans ses mains, il la prit par les épaules et l’obligea à se relever.

- D’où venez-vous ? Qui…Vous ne devriez pas être ici, vous n’y serez pas la bienvenue, lui dit-il en lui faisait des gestes pour illustrer ses paroles.
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Vigie
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MessageSujet: Re: La fille de la Lune [PV] Jeu 7 Juil - 9:46

Le jeune homme parlait une langue étrange, toutefois elle n'était pas désagréable à entendre. Les mots n'étaient pas hachés, ils chantaient presque dans sa bouche. Sa langue claquait au palais de temps en temps, et elle pouvait même parfois deviner un zézaiement, comme s'il avait un cheveux sur la langue. Elle trouva ça adorable et retrouva petit à petit une lueur d'espoir au fond du cœur. C'est alors qu'il la fit frissonner en lui touchant la main. La sienne était rappeuse et large, très protectrice. Puis, il lui prit son chapelet. Il maniait l'objet sans tenir compte de la valeur spirituel qu'il avait. Elle oublia vite ce méfait, car elle se rappela qui il était. Un homme de la forêt, qui ne connaissait rien des colons et qui avait ses propres coutumes.

Cet indigène était étrange et agissait de façon très surprenante. Il n'avait pas l'air d'avoir peur d'elle. Pourtant il aurait du fuir, ou l'éviter. Elle même n'était pas dangereuse, mais tout autre colon armé aurait tiré sans hésitation. Cécilia avait des principes, ceux de la religion, et Dieu n'était qu'amour et compassion selon elle. Il ne fallait pas dénigrer des êtres même profondément différents, car ils étaient eux aussi des créatures de Dieu et il les aimait elles aussi. C'était en tout cas comme cela qu'elle voyait les choses. De toute façon, elle ne connaissait pas les embuches de cette forêt réputée dangereuse, et cet homme, lui, devait la connaitre comme sa poche. La mort qu'elle avait attendu quelques minutes plus tôt ne semblait pas encore vouloir la trouver. Alors autant en profiter. Elle se remémora la discussion qu'elle avait eu avec Raven, le capitaine, à propos de ses êtres qui peuplaient la forêt. L'auteur du livre qu'il lisait semblait adorer cette civilisation indigène. Elle regretta de na pas avoir mis la main sur cet ouvrage avant de partir en mission. Cela aurait pu lui servir.

Elle sortit de ses pensées quand il lui mit son collier dans sa main. Incroyable. Il avait du comprendre ce que l'objet représentait pour elle et lui montrait en retour son pendentif qui devait avoir une valeur spirituelle. cependant, il ne semblait pas accorder d'estime à l'objet en lui même. Peut-être que la spiritualité résidait chez lui uniquement de façon immatérielle, dans son esprit. Elle observa l'objet qui représentait un félin, surement dangereux. Elle frissonna à l'idée de pouvoir tomber nez à nez avec un tel animal dans cette forêt et jeta un petit coup d'œil autour d'eux avant de reprendre son analyse. L'objet était sculpté dans le bois et bien travaillé. Un travail d'expert. Cet animal représentait-il cet homme ? Surement. Elle sourit et tendit la main pour reprendre son chapelet. Elle porta celui ci à son propre cœur pour lui montrer qu'il était important pour elle, et plaça le pendentif en forme de félin sur le cœur de l'inconnu.

Elle retira finalement doucement sa main. Elle ne savait pas comment communiquer avec lui, elle ne comprenait pas bien ses gestes. Elle voulait se présenter, cela serait surement facile pour un début. Elle le regarda et en même temps qu'elle prononça son nom elle se montra d'un geste de la main pour qu'il comprenne qu'il s'agissait d'elle même.

- Cé-ci-lia. Dit-elle lentement avant d'attendre sa réaction.
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MessageSujet: Re: La fille de la Lune [PV] Mar 12 Juil - 14:48

Il ne la comprenait pas, alors il l’écouta à peine. Tandis qu’elle répétait un à un des mots incompréhensibles plusieurs fois de suite, il porta de nouveau sa main au beau visage, et fixa les yeux sombres avec intensité. Ils avaient beau faire quelques petits efforts, se comprendre allait être plus compliqué que prévu, surtout si l’un des protagonistes faisaient preuve de mauvaise volonté. Ensun aurait tant voulu qu’elle parle sa langue. Il était à ce point déçu qu’il ne cherchait même plus à comprendre celle de cette jeune fille. C’était bien lui tout ça : « Laissez les autres avancer vers moi, moi je reste à ma place et j’attends qu’ils me rejoignent. » Il voulait la voir avancer vers lui, et uniquement vers lui, avec un sourire emprunt de douceur dessiné sur ses si jolies lèvres.

Il était certain que si cette étrangère appartenait au village depuis sa naissance, les jeunes hommes encore seuls la regarderaient avec la même intensité que lui. Elle semblait venir d’un autre monde, tant sa beauté était parfaite. Bien évidemment, les jeunes femmes qu’il avait longtemps courtisé étaient jolies elles aussi, mais elles étaient si banales, à côté de cette femme. Peut-être était-ce dû à l’étrangeté de ses cheveux, ou encore parce qu’elle était tout simplement colon, une femme du peuple qu’Ensun craignait et admirait à la fois. Mais il n’était pas charmé que par cela : son extrême jeunesse donnait à ses traits une régularité frappante, ses cheveux blonds possédaient l’éclat de la lune, sa grâce naturelle dépassait de loin celle de toutes les jeunes femmes qu’il avait pu rencontrer au cours de sa vie. Shelaah, sa mère, était probablement la seule à pouvoir rivaliser avec cette inconnue. Il saisit alors la main de Cécilia et la tira doucement vers les profondeurs de la forêt, l’obligeant ainsi à marcher.

Comment une fille comme elle pouvait se retrouver en plein milieu de la forêt, égarée, et surtout terrorisée ? Bizarrement, le jeune Prince ne chercha pas à trouver la réponse. Elle s’était peut-être égarée. Elle avait fui un mari trop effrayant, ou encore des responsabilités trop lourdes à porter pour de si frêles épaules. Pourquoi se posait-il ce genre de questions ? Elle était là à présent, qu’importe les raisons qui avaient guidé ses pas jusqu’ici. Jusqu’à lui. La sentant fragile et fatiguée, il la prit dans ses bras, la soulevant avec une douceur extrême, après avoir accroché minutieusement son bâton de manière à ce qu’il tienne dans son dos pendant le voyage. Il en profita, bien malgré sa discrétion, pour humer l’odeur des cheveux de l’inconnue. Ils sentaient la forêt. Pas étonnant, surtout si cette jeune fille traînait là depuis plusieurs heures déjà. Tandis qu’il se dirigeait lentement vers le village, il réfléchit aux conséquences de ce qu’il était en train de faire.

Alors même que son père lui avait dit de ne surtout pas fréquenter le peuple vivant de l’autre côté de la forêt, voire de ne surtout pas l’approcher, Ensun apportait au village une femme leur appartenant. Son cœur se serra. Comment allaient-ils réagir, de l’autre côté ? Savaient-ils où elle se trouvait ? L’avaient-ils abandonné ? Et ici ?
Il s’arrêta alors qu’ils se trouvaient en bordure du village. La lisière de la forêt leur permettait de rester à l’abri des regards. Il la posa doucement au sol, et s’agenouilla à ses côtés, songeur. Pendant plusieurs minutes, il fixa le village, à la recherche d’un villageois qui n’aurait pas encore rejoint son foyer. Il était tard, et pour la plupart, ils avaient déjà mangé. Il y avait donc de fortes chances que seuls quelques guerriers se baladent encore dans le village. Les torches éclairaient à peine les petits chemins. Ce qu’Ensun projetait de faire allait être une véritable épreuve de discrétion. Malgré son inquiétude sur le fait qu’il soit revenu bien après le repas, et donc qu’il éveille les soupçons et la colère de ses parents, il préféra faire le choix suivant : attendre une bonne heure de plus, afin que les guerriers aient le temps de tous rejoindre leur famille. Il expira pour évacuer sa terreur, puis se tourna vers Cécilia.

Pour lui faire comprendre qu’elle devait absolument se taire, il posa son doigt sur sa bouche, et murmura un « chut ». Son sourire sonnait faux. Il voulait absolument ramener Cécilia chez lui, même si cela devait se faire en cachette. La nourrir, l’aider à se reposer, puis la ramener chez elle. Lorsqu’il l’avait vu pour la première fois, il y a plusieurs heures, il n’avait pas osé se diriger vers les villages colons. Il ne connaissait ni leur emplacement, ni le temps qu’il lui aurait fallu pour revenir chez lui. Il avait également eu peur de faire de mauvaises rencontres. Il baissa tristement les yeux, puis oubliant qu’elle était dans l’incapacité de le comprendre, il dit :

- « Tu ne seras probablement pas la bienvenue ici. Et moi sévèrement puni. Mais…Fais-moi confiance, je t’en prie ! »

Il écarta une mèche blanche du visage de l’inconnue, espérant silencieusement que certains mots de sa langue soit compris malgré tout.

- « Pourquoi est-ce que tu me fascines à ce point ? Pourquoi une femme appartenant à ce peuple qui fait si peur ? »
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Vigie
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MessageSujet: Re: La fille de la Lune [PV] Mar 12 Juil - 16:15

Cécilia attendait une réponse, mais rien ne vint. Le jeune indigène se contenta de la regarder, droit dans les yeux. Elle était vraiment troublée, car chez elle, personne ne se regardait ainsi. Les gens trouvaient indécent et irrespectueux lorsque vous les dévisagiez. Cependant dans la forêt, cela ne semblait gère tabou. Elle ne pu soutenir longtemps son regard et détourna finalement les yeux. Elle chercha son cheval mais ne le vit pas. Où diable était-il passé ? Cet abruti d'animal avait du s'enfuir et revenir sur ses pas. Elle n'eut pas le temps d'y réfléchir plus longtemps. Son nouvel "ami" la prit par la main et l'emmena encore plus loin dans la forêt. Sa poigne était ferme et elle ne pouvait résister. Ainsi plutôt que de se faire mal au poignet, elle préféra se laisser guider. Elle n'eut d'autre choix que de le suivre bien qu'elle ne sache pas encore si elle devait - ou même pouvait - lui faire confiance. Il était son seul espoir de sortir vivante de cette situation.

Finalement, au bout d'un moment il s'arrêta. Il devait la trouver trop lente pour sûr, ou bien trop maladroite lorsqu'il s'agissait d'esquiver des racines et des pierres, car il se mit à la porter. Elle était plus que gênée de partager une telle proximité. Elle qui n'osait à peine parler aux hommes elle se retrouvait à présent dans les bras de l'un d'eux. Elle pouvait sentir ses muscles saillants, la chaleur de sa peau et même son odeur. Là encore, elle se laissa faire. Elle devait être rouge comme une pivoine et elle ne put empêcher son corps de trembler. Elle était comme une faible créature blessée qu'on rapportait chez soi pour soigner.

Au bout de quelques heures de marche - elle fut d'ailleurs impressionnée par sa résistance physique et son endurance - il s'arrêta enfin et la déposa doucement sur le sol. Elle en profita pour regarder tout autour d'elle et vit qu'ils se trouvaient face à une ... ville ?! C'était impressionnant. Ils étaient au beau milieu de la forêt et une ville assez imposante - mais quand même moins que sa ville à elle - se tenait là, devant eux. Elle se demanda alors pourquoi il s'était arrêté à la lisière de la forêt, pourquoi il n'avait pas continué. Elle se tourna vers lui pour l'interroger et le trouva assis si près d'elle que plus rien ne pouvait sortir de sa bouche. Il lui toucha même le visage, encore une fois. Il lui parla, ce qui l'agaça un peu, car elle ne pouvait le comprendre. C'était très dur de communiquer et il ne semblait pas vouloir faire d'effort pour arranger la chose.

- Moi. Cé-ci-lia dit-elle en se montrant. Cé-ci-lia répéta-t-elle. Et toi ? Demanda-t-elle en le montrant lui.

Elle répéta les gestes plusieurs fois. Se montrant elle en disant son non, puis se taisant en le montrant lui pour signifier qu'elle ne connaissait pas son nom. C'était la moindre des choses de se présenter lorsqu'on ne se connaissait pas. Au bout d'un nombre incalculable de tentatives pour qu'il lui donne son nom elle abandonna et soupira.

- Il faudra bien que tu fasses un effort ! Il faut commencer par le plus simple pour communiquer avec quelqu'un qui ne parle pas la même langue !

Elle perdait patience, et ne savait toujours pas ce qu'ils attendaient. Aussi, comme elle voyait la ville elle eut l'idée d'aller demander de l'aide à quelqu'un d'autre. Il devait bien y avoir des personnes capables de l'aider dans cette ville. Elle se leva donc et commença à se diriger vers la ville.

- Si tu ne veux pas m'aider j'irai trouver quelqu'un d'autre !
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MessageSujet: Re: La fille de la Lune [PV] Jeu 14 Juil - 11:08

Sans même laisser le temps à cette fille d’avancer plus au loin dans le village, Ensun se saisit d’elle et la plaqua au sol, à l’endroit même où elle se trouvait il y a quelques secondes de cela. Cette gamine s’égarait dans la forêt, et elle ne trouvait rien d’autre à faire que de foncer dans la gueule du loup, sans même réfléchir aux conséquences de sa présence au sein de ce village ! Elle ne se rendait pas compte à quel point ce peuple pouvait être dangereux pour elle, non seulement à cause de sa différence, mais également à cause de son comportement hostile vis-à-vis de l’étranger. Il ne l’avait ramené ici que dans le but de la protéger des carnivores de la forêt, rien d’autre. De plus, il prenait probablement plus de risques pour elle qu’il n’en a jamais pris pour n’importe quel membre de la tribu. Il fut presque vexé de son comportement, mais il lui pardonna bien vite : elle ne savait absolument rien de ce qu’il lui arrivait, et encore moins des projets qu’il avait pour elle. Son comportement face à l’inconnu, il l’aurait probablement retrouvé chez n’importe quel autre colon. Silencieux, il ne se décida à la lâcher que très tardivement. Si elle hurlait, il risquait gros, alors la libérer sur le champ était probablement ses seules chances de finir par obtenir d’elle une confiance totale et solide.

La culpabilité. Voilà ce qui le rongeait actuellement. Il l’emmenait au village alors qu’elle avait toutes les chances de se faire tuer. Alors qu’elle voulait seulement agir au mieux, il la plaquait avec violence au sol, puis ne cherchait même pas à lui faire comprendre que cet endroit n’était pas celui où elle trouverait son bonheur, sauf dans le cas d’une tolérance presque exceptionnelle. Il voulait l’aider, mais pour cela, il lui faisait prendre d’autres risques.
Comme pour se faire pardonner, il la redressa et lui retira les feuilles qui s’étaient logées dans ses cheveux, puis baissa les yeux. Il était mort de trouille lui aussi. Il ne savait pas vraiment ce qu’il l’attendait s’il venait à être découvert. Allait-on l’exiler, l’emprisonner, lui interdire de se balader sans un guerrier à ses côtés pour le surveiller, le bannir définitivement de l’Epreuve ? A la simple idée qu’il mettait son rêve le plus cher en danger pour la vie de cette fille dont il ne connaissait rien, il frissonna. Pourtant, l’abandonner à son sort ne lui traversa même pas l’esprit. Devenir guerrier, avec la mort d’un être vulnérable sur la conscience, était bien pire que la mort elle-même. Cependant, ne pas lui montrer sa colère, c’était comme laisser un enfant faire des caprices. Alors il adopta un ton rude, et la réprimanda.

-Ne refais jamais ça ! J’espère que c’est bien clair ! J’aurais très bien pu te laisser seule en forêt, et retourner tranquillement chez moi ! Je ne l’ai pas fait, parce que je ne voulais pas avoir la mort d’une femme sur la conscience, alors tiens-toi tranquille deux minutes !

Il se tut un instant, puis d’une voix plus douce, il se présenta enfin.

- Je m’appelle Ensun. En-sun. Ensun Alkahin. Je doute que tu me comprennes, mais au moins j’aurai essayé.

C’est alors qu’il comprit lui-même. Il avait prononcé son nom tout comme elle avait prononcé le sien il y a quelques instants. Mais pourquoi donc n’avait-il pas compris plus tôt ?! Elle avait tenté désespérément de se présenter, et lui, il n’avait même pas cherché à comprendre son désespoir devant son incompréhension ! Il sourit légèrement, et posa son doigt sur son front. Ce geste avait quelque chose de très fraternel. Il était irrésistiblement attiré par elle. Habitué à courtiser les jolies femmes de son village, Ensun était depuis bien longtemps sans gêne. Alors il se saisit de la taille de l’inconnue pour la rapprocher de lui. Depuis tout à l’heure, elle se tenait éloignée. Malgré la position assise, bien peu confortable, il embrassa ses cheveux, et se retint tant bien de mal de descendre dans le cou aux couleurs de l’ivoire. Elle sentait merveilleusement bon. Elle n’avait pas l’odeur des filles de la tribu.

- Chéchilia. C’est un drôle de nom que tu portes.
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MessageSujet: Re: La fille de la Lune [PV] Lun 8 Aoû - 6:23

Cécilia se retrouva bloquée à terre sans prévenir. Ensun couché sur elle, elle ne pouvait plus bouger un seul orteil. Elle en eu le souffle coupé et pria un instant Dieu de la prendre en pitié et de l'accueillir à ses côtés au paradis. Mais la mort ne vint pas et le brutal indigène la remit sur pied comme si de rien n'était. Choquée elle ne pu bouger pendant de longue minutes. Elle l'entendit enfin prononcer son nom : Ensun, mais était trop folle de rage - ou trop apeurée - pour s'en réjouir. Il se mit même à lui caresser la joue en lui murmurant des choses qu'elles étaient bien contente de ne pas comprendre. Elle n'osait imaginer ce qu'il devait lui dire. Les hommes étaient bien tous les mêmes, indigènes ou colons, ils pensaient tous à la même chose au final.

Elle éclata finalement, et cet excès de frustration se traduisit par une gifle. Sa main atterrit directement dans la figure de son sauveur, il du être bien surpris. Elle se leva d'un bon et alla se rasseoir à quelques mètres, sous un vieil arbre. Elle n'allait plus risquer d'aller à l'encontre de cet homme étrange mais ne voulait plus rester près de lui non plus. Elle cacha sa tête dans ses bras, eux-mêmes posées sur ses genoux, et éclata en sanglots.
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MessageSujet: La fille de la Lune [PV] Ven 12 Aoû - 13:30

La frustration de voir cette femme s’opposer à lui fut bien plus douloureuse que la gifle elle-même. Ensun se tût, et les sanglots de Cécilia se mélangèrent aux cris des oiseaux nocturnes. Il resta longtemps à l’écart de cette jeune femme. Plongé dans ses réflexions, il se massait doucement la joue, la douleur ne se décidant pas à lui donner de répit. Il était sûr et certain qu’il avait une grosse marque rouge tracée sur le visage. A la fois amusé et inquiet par cette situation imprévue, il se demanda comment il pourrait expliquer cela à ses parents si jamais la marque restait visible plus longtemps que prévu. Quelle humiliation tout de même ! Se faire battre par une femme ! S’il n’avait pas contenu sa colère, il lui aurait probablement montré qu’on ne s’attaque pas à un futur roi sans en subir les conséquences ! Mais devant la vulnérabilité de cette créature, il s’était senti incapable de la blâmer. Ainsi son esprit calme et doux reprit le dessus. Elle était si différente d’Elissa. Mais par contre, ses points communs avec sa mère étaient étonnants. Peut-être était-ce la raison de son attirance pour elle ? Elle fixa la longue chevelure de lune. En fait, pas tout à fait. C’était bel et bien le côté divin de cette fille qui l’attirait.

Il se leva doucement, et s’approcha de Cécilia. Il hésita à la toucher, de peur de recevoir un nouveau coup, et plus violent cette fois-ci. Alors il attendit en espérant qu’elle s’habitue à sa présence afin qu’il puisse la ramener chez lui au plus vite. A cette heure si tardive, les personnes les plus fatiguées prennent le repos. Si jamais ses parents venaient à s’assurer qu’il dormait bien alors qu’il n’était pas encore rentré, il risquerait d’avoir de très gros ennuis. Il ne savait pas lequel des deux serait le plus en colère, mais qu’importe, le sentiment de malaise serait le même. Quoi qu’amadouer sa mère est bien plus facile que de faire la même chose avec son père. Il secoua la tête pour chasser ses pensées. Ce n’était pas le moment de penser à ce qui n’arrivera probablement pas. Il devait d’abord penser au repos de cette inconnue, puis après à la réaction du roi s’il venait à la découvrir dans sa chambre. Exil ? Enfermement ? Punition ? Surveillance continue ? Accès interdit à l’Epreuve ?

- Si tu savais les risques que je prends pour toi, Cécilia…chuchota-t-il d’une voix triste, même s’il était quasi certain qu’elle ne le comprendrait pas.

Avec délicatesse il la poussa à écarter les bras. Il l’aida à se relever, et la prit sur son dos. Il espéra silencieusement qu’elle ne fasse aucun bruit pendant le voyage qui sépare la maison de la lisière de la forêt. Il ne voulait pas se faire remarquer par des guerriers ou de simples habitants du village. Les bruits courent vite ici. Cécilia n’était pas la bienvenue, et elle risquait gros si elle était découverte. La prison par exemple, le fouet, ou encore être lâchée en plein milieu de la forêt, avec pour seuls compagnons les animaux les plus dangereux de la forêt.

- Je t’en fais prendre également, mais tu aurais été encore plus en danger dans la forêt. Excuse-moi. Mais j'ai l'impression de faire le meilleur pour toi.

Même s’il savait qu’elle ne le comprenait pas, il lui parlait pour la rassurer, lui rappeler qu’il était là, près d’elle, pour la protéger de tous les dangers. Enfin il prit la route. Le cœur serré par la peur, il se fit le plus discret possible. Après tout, la rapidité et la discrétion étaient ses points forts. Mais avec un poids de cinquante kilos sur le dos, la tâche s’avérait bien plus compliquée. Ses muscles n'étaient pas très développés. Il imaginait d'avance la tête de ses amis s'ils le voyaient ainsi traîner. Très vite, il fût essoufflé et plusieurs fois il faillit tomber avec son poids. Mais la maison familiale lui apparut enfin.

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